• Abraham Grey, Pirate patriot

    Abraham Grey, Pirate patriot

     Lorsque j’ai rencontré Abraham Grey, Pirate Patriot alias Swachbuckler pour la première fois, il y a six mois, c’était dans une grande surface au rayon des petit prix. Jamais, je n’en avais entendu parler auparavant et le dos de la jaquette m’interrogea. Sorti en 2009 et étiqueté « Action RPG », les caractéristiques du jeu indiquaient « un système de jeu de rôle avancé » et les points forts précisaient entre autre « un gameplay riche et diversifié mélant RPG, beat them all, combat et bataille navale ». C’est donc avec certaine envie que je commençais le test de ce jeu de l’Est.


     

     

    3, 2, 1, Action !

    Il faut signaler un début plutôt chaotique sur mon portable. En effet, j’ai du relancer le jeu deux à trois fois avant qu’il veuille bien démarrer convenablement. Car à chaque fois il a bloqué sur le logo d’intro, le logo du distributeur ou encore la vidéo d’introduction, tel un vieux moteur de Diesel qui toussote avant le démarrage. Enfin tout a bien commencé et le problème ne s’est pas posé sur un PC de joueur dernier cri. Donc attention à votre système, sans pour autant être capable de vous dire pourquoi il a eu du mal sur l’un et pas sur l’autre, sachant qu’il est précisé tourner sur un pentium III 1,5 ghz.

    Le jeu se déroule durant la guerre civile américaine. Vous jouez le rôle d’un meurtrier sanguinaire, Abraham Grey, qui est un pirate alcoolique souffrant de schizophrénie, dixit le livret. Sa voix intérieure vous permettra de comprendre le fonctionnement des différentes parties du jeu comme si vous étiez dans un didacticiel. Vous arrivez avec votre équipage et votre navire dans le port de La Havane et vous vous rendez dans l’auberge du coin. On notera un décalage entre l’image que l’on peut se faire d’un pirate et l’habillement de son personnage avec un poncho de gardien de vache avec son chapeau de cow-boy. Mais pourquoi pas. Casser les stéréotypes pouvait peut-être redonner du renouveau dans l’univers des pirates en attendant la venue de Risen 2. Malheureusement ce ne sera pas le cas tout au long du jeu.

     

     

    Du pot au feu avec plein de navets

    Dans l’auberge, il vous est possible d’enrôler des marins pour votre bateau, de parler à l’aubergiste du coin, ou encore de vous battre sur un ring ce qui vous permettra de vous faire un maximum d’argent. En sortant de l’auberge, vous arrivez dans un quartier fixe de la ville en 2D dans laquelle vous déplacez votre personnage en 3D. Les 19 villes sont constituées de 1 à 4 quartiers dans lesquels on retrouve de gros icônes vous permettent d’accéder à des lieux intéressants pour votre personnage, comme l’auberge précitée, le shérif qui sauvegardera votre partie, le gouverneur qui vous donnera des missions, l’armurier qui vous vendra des armes, l’épicier qui vous vendra des aliments pour remonter vos points de vie et votre énergie. Si c’est au bord de la côte, vous aurez aussi le port qui vous permet de partir à l’aventure et le vendeur de bateau, le marchand de cargaisons et enfin l’armateur qui vous permet d’améliorer votre bateau ou de le réparer.

    Cela aurait pu être sympathique si on ne se retrouvait pas avec des lieux différents et des personnages identiques habitant à des miles les uns des autres. Malheureusement, tous les shérifs ont la même tête ainsi que le même bureau et certaines configurations de lieux sont identiques.

     

     


    Une partie de bataille navale ? Un duel ? Un combat de boxe ?

    Enfin, si on quitte le port, on se retrouve sur la carte des mers dans son bateau, et on pourra effectuer certaines actions selon sa position : Entrer dans un port, proche d’un navire, faire un combat naval suivi d’un abordage. En effet, dans des décors figés vous voyez arrivé des ennemis tous identiques qu’il vous faut occire. Vous passez ensuite dans un nouveau plan du bateau ou vous effectuez la même manœuvre. Enfin la victoire au duel à l’épée contre le capitaine adverse vous permettra de mettre la main sur le bateau ennemi et sa cargaison. Les situations sont donc les mêmes et les combats pas bien difficiles sont redondants avec des phases toujours identiques donc qui deviennent pénibles à la longue. Dans un autre exemple, lors des combats de boxe, vous devez vaincre trois fois de suite votre adversaire pour gagner une somme d’argent. Et bien, il suffit d’attendre que l’adversaire gaspille toute son énergie en étant en position défensive, puis ensuite envoyé un coup spécial trois fois de suite pour l’emporter. Et les rounds sont en trois manches gagnantes ce qui demande beaucoup de patience.
    Il est possible de s’orienter sur le côté commercial du jeu et donc de transporter des biens d’un lieu à l’autre ou encore de transporter des biens d’un pnj à l’autre. Rien de bien folichon en tout cas et très primaire comme aventure. Le jeu est très simple et l’unique niveau de difficulté ne pose aucun souci. Si vous voulez réellement du challenge, il vous faudra attaquer des bateaux de niveaux supérieurs.

     

     

     

    Euh vous souhaitez un flingue +1 ou un flingue +1 ? Une buckler ?

    Les dialogues se résument à des monologues de PNJ auxquels vous répondez par une phrase unique. Il n’y a pas de solutions différentes pour résoudre une quête qui reste très primaire. Le jeu offre un scénario principal qui vous demandera de choisir votre camp entre la flotte de l’Union ou celle de la fédération. A noter que l’on ne vous confiera qu’une mission à la fois et que pour poursuivre la mission principale, vous devrez réaliser des quêtes secondaires obligatoirement entre chaque mission principale. Une façon de rallonger la durée de vie du jeu artificiellement. D’autant plus que les développeurs ont eu la bonne idée de ne dévoiler les armes ou les bateaux supérieurs qu’après que vous ayez un peu avancer dans l’aventure. Ainsi chez les armuriers, vous n’aurez le choix qu’entre un revolver ou un fusil. Autrement dit il n’y a même pas de loot différents qui pourrait amener dans la fantaisie dans le jeu.

    Les textes sont bien traduits tout comme le monologue en début de partie dans l’introduction. On appréciera par contre le langage mature avec de bons gros mots qui auraient été censurés dans bien d’autres jeux. Par la suite les PNJ rencontrés ne communiquent que par bruits dignes successeurs des PNJ de Daggerdale. Quant à la musique variée, elle passe plutôt bien, même si elle ne casse pas trois pattes à un canard.

    Tournons-nous alors sur la technique du jeu. Ce dernier a un moteur graphique très carré qui n’offre que peu d’options pour améliorer la qualité. L’antialising est présent et même si les décors ne sont pas moches, ils restent vieillots. On peut pousser la résolution jusqu’en 1920x1080, mais il n’y a pas d’autre option. De même impossible de reconfigurer les touches qui restent presque similaires à celles que l’on utilise pour les FPS. Il faudra donc vous adapter, tout comme les points de sauvegarde que l’on trouve uniquement dans certaines grandes villes. Bigre que tout cela manque de cachet sur le support PC.

     

     

     

    RPG, en avant … CHARGEZ !

    Arrive alors la partie qui nous intéresse : le RPG. Vous gagnez donc des points d’expérience en éliminant des adversaires ou encore en résolvant des missions. A chaque niveau gagné, vous récupérez un point à distribuer entre vos trois caractéristiques : Arme, Tir ou défense. En clair, vous allez améliorer soit votre puissance en combat au corps à corps soit votre combat à l’arme à feu ou encore vous allez améliorer votre résistance aux coups de vos adversaires. Autant vous dire que c’est très limité. Vous avez aussi le droit d’acquérir un nouvel attribut parmi les quatre que l’on vous propose. On ne vous laisse que peu de choix d’évolution et tout cela est bridé car identique d’une partie sur l’autre : ou lors du prochain niveau que vous gagnerez. Car si vous ne l’avez pas pris au niveau 1, les attributs seront encore là au niveau 2.

    Ces attributs qui peuvent être passifs – gagner plus d’or quand vous prenez un bateau à l’abordage – ou actifs –esquiver une attaque en appuyant sur une touche précise – peuvent agir sur votre bateau, vos capacités de combats ou votre commerce. Sachez que certains ont trois niveaux d’améliorations. Et se sera tout pour la partie RPG du jeu.

     

     

     

    Boum ! un coup dans l’eau.

    On peut donc en déduire que comme pour un Grand Thief Auto, ce jeu n’a pas sa place sur un site spécialisé sur le RPG, car il n’en a pas les caractéristiques. Mais comme il est désigné comme tel sur sa jaquette, il était important d’en faire la critique comme tel sur le site. Et pour ma part, c’est tout simplement une fausse argumentation, voir une arnaque, pour vous vendre un produit qui passa bien inaperçu en 2009. Alors rôliste, si vous le voyez en rayon près de chez vous, avec sa belle jaquette en carton bien aguicheuse, fuyez.


    Voici donc un piètre clone de l’excellent jeu Pirates de Sid Meier , qui se targue d’avoir une richesse et un système de RPG poussé. Que nenni, à part sur sa jaquette, le jeu n’a aucun système de RPG. Bien moins riche que son concurrent, Abraham Grey se montre très rapidement répétitif et pauvre, même s’il mélange des genres différents : Beat them all, combat naval, commerce et une « once de mini-pincée de miette de RPG ».

    Mais à trop vouloir se disperser, il se perd dans une jouabilité archaïque qui manque cruellement d’immersion. Vous n’avez donc rien raté en passant à côté de ce jeu d’action aventure. 


    + Mélange des genres intéressants
    + Langage mature

    - Pas un RPG !
    - Pas de configuration des touches
    - Répétitivité du gameplay
    - Contenu trop léger
    - Redondances des lieux et clonages des personnages.


     

     

     

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