• How to survive

    How to survive

    Sur Steam, des jeux à la sauce RPG, actuellement, il en sort un à peu près tous les jours et sur RPG France on finit par se maudire d'avoir élargi notre ligne éditoriale aux jeux avec zeste de RPG. C'est sur que traiter des jeux de tricot aurait été plus reposant. Franchement, commercialement, cela doit être juteux de préciser "RPG" dans la description d'un jeu. Tout est bon et excuse pour le faire et parfois c'est à se demander si le personnel qui remplit les descriptions des fiches présentées sur Steam sait ce qu'est un RPG.

    Le pire, c'est lorsqu'un jeu comprend des notions de RPG et qu'il ne l'est pas estampillé. How to Survive fait partie de ceux-ci et nous propose de vivre une aventure survivaliste dans un univers zombiesque. Ce ne sera pas l'indigestion et les amateurs de gros morceaux de RPG peuvent partir. Pour les autres, à table !

     

    Depuis quelques années, les scénarios à base de zombis et de survie n'ont pas cessé de croître et l'intérêt des joueurs ne faiblit pas. H2S a un pitch des plus conventionnels : vous vous échouez sur une île déserte en plein océan et très rapidement, vous allez vous rendre compte que des morts-vivants pullulent en ces lieux. L'objectif sera donc de survivre en milieu hostile et d'essayer de vous barrer, et contrairement à Dead Island, l'affaire n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît. 

     

    How to survive   How to survive

    Logo du jeu et monde du jeu

    Guide de survie en milieu hostile 

     

    La vidéo d'intro se limite à pas grand chose et on est dans le bain immédiatement. Visuellement, c'est assez joli, surtout que la résolution monte en 1080 pixels et on se croirait dans un fallout tactics. Les ombres, les lumières, les effets sont pas mal sans jouer dans la surenchère, sauf peut-être les flammes des buissons qui manquent de relief et paraissent plates. Un effet de cuisson que l'on ne retrouve pas lorsque l'on brûle les zombis. La vue bloquée en trois quart haut comme dans les hack'n slash varie naturellement pour se placer en vue de dessus, selon le relief autour de votre personnage. 

    Pour cette aventure, point de personnalisation à outrance, mais un choix parmi trois individus: une femme et deux hommes. De ce choix découle des caractéristiques et des compétences passives différentes à débloquer. La première d'ailleurs correspond à la réalisation d'un feu de camp. Ensuite vous pourrez choisir de vous orienter sur l'utilisation d'armes, une meilleure gestion de la faim ou de la soif.  Car ce jeu se veut avant tout simulationniste avec gestion de ces notions plus le sommeil et la santé. 

    Il vous faudra donc manger ce que vous trouvez, dormir dans des lieux protégés, ou encore boire grâce à des sources d'eau fraîche ou dans des fioles que vous aurez au préalable bien rempli en parcourant les quatre îles dans lesquelles se passe l'action. Votre inventaire de vingt emplacements vous permettra d'emmagasiner tout un tas de babioles désuètes et fantasques pour créer des armes et des outils vous permettant de survivre. Car c'est le maître mot dans How to survive.

    Cette gestion est assez simple et les icônes d'aides sur la carte vous indiquant où trouver à boire et dormir facilitent votre agréable séjour dans le monde de Zombiland, tout comme le mode créatif qui se montre naturel et facile à gérer. Pas la peine de posséder un atelier de "L'agence tous risques" pour vous monter une arme ultime, il suffit de rentrer dans l'inventaire et de monter son kit main libre soi-même, en deux temps trois mouvements, en plein milieu du bosquet. Il sera possible de fabriquer tout un tas de choses, de cuire vos légumes cueillis ou vos créatures chassées, un système de survie plutôt bien rendu, qui reste relativement efficace.  

    Les développeurs ont mis aussi l'accent sur les guides de survie qui sont disséminés ça et là dans les lieux que vous allez visiter et sur des fiches qui vous donnent les formules de fabrication. Et il est bon de dire que ces petits livrets sont exquis à visualiser. En effet, lorsque vous en ramassez un, une vidéo de présentation se met en route vous expliquant une notion de survie importante. Ainsi, on vous montre avec une touche d'humour noir et des dessins animés simples comment survivre et ce n'est pas sans nous rappeler les anecdotes rigolotes de Fallout. On en ressort détendu et on se remet dans le bain illico face à des zombis, qui se feront un plaisir de vous découper en rondelles à défaut de carrés. 

     

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    Extrait de guide et PNJ

     

    Si t'allumes pas un feu, t'es cuit !

     

    Les zombis droppent des choses et d'autres, mais souvent les mêmes. Ha, ça ! Le nombre de casques que vous allez emmagasiner... sachant qu'il n'y a pas de marchands...  Forcément pas le marteau électrique ultime de combat, avec ces différents niveaux de puissance, mais des objets de première nécessité. On est vraiment dans un jeu simulationniste et il est aussi dommage que les développeurs n'aient pas poussé à fond tous ses aspects. Oui, il faut manger et boire pour survivre, vos munitions sont limitées, mais jamais  votre machette ne se détériorera en fendant crânes et bidoches. La lame restera tranchante et neuve comme au premier jour de sa découverte, jamais votre lampe torche ne s'éteindra et les piles seront à changer. 

    Pour chaque mission réussie ou chaque zombi tué, vous gagnez de l'expérience qui vous permettra de débloquer des compétences particulières à chaque personnage. Quant aux quatre caractéristiques primaires, elles augmentent automatiquement. On retrouve aussi l'inventaire et la possibilité de s'équiper (casque, torse, pied, jambe) et une touche raccourcie permet de passer d'une arme à une autre équipée.

    Lorsque l'on rentre dans le combat, il est possible de tenir le bouton d'attaque plus longtemps et de frapper plus fort. Il y a même des scènes d'achèvement si on appuie sur le bon bouton après avoir frappé un ennemi. Cela ne sera pas possible lorsque vous serez entouré par des hordes d'affamés qui sont attirés par le bruit et la lumière. Car de jour, dans cette jungle luxuriante, cela peut encore aller tant qu'on ne croise pas une horde allant dîner, mais la nuit, des créatures vous prenant pour le "précieux repas" vous courent après pour vous croquer. Sans source de lumière c'est la mort assurée, et il s'agit d'éclairer le plus possible pour éviter qu'elles ne s'approchent. Mais avec la lampe torche, vous êtes une proie de choix pour les zombis. Il faudra donc slalomer entre l'état éteint ou allumé selon les créatures des environs, ou mieux dormir. Pour une fois qu'un jeu gère le jour et la nuit et permet de dormir, c'est quand même bien de le dire. 

     

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    Un univers accueillant pour des vacances de rêve !
     
     
    La nuit, tous les zombis ne sont pas gris. 

     

    On pourrait croire que H2S, comme l'intitule les écrans de chargement,  est une perle en arrêtant de lire ce test ici. Sauf que nenni, il a bien des défauts. La jouabilité est ruinée par des choix bancals de gameplay.

    Tout d'abord, sachez que la sauvegarde est automatique à certains checkpoints du jeu, généralement après la réussite d'une mission. Du coup, alors que vous êtes tout neuf, en passant à côté d'un zombi explosif qui vous enlève la moitié de votre vie, votre personnage est illico presto lent. Et si vous avez le malheur d'avoir une sauvegarde automatique à ce moment là, lorsque vous mourrez, votre personnage réapparaîtra en ce lieu avec un quart de vie. Pas au meilleur de votre forme, vous allez essayer de réaliser la mission, en espérant atteindre la prochaine sauvegarde pour progresser. Sauf que la gestion de la faim et de la soif n'aide pas et à un moment donné, il se peut que vous soyez bloqué. Comme il y a une unique sauvegarde automatique, vous serez obligé de recommencer le jeu à son début (en fait, comme si vous aviez joué en mode Iron man). Durant ma première partie, n'ayant pas fabriqué de hache, j'en ai tellement bavé que j'ai fini par abandonner pour recommencer. 

    Du coup, se retrouver continuellement blessé et lent est franchement désagréable pour jouer. On veut bien que le jeu soit difficile, mais pas à cause de mécanique foireuse. Surtout lorsque l'on sait que les zombis respawnent plus vite que les lapins ne se reproduisent et que vous allez passer votre temps à nettoyer les zones dans de très nombreux aller-retour pour accomplir la quête principale. Comme ils sont souvent tous identiques, on trouvera les stratégies de combat limitées, même si  quelques  zombis-boss  bien  hard  viendront  pourrir encore plus votre calvaire. 

    Niveau maniabilité, c'est un peu particulier et il faut un temps d'adaptation. Lorsque l'on utilise une arme à distance, il n'y a pas de visée automatique, du coup si on ne s'oriente pas correctement ou si on oriente mal le stick de visée, on tire à côté de la cible. La souris et son viseur ne font pas mieux, je trouve. De plus, la maniabilité du personnage au clavier ou au gamepad (que je préfère soit dit en passant, pourtant je n'ai pas la version Xbox360) est imprécise et la rigidité de votre héros tout comme la lenteur de ses mouvements feraient saliver un mort de faim lui courant après. Alors je ne sais pas si cette maniabilité tient compte des caractéristiques et de la santé du personnage, mais on n'est pas très à l'aise avec. Elle manque de justesse quand même et on ne sait jamais selon son positionnement, si l'on va toucher son adversaire. Il vous faudra quelques heures de manipulation pour vraiment vous sentir à l'aise. 

    On regrette, sachant qu'il suffit d'enclencher la course pour s'apercevoir que l'on a de la vitesse et que votre héros court comme un lapin alors que proche du trépas, même la tortue est plus vive. C'est dire que prendre soin de votre petite personne sera importante car les trousses de soin sont rares. Et je ne vous parle pas si vous jouez une partie en mode Iron Man (une seule vie, si vous la perdez c'est le game over définitif). 

    On reprochera à l'équipe de ne pas avoir diversifié les types de zombis comme cela pouvait se voir dans Dead Island, à croire que le budget était serré. Tout comme les environnements qui se résument à un seul type pour quatre îles différentes. Et puis cette limitation de vingt emplacements dans l'inventaire ne ressemble à rien sachant que l'on va trouver des centaines d'objets différents et que pour fabriquer, il vous faudra de la place. Alors on garde le strict nécessaire et on jette au sol, le surplus car il n'y a pas de coffres pour les ranger soigneusement.  Pire on aimerait que les choses soient dites dès le départ, pas à mi-parcours. 

    Par exemple, lors de la progression de l'histoire certains endroits des îles vous sont inaccessibles, condamnés par des barrières. Si les premières en bois sont destructibles à la machette, pour celles faites de bidons et de bois, il vous faudra des coktails molotov. Or, comme mon inventaire est trop petit, j'ai préféré balancer les bouteilles vides, nécessaires à la fabrication des explosifs pour déblayer le terrain et j'ai gardé des jerricans plus grands pour transporter eau et essence. Du coup, lorsque l'occasion se présente en fin de jeu de détruire les barrières, je n'ai pas les bons ustensiles et me revoici parti à leur recherche. 

    Enfin, le scénario, assez mature, dont le fil conducteur est tout à fait logique, ne brille pas par sa prestance par moments (la quête des 20 caisses à trouver sur les quatre îles et tout simplement une fumisterie à mon goût) et les quêtes secondaires sont minimalistes : va chercher qu'il dit le petit singe. 

     

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    Compétences et inventaire

     

    Vous la voulez crue, cuite ou à point, votre jambe  ? 

     

    Cette aventure qui se fait en solo en une dizaine d'heures, propose aussi neuf défis dont le but est de survivre le plus longtemps possible en allant d'un point A à un point B. Appréciable lorsque l'on maîtrise le jeu, cela rajoute quelques heures supplémentaires de jeu. Ils sont d'ailleurs accessibles en multijoueur sur le net uniquement, alors qu'il est possible de faire la campagne à deux sur le même écran. Et là, c'est mieux. En effet, même si on double le nombre de zombis, les objets restent uniques et il faudra jouer réellement l'équipe pour se partager le matériel trouvé et la difficulté diminue plus ou moins, car il faudra trouver de la nourriture pour deux.

    Mais là encore, je râle : j'ai trouvé une faille qui je l'espère sera corrigée rapidement : lorsque l'un des deux joueurs meurt, s'il est ranimé par l'autre, il se retrouve à fond en vie.  Autrement dit, rapidement vous allez avoir des attitudes suicidaires pour vous retrouver neuf et sain de corps et d'esprit. Dommage, non ? Pourquoi ne pas avoir multiplié les trousses de soin au lieu d'obliger les joueurs à adopter une attitude illogique. 

     

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    Mourir ou dormir, il faut choisir
     

    Tendre l'oreille sans se la faire croquer

     

    Ha, cette musique jazzy lors de la lecture des guides !  Elle me fait penser irrémédiablement à celle d'Interstate 76, un terrible jeu à la Carwars. Bon d'accord, durant vos parties, cela se résume plus à une ambiance qu'à des pistes audio de qualité, mais elle est tellement bien rendue ! Lorsque la nuit tombe, un fond sonore qui s'emballe et vous place dans une situation de stress appréciable. L'interface très clean avec ces tâches de sang sur fond jaune propre aux PTT est assez surprenante mais convient parfaitement.  

    Quant à la traduction des sous-titre en français, elle est très bien, mais on reprochera forcément à l'équipe de développeurs française de ne proposer que le sous-titrage dans notre langue. Mais à 10€, on ne peut pas tout avoir.  

     


    Avec sa maniabilité perfectible qui demande de s'adapter, son unique sauvegarde automatique, son inventaire limité, ses aller-retour incessants avec un respawn des zombis et son univers redondant, seuls les joueurs les plus tenaces s'accrocheront au jeu. Mais pour moins de 10€, How to Survive  vous propose une aventure survivale d'une dizaine d'heures dans des îles paradisiaques envahies par des zombis qui amuse bien, et encore plus à deux sur la même machine. Ce n'est pas un mauvais jeu dans le fond et il est possible d'y passer de bons moments. D'ailleurs, n'est ce pas le but d'un jeu ? S'amuser. Mais pour cela, il faudra être prêt à faire des concessions et y laisser son calme pour s'en sortir, à défaut de ses tripes.


    + Un guide aux petits oignons

    + Kit de création et gestion des besoins simples mais bien rendus

    + Un jeu en coop sur le même écran

    + Ambiance plutôt bien rendue

     

    - Maniabilité bancale

    - Gameplay bancal

    - Difficulté mal réglée

    - Multijoueur internet limité à des défis ?

    - Aller-retours incessants


     


    Article publié sur RPGFrance le 01.11.2013


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