APERCU – Mai 2013


L’alpha de Grim Dawn vient de sortir et tous les investisseurs ayant participé à la campagne Kickstarter ont accès dès maintenant à cette version en attendant une sortie définitive. Il est évident que bon nombre des fans du studio Crate Entertainment ont financé le projet, connaissant leur précédente production dans feu le studio Iron Lore Entertainment : Titan Quest. Les développeurs ont donc récupéré le moteur physique pour nous proposer un jeu nouveau dans un univers différent. Un descendant spirituel en quelque sorte du hack’n’slash mythologique qui n’a pas perdu de sa superbe.
Ce qui est plus surprenant, c’est qu’au-delà du moteur physique, il y a une grande parenté visuelle entre les deux jeux, dans l’interface et les menus. Un copier/coller presque parfait de la disposition des différents éléments, qu’il s’agisse du menu, de l’inventaire, des compétences, de la carte ou des quêtes. On peut le comprendre, sachant que dans l’équipe de développement, il n’y a que six personnes. Mais On aurait réellement apprécié plus de distinction entre les deux, car le style trop propre des menus détone par rapport au sujet traité.

Grim Dawn vous projette dans un univers original et proche de l’époque victorienne dans ses intentions steam punk. Sauf que la race humaine est en voie d’extinction et que les derniers hommes survivent dans un monde fantastique post-apocalyptique. Ainsi, on lorgne plus du côté d’un Arcanum que d’un Van Helsing dans l’univers dépeint, et vice versa concernant le gameplay. Vous jouez le rôle d’un homme ou d’une femme dont on ne sait pas grand chose : pas de vidéo de présentation qui vous expliquerait votre quête ou vos antécédents. On vous met dans le bain directement.

Pas de niveau de difficulté à choisir, juste la possibilité de jouer en mode Hardcore (la mort de votre personnage y est définitive). On se retrouve donc dans un univers dévasté avec un campement où l’on retrouve les sempiternels marchands et PNJ traditionnels. Les dialogues restent simples avec des choix de réponses dans une ou deux possibilités, mais nous sommes dans un hack’n’slash avant tout donc la parlote, on s’en moque.


La caméra en vue de 3/4 permet de bien suivre son personnage, mais gênera les combattants à distance car l’angle de vue est limité. Joli point pour Crate : on peut faire tourner la caméra à 360°, bénéficiant d’une meilleure visibilité de l’environnement, même si les éléments cachant votre héros s’estompent sans jamais mettre à défaut une caméra fixe. Le zoom puissant vous autorise à profiter pleinement des animations : coups d’épées sauvages, magie destructrice et décapitations. Le monde, prédéfini mais ouvert, est composé de grandes maps reliées par des couloirs qui se détachent nettement de l’architecture de son aîné Titan Quest qui se composait essentiellement de corridors droits dans lesquels on ne pouvait pas se perdre.

On apprécie donc les étendues plus vastes qui présentent des graphismes crades et bien chaotiques. L’univers est immersif et joliment représenté malgré une visibilité des éléments interactifs trop discrète (on passe à côté de pas mal de contenants). On regrettera que pour un univers fixe, certains lieux soient si dénudés et pauvres en décors et dans le même temps, on se souvient que l’équipe de développement est réduite. En tout cas, les effets de rendus sont simplement splendides quand on pousse à fond les options et ce moteur physique n’a rien perdu de sa splendide.


Niveau jouabilité, Grim Dawn possède le même système que Titan Quest : un rythme lent avec de longs combats. Sauf que les développeurs ont eu la bonne idée de patcher l’alpha et de la rendre plus dynamique. Du coup, la jouabilité s’en ressent et il y a beaucoup moins de temps morts qu’avec Titan Quest. Car depuis 2006, le hack’n slash a évolué vers des titres plus nerveux comme Torchlight 2ou Diablo 3 qui sont quand même des modèles dans leur genre.

C’est au niveau 1 de votre personnage que vous choisirez l’une des cinq classes du jeu. Trois sont proposées dans cette alpha : le guerrier qui vous permettra d’exploser du zombie avec joie, l’archer qui se servira plutôt des pétoires et des arcs et enfin le sorcier. Chaque classe a bien entendu son propre arbre de compétences que vous débloquerez en investissant des points dans la carrière. Un fonctionnement à l’identique de Titan Quest avec ses sorts à débloquer, à augmenter et ses améliorations passives. Il y a donc moyen avec la richesse des arbres d’évolution de créer deux personnages bien différents dans une même classe.


D’autant qu’au niveau 10, vous pourrez choisir une seconde classe de personnage : vous pourrez donc mixer un soldat avec un mage par exemple et obtenir un tank sapant les défenses ennemies grâce à la magie noire. Mais qu’en sera t-il au niveau maximum, que les développeurs ont fixé à 200 ? Chaque passage au niveau supérieur vous permet d’octroyer un point dans l’une des trois caractéristiques de base (cunningphysiquespirit) et une poignée dans votre arbre de compétences.

Si le réglage de la difficulté était absent, on regrettera de voir l’autorégénération fonctionner aussi bien, dès que l’on n’est plus poursuivi par des ennemis. Et comme le bestiaire est axé sur les zombies, mais aussi sur quelques créatures difformes et variées peu appétissantes, on n’est pas vraiment enclin à courir un cent mètres, on peut très bien s’enfuir sans craindre pour sa vie. Espérons que le niveau de difficulté soit revu à la hausse ou que des options nous proposent plus de challenge.


Le loot aussi manque un peu de volume, mais cela est dû à la volonté des développeurs d’en proposer moins, mais qui soit plus adapté à votre personnage. Ainsi, ce n’est pas bombance, mais on trouve forcément des choses appréciables. Par contre, contrairement à Titan Quest, exit le système un ennemi, un objet correspondant. Là, le bon toutou mutant pourra lâcher une épée ou un arc sans complexe.

Il existe aussi un système de craft qui permet de booster n’importe quel objet. Celui-ci rappellera sans doute ce que l’on peut voir dans Path Of Exile avec ses augmentations que l’on peut entasser pour en booster la valeur. De plus, un même objet crafté pourra être amélioré de nouveau à condition que ce soit le même élément. Il faudra donc spécialiser vos objets et là aussi on trouvera des normaux, magiques, rares ou uniques.

Avec cette version alpha plutôt stable, il reste encore beaucoup de zones d’ombre comme la durée de vie, les deux classes manquantes à l’appel, le multijoueur, les factions et on en passe. Mais on peut d’ores et déjà dire que le jeu a un gros potentiel. Grim Dawn est un bon hack’n slash, pas forcément très original, car il reprend tout ce qui se fait ou s’est déjà fait.
Il n’a pas la fraîcheur d’un Path Of Exile, mais a les épaules foutrement solides. Il a cet avantage que ses développeurs ont le temps de peaufiner leur création et sont très à l’écoute des joueurs qui croient grave à ce projet. A suivre, dans les mois à venir, en espérant que Van Helsing ne fasse pas trop d’ombre à cette production indépendante.


AVIS – Juillet 2016


Grim Dawn est le digne successeur de Titan Quest (TQ) en laissant le monde mythologique pour un monde Post apocalypitique steampunk. En clair l’équipe derrière le jeu, la même que celle de TQ nous propose un Hack’n slash burné sans les deux défauts principaux de l’ancêtre. Out les niveaux linéaires représentés par de longs couloirs et bienvenue à des arènes, des sentiers menant à de grandes places biscornus où vou saurez tout loisir à tester vos compétences. De plus, le côté très linéaire dans la montée du personnage via son équipement a disparu. On ne passe plus d’une éppée +1 à une +2 comme l’ancien mais à des équipements bien plus divers et variés.

Le seul reproche que je ferai à Grim Dawn que l’on avait aussi dans TQ c’est l’obligation de se spécialiser dès le départ dans très peu de compétences alors que chaque classe en propose des tas, pour arriver à obtenir un rythme soutenu dans l’action. En effet, si vous diversifiez votre personnage, votre avancée dans les donjons sera lente et pénible. Cette évolution du personnage est plus libre dès qu’il atteint un haut niveau, car on pourra le diversifier ayant atteint le niveau maximum des deux compétences favorites.

Grim Dawn - Avis

Sinon Grim Dawn est un hack’n slash qui offre ce que peuvent offrir les meilleurs comme l’est Diablo 3Path of Exil ou encore Torchlight 2 : De la diversité dans un univers typé, du craft, des classes intéressantes, un new game +, des loots de différents niveaux, un équipement extrêmement complet, et des DLC qui rallonge sa durée de vie comme son contenu. Ce jeu vous tiendra éveiller au minimum 30 heures et des milliers si vous voulez en voir le maximum. Un ténor dans ce style. Et les différents DLC qui sont arrivés sont tout autant soignés et augmentent exponentiellement la durée de vie. 

Grim Dawn, descendant de Titan Quest vu qu’il a été réalisé par la même équipe, est un très bon hack’n slash que l’on peut classer dans le sommet de sa catégorie. Un jeu qui vous embarquera durant une centaine d’heures dans son univers avec une traduction des sous-titres française amatrice de bonne qualité car la communauté derrière le studio est importante. Et ça c’est signe de qualité !


La Vision d’All_zebest

J’ai découvert ce jeu dès sa campagne Kickstarter à laquelle j’ai adhéré. J’ai redonné pour m’acheter un accès anticipé sur le site des développeurs qui sont d’anciens d’Iron Lore à l’origine de Titan Quest. En tout, ce jeu m’aura coûté 200 euros (en incluant des bonus dont la belle bande sonore) et je n’en regrette pas le moindre centime ! Alors au prix demandé ici, il va sans dire que le jeu vaut largement son prix déjà très raisonnable. Je ne détaillerai pas les fonctionnalités du jeu, les tests sont là pour ça, seulement mon ressenti et mon expérience de traducteur car c’est moi qui me suis occupé de la localisation française bénévole avec deux camarades.

Tout d’abord, le jeu prend place dans un univers original : un monde occidental fictif, Cairn, à mi-chemin des Etats-Unis et de l’Allemagne des années 1910, mais après une invasion par deux puissances ennemies : les Ethérés et les Chtnoniens. Les premiers veulent nous utiliser comme hôtes pour vivre en parasites en nous et les seconds nous annihiler. Ce qui reste d’humanité s’organise comme elle peut pour survivre. Le héros est un rescapé de la pendaison pour possession. Il a la particularité – hors mode hardcore – d’être immortel et ressuscite à volonté.

Ceci étant il aura fort à faire avec un bestiaire varié, des zones spacieuses ouvertes, des quêtes et des primes à foison. Le rythme est ni trop lent, ni trop rapide et l’on fait ce que l’on veut dans ce monde ouvert, tout en suivant une trame scénaristique cohérente. Au cours de l’aventure, on pourra même sauver des survivants et les intégrer à la communauté de la ville où ils pourront prodiguer des services (forgeron, inventeur etc.). Des donjons de difficulté variée (et plusieurs modes de difficulté) permettent de s’adresser à des publics de joueurs différents.

Les builds possibles sont très nombreux et le loot (butin) est foisonnant. Enfin, la rejouabilité est proche de l’infini avec les différents niveaux de difficulté (dont certains déblocables) et des donjons de haut niveau (dont un donjon, Les Marches du Tourment, en mode “roguelike”).

Grim Dawn est à réserver aux amateurs de hack’n slash purs et durs. Comme moi, vous l’apprécierez au plus haut point pour les raisons citées plus haut. C’est devenu mon jeu préféré (au niveau de Diablo 2 et bien plus que Torchlight 1 & 2 ou Titan Quest) et j’enchaîne les heures de jeu sans m’en rendre compte (“allez, encore 5 minutes…”). Et si vous avez des compliments (ou des questions) à faire aux développeurs, ils sont très accessibles sur leur forum.

+ L’univers original : 1910 euro-américain post-apo et deux envahisseurs (ainsi que des morts-vivants)
+ Le scénario qui tient la route avec des personnages charismatiques (Ulgrim, Creed)
+ Le système de maîtrises qui permet le double-classage (ou pas) et de nombreux builds possibles
+ Le système de factions qui procurent des avantages et des défis supplémentaires
+ Les choix à faire pendant l’aventure (sauver ou tuer tel perso ; choisir telle faction ou telle autre)
+ La Dévotion (arbre de talents passifs comme celui de Path of Exile en plus petit)
+ Le loot (butin) abondant avec des objets magiques et des sets à foison
+ La rejouabilité proche de l’infini
+ Le mode multi pour ceux que ça intéresse en plus du mode solo (hors ligne !)
+ La musique originale, sombre (“grim“) de Steve Pardo
+ La direction artistique sobre et efficace (qui rappelle un peu celle de Path of Exile, autre jeu que je vous recommande si le tout en ligne ne vous rebute pas) µ
+ Les différentes difficultés bien pensées et la progression de la difficulté bien étudiée au sein d’une même difficulté.

Note testeur 10 sur 10

– Certains passages au début du jeu qui peuvent être monotones pour qui n’est pas patient (je suis patient)
– La musique qui peut lasser au bout d’un moment (notamment son aspect “western”) mais ça se règle
– Le côté “old school” qui peut déplaire à la génération du “tout, tout de suite” assistée
– Le manque de personnalisation cosmétique du héros (nom et sexe, c’est tout) mais cela peut changer à l’avenir (les développeurs l’ont laissé entendre).

Administrateur de RPG jeux vidéo. Très vieux Joueur depuis le siècle dernier. Testeur et rédacteur depuis 1999 de RPG, même les pires. Relecteur de traductions de nombreux RPG vidéo. Ancien président de RPGFrance, et ancien rédacteur de Dagon's Lair.
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