MAJ du 06.11.2020 : 5ème et dernière vidéo de Valandryl. Tout en bas de l’article.

Solasta : Crown of the Magister est le premier jeu de Tactical Adventures, un nouveau studio de développement français créé par Mathieu Girard, co-fondateur d’Amplitude Studios, société à qui l’on doit les jeux de stratégie Endless SpaceEndless Legend, ou encore Dungeon of the Endless. Solasta : Crown of the Magister est un RPG Tactique avec combats au tour par tour, basé sur le système de règles de Donjons & Dragons 5e édition, qui a le malheur ou le mérite, de sortir 2 semaines après Baldur’s Gate 3, en accès anticipé lui aussi, mais avec un budget bien moindre. Arrive-t’il alors à sortir de l’ombre de ce dernier et à s’affirmer ?

Vidéo 1

Et on va tuer le débat dans l’oeuf : Solasta : Crown of the Magister est une expérience fantastique et parfaitement en adéquation avec la licence Donjons et Dragons. Pourquoi ? Contrairement à Baldur’s Gate 3 qui utilise, trop à mon sens, le moteur des Divinity des productions précédentes de Larian Studios, Solasta : Crown of the Magister a l’intelligence de chercher à faire du Donjons & Dragons et uniquement cela. N’ayant accès qu’à la version libre de droits des règles de ce système, le SRD , les développeurs ont su créer un monde original et l’incarner avec finesse. Tout dans ce jeu respire D&D, des mécaniques du jeu à l’enrobage.

La création de personnage est simple mais diablement efficace : choisissez une race parmi 5, une classe parmi 6, un background, un alignement, puis 4 traits de caractères qui seront utilisés lors des dialogues. Et ce n’est pas purement cosmétique, certains traits vous permettent d’avoir des options supplémentaires. Vous pouvez également personnaliser l’équipement de départ de votre personnage en fonction de l’orientation que vous lui donnez et de ses sorts.

Le début du jeu reste dirigiste, après un tutorial bien fichu et bien amené, avec un vrai côté jeu de rôle sur table, l’histoire se dévoile et va vous amener vers une suite relativement linéaire, du moins durant les premières heures. Mais elle est prenante, et les combats offrent du challenge sans être infaisables, et surtout, il y a le groupe.

Ici, vous créez vos 4 personnages et partez à l’aventure ! Pour moi, ce point est un atout énorme car il permet vraiment une immersion dans le jeu. Sur trop de RPG récents l’immersion est cassée par des bavardages inutiles, sans inspiration et incessants de la part de compagnons qu’on vous force à subir, parce que pour beaucoup de développeurs, un compagnon n’a de personnalité que s’il vous gonfle à longueur de temps avec ses interventions intrusives. Là, pas de ça, et vraiment c’est un pur plaisir, je le répète.

Vidéo 2

La caméra est assez peu ergonomique, et le jeu n’explique clairement pas assez les mécanismes de D&D 5e édition je trouve. Certes il y a un tuto agréable à vivre, mais il n’explique pas assez les statistiques de vos personnages, quels dés sont lancés, quand … Un tutoriel purement “mécanistique” mériterait d’être présent car honnêtement, si vous n’êtes pas un expert en D&D, vous allez perdre des combats par méconnaissance des règles.

A part ça, pas grand chose à dire. J’ai rencontré un seul bug durant mon temps de jeu : l’interface qui disparaît avec l’impossibilité d’accéder au menu, et il faut une interaction quelconque avec le monde pour que cela revienne. Pour un jeu en début d’accès anticipé, c’est très stable et solide. Les temps de chargement sont un poil longs, mais là encore rien de rédhibitoire à ce point.
L’utilisation de la hauteur et de la verticalité dans le jeu est très chouette, le fait d’avoir des sauts à faire pour atteindre certains coffres est fun, pouvoir pousser ses ennemis dans le vide à la façon d’un Dark Messiah est un plus excellent, sachant que les ennemis le font aussi ! Ce jeu fourmille de détails variés et amusants, qui enrichissent l’expérience.

Nous avons donc une excellente incarnation de D&D, que ce soit dans le ressenti de l’univers ou dans les mécaniques de jeu, stable, qui tourne bien et avec une histoire intéressante. Alors non le budget n’est pas celui de Baldur’s Gate 3, les graphismes et animations non plus, mais ce jeu est à mon sens bien plus intéressant. Une belle promesse, en espérant qu’elle se maintienne tout au long de son développement.

Vidéo 3

AVIS DE DELASTONE : Soudainement, un nouveau RPG basé sur la 5eme édition de D&D est né, et il s’avère être en vente peu de temps après la sortie de Baldur’s Gate 3. Pour le moment, Solasta Crown of the Magister semble être une bonne alternative au travail de Larian Studios. Bien que les deux jeux soient TRÈS différents dans leur style et leur humeur…

Et il est inévitable que les joueurs comparent les deux jeux. olasta Crown of the Magister est un jeu “inconnu”, avec un petit budget de développement, artistique et marketing, comparé au jeu de Larian Studios.

Alors, voyons cela un peu plus en détails :
Le combat : Solasta Crown of the Magister est beaucoup plus strict sur les règles de D&D que Baldur’s Gate 3 et il y a nettement moins de changements / simplifications. Le système semble plus formel et soigné mais les exigences tactiques sont plus demandeuses. Le positionnement joue un rôle énorme, les ennemis peuvent escalader les murs, pousser les personnages (retirer temporairement dans le dernier patch mais sera probablement réintroduit), etc…

UI : Je trouve l’interface de Solasta Crown of the Magister très conviviale. Toutes les actions sont clairement lisibles, les boutons sont grands et prononcés, tout est assez net, beau et très facile à trouver.

L’intrigue : pour être honnête, ce n’est pas ça du tout. En quelques mots, le joueur agira comme 4 aventuriers un peu idiots, buvant de l’urine d’âne et s’en vantant. Une fois le tutoriel passé, vous rejoindrez la guilde, et vous commencerez à effectuer des tâches. Les dialogues sont très simples et il n’y a presque aucune explication sur la personnalité des personnages. Vous irez de quête en quête, plutôt linéaires et ne vous donnant pas vraiment un sentiment de liberté. Vous êtes dans un jeu sur rail. L’atmosphère aventureuse suffit, mais l’intrigue n’est vraiment pas un chef d’œuvre.

Graphiques : Les effet d’éclairage sont bons. Certains joueurs n’apprécient pas la caméra mais je trouve qu’elle est très bonne comparée à la version que nous avions dans la démo. La création de personnages n’est pas tout à fait au top mais vous pouvez librement définir diverses valeurs, couleurs des yeux, voix, personnalités, compétences, y compris cinq races, six professions, huit origines et différentes directions de carrières. Les illustrations de l’intro ne sont pas mauvaises du tout. Mais le rendu 3D des personnages est juste horrible. Espérons qu’un effort sera fait de ce côté, car les développeurs ont décidé que les scènes intermédiaires seraient rendues avec le moteur du jeu et forcément, ce n’est pas très joli. J’aurai personnellement préféré des scènes cinématiques.

Les premières impressions sur le jeu sont très bonnes. On a en main un vrai Dungeon Crawler basé sur D&D. Ici, vous vous amuserez simplement : l’histoire n’est pas forcément le pourquoi vous viendrez. Vous lancerez le jeu juste pour le plaisir simple de créer une équipe entière de héros, de voyager vers des donjons lointains, de combattre des groupes de monstres tactiquement et accomplir des quêtes …
Dès le début du jeu, il y a un guide complet, de la création de nouveaux personnages aux alignements correspondants, et même sur le chemin du voyage et de l’aventure, il y aura souvent de nouvelles informations pour introduire des règles du jeu. Le fait de voir le résultat des jets de dés est très sympa, même si j’aimerai une pause sur le résultat.

Video 4

AVIS DE KILLPOWER : Solasta Crown of the Magister est un tactical RPG , là où Baldur’s Gate 3 est un RPG basé sur une licence de renom. Il est donc difficile de les comparer, sachant que l’on pourrait dire que le premier s’adresse aux joueurs de jeu de figurines dans un donjon, alors que le second est plus pour les rolistes du JDR Donjons et Dragons. L’approche est donc différente pour Solasta Crown of the Magister qui met en avant les jeux d’ombres et la verticalité de ses niveaux, avec une aventure axée sur l’exploration de donjons et surtout les combats, là où le second propose une aventure épique dans un monde basé sur Donjons et dragons et frappé du sceau des Divinity, avec son lot de drames raciales et de romances. On n’est donc pas forcément attiré par le second, si on est plus tactical RPG (qui est pour ma part un bon Baldur’s Gate, mais un mauvais Baldur’s Gate 3).

Pour revenir à Solasta Crown of the Magister, l’aventure est intéressante, immersive et pour l’instant ne fait que le faux pas de sa jeunesse d’accès anticipé avec des des bugs mineurs. On pourra aussi se plaindre du temps d’attente lorsque c’est à vos ennemis de jouer, des temps de chargement ou encore de la qualité de ses aventuriers en deçà de celles de ses environnements tout bonnement incroyables.

Personnellement, j’ai perdu le Nord (au sens propre comme au sens figuré) avec cette caméra pas forcément intuitive, car on gère réellement l’espace 3D dans ce jeu. Oui parce que là, on a vraiment des interactions tactiques dans l’espace qui permettent vraiment de se sentir dans un monde en 3D, et ça, peu de RPG le font avec du coup des combats qui demande une gestion du terrain en 3D. La petitesse des lieux insalubres, le jeu des ombres et lumière dans des salles étroites ou tout bonnement abyssales, les petits ponts escarpés où l’on avance à la queuleuleu … Tout est là… Excellent.

Et puis, les échanges entre personnages (en anglais, sous-titrés en français), bien moins parodiques que dans Le donjon de Naheulbeuk font “sérieux” et vrais et semblent tenir compte des traits de chacun. Une certaine maturité qui ne penche pas dans la surenchère si vous voyez ce que je veux dire. On sent derrière des développeurs qui maitrisent le jeu de rôle sur table (on l’a vu d’ailleurs dans leurs journaux de développement).

Alors, je vais attendre sagement la suite, mais la base est tout bonnement attrayante et sympathique. Si vous êtes fans de RPG tactique fantasy avec une équipe de 4 aventuriers et que vous ne craignez pas les accès anticipés, vous pouvez foncer. Et pour les amateurs de D&D, c’est du pain béni !

5ème épisode.