Lorsque la suite d’un jeu mythique sort des années plus tard, avec un gameplay et un nouveau design, on oublie bien souvent les premiers opus qui ont donné naissance à la série. Pour savourer pleinement Divinity II Ego Draconis sorti récemment , il faut revenir en l’an 2002. Le timide Divine Divinity est sorti, ne se doutant point du vent rafraîchissant qu’il soufflerait sur les RPG de l’époque. Aujourd’hui, il revient remasterisé pour notre plus grand plaisir. Fans des RPG old school en 2D, c’est par ici que ça se passe…

Remettons-nous dans le contexte de l’époque. Nous sommes en 2002. Les rpgistes de tous poils sont encore sur Baldur’s gate 2 et les fans d’action sur Diablo 2. Dans quel genre investir alors pour une jeune boite de développeurs comme Larian Studios ? L’équipe belge de Swen Vincke a alors une idée de génie: créer un mélange de RPG et de Hack & Slash, le tout dans un univers médiéval fantastique original. Le projet est donc ambitieux. Il s’agit de fusionner la profondeur et la maturité d’un RPG avec le dynamisme d’un H&S. Autant dire que le jeu s’annonçait comme un succès ! Pourtant Divine Divinity n’ a pas eu le succès escompté et fut souvent jugé comme un semi-échec. Toutefois, de nombreux amateurs ne s’y sont pas trompés et le jeu a remporté, au fil des années, un succès mérité.


Le scénario de l’aventure démarre de façon assez classique. Vous commencez dans un village de guérisseurs après vous être remis d’une attaque d’orques. Au fil de vos quêtes vous vous rendez compte qu’un mal s’est réveillé dans le pays de Rivellon. L’alliance des Ténèbres étend à nouveau son emprise sur le pays et cherche à réveiller le Damné, un démon ancestral. Une étrange prophétie annonce cependant l’arrivée d’un Elu divin, doté de pouvoirs pouvant contrecarrer l’expansion de l’alliance. Cet Elu, vous l’aurez compris, c’est vous. Bien sûr, vous êtes loin de savoir disposer de tels pouvoirs.

Cela vous sera révélé en temps voulu au fur et à mesure de vos péripéties. L’intrigue s’avère donc plus intéressante dans son traitement que dans son contenu. Elle vous fera évoluer dans un univers certes classique, hérité des modèles traditionnels (régions, bestiaires, races…) de l’ heroic fantasy mais l’ensemble demeure riche, vaste et surprenant. Avec un cycle jour/nuit, des PNJ ayant leur rythme de vie, réagissant à vos actes et à vos paroles… Vous aurez d’ailleurs un score de réputation à prendre en compte. Tout est conçu avec goût et humour, faisant de Divine Divinity un RPG de qualité qui n’a rien à envier à Baldur’s Gate. Le pays de Rivellon vous réserves des heures et des heures de jeu intense et riche en émotions. Préparez votre thermos de café !!


Divine Divinity part d’un concept : offrir au joueur la possibilité d’évoluer et de faire des choix dans un univers sans manichéisme. Rien n’est jamais absolument bon ou mauvais, tout est toujours confus, emmêlé et plein de nuances subtiles. C’est à vous, héros, de prendre des décisions en temps réel en pesant le pour et le contre de chacune d’elles. Ne vous empressez pas par exemple de répondre au secours d’un brave paysan criant au vol de ses vaches, examinez d’abord la situation, voyiez qui est dans son bon droit. Le voleur a peut être une famille à nourrir, etc. Les conséquences de vos actes sont variables et imprévisibles, certaines seront légères, d’autres lourdes. Pour rendre ce système possible, les développeurs ont donc créé des centaines de PNJ charismatiques avec des destins différents. Ils ont édité des lignes et des lignes de dialogues. Bien écrit et regorgeant d’humour fin, ces derniers ont toujours un bon choix d’options de réponses dans le ton.


Niveau création de personnage, le jeu vous propose trois classes de personnages classiques (guerrier, voleur, survivant) déclinés aux deux sexes. Vous avez quelques options de visages différents mais cela reste très limité. Pour les stats, vous possédez quatre caractéristiques : force (dégâts de mêlée, capacité à porter plus de poids), dextérité (dégâts à distance, esquive, coups critiques), intelligence (mana) et constitution (vitalité et endurance). Le plus pertinent sera de toutes les monter en accentuant par dosage subtils celles de votre classe. Ajoutez à cela une bonne cinquantaine de compétences réparties dans les trois classes.

Certaines sont très utiles, d’autres moins ; mais le plus important, c’est que votre classe de départ ne vous limite pas dans votre choix de compétences. Les arbres de compétences sont complètement ouverts, ce qui permet de créer l’avatar qui vous convient le mieux. Ainsi, vous pouvez très bien avoir un guerrier jetant des boules de feu ou un mage donnant des coups d’épée. A vous d’établir votre propre technique. Le choix de classe au départ vous donnera cependant un bonus de stat intéressant et une compétence unique essentielle. On reprochera néanmoins au jeu certaines compétences inutiles alors que d’autres sont quasi-nécessaires (alchimie, sort de soins, aura de garde…)

Concernant le gameplay, les combats sont de type H&S en temps réel avec cependant le mode pause très utile pour boire une potion ou changer de sort. Le clic gauche sert d’attaque de base, le clic droit à l’attaque spéciale. Vous pouvez aussi attribuer des sorts ou objets aux touches numériques et visez les ennemis avec la touche ctrl. La difficulté du jeu est quant à elle plutôt élevée mais bien dosée. Les régions sont souvent adaptées à votre niveau probable mais il n’y a pas pour autant d’autoleveling et si vous grillez des étapes, vous vous prendrez de sérieuses raclées. Le jeu est donc bien technique et il vous faudra toujours bien analyser les attaques ennemis avant de foncer dans le tas.


En bon hack’n slash, le jeu vous permettra de trouver de nombreuses armes et armures avec des noms rocambolesques comme « Epée du sanglier de fer de l’espoir… » que l’on peut enchanter et surtout entretenir. On regrettera ici l’absence de réalisme avec des armes moins nombreuses mais plus cohérentes et précieuses. Dans ce jeu en effet vous passerez votre temps à revendre un tas de d’équipement obsolète, ce qui deviendra vite pénible d’autant plus que l’inventaire est bien fouilli et manque de visibilité. Les stocks des vendeurs sont aléatoires et souvent peu intéressants, ce qui est bien pénible. On n’a pas le plaisir d’économiser ses pièces d’or pour s’acheter une bonne arme. Les meilleures armes seront donc celles découvertes et arriveront souvent très tôt dans le jeu et de façon souvent inopportune. Dommage. Malgré ce défaut, le gameplay est très bon et vous promet de bons combats bien jouissifs contre un bestiaire varié et féroce.

Techniquement, et en restant dans le contexte de l’époque (souvenez-vous nos sommes en 2002), les graphismes sont en 2D isométrique classique. Les décors et le désign des régions sont fort jolis, mais les PNJ et monstres sont plus grossiers et pixellisés, et auraient mérité un peaufinage supplémentaire. Le jeu était assez gourmand à l’époque, ce qui bien entendu, aujourd’hui, n’est plus le cas. En revanche les ambiances sont vraiment bien construites et vous serez vite absorbés par l’atmosphère enchanteresse de Divine Divinity. Côté son, mention spéciale à l’excellente musique du jeu qui évolue en fonction des zones.

En conclusion, vous l’aurez compris, Divine Divinity est plus un RPG qu’un hack’n slash. Il s’efforce cependant de réunir les qualités des deux genres, malgré quelques mauvaises incompatibilités (inventaires, objets…) et vous procurera une sensation de jeu fraîche et inédite. Ce RPG n’a pas eu le succès mérité à l’époque de sa sortie, succès qui arriva toutefois plus tard avec Beyond Divinity. Nul doute que les joueurs actuels passionnés par Divinity II Ego draconis lui feront honneur. Je ne peux donc que vous conseiller de vous le procurer, aujourd’hui, à un prix ridicule. Vous ne le regretterez pas et vous vous constituerez ainsi une bonne culture des RPG classiques.

+ Un mixte innovateur
+ Une bonne durée de vie
+ Bourré de second degré

Note testeur 08 sur 10

– Vite répétitif
– Des donjons trop longs
– Parfois un poil trop dur

La vision de Dagon :
(avis écrit et publié sur le site Dagon’s Lair. Avec l’aimable autorisation de son auteur).
Développé par une petite société assez méconnue, Divine Divinity était annoncé comme un jeu de rôle à la richesse d’Ultima 7, tout en ayant un système de combat se rapprochant de Diablo, mais avec une intelligence artificielle des ennemis très intelligents. Eh bien, c’est plus ou moins ce qu’il est… Mais commençons par le début. Divine utilise une représentation en vue isométrique, similaire à Diablo.

Ce qui frappe tout de suite, c’est la richesse incroyable du monde. On peut déplacer chaque objet, en allant jusqu’au moindre couvert. Les dialogues sont intéressants et les quêtes sont multiples. Au bout de quelques heures de jeu, le joueur se retrouve avec un livre de quêtes impressionnant, digne de Morrowind ou d’Ultima. L’interface de jeu est efficace, les objets se mettant en surbrillance lorsqu’on peut agir dessus ou les déplacer. Les personnages quand à eux sont souvent statiques, mais quelques uns semblent avoir le programme dans la journée. C’est assez sympathique, et de ce côté ci, le jeu est d’une richesse fantastique. Concernant le gameplay, eh bien ce n’est pas aussi positif. Le système de combat, c’est du bourrin, c’est du Diablo.

Et du pur et dur… On passe de très nombreuses heures à tuer des hordes de squelettes, orques, … La fameuse « intelligence artificielle » exceptionnelle annoncée, je ne l’ai pas vue. Les ennemis se contentent de charger le joueur ou de lui tourner autour. Rien d’exceptionnel (ni de mauvais non plus d’ailleurs).  Personnellement j’ai vraiment trouvé dommage qu’un monde aussi riche, plein de quêtes, avec un gameplay aussi peu linéaire finit par se réduire à une succession ininterrompue de combats, pendant des heures et des heures, entrecoupées par de (trop) courtes séquences qui permettent au joueur de s’intéresser au scénario et de souffler un peu jusqu’au prochain interminable carnage.

C’est du pur hack & slash. Au bout de 2 heures de jeu, en regardant mes statistiques, j’ai détruit plus de 200 squelettes…. bourrin, bourrin bourrin… quel dommage. En plus, l’option multijoueur, qui rajoute un intérêt certain à ce type de gameplay n’est pas prévue.

Divine Divinity est un logiciel à réserver aux fans de Diablo souhaitant jouer seuls, et avoir un scénario solide derrière et un jeu non linéaire. Personnellement, ma déception fut grande de voir un jeu d’une telle richesse, et d’un tel potentiel gâché et ne se résumer finalement qu’en un Diablo en solo amélioré.

Graphismes et sons : 3/5 – Interface de Combat : 2/5 (Un jeu arcade bourrin. Peu adapté au style) – Scénario : 4/5 (Je n’en ai pas vraiment profité, vu le nombre de combats qui ont fini par me décourager) – Jouabilité (fun) : 2/5 (5/5 uniquement pour les adeptes de Diablo en solo. Pour moi un vrai gâchis)
06.5/10

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