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Divinity: Original Sin 2 est-il (toujours) le meilleur RPG de tous les temps ?

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Sorti en septembre 2017, voici la suite tant attendue de Divinity : Original Sin de Larian Studios. Avec un Kickstarter – comme le premier opus – un énorme succès et un quadruplement du financement, Divinity : Original Sin 2 nous arrive avec, entre autres, une coopération à quatre joueurs et un mode Game Master qui sent bon le jeu de rôle.

S’il devait n’en rester qu’un, ce serait celui-là ! 

À l’approche d’un nouveau titre de Larian Studio, Baldur Gate 3, il est bon de se pencher de nouveau sur l’un des titres phares du studio depuis maintenant 3 ans. N’en déplaise à certain, Divinity : Original Sin 2 m’a vraiment séduit. Il fait tout mieux que son petit frère et est aussi extrêmement complet ; il m’est si difficile d’appuyer sur le bouton “Quitter le jeu” quand je commence une partie.

Commençons notre tour d’horizon par les graphismes, plus que jamais affinés pour ce deuxième opus. Les visages sont plus doux que dans le premier et les effets sont vraiment très jolis. Prenez un mage et emmenez-le sur les hauteurs des niveaux supérieurs pour lui faire lâcher une panoplie de sorts qui vous brûleront les yeux et vous feront en redemander. Même les héros qui n’utilisent pas de magie, mais seulement des capacités physiques, ne sont pas laissés pour compte et offrent des effets visuels soignés.

La direction artistique s’avère une fois de plus à l’épreuve des balles et, la carte du paysage étant plus grande que jamais, vous traverserez de nombreux environnements fourmillant de détails et de recoins à explorer. Les différentes races sont très bien représentées et chacune a sa propre identité visuelle. On aime ou on n’aime pas le choix de design des studios Larian mais en tout cas, il est assumé et bien réalisé. Par exemple, pour les elfes, l’originalité et la singularité ont de la valeur par rapport aux autres races, mais aussi aux autres jeux. Vous aurez le choix entre les humains traditionnels, les nains, les elfes, les lézards … et les morts-vivants !

Quant aux différents archétypes et spécialisations qui vous sont proposés au début du jeu, ils sont au nombre de 14 et offrent une belle diversité qui vous donnera assez à réfléchir sur votre choix.

Mais détendez-vous, les développeurs ont eu la bonne idée de permettre aux personnages alliés que vous rencontrez de vous proposer de changer leur spécialisation pour prendre celle que vous préférez. Grâce à cette fameuse variété de préréglages, vous avez à votre disposition, de nombreuses combinaisons pour rouler sur vos ennemis et vous êtes libres d’expérimenter quantité de combos, car c’est en effet tout à fait possible. Vous remarquerez l’utilisation des mots “preset” et “build” au lieu de “classe”, tout simplement parce que contrairement au jeu de rôle classique classé et multi-classé (AD&D par exemple), ici, vous commencez en fait avec une base et c’est à vous ensuite de faire la vôtre.

Vous pouvez donc vous permettre toutes sortes de combinaisons possibles. Prenez un soldat Hydrosophiste et Nécromancien, ou un ranger Pyrokinésiste, ou un voleur métamorphique et un géomancien, etc.

L’ambition d’atteindre les étoiles de Rivellon


Ce qui fait définitivement la force (ou l’une d’entre elles …) de la licence Divinity est sans aucun doute sa qualité d’écriture. Le légendaire Chris Avellone, qui a travaillé sur Baldur’s Gate (tiens, tiens….), Fallout : New Vegas, Planescape : Torment, Torment : Tides of Numera , Pillars of Eternity et a fait naître l’écriture de Divinity : Original Sin 2 … et c’est sans aucun doute une pierre à ajouter à l’édifice qui, je l’espère, sera construit à sa gloire dans un avenir proche. Les textes sont beaux, précis, et le travail sur la narration est superbe, tout simplement.

L’humour est toujours aussi subtil que dans le premier opus ; j’ai bien ri pendant l’aventure. Notez que les studios Larian ont vu les choses en grand, puisque l’ensemble des textes sont exprimés, y compris la narration, et que cela, ajouté à la force de l’écriture, donne naissance à un résultat envoûtant. Décidément, je ne peux pas me débarrasser de ce beau récit. Au passage, on parle ici de 1 200 personnages, 74 000 lignes de dialogue pour 80 acteurs.

Ce que l’on pouvait reprocher au premier opus, un scénario pas trés interessant et un monde pas trés passionant, est ici corrigé et le scénario en lui-même est plus élaboré, avec beaucoup plus de choix et d’embranchements d’histoires et vous propulse longtemps après les événements de Divinity : Original Sin.

Les habitants de la Source sont pourchassés et purgés de leurs pouvoirs par l’Ordre divin, une sorte de secte ultra-puissante dominée par l’évêque Alexandar, censé être la prochaine divinité, l’homme qui concentrera la bénédiction des sept dieux. Vous faites partie des Ensourceurs emmenés à Fort Joie pour être “soignés” par votre Source et vous devrez vous battre pour vous échapper et faire face aux défis encore plus grands qui vous attendent sur la mer, à Rivellon, car le destin du monde est en jeu. Je ne gâcherai rien et je vous demande simplement de faire confiance à Chris Avellone et à l’équipe de scénaristes – en gage de leur excellent travail.

Quelques mots sur la bande son pour vous dire que personnellement, je suis très satisfait des effets sonores et surtout de la musique qui accompagne les aventures.

C’est votre destin

Alors, prenez le contrôle… Dans Divinity : Original Sin 2, tous vos choix ont des conséquences. Bien sûr, ils n’ont pas tous le même impact en termes de gravité, mais une fois de plus, vous devrez faire attention à la manière dont vous choisissez de résoudre les dialogues, car cela pourrait avoir des conséquences désagréables. En parlant de choix de dialogue, Larian Studios a eu l’excellente idée d’introduire un système dit “d’origine” qui vous permet de jouer un personnage déjà fixé dans sa biographie (vous pouvez toujours choisir son build) et ses étiquettes (plus bas à propos de celles-ci).

Ce qui est formidable, c’est l’ajout d’une quête propre et longue qui vous apprendra l’histoire de votre personnage et vous offrira des lignes de dialogues supplémentaires que vous pouvez parfois choisir de creuser pour en savoir plus sur son passé et sa vie. Ajoutons que les PNJ vous reconnaîtront – certains ont des comptes à régler avec vous ! – et cela entraînera des interactions particulières. Encore une fois, les développeurs n’ont pas fait les choses à moitié car il s’agit de cinq personnages “d’origine”, chacun avec une histoire complètement différente des autres, que vous pouvez incarner.

A propos des étiquettes ci-dessus, ce sont des mots-clés que vous choisissez (jusqu’à deux) et qui permettent d’enrichir (en plus !) les choix de dialogue : le passé d’un soldat vous donnera quelques facilités avec les gardes, mais aussi avec d’autres personnages qui partagent cette étiquette (à votre insu).

Votre destin est aussi d’éclater les adversaires par la force, et là aussi Divinity : Original Sin 2 donne une leçon à la compétition. Son système de combat, au tour par tour, est plus avancé que celui de Xcom 2. Je vous laisse lire la dernière phrase pour en prendre la mesure. Le fait est que vous êtes ici très libre de vos mouvements – dans les limites de vos points d’action – et les développeurs ont choisi de rester très proches du monde du jeu de rôle, notamment avec les attaques d’opportunité qui se déclenchent si vous avez le malheur d’essayer d’échapper à l’emprise d’un adversaire tenace en combat rapproché.

De nombreux facteurs entrent en jeu, comme le fait d’être débordé par les ennemis (amélioration des dégâts grâce à une compétence, qui peut également être boostée), mais aussi et surtout l’interaction entre les éléments. Véritable fer de lance du titre précédent, il est toujours présent et poussé. Mettre le feu à de l’huile sur le sol. Électrifier de l’eau sur laquelle vos ennemies ce tiennent…

Le combat tiens aussi compte des hauteurs et si vous vous déplacez sur un toit ou un escalier, vos dommages sur une cible en contrebas se verront additionnés d’un bonus de dégât non négligeable !

Sur la note du combat soyons clairs sur un point qui fait toujours débat en 2020 : le système de bouclier physique et magique. Chaque personnage a en effet sa barre de vie et deux barres de résistance physique et magique. Certains personnages seront plus résistants aux dégâts physiques ou au dégâts magiques et vous devrez bien choisir le type d’attaque utilisé contre eux.

Par exemple, si un ennemi a une très grande résistance magique, vous privilégierez vos personnages ayant des compétences d’attaque avec dégâts physiques pour l’attaquer. Cependant, un des gros défauts de ce système en 2017 était le manque de balance et on se retrouvait parfois dans une configuration avec une équipe presque uniquement spécialisée en magie et des rencontres avec des ennemis en résistance magique uniquement car équipés de boucliers magiques. Mais le jeu fût corrigé et on a maintenant les deux résistances présentes sur tous les personnages.

La différence étant que certains personnages ont une plus grande résistance d’un type ou de l’autre. Cela vous permet quand même de leur infliger des dégâts et d’éviter un statu-quo.
Il existe des mods très intéressants permettant de retirer ce système complément et de ne se baser que sur un système de résultats de toucher + dégât, comme sur un système D&D.

Tout cela pousse forcément à la rejouabilité, plus que le premier D:OS, d’autant que pour de nombreuses quêtes, vous aurez envie d’explorer les autres issues possibles. Au final, Divinity : Original Sin 2 vous offre une durée de vie presque infinie, surtout si vous voulez en explorer chaque partie, tant en termes d’histoire que de gameplay ; d’autant plus que vous pourrez faire l’expérience de jouer un mort-vivant et de compétences raciales différentes. C’est pourquoi je vous conseille de diversifier votre équipement, sachant qu’il est maintenant possible de jouer en coopération jusqu’à quatre joueurs ! Tout le groupe s’est débarrassé de l’IA ! Par exemple, les elfes peuvent dévorer des cadavres pour se souvenir des derniers moments des gens.

Lorsque vous voyez le mode “Game Master”, nous savons où vous marchez


Et vous savez le pire de tout cela ? Je n’ai même pas fait le tour de tout ce que ce jeu a à offrir.

Avant de nous attarder sur le mode Game Master (maître de jeu), parlons de l’artisanat et de l’inventaire. Le premier est simple à utiliser et comprend même un système de runes. Vous pouvez apprendre des recettes tout au long de votre voyage et les mettre en pratique très simplement. Les runes sont intégrées dans l’équipement avec des emplacements disponibles et vous pouvez les retirer quand vous le souhaitez sans les perdre. Mon seul regret, j’ai dit le seul, est le manque de soin apporté à l’inventaire, toujours aussi pathétique qu’auparavant. L’ajout de catégories et d’une fonction de recherche aurait été le bienvenu…

Parlons du plaisir – encore plus, je veux dire. Larian Studios a réussi à offrir une mode dans la plus pure tradition des jeux de rôle sur papier … avec presque autant de libertés ! Ma mâchoire s’est littéralement bloquée et je me suis retrouvé à imiter Marty McFly pendant cinq minutes (sans mentir) à regarder tout ce qui était proposé dans le mode Game Master. Je comprends maintenant pourquoi l’édition collector du jeu est proposée comme un écran Dungeon Master avec une base en velours pour lancer les dés. C’est complètement et probablement pas justifié, mérité et pertinent, mais qui s’en soucie !?

Entrez dans le mode Dungeon Master pour créer vos campagnes de A à Z, en déterminant tout : cartes, niveaux, chemins, événements surprises. Et on va plus loin avec la simple possibilité de récupérer les illustrations sur le PC du DM, de partager ses campagnes, de récupérer celles des autres et de jouer avec des joueurs du monde entier ! Nous n’allons pas nous arrêter en si bon chemin : créez vos dialogues avec des choix multiples, des récompenses, des objets uniques / légendaires / divins … ils vous offrent de nombreux niveaux déjà construits, il vous suffit de les remplir.

Et de là, la liberté reste totale : créez autant de personnages que vous voulez, renommez-les, faites leurs statistiques, générez des événements, des scènes à niveaux multiples. Allez plus loin et réglez la musique de fond, la météo, etc.

Et ici, nous ne parlons que de la phase de préparation. Car dans le jeu, vous pouvez être joueur, mais aussi, bien sûr, DM (maître du donjon), et vous pouvez faire une pause pour prendre le temps de raconter l’histoire à vos joueurs. Vous pouvez aussi utiliser la banque de sons de Divinity : Original Sin 2 pour accompagner et rythmer votre histoire en racontant qu’une porte de cellule s’ouvre soudainement et en jouant le son d’ouverture d’une porte métallique. Le problème d’un jeu vidéo, tout joueur de jeu de rôle sur papier vous le dira, est qu’il est physiquement limité dans ses possibilités, alors qu’un RPG traditionnel n’a que de l’imagination pour délimiter (ndlr : revoir notre article sur la définition d’un RPG). Les développeurs de Divinity : Original Sin 2 sont également passionnés par les jeux de rôles papier et ont donc développé ce mode en gardant cette passion à l’esprit.

Ainsi, vous pouvez toujours passer par un menu pour réclamer un lancer de dés (au nombre de faces de votre choix, bien sûr) à vos joueurs en revendiquant le succès dans telle ou telle statistique (ou pas du tout). Larian Studios encourage à ne pas se limiter à ce que le jeu peut physiquement faire : si les joueurs veulent lancer quelqu’un d’une falaise, un lancer de dés et le DM peut le régler tout de suite avec une petite mise en scène si cela lui convient (et un bon maître de jeu devrait le faire). Bien sûr, ce dernier peut aussi prendre possession des “méchants” pour les jouer en PvP contre les joueurs. Bref, je ne vous fais pas un dessin : c’est une sensation de table de JDR.

Alors oui, D:OS2 tiens bien toujours la route aprés 3 ans d’existense. Et son univers bien particulier, sa rejouabilité exceptionelle grâce à une communauté de moddeurs très active encore aujourd’hui, fait de ce jeu un Must Have. Si vous n’avez jamais arpenté le monde de Rivellon, c’est peut-être le moment : la version définitive du jeu est sortie et son prix est maintenant très abordable !

Divinity : Original Sin 2 est un must, c’est un fait. A l’heure où le RPG fait son retour avec des titres aussi brillants et éclatants que Pillars of Eternity, Tyranny, Wasteland, etc., Divinity : Original Sin 2 est le jeu que j’ai toujours attendu. Le titre de Larian Studios parvient à exceller à tous les niveaux et le seul qui manque est celui de l’inventaire, c’est-à-dire … n’oubliez pas que cette équipe de développement est connue pour proposer quelque temps après la sortie du jeu une “Enhanced Edition” gratuite qui apporte de nombreuses améliorations.
L’équipe de rédacteurs de Chris Avellone a fait des merveilles et l’atmosphère générale et la qualité de l’écriture sont tout simplement irréprochables. Le gameplay reste à l’épreuve des balles et propose même de pousser plus loin avec des options tactiques toujours plus avancées. Les arbres de compétences et l’extrême personnalisation des personnages permettent toutes les combinaisons et c’est un réel plaisir d’expérimenter plusieurs combo de personnages éclectiques.
Les interactions entre “éléments” sont à nouveau au top et la stratégie induite l’est tout autant. Vous pourrez apprécier tout cela sur un fond de musique superbe avec des effets visuels saisissants, ainsi qu’une direction artistique léchée, et tout cela pour une vie de preuves. Enfin, pour toutes ces raisons, Divinity : Original Sin 2 est LE jeu à acheter dès maintenant et à apprécier pour la vie. 10/10