On n’était pas mal à avoir tiré la grimace en entendant parler de Enhanced Edition pour Baldur’s Gate. Pas tout à fait à tort vu le résultat des courses à la sortie du premier opus. Les critiques avaient dégainé le crayon et un certain chaos s’était emparé de l’affaire. Notamment sur des histoires de droits, d’App Store et autres magouilles.
Puis vient enfin le deuxième opus en version Enhanced. Et là, grosse question : est-ce qu’ils ont appris la leçon chez Overhaul ? Je vous le confie de suite, Baldur’s Gate 2 c’est juste mon petit Graal chéri à moi. Donc j’avais un peu peur, à tort ou à raison selon vous ?


Et le voilà, Baldur’s Gate 2 Enhanced Edition. A peu près un an après son Enhanced grand frère. Parce que je suis un type sympa et que je suis sûr que certains ne suivent pas au fond, je vous replante le décor. L’histoire reprend après la fin du 1. Sarevok s’est pris sa raclée, vous êtes un héros à la porte de Baldur. Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Sauf que non. Parce que la suite hurle sa volonté de vivre vous décidez de quitter les lieux. En chemin, pas de bol, vous êtes capturé par un magicien des plus balèzes qui semble visiblement très intéressé par votre ascendance divine.

S’en suivent expériences magiques, tortures, séquestration et autres, le tout sans votre consentement bien entendu. Coup de bol pour vous et obligation scénaristique pour qu’il y ait un quelconque jeu, votre hôte est attaqué. Ce qui vous donne la chouette occasion de pouvoir vous évader. Une fois quelques compagnons prisonniers des lieux réunis vous mettez les voiles. Pour tout de suite retomber sur votre geolier qui se fait arrêter par les flics magiques locaux. Lesquels embarquent au passage cette chère Imoen parce qu’utiliser la magie sur la place publique, c’est comme croiser les flux dans Ghostbusters, c’est mal. Vous voici donc en quête de ce mystérieux kidnappeur et de votre amie d’enfance. Ça va chauffer en Amm !

Baldur’s Gate 2, je te voyais… plus grand

Encore une fois j’en vois qui ronflent au fond. Donc pour eux, leçon de rattrapage. Baldur’s Gate 2 c’est le territoire de la deuxième édition de Dungeon & Dragons. On y joue dans un temps réel avec pause active, les jets de dés pleuvent encore plus que les mandales, la tactique est au rendez-vous et vous allez bouffer du TACO. Je pourrais m’étendre longtemps sur les races, les alignements, les classes et les subtilités. Mais le fier gobelin Pouicoss l’a très bien fait à ma place quand il a testé la version originale, je vous renvoie donc à son très bon test.

Je vous le dit moi, ce jeune a du talent et je l’aime (aucune équivoque, j’aime le talent). Je vous recommande encore la lecture précise de ce test parce que dans le fond, le gameplay ne change pas. Ce jeu c’est Baldur’s Gate 2 dans un nouvel emballage. Nouvel emballage qui prévoit une nouvelle interface, des plus honnêtes et dans un esprit plus proche de ce qu’était l’originale. Un égard plutôt bienvenu par rapport au truc bleuâtre assez dégueux qu’était l’interface de l’Enhanced Edition du premier volet.


Sur le plan de l’interface toujours, pas mal de petits soucis de la version originale ont été gommés. Les parchemins déjà connus sont marqués à côté du nom du sort. Un ajout qui évite de faire chaque objet un par un pour être sûr de n’en avoir oublié aucun. On aimera ou pas, mais à présent l’arme utilisée s’affiche sur le portrait du personnage lorsqu’il est en combat. A mon sens, l’utilité n’est pas primordiale mais pourquoi pas ? Au moins on est sûr de ce que chaque personnage utilise comme arme pour peu que l’on connaisse les icônes. Toujours pratique de ne pas se ruer dans un combat délicat avec cette fameuse épée cracheuse de boule de feu.

J’apporterais un bémol à un petit défaut du jeu original qui n’a pas été corrigé : il est impossible de charger une partie sans que cela quitte et écrase la partie en cours. Autrement dit vous n’avez pas la possibilité de voir de quand datent vos sauvegardes et où vous vous trouviez par le menu sans abandonner votre partie en cours. Si à l’époque ça se justifiait sûrement par une limitation technique c’est une amélioration qui aurait pu se faire et aurait fluidifié pas mal l’ergonomie générale du titre. Dommage …

Le plus gros point noir reste néanmoins, encore et toujours, le pathfinding qui n’a toujours pas progressé. S’il est de base moins galère que ne l’était celui de Baldur’s Gate 1 ou Planescape : Torment, un certain nombre d’accrocs demeurent, et on ne peut que soupirer de cela. Surtout dans la mesure où cette Enhanced Edition a beaucoup appris de sa grande sœur, notamment sur l’absence totale de bugs, un fait toujours très appréciable.

Néanmoins vous l’attendez tous et je le sais, l’apport de cette Enhanced Edition ce sont, entre autre, les nouveaux compagnons. A savoir Dorn Il-Khan, le garde noir demi-orc, toujours aussi sociopathe. Neera, l’elfe magicienne, moins gourde qu’avant (Dieu merci), Raasad le moine chauve qui use ses pénates du coté de Franc Marché désormais. Et une nouvelle Hexxat, dont la quête recèle quelques agréables surprises, même si les rodés des mods de Baldur’s Gate 2 lui trouveront des similitudes avec un certain mod. Je ne dirais point lequel, gardons les surprises pardi !

A l’image des compagnons du jeu originel, chacun dispose de sa suite de quêtes personnelles. J’avoue que je ne me prononcerais pas sur celle de Dorn, mon alignement bon lui ayant rapidement collé une épée sur la face quand il a commencé à vouloir me forcer la main et baisser ma réputation. Hexxat bénéficie elle d’une introduction des plus sympathiques avec quelques surprises. Je n’en dirais pas plus mais vous recommanderais juste de faire très vite sa quête de recrutement, trop tarder risque d’amener à des conséquences assez embêtantes si vous comptez aller loin avec elle. Neera, de son coté, reprend le fil de sa quête personnelle là où on l’avait laissé dans Baldur’s Gate Enhanced Edition premier du nom. Toujours wild mage, toujours en lutte avec les sorciers rouges de Thay mais un peu plus mûre.


De ce que j’ai pu en juger la qualité est très honnête. Si on sent le coté ajouté des personnages, la faute à ce que j’appelle la tendance au « profil exceptionnel » des personnages ajoutés. Autrement dit cette tendance à doter les personnages de traits exceptionnels pour les caractériser et les rendre intéressants. Une solution qui tend vers la facilité, surtout par rapport au casting originel de Baldur’s Gate 2 qui, s’il comportait quelques spécimens, avait le mérite de mettre en avant des individus assez « ordinaires » (à l’échelle de Dungeons & Dragons bien entendu) et de les rendre intéressants malgré cela.

Néanmoins il ne faudrait pas me faire dire ce que je n’ai pas dit. Les nouveaux compagnons sont très sympathiques, et en l’honneur de Overhaul il faut dire que l’écriture a progressé par rapport à celle de Baldur’s Gate Enhanced Edition. Les dialogues sonnent plus naturels, les quêtes un peu moins clichées même si l’on n’échappe pas à certains stéréotypes, hélas …

Comme sa grande sœur, cette Enhanced Edition vous propose un mod arène sous le doux nom de The Black Pits, Warrior of Thay. Une façon comme une autre de mettre du Icewind Dale dans le Baldur’s Gate. Si vous aimez le genre vous y trouverez sans doute votre compte. La difficulté et les combats de longue haleine sont là. Détail marrant, les fosses en questions sont citées dans certaines quêtes rajoutées. Un peu de liant ne fait pas de mal même si ce n’est sûrement pas ça qui rendra la chose géniale. Saluons quand même la volonté de contextualiser, ce n’est jamais vain.

In the eye of the Beholder

J’avais promis d’y venir, m’y voilà. La partie visuelle ! Certains diront que ça n’a guère changé, et en un sens ils n’ont pas tort. Mais je dirais qu’Overhaul n’a pas eu tout à fait tort non plus de ne pas changer fondamentalement. En effet on retrouve une version boostée aux vitamines de l’Infinity Engine 2 qui avait fait la beauté des originaux. Et je dis bien boostée aux vitamines. Pas gisant et agonisant comme on pouvait le voir sur Icewind Dale 2 où l’on sentait que la bête était sur le point de mourir, se traînant sur ses genoux meurtris à tel point qu’on avait de la peine en y jouant.

Non, non, ici la palette de couleurs a été délicatement réarrangée. Les tons sont plus chauds et l’on peut voir un plus grand panel de nuances sur les couleurs. Ça ne transcende pas non plus le visuel du jeu mais je pense que c’était justement le but recherché. Faire du Baldur’s Gate en plus beau sans dénaturer la moëlle Baldur’s Gatienne. Et je trouve que de ce côté le pari est plutôt réussi. A noter une ou deux zones altérées, tel l’Ordre du Cœur Radieux qui a subi une rotation de 90° sur la gauche.

Sans doute une volonté que l’on arrête d’entrer sans cesse par les écuries. La sensation est très étrange la première fois ceci étant. Le zoom du premier opus est toujours de la partie. Toujours peu utile, il pose quand même un certain problème à mon sens vu qu’on a parfois du mal à estimer l’échelle idéale entre le gros plan pixélisé et le jeu de stratégie. Dommage.

En matière d’ajouts visuels on peut également parler des équipements qui ont été refaits. A la fois au niveau des icônes, ce qui oblige à un petit temps de réadaptation mais surtout sur le plan de l’affichage. En effet, par un souci maniaque, les casques et boucliers, impersonnels à souhait dans l’original se sont vus offrir des looks personnalisés. Cela peut sonner un peu bête sur le papier mais au vu de la quantité de casques et boucliers aux capacités identiques mais skins différentes, cela permet d’offrir un peu de variété dans les membres de son groupe et mieux les différencier (même si les vrais savent que l’on ne sélectionne ses membres qu’avec le panneau de groupe à droite !).

Le réel ajout sur le plan visuel reste néanmoins les sorts. En effet les sprites vieillots de Baldur’s Gate 2 ont été refaits, et ce de façon plus qu’honnête. A nouveau pas de révolution transcendante mais il faut admettre que la différence se voit bien sans trancher violemment. Bon point pour Overhaul.


Sur le plan sonore on retrouve les compositions du jeu originel. Autrement dit c’est du quasi parfait. Quelques morceaux propres aux ajouts montrent également le bout de leur nez. Et là aussi la qualité est bonne. On pourra chipoter en disant que l’esprit derrière n’est plus tout à fait le même mais dans la mesure où les zones où ces musiques apparaissent tranchent par rapport à celles du jeu originel c’est une trahison cohérente et justifiable. Je la déclare donc valide et pardonnée.

Niveau voix on n’a pour l’instant que de la voix anglaise, le texte n’étant pas encore traduit. Dans les deux cas c’est savoureux, l’écriture de Baldur’s Gate s’apprécie très bien pour peu que l’on sache passer la barrière de la langue. Si on fait exception de ce fait contrariant pour les francophiles, les doublages sont dans l’ensemble d’assez bonnes qualités. Je reprocherais juste celui de Dorn assez outré dans le genre « mec dark et baraqué à voix grave ». Ceci étant c’est peut être moi hein …

Que penser de ce Baldur’s Gate : Enhanced Edition ? Déjà qu’il est largement moins honteux que ne l’était le premier à sa sortie. Ceci dit cette versio, n’apporte pas grand-chose non plus. Je la comparerais à une version remasterisée de Star Wars. Les vieux de la vieille ont déjà la leur et n’y prêterons que peu d’intérêt. Reste à voir si les nouveaux venus redoutent ou non le côté daté de l’original. A vous de voir si vous avez envie d’une version HD ou pas. Dans tous les cas, ce sera un bon jeu.

+ C’est Baldur’s Gate 2 et son extension
+ Du contenu supplémentaire …

Note RPG 5 sur 5
Note testeur 06 sur 10

– Ce n’est que Baldur’s Gate 2 et son extension
– … Mais pas super touffu
– Quelques soucis d’époque non résolus
– Avenir incertain du modding sur cette version

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