dimanche, mai 29, 2022

Note du testeur sur 10

Baldur’s gate 2 : Shadows of Amn
10

TEST – Baldur’s gate 2 : Shadows of Amn

Ce test a été écrit et publié à l’origine le 31 mars 2012 sur le site RPGFrance par son auteur Pouicoss. 

C’est en 1998 que Bioware s’est affirmé comme développeur de talent vis-à-vis des Jeux de rôle sur ordinateur, avec un jeu dénommé Baldur’s Gate. Ce jeu est unanimement salué, tant par la richesse de son univers (celui des Royaumes Oubliés), que celui de sa trame, de sa durée de vie, et bien sûr de sa transposition quasi parfaite de la seconde édition d’Advanced Dungeons & Dragons (le JdR papier) en jeu vidéo. Après une extension pour son jeu de rôle, Bioware nous propose de nous replonger dans l’univers de Baldur’s Gate et sort un second volet à son jeu fétiche. Retour sur Baldur’s gate 2 : Shadows of Amn, apparemment « cultissime » pour de nombreux joueurs. Notoriété justifiée ? Réponse …

Le Seigneur du Meurtre périra, mais de sa mort naîtront des enfants qui seront l´âme même du chaos. 

Suite directe du premier opus, Baldur’s Gate 2 vous propose de repartir à l’aventure avec les mêmes alliés. Votre avatar, fils d’un dieu malveillant nommé … Bhaal se retrouve ainsi que deux de ses compagnons, Minsc et Jaheira, emprisonnés dans les geôles d’un mystérieux sorcier. C’est alors qu’Imoen, votre amie d’enfance, vient à votre secours. Pour vous sortir des griffes de votre bourreau (les tortures qu’il vous inflige sont l’occasion des premiers dialogues du jeu), vous devez reconstituer votre fière équipe.

Votre petit groupe constitué, la sortie de la prison n’est pas qu’une formalité. D’emblée, la difficulté se fait ressentir, et les premiers monstres tués sont autant de soulagements. Mais à peine arrivé à la surface, vous apercevez votre geôlier se faire maîtriser par de mystérieux magiciens. Imoen, rancunière de nature, se fait également arrêter. Ceux-ci se téléportent avec leurs prisonniers, sans laisser la moindre trace. Imoen a disparu ! Vous vous devez de la sauver.

Au menu des réjouissances, une création de personnages comme on n’en voit plus de nos jours… Oubliez Dragon Age : Origin, aussi bon soit-il, et ses trois classes. Ici, on est dans un Dungeons & Dragons. Et comme dans tout bon jeu de rôle papier, avant de sauver Imoen et de mener à bien votre quête, il faut déterminer qui vous êtes. Vous avez le choix entre sept races issues de l’univers des Royaumes Oubliés, à savoir Humains, Elfes, Demi-elfes, Gnomes, Petites-gens, nains et Demi-Orcs.

Ensuite, il faudra déterminer vos classes… et sous-classes. Vous pourrez ensuite déterminer votre apparence, qui se traduit par une forme de visage, la couleur des cheveux, des vêtements, le sexe et … c’est à peu près tout … Mais n’oubliez pas que nous sommes en 2000, donc c’est déjà pas si mal, et surtout votre alignement. Tous ces éléments influent directement sur votre personnage, ses capacités au combat, comment les autres réagiront à sa vue, c’est pourquoi, si vous êtes un néophyte, Bioware propose un didacticiel très sympathique ainsi que des personnages « préconçus » très équilibrés pour débuter une aventure sereinement, sans s’arracher les cheveux…

Il faut avouer que le jeu n’est déjà pas simple. Vous serez amené à diriger un groupe de 6 personnages, votre avatar et 5 autres PNJ. Mais si vous le désirez, vous pourrez un peu à la manière d’un Icewind Dale créer votre équipe de toute pièce. C’est une possibilité offerte par les développeurs pour rester dans la continuité du premier opus, mais sachez que Baldur’s Gate 2 propose des interactions avec les PNJ bien plus poussées. Les personnages proposés sont ainsi très intéressants et ont une histoire qui leur est propre. Se priver de tels personnages revient à perdre une partie de la richesse du jeu… A bon entendeur.

Enfin, Bioware offre la possibilité aux vieux briscards d’importer leur héros du premier opus. Ca, c’est chouette, et surtout, ça donne encore plus de profondeur à l’histoire qui, pour rappel, s’étend sur l’ensemble des Baldur’s Gate (elle trouve sa conclusion dans l’extension de BG2 ; Throne of Bhaal). Désormais, un patch amateur permet de jouer à l’intégralité de la saga en passant du premier jeu au second en un clin d’oeil, dès lors que les deux jeux sont installés. Maintenant que votre héros est prêt, place à l’aventure !
 

Les yeux ! Bouh, il faut viser les yeux. 

Dans ce Baldur’s Gate, comme dans tout bon Baldur’s Gate, et plus généralement comme dans tout bon RPG, une grande quête principale vous fait voyager et découvrir le monde dans lequel elle se déroule. Tout autour de ce périple, de nombreuses quêtes « annexes » vous permettront d’augmenter vos capacités et de trouver des objets magiques. Ces aventures secondaires sont extrêmement nombreuses. Le talent de Bioware pour raconter des histoires se fait sentir, et ces quêtes se révèlent être fort intéressantes. Imbriquées, entrelacées, elles ne vous mènent jamais sur un parcours linéaire et simple. Elles s’entremêlent, et ne sont pas toujours accessibles ou se résolvent différemment en fonction de votre alignement.

Une quête vous permettra par exemple d’enrôler un nouveau personnage, qui peut vous permettre d’accéder à d’autres quêtes, grâce à son savoir ou ses compétences. Par ailleurs, il faut savoir que tous les membres de votre équipe bénéficient d’une histoire, d’une « vie » et d’une personnalité unique : Ils s’expriment, vous conseillent, et de part leur histoire, vous permettent d’accéder à d’autres quêtes. De ce fait, vos aides de camps sont bien plus que des combattants, mais bien des personnages avec une « âme » propre, ce qui augmente considérablement l’intérêt de l’aventure, et fait de Baldur’s Gate 2 une vraie aventure « rôlesque », telle qu’on la vivrait avec ses potes devant sa feuille de papier et son crayon.

Tant par la qualité et la complexité de son scénario que par son gameplay, Baldur’s Gates 2 mérite de porter l’appellation de RPG. Le système de jeu est semblable au premier dans les grandes lignes car toujours basé sur les règles 2.0 d’Advanced Dungeons & Dragons. L’interface a été revue à la hausse, elle est ainsi plus lisible (et plus jolie) et plus intuitive. Les combats autorisent, comme dans le premier (et comme dans la plupart des jeux Bioware), de mettre en pause l’action pour planifier ses prochaines actions. Là où Baldur’s Gate 2 se distingue de son prédécesseur, si ce n’est par une histoire différente et des graphismes améliorés, par un contenu bien plus varié et complet. Les combats, qui ne peuvent être évités, sont bien plus rythmés que ceux du premier, et bien plus diversifiés.

En effet, le bestiaire a doublé entre les deux opus. De même, le livre d’incantation compte jusqu’à 300 sorts ! Il y en a pour tous les goûts. Mais plus important que le contenu, c’est la façon de l’utiliser qui est importante. Chaque type d’ennemis a ses faiblesses, et ses points forts, et ainsi, il faudra choisir, parfois même combiner, plusieurs types d’attaques pour en venir à bout. Et comme dans un jeu de rôle « papier », chaque action peut avoir des conséquences.

Ainsi, plus vos sortilèges sont puissants, plus ils sont potentiellement dangereux… pour vous-même ou votre équipe. (Vous n’avez jamais fait un échec critique avec un jet de dé pourri, qui a brûlé votre compagnon ? C’n’est pas grave, il servait à rien …) En fait, à l’inverse d’un hack’n’slash, où la recherche d’objet se « limite » à une course à la puissance, ici, vous avez à combiner de la meilleure manière vos différents objets, pour arriver au meilleur résultat.

Trap detected …

Après quelques heures, un constat s’impose : le jeu est vraiment vaste et le scénario saturé de rebondissements… Des trahisons sont aussi de la partie pour relever un plat déjà passablement épicé. L’équilibre entre les dialogues et les combats est à ce titre meilleur que dans tous les autres RPG de l’époque. Planescape Torment, dont l’histoire et l’ambiance là aussi magistrale pouvait rebuter, car trop axé sur les discours sans fin, et Icewind Dale, qui se voulait plus “action” était très sympathique, mais moins profond. Ici non seulement les situations sont variées autant que les monstres, mais il faudra ruser et réfléchir pour parvenir à ses fins. Les mécanismes sont aussi nombreux que les dialogues regorgent de pièges : un même personnage peut passer d’allié potentiel à ennemi redoutable…

Pour en revenir à des considérations d’ordre « bassement technique », le titre de Bioware est là aussi très convaincant. Au niveau sonore et graphique, le jeu était une pure merveille. S’il l’est toujours autant au niveau sonore (les musiques sont sublimes et surtout, très cohérente avec l’univers du jeu), les graphismes ont aujourd’hui vieilli. Enfin, pas tant que ça. En effet, la 2D isométrique passe toujours très bien au niveau des décors, qui sont encore magnifiques aujourd’hui, et surtout, originaux et dépaysants. Par contre, il est vrai que le jeu, n’étant plus tout jeune, n’offre pas des personnages très bien animés, ni détaillés.

Ce test revient sur le hit de Bioware dans sa version originelle. Notez cependant qu’il est actuellement sujet à une remasterisation par le studio Overhaul Games. Cette “Enhanced Edition” devrait voir le jour après la version HD du premier opus, développée par le même studio avec au programme, une mise à jour du moteur graphique et quelques ajouts comme des quêtes non-finies à l’époque.

Malgré cette barrière « graphique » qui pourrait rebuter les plus jeunes joueurs, je pense que Baldur’s Gate 2 est un jeu qui doit être joué, quand on est amateur de RPG. Car s’il a vieilli techniquement, il reste aussi bon que les productions actuelles au niveau du gameplay. Il est tout simplement l’un des meilleurs RPG occidentaux jamais réalisé au niveau de l’histoire et de la qualité de l’aventure proposée. Oui, pour tous ces aspects, Shadows of Amn est bien le digne successeur de Baldur’s Gate, c’est-à-dire un hit incontestable, un chef-d’œuvre du RPG.

+ Une histoire mémorable et des personnages attachants
+ La bande-son impériale
+ L’équilibre parfait entre narration et combats
+ Durée de vie colossale
+ Un gameplay aux petits oignons

Note RPG 5 sur 5

– Techniquement dépassé
– Temps de chargements nombreux

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