Il y a 3 ans, Gearbox Software, studio jusqu’alors peut connu des joueurs RPG que nous sommes, sortait sur PC, Playstation 3 et Xbox 360 un certain Borderlands. A mi-chemin entre FPS et hack’n slash, le jeu nous permettait d’incarner un chasseur de l’arche à la conquête de loot, d’XP et de pognons. Sa suite garde à peu près la même recette, mais avec un assaisonnement particulier des plus plaisants.

Étalon du cul ! Viens dire “bonjour” !

L’histoire prend de nouveau place sur la planète Pandore, celle-ci même que nous avions écumée dans le premier épisode. On apprend qu’à la fin de celui-ci, les quatre chasseurs de l’arche ont libéré un minerai très convoité appelé éridium sur l’ensemble de la planète. Pandore est alors dirigée par la société Hyperion, avec à sa tête le Beau Jack (the Handsome Jack en anglais), un mégalomane égocentrique qui recherche l’éridum afin d’en tirer profit. Sur ce arrivent quatre nouveaux aventuriers, ayant chacun une capacité spéciale.

Tout d’abord, nous avons Axton le commando, un soldat secondé d’une tourelle Scorpio améliorée. Vient ensuite Maya la sirène, qui possède le pouvoir de figer les ennemis dans une bulle magique. Notre troisième invité est Zer0 l’assassin, un ninja des temps modernes capable de se rendre invisible et de distraire ses ennemis avec un hologramme. Notre dernier camarade se nomme Salvador le défourailleur, dont la capacité spéciale lui permet d’utiliser deux armes différentes en même temps.


Alors que nos quatre nouveaux venus voyagent tranquillement en train, les voilà qui se font attaquer par les soldats et robots d’Hyperion. C’est le nez dans la neige et complètement démuni que débute l’aventure. Heureusement, nous nous retrouvons nez à nez avec ce cher robot, modèle CL4P-TP, plus connu sous le nom de Clap-Trap. Ce dernier se prendra d’affection pour notre personnage et fera de nous son fidèle sbire, entendez par là qu’il essaiera vaguement de nous donner des ordres faisant preuve d’une autorité relativement peu convaincante.

Sachez que Clap-Trap ne sera pas la seule tête connue de retour dans ce second épisode. Il y a également d’autres personnages comme Marcus le marchand d’armes, Zed le médecin sans diplôme ou encore Scooter et ses “Auto-loc” permettant de louer des véhicules. Bien sûr ce ne sont que quelques exemples et je me garde bien de vous dévoiler la liste complète des intervenants, afin de vous garder un peu de surprise si vous comptez jouer au jeu.

N’ayez pas peur de mourir. Tout le monde meurt, sauf le beau Jack bien sûr.

Borderlands 2 reprend les mêmes mécaniques de jeu que son aîné, en corrigeant et améliorant certains points. Le jeu se joue donc toujours à la première personne à la manière d’un First Person Shooter, mais chaque personnage possède un arbre de compétences qui lui est propre, avec trois branches différentes. Chaque branche vous permettra de spécialiser votre personnage dans un style de combat particulier. Libre à vous bien sûr de dispatcher vos points de compétences dans une seule branche, ou un peu dans les trois.

Les niveaux s’acquièrent toujours en tuant des ennemis, et en complétant des quêtes. Notez d’ailleurs que l’arbre de compétences, ainsi que la capacité spéciale de votre personnage ne devient accessible qu’au niveau 5. Une fois celui-ci atteint, vous pourrez, à chaque niveau gagné, dépenser un point dans votre arbre de compétences. Chacune de ces compétences est passive, mais pourra avoir un impact sur votre capacité spéciale. 

Vous l’aurez compris, ici, pas de barre de raccourcis ni de compétences actives à débloquer. Tout comme dans Borderlands, vous aurez toujours autant d’armes à votre disposition pour flinguer vos adversaires. Vous disposerez au départ de deux slots d’équipement pour les armes, pour un maximum de quatre au final. L’inventaire est toujours présenté de la même façon, mais avec une ergonomie revue. Oubliez la navigation casse-tête à la souris du premier opus, ici tout est bien mieux pensé et plus agréable. On retrouve donc quatre autres emplacements pour l’équipement. Le premier, un classique, servira pour le bouclier énergétique de notre personnage.

Le second vous permettra d’équiper un mod de classe, spécifique au personnage que vous aurez choisi et permettant d’améliorer des stats et des compétences particulières. Le troisième vous permet d’équiper un mod de grenade, pour donner un effet particulier à vos grenades, avec des stats qui lui sont propres, comme la taille de la zone d’effet ou le délai avant explosion. Le dernier emplacement vous permet d’équiper un artefact. Contrairement au premier épisode où les artefacts ne venaient qu’ajouter un effet élémental à votre capacité spéciale, ils ont ici des effets beaucoup plus variés, comme augmenter l’expérience gagnée, ou la rareté du butin collecté.


Si le jeu est toujours découpé en plusieurs zones relativement vastes, l’une des nouveautés de cet épisode est de proposer une ville centrale, un “hub” qui vous servira de quartier général et dans lequel vous reviendrez régulièrement : la ville de Sanctuary. C’est d’ailleurs dans cette ville que vous retrouverez la boutique de Marcus ou celle du Dr. Zed.

Une nouvelle boutique fait également son apparition, tenue par Earl le Dingue, avec lequel vous ne pourrez commercer qu’avec de l’éridium, afin de débloquer des améliorations de stockage, permettant de transporter plus de munitions ou plus d’armes dans l’inventaire. Après avoir accompli quelques quêtes, vous auez également à votre disposition un coffre de stockage afin de pouvoir mettre de coté de l’équipement, ainsi qu’un coffre d’échange commun à tous vos personnages.

Pour en revenir à l’équipement, celui-ci est beaucoup plus varié que dans le premier épisode. Si on retrouve plusieurs grandes familles d’armes, les différentes variations tant au niveau des caractéristiques que des visuels font plaisir à voir. Un nouveau type d’arme élémental fait également son apparition : le “slag”. Celui-ci a pour particularité de rendre les ennemis plus sensibles aux dégâts “non-slagaires”, une arme de choix lorsque vous jouez en multijoueur !


Du côté du bestiaire, le jeu reste dans la même tendance : des têtes connues et des nouveautés. Si on retrouvera avec un certain plaisir (malsain ?) les skags et les sadiques, on découvrira de nouveaux ennemis, comme les garogos ou les rôdeurs. Tout comme dans le premier Borderlands, chaque type d’ennemi aura ses forces et ses faiblesses, avec un ou plusieurs points faibles vous permettant d’infliger des dégâts critiques, si vous parvenez à l’atteindre.

Scooter, c’est le roi de la caisse ! Oups, je crois que je viens de dire un truc débile.

Les véhicules font toujours partie intégrante du gameplay. Avec une maniabilité identique au premier épisode, vous pourrez ici personnaliser encore un peu plus votre véhicule. Il y a d’ailleurs plusieurs types de véhicule disponibles, avec à chaque fois deux armes secondaires disponibles. En multijoueur, libre à vos partenaires de générer un nouveau véhicule, ou de se joindre au vôtre, certains permettant d’accueillir quatre joueurs simultanément.

D’ailleurs, les véhicules ne sont pas les seuls à bénéficier de nouvelles apparences, car vos personnages seront également personnalisables. Dès le début de la partie, vous aurez quelques visages différents disponibles, ainsi que plusieurs couleurs de vêtements. Tout au long de l’aventure, vous pourrez récupérer de nouvelles couleurs d’apparences, que ce soit pour votre personnage ou vos véhicules, et ainsi les personnaliser un peu plus. Par ailleurs, si vous possédez une sauvegarde du premier Borderlands, cela vous permettra de débloquer un visage et une couleur de vêtements supplémentaires.


Certains éléments visuels sont d’ailleurs de gros clins d’oeil. A titre d’exemple, j’ai eu l’immense joie de débloquer un costume vert et violet nommé “pourquoi cet air si sérieux” en référence à un certain clown qui affectionne les objets tranchants. Le jeu est en fait bourré de référence, et même avec la version française, cela reste plaisant et cohérent. Pour vous donner une idée, j’ai surpris un sadique brutal me hurler dessus “shoooot dans l’bébé !” en m’attaquant, en référence à South Park pour ceux qui ne l’auraient pas reconnu.

Le jeu garde donc une ambiance toujours un peu décalée, avec un humour encore plus présent. Les dialogues sont toujours drôles, et certaines répliques sont de véritables perles. Je pense par exemple à ce passage où Scooter nous guide dans une quête, avant de nous demander si on ne trouve pas ça bizarre qu’il sache exactement ce que l’on fait à la seconde près. Il nous avoue ensuite qu’il nous observe aux toilettes, “en tout amitié bien sûr” précise-t-il ensuite pour nous rassurer. Les bornes New-U qui servent de checkpoint sont d’ailleurs une véritable source de répliques déjantées, n’hésitant pas à nous miner un peu plus le moral à chaque respawn.

J’en profite pour faire un petit aparté sur les réapparitions après la mort de notre personnage. Si c’est avec plaisir que l’on accueille une petite animation sympathique lorsque notre personnage réapparaît, il faut avouer qu’à la longue, cela devient un peu frustrant de devoir attendre, surtout lorsque l’on bute sur un passage difficile et que l’on meurt souvent. Notre mort ne nous coûtera d’ailleurs qu’un certain pourcentage de notre argent, un procédé classique pour les hack’n slash et déjà présent dans le premier Borderlands.


Le mode multijoueur fonctionne sur le même principe que dans le premier jeu. On peut au choix rejoindre une partie publique ou celle d’un ami. Libre à vous également de rendre notre partie publique, privée ou accessible uniquement aux amis. Comme dans tout bon hack’n slash, plus vous êtes de joueurs, plus les ennemis sont résistants, mais plus les objets laissés à terre sont rares et intéressants, la rareté étant désignée par la couleur du nom de l’arme.

En parlant de butin, Il est désormais possible d’échanger des objets et de l’argent entre joueurs. Une fonctionnalité évidente, mais pourtant absente dans le premier épisode. L’argent est toujours partagé entre les joueurs, mais les objets à terre eux, sont communs, ce sera donc au plus rapide, ou de s’arranger à l’amiable, pour récupérer l’arme dont vous rêviez.

Contrairement à Borderlands 1, si vous rejoignez la partie d’un joueur en avance sur vous, vous pourrez quand même valider les quêtes accomplies, avec la possibilité de les passer dans votre partie solo. Un point fort sympathique vous évitant de refaire une quête déjà validée quelques temps avant sur la partie d’un autre joueur. Les quêtes sont d’ailleurs plus riches et variées que dans le premier opus. Je garde notamment un très bon souvenir d’une quête secondaire qui nous propose de créer une guerre de gang en allant faire quelques coups fumants à chacun des gangs, lui faisant croire qu’il était la cible de l’autre.

Cette quête a d’ailleurs plusieurs conclusions possibles et c’est loin d’être la seule. Si la conclusion d’une quête n’aura pas d’impact particulier sur le scénario, en revanche, la récompense obtenue en dépendra. L’une des premières missions du jeu vous propose par exemple de chasser des peaux de garogos. Une fois la quête accomplie, libre à vous de ramener les peaux à un PNJ plutôt qu’un autre, pour obtenir un fusil à pompe plutôt qu’un fusil de précision.


Le jeu propose une ambiance vraiment réussie. Le côté comique et décalé est pleinement assumé et reste pourtant au service d’une histoire sympathique, qui se paie le luxe de plusieurs rebondissements. Certains passages arrivent à nous surprendre, et même a nous prendre aux tripes. Je vous ferai grâce des exemples pour que vous gardiez la surprise, mais sur ce point Borderlands 2 a su faire un grand pas en avant par rapport à son prédécesseur.

Attention sbire, ils ont mis des bonnets !

On retrouve la patte graphique propre au premier épisode, le jeu tourne toujours sous l’Unreal Engine avec un rendu cell-shading très soigné. Les environnements sont d’ailleurs assez variés. J’ai eu un peu peur au début de l’aventure, craignant de devoir me contenter d’environnements hivernaux et de monts enneigés (qui a dit “Skyrim” ?). Mais petit à petit, on découvre de nouveaux lieux : quelques déserts, un peu de montagne, mais sans neige cette fois ci, etc.

La version PC du soft propose d’ailleurs pléthore de paramètres, tirant partie des configurations les plus récentes sans pour autant vous demandez une foudre de guerre pour faire tourner l’animal. Le jeu reste très bien optimisé, même en multijoueur. Ayant pu jouer à la version Xbox 360 du titre, celle-ci n’a pas non plus à se plaindre. Le jeu reste beau et fluide, y compris en écran splitté. Si le multijoueur en écran splitté reste l’exclusivité des versions console, le pad de Xbox 360 fonctionne très bien sur la version PC. Libre à vous de jouer au pad, au clavier et à la souris, ou les trois en même temps.


L’ambiance musicale reste dans la même veine que le premier épisode, avec le retour du célèbre Jesper Kyd pour certaines des pistes de la bande son. Tantôt calme pendant les phases d’exploration, tantôt rythmée pendant les phases de combat, n’ayez pas peur de la musique “dubstep” qui bien que présente n’intervient pas en surabondance, avec de toutes façons des musiques toujours en accord avec l’ambiance du titre.

Les bruitages sont de très bonne qualité, que ce soit les armes ou les cris des créatures. Les savoureux dialogues sont servis par une excellente localisation française, on retrouve d’ailleurs la plupart des doubleurs du premier épisode. Et si “le Beau Jack” ne sonnera définitivement jamais aussi bien que “the Handsome Jack”, on se fait très rapidement aux doublages français de toute façon.

 Si d’apparence on pourrait reprocher à Borderlands 2 son manque d’innovations, quelques heures de jeu sauront vous convaincre du contraire. Nous avons affaire à une véritable suite totalement réussie. On retrouve l’essence même du premier épisode, certes sans grosses nouveautés mais chaque petit défaut à été gommé sans dénaturer l’univers.
Les nombreux petits ajouts en font un jeu excellent, plein d’humour, ultra fun et ultra addictif ! Vous pouvez compter environ 40 heures pour boucler votre première partie, puis rempiler pour le mode new game +, ou avec un autre personnage !

+ Toujours aussi fun
+ Les dialogues à se tordre de rire
+ Le mode multijoueur
+ Clap-Trap

Note RPG 2 sur 5
Note testeur 09 sur 10

– Toujours un peu répétitif

La vision d’Eronman :
Loin des clichés, Borderlands 2 continue sur la lancée de son prédécesseur pour nous offrir une suite haute en couleurs avec un gameplay hack’n slash/FPS aux petits oignons. Les environnements, bien que cloisonnés, sont vastes et assez variés pour retenir l’attention du joueur tout au long de l’aventure. La réalisation, bien qu’handicapée par les retards d’affichage de textures propres au moteur graphique utilisé, dispose d’un niveau de finition plus que satisfaisant. Le multijoueur coopératif est dynamique et plaisant, et vient ajouter une durée de vie et une rejouablilité non négligeables à la trame principale déjà assez conséquente.

Le loot, toujours omniprésent dans le jeu, reste le facteur majeur de motivation, et ce malgré un scénario un poil plus développé que dans le premier opus. Seule la répétitivité de l’action et un respawn parfois pénible seront susceptibles de rebuter certains joueurs. Les composantes RPG, présentes mais bien dissimulées derrière une grosse couche d’action effrénée, apparaissent en demi-teintes et ne peuvent clairement pas justifier à elles seules votre achat. Une suite qui apporte son lot de nouveautés, mais qui peine tout de même à surprendre réellement. Les fans de Borderlands premier du nom trouveront sans doute ici tout ce dont ils rêvaient, les autres devront se contenter d’une impression de déjà-vu. (support du test : PS3)
07/10

La vision d’Etienne Navarre :
Borderlands 2, c’est un peu “L’Empire contre-attaque” en jeu vidéo : plus grand, plus beau, plus burné. La suite idéale en somme qui, malgré quelques menus défauts, tient le haut du pavé dans sa catégorie hybride FPS-hack & slash. Si l’on veut pinailler, on notera quelques clones chez les ennemis, un petit manque de vie dans certaines zones, un retard d’affichage des textures en entrée de niveau (rien de bien méchant) et une personnalisation qui peine à réellement convaincre.

Mais le gros de la bête se découpe en tellement de bons petits morceaux de choix qu’il serait dommage de bouder son plaisir. Dans un univers crédible et qui gagne en profondeur, on a l’occasion de croiser des personnages qui méritent le détour à eux seuls : Moxxi, Tiny Tina et le Beau Jack, sans doute l’un des plus charismatiques grands méchants qu’il m’a été donné de rencontrer. Et quelles répliques ! Les environnants variés et dépaysants accueillent une faune délirante et l’IA ennemie fait son boulot comme il faut. Les feelings de jeu sont au poil et l’histoire recèle de superbes quêtes annexes très diverses et un humour extraordinaire. Ca faisait longtemps que je ne m’étais pas autant fendu la poire devant un jeu. Les graphismes très réussis et le loot gargantuesque font partie de cette générosité envers le joueur. Borderlands 2 n’est pas avare de contenu et la durée de vie s’en ressent énormément.

A mourir de rire et grisant dans ses mécaniques, Borderlands 2 est assurément l’un des jeux majeurs de cette année 2012. Que l’on soit fan du premier opus ou nouvel arrivant (et pour peu qu’on sache à quoi s’attendre de ce genre), ce voyage 2.0 à Pandore vaut son pesant de cacahouètes grillées au Skag.
09/10

Ancien rédacteur pour RPGFrance. Ancien responsable administratif de RPGFrance.
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