Annoncé au Game Developer Conference de 2013, Child of Light est un jeu basé sur le même moteur que Rayman Origins et Rayman Legends. On retrouve donc un aspect dessin animé, avec une vue de côté, mais cette fois la plate-forme ne sera pas au coeur du gameplay. Que ce soit dans sa narration, son système de combat ou son système d’évolution de personnage, Child of Light est un RPG plutôt abordable et assez enchanteur. C’est parti pour un voyage onirique dans le monde de Lémuria !

Il était une fois le royaume de Lemuria

L’histoire débute au royaume d’Autriche, en l’an de grâce 1895. La fille d’un duc d’Autriche, prénommée Aurora, tombe dans un sommeil profond. Alors que tout le monde pense que la jeune enfant se meurt, Aurora se réveille dans un étrange royaume. Elle fait rapidement connaissance d’Igniculus, une petite boule lumineuse qui l’accompagnera tout au long de l’aventure. Vous contrôlerez donc Aurora, puis au fur et à mesure de vos rencontres, vous apprendrez que vous vous trouvez dans le royaume de Lémuria : un monde féerique, mais menacé. On vous confie la tâche de rassembler les étoiles, le soleil et la lune, afin de ramener la paix sur le royaume.


L’histoire a un ton très léger, très enfantin. Si le jeu s’inspire de Limbo dans son Level Design, il sera beaucoup moins sombre et un peu plus joyeux malgré les menaces qui pèsent sur Lémuria. Petit à petit, vous en apprendrez un peu plus sur l’origine de ces maux, mais nous restons dans une thématique de “conte pour enfant”, ce qui reste un parti pris particulier, encore faut-il y adhérer. Pour ma part, ça a plutôt bien fonctionné. Il est important de signaler que l’ensemble des textes du jeu est écrit en rimes. Si l’intention est louable, l’aspect poétique de la chose reste superficiel dans certains dialogues, qui manquent d’intérêt. Par ailleurs, les plus pointilleux d’entre vous constateront que les vers ne respectent aucune règle de construction particulière.

Fort heureusement, Aurora ne sera pas toute seule pour affronter les créatures qui lui barreront la route. Vous ferez la connaissances de nombreux compagnons tout au long de l’aventure, chacun ayant sa propre histoire, sa propre personnalité, et bien entendu ses propres compétences de combat. Si Aurora reste un personnage assez polyvalent qui sera à la fois à l’aise dans le combat au corps à corps et dans la magie de lumière, d’autres seront beaucoup plus spécialisés. Finn, ce petit nain aux allures de mage, sera un spécialiste des magies de feu, de foudre et d’eau. Robert, une souris armée d’un arc et de flèches, sera un combattant à distance aguerri. Je pourrais également vous citer Gen, puissante mage de soutien, ou encore Óengus un terrible combattant spécialisé en défense.


La rencontre d’un nouveau compagnons sera souvent l’occasion de débloquer une quête annexe, celle-ci venant enrichir un peu plus le background des personnages. Si certaines quêtes consistent simplement à se rendre à un lieu précis pour trouver un objet ou tuer des ennemis, d’autres font preuve d’un peu plus de diversité, mais rien qui ne sortira vraiment des standards.

Affrontons nos ennemis, Relevons tous les défis

Le système de combat de Child of Light propose quelque chose de très intéressant. Il est à la fois simple à comprendre et complexe à maîtriser. Les combats se font en tour par tour, proche de ceux des premiers Final Fantasy avec leur système d’Active Time Battle. Je m’explique : En bas de l’écran se trouve une jauge, dont la dernière partie est appelée “zone d’exécution”. Des vignettes représentent les combattants, joueurs comme ennemis, et avancent progressivement dans la jauge, en fonction de la vitesse du personnage représenté.

Lorsqu’un combattant arrive au début de la zone d’exécution, il choisit l’action à effectuer : se soigner, attaquer, utiliser un sort, se défendre, etc. Sa vitesse de progression dans la zone d’exécution dépend alors de l’action effectuée. Par exemple, se défendre est une action instantanée, alors qu’un sort prendra plusieurs secondes à être exécuté. Mais une attaque à l’épée, elle, sera plus rapide. Je vous invite à visionner la vidéo en fin de test pour bien appréhender le déroulement des combats, car si mon explication peut paraître confuse, n’ayez crainte, ce système est très facile à prendre en main.


Il existe plusieurs manière d’influencer la vitesse des adversaires et de vos personnages. Certains sorts peuvent booster votre vitesse, d’autres peuvent ralentir les ennemis. Igniculus, que vous contrôlez avec la souris ou le joystick droit de votre manette, peut également ralentir un ennemi si vous le faîtes briller près de lui. Cette petite luciole a d’ailleurs bien d’autres fonctions, que ce soit durant ou hors combat. Par exemple, la faire briller près d’un personnage allié le soignera.

Mais attention, ses pouvoirs ne sont pas illimités et il vous faudra patienter, ou ramasser des “voeux” représentés sous forme de sphères lumineuses, pour que sa jauge de pouvoir se recharge. Notons également qu’Igniculus peut être contrôlé par un deuxième joueur, via la souris ou une autre manette. L’intérêt est faible, l’expérience ne semble pas très enrichissante, mais si vous voulez occuper votre nièce pendant que vous jouez, pourquoi pas.


Que ce soit Aurora ou ses compagnons, tous pourront participer aux combats, gagner de l’expérience et débloquer de nouvelles compétences et bonus de statistique. Chaque personnage dispose ainsi de son propre arbre, contenant à la fois compétences actives et bonus passifs, avec trois branches distinctes. L’expérience n’est acquise qu’à la fin des combats, mais quels que soient les personnages actifs durant ceux-ci, tous gagneront de l’expérience, évitant ainsi un déséquilibre de niveaux entre les compagnons. C’est finalement assez pratique, car vous serez tenté d’utiliser tout le temps les mêmes personnages au combat en début de partie, mais par la suite, envoyez d’autres combattants dans la bataille pourra s’avérer utile selon les forces et faiblesses de vos adversaires.

Malheureusement, le changement de personnages en combat n’est pas très intuitif. Sachez que seul deux personnages peuvent être actifs en même temps au combat, et lorsqu’un personnage doit agir, vous pouvez choisir de le remplacer par un autre membre du groupe. Le nouveau personnage remplace alors l’ancien, au début de la zone d’exécution. Vous pouvez donc directement lui donner l’ordre d’attaquer. Vous n’êtes donc pas pénalisé, mais la manipulation peut s’avérer rébarbative.

Partons à l’aventure ! Rien ne nous arrêtera, ça c’est sûr !

Outre les combats, vous devrez progresser dans différentes zones pour avancer dans l’histoire. Néanmoins, l’exploration n’est pas un élément essentiel dans Child of Light. Si explorer les niveaux peut vous permettre de découvrir des coffres, des bonus et autres récompenses, le jeu est suffisamment facile pour que vous puissiez progresser sans vous attarder dans les niveaux. Au début du jeu, la jeune Aurora ne sait pas encore voler, mais vous obtiendrez rapidement cette capacité, vous permettant d’explorer les niveaux dans toutes les directions.

Parmi les objets à récolter, il y a bien sûr un grand nombre de potions : de santé, de magie, de vitesses, etc. Pourtant, j’avoue qu’en dehors de quelques potions de soin, je n’en ai jamais réellement eu l’utilité. D’autres objets sont néanmoins plus intéressants. Vous pourrez par exemple trouver des bonus qui permettent d’améliorer de manière permanente une valeur de statistique donnée, comme par exemple un boost de force ou un boost de magie. Cela permet, en plus de l’arbre de compétences, de pouvoir ajuster un peu plus les statistiques de vos personnages.


Parlons d’autres objets très intéressants : les oculis ! Il s’agit de pierres aux pouvoirs particuliers que vous pouvez équiper pour obtenir différent bonus. Certaines vous offrent un bonus de résistance à un élément particulier, d’autres vous offrent un bonus de points de vie, et les plus rares peuvent vous permettre de ralentir ou même de paralyser les ennemis. Vous avez également la possibilité de combiner certains oculis pour en obtenir de plus rares.

Une pierre de feu, associée à une pierre d’eau et une pierre de vent, vous donnera une pierre de lumière. Mais associer trois pierres de feu vous permettra d’obtenir une pierre de feu plus grosse, au bonus plus important. Libre à vous de créer les pierres qui vous profitent le plus et de les équiper à vos personnages. Cela ajoute encore un peu plus de stratégie aux combats, et sans être indispensable, offre une possibilité de personnalisation très intéressante.

Finalement, le système de combat est vraiment au coeur de Child of Light, l’exploration étant secondaire. Les dialogues tantôt amusants, tantôt un peu lassants, ne permettent pas au joueur de faire de choix, donnant une narration finalement très linéaire pour un RPG. Du coup, on se retrouvera à régulièrement avancer, puis combattre, sans grande variété, ce qui fait que le titre pourra devenir rapidement répétitif.

Et même dans les endroits les plus noirs. Nous ne devrons pas perdre espoir

Visuellement, et je pense que vous l’avez déjà constaté par vous-même, Child of Light est une belle claque ! Les décors peints sont magnifiques et très envoûtants. Les personnages sont bien animés, même s’il est étrange de constater que quelques uns comme Aurora sont en 3D, tandis que les autres sont en 2D. Néanmoins, cela ne jure pas particulièrement et dans l’ensemble, le jeu est vraiment très beau. Plusieurs fois, on se surprendra à ne plus bouger en s’attardant sur les magnifiques décors. Si les images vous donnent déjà une petite idée, sachez que c’est encore plus envoûtant en mouvement. Encore une fois, jetez un oeil à la vidéo en fin de test pour vous faire une meilleure idée.


Je n’ai déploré qu’un seul bug durant toute ma partie : parfois, il s’avérait que la chevelure animée d’Aurora devenait invisible. D’abord surpris de voir le personnage principal avec les cheveux courts, j’en ai conclu à un bug quand, le combat suivant, ses longs cheveux étaient réapparus. Mais comme le dit ce vieux dicton gobelin, “Il vaut mieux ça qu’une erreur 37 !”Child of Light est intégralement traduit en français, mais non doublé à l’exception de quelques cinématiques. En plus d’une qualité graphique indéniable, le jeu propose une bande son magnifique, mais malheureusement trop peu variée. Les mélodies sont très belles, mais comme on aura droit aux mêmes musiques pendant l’exploration, aux mêmes en combat, on finira par saturer au bout de plusieurs heures de jeu. 

Parlons en d’ailleurs des heures de jeu. Il m’a fallu un peu plus de dix heures pour boucler Child of Light. Si au départ j’ai pris plaisir a explorer par-ci par-là, je dois vous avouer que j’ai fait les deux dernières heures de jeu en ligne droite. Si vous êtes du genre à vouloir tout débloquer, en prenant votre temps, vous atteindrez facilement les quinze heures de jeu. Ca peut paraître court pour un RPG, mais c’est adapté pour Child of Light dont le gameplay ne se renouvelle pas assez pour justifier une durée de vie plus importante.

Ajoutons que le jeu propose quand même un mode “new game +”, vous permettant de reprendre l’histoire dès le départ avec vos statistiques de la partie précédente, et d’affronter des ennemis plus puissants.


Avant de conclure ce test, je vous invite à regarder ces quelques minutes de vidéo, vous permettant d’appréhender un peu mieux la plupart des éléments abordés dans ce test, avec notamment quelques combats rondement menés !

Malgré son côté très répétitif, Child of Light a su me tenir en haleine par son ambiance féérique et ses personnages hauts en couleurs, mais il n’aurait pas fallu que ça dure plus longtemps. Si l’aspect RPG du titre n’est pas aussi hardcore que ce que nous avons l’habitude de croiser sur RPG France, il n’en est pas moins intéressant. Avec son système de combats abordable mais très riche, j’ai pris un véritable plaisir à affronter les créatures qui menaçaient Lémuria.

L’exploration est également présente, bien que dispensable, mais pourra plaire aux joueurs les plus chevronnés. Sans être trop ambitieux, Child of Light arrive à nous proposer quelque chose de différent mais de très plaisant pour peu qu’on adhère à son côté “conte pour enfant”.

+ La direction artistique
+ La qualité des musiques
+ Le système de combat

Note RPG 2 sur 5
Note testeur 07 sur 10

– Gameplay répétitif
– Musique répétitive

La vision de Iosword :
Child of Light, le faux et hypocrite jeu indépendant d’Ubisoft Montréal, a, à n’en pas douter, des qualités : les décors faits main, les musiques, les oculis, des personnages sympathiques comme Rubella l’Arlequin et son running gag car elle ne sait pas faire de rimes.

Mais, je n’ai pas aimé Child of Light. Certains considèrent que le jeu vidéo peut devenir un art, grand bien leur fasse, mais pour Child of Light c’est mal parti. Déjà, parlons du premier et du plus visible des problèmes : les rimes. Sachez que j’y ai joué en anglais et en français donc cela ne vient pas de la traduction : la poésie ce n’est pas juste deux phrases qui riment, et ça Ubisoft ne l’a pas compris. Aussi, l’écriture de Child of Light est artificielle et creuse. De ce fait, aucun personnage n’a une réelle personnalité et des phrases sans vraiment de sens s’enchainent. De plus, l’histoire est classique et enfantine, ce qui reste agréable car l’aspect “conte” est très présent, mais le scénario aurait gagné à avoir de bons dialogues.

Quant au reste : le level-design est mal foutu et le seul intérêt de l’exploration est de ramasser des objets qui ne vous serviront pas forcément. Les énigmes ne sont là que pour faire joli, car aucune ne vous demandera plus de trente secondes de réflexion. Pour ce qui est des combats, les bonnes idées sont mal exploitées et nous n’avons pas d’indications sur les statistiques de l’ennemi ce qui est extrêmement gênant. Igniculus, la petite luciole parvient à dynamiser un peu le système… au début tout du moins. Et nous ne pouvons avoir que deux personnages à l’écran, sans possibilité de les choisir en début de combat. Au final, les combats sont trop nombreux et trop longs.

En conclusion, Child of Light n’a d’intérêt que la promenade qu’il offre. Du coup, est-ce que cette promenade vaut 15 euros (voire plus si vous cédez au DLC) ? Cela est à vous de voir. Personnellement, j’en espérais peut-être trop et sur la dizaine d’heures proposée, je me suis très vite ennuyée.
05/10

S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments