dimanche, mai 29, 2022

Note du testeur sur 10

Darkspore
6

TEST – Darkspore

Ce test a été écrit et publié à l’origine le 5 mai 2011 sur le site RPGFrance par son auteur Batman the Blind. Avec son aimable autorisation.

Pas très attendu auprès des fans de RPG, ni auprès des fans de Spore, il n’empêche que Darkspore est sorti la semaine dernière, et depuis le temps qu’on en parlait dans les news, il était temps de tester l’animal !

Père Darkspore, raconte-nous une histoire !

Puisque nous sommes sur RPG France, abordons tout d’abord l’aspect role-play du titre, à savoir : aucun. En effet si le jeu a été présenté tantôt comme un RPG, tantôt plutôt comme un action-RPG, sachez que ce n’est pas dans l’histoire et encore moins dans les dialogues que Darkspore s’en tire le mieux. En effet, si le jeu semble profiter d’un Background assez fouillé avec une histoire de race extra terrestre éteinte et un mal dangereux ayant envahi l’univers, ça s’arrête là.

Le peu d’aspects de l’histoire qui sont abordés sont narrés par Helix, l’Intelligence artificielle qui guidera le joueur tout à long du jeu. Celle-ci nous apprend que nous sommes un des derniers représentants des Crogéniteurs, une race alien autrefois prospère. Mais en créant l’EADN (ou ADN Exponentiel), les Crogéniteurs ont abouti à la création du Darkspore, une forme d’ADN instable qui transforme toutes créatures vivantes en vilains méchants. La plupart des Crogéniteurs morts, les survivants se sont exilés, en stase, en laissant le soin à leur IA de stabiliser l’EADN pour en faire une arme capable de vaincre le Darkspore. Ce jour est arrivé, et c’est à vous joueur de bouter le Darkspore des planètes qu’il a envahi et ce à l’aide de vos héros génétiquement modifiés.

Une petite brochette de Spore ?

Si la narration n’est pas le point fort de Darkspore, quels éléments font qu’il mérite qu’on parle de lui sur RPG France ? Il faut se tourner du coté des Hack’n Slash pour trouver la réponse. Si Darkspore ne brille pas par son histoire, l’aspect évolution et personnalisation des personnages est en revanche réussi.

Le jeu se présente donc dans une vue isométrique, avec possibilité de zoomer, dézoomer et surtout, de massacrer des ennemis à la pelle. On se déplace et on attaque à la souris. Les compétences sont accessibles également à la souris, mais aussi au clavier. Elles vous permettent de puiser dans votre jauge de puissance (qu’on aurait pu appeler “mana” ou “magie”) pour déclencher des attaques plus ou moins dévastatrices. Certaines de ces compétences sont également défensives : outre les boucliers et autres sorts de soin, on trouvera par exemple des sorts pour ralentir les ennemis. A noter que chaque créature possède également des compétences passives, comme le fait d’invoquer des familiers, d’avoir un meilleur taux de coups critiques, etc. Certaines de ces compétences passives ayant effet sur les autres joueurs à proximité en mode multi.

Ajoutez à cela la possibilité de jouer en coopération autant avec vos amis qu’avec des inconnus, et vous comprendrez que Darkspore possède déjà quelques bons ingrédients pour en faire un hack’n slash en bonne et due forme. Et comme dirait l’autre, plus on est de fous, plus on évolue, car on gagnera en effet plus d’expérience en multijoueur (évitant donc de stagner dans certains niveaux dans le seul but de gagner de l’expérience).

Darkspore-quépic

Là où Darkspore se démarquera des hack’n slash de ces dernières années, c’est au niveau de ses créatures. Héritier du jeu Spore qui vous permettait de créer votre créature à partir d’un éditeur très bien fichu, Darkspore vous propose des créatures à la pelle plus loufoques les unes que les autres. Tous d’abord, sachez que vous pouvez contrôler une équipe de 3 créatures. Vous n’en contrôlez en fait qu’une à la fois, mais vous pouvez passer de l’une à l’autre pour profiter des points forts de chacune en fonction de la situation.

Les créatures de Darkspore, également appelé Héros, se subdivisent en plusieurs types génétiques, mais aussi en plusieurs classes. Du type génétique dépendra le type de compétences que possède votre créature. Les ennemis bien-entendu possèdent également un type génétique. Par ailleurs les ennemis du même type génétique que votre héros lui infligeront des dégâts critiques. Il faudra donc soigneusement choisir le héros à contrôler en fonction des créatures que l’on affrontera dans chaque niveau. Du point de vue des classes, il en existe essentiellement 3 : les combattants rapides (classe “nuisible”), les combattants à distance (classe “tempête”) et les combattants lents mais puissant (classe “sentinelle”). Il y a au total près d’une trentaine de héros, combinant donc une de ces classes à l’un des types génétiques parmi lesquels nous pouvons citer le type Bio (force verte !), le type Plasma (force rouge !), le type Cyber (force jaune !), le type Quantique (force bleu !) ou encore le type Necro (force pourpre !).

Faites du Spore !

Comme je l’ai dit plus haut, Darkspore a hérité du superbe éditeur de créatures de son grand frère Spore. Passée la frustration, du fait que l’éditeur ne nous permette pas d’éditer intégralement l’aspect de nos créatures, on se rend compte qu’on peut malgré tout grossir la taille des membres, mais aussi d’un grand nombre des éléments de détail tels que les cornes, les piques, et autres protubérances osseuses. Certains éléments peuvent même être déplacés, mais là où cela prend tous son sens, c’est au niveau du système d’évolution des personnages.
Là où dans les RPG classiques on aurait un inventaire avec un équipement type arme/armures/bouclier, Darkspore nous présente la chose sous forme d’éléments organiques à ajouter à notre personnage. On sera cependant limité à une seule arme par créature, un seul élément offensif, un seul élément défensif, etc.

Ces éléments constitueront votre principale motivation à avancer dans l’aventure que nous propose Darkspore. En effet, s’il existe un système d’expérience, celui ci ne concerne que votre niveau de Crogéniteur, qui détermine quelles créatures vous pouvez activer pour pouvoir ensuite les utiliser dans votre escouade. La seule façon d’améliorer vos héros consiste donc à trouver des éléments pour les améliorer génétiquement.
Si certains ennemis laisseront à leur mort ces éléments, vous pouvez également en trouver dans les obélisques, sur les boss ou à la fin des niveaux.

Chaque niveau possède des objectifs facultatifs à remplir, comme par exemple découvrir tous les obélisques du niveau, récupérer des cristaux sur les ennemis, éradiquer 100% des ennemis, etc. Votre objectif principal consistant simplement à atteindre la fin du niveau. Une fois le niveau terminé, et ce après avoir affronté une hordes de bestioles bien souvent accompagnées d’une grosses monstruosités faisant office de boss, vous recevrez en récompense 2 objets au hasard. Plus vous avez rempli d’objectifs, plus les chances d’avoir un objet rare sont importantes. Se pose alors un dilemme : vous pouvez soit ramasser votre butin et retourner à votre vaisseau, soit remiser votre butin et enchaîner sur le niveau suivant, augmentant ainsi vos chances d’obtenir des objets encore plus rares.

Dans le spore d’Amsterdam

Graphiquement parlant, si Darkspore ne s’impose pas comme une référence, son esthétique n’en est pas moins plaisante. Les graphismes sont fins et les effets de lumières, de fumée et d’explosion en mettent plein la vue. Le petit aspect cell-shading rajoute un peu de charme à cet univers à la fois sombre et coloré.

Les niveaux quand à eux pourraient paraître assez mornes en début de partie, mais au fur et à mesure que vous progresserez dans le jeu, vous découvrirez de nouveaux environnements, allant des montagnes de cristaux aux forêts abondantes en passant par des paysages de volcan à l’aspect désertique. Vos pérégrinations à travers ces niveaux seront accompagnées de musiques à l’ambiance science fiction plutôt réussies. Bien que peu marquantes et pas toujours très entraînantes, elles participent à l’atmosphère sombre et mystérieuse du titre.

Conclusion : Darkspore-addict ou Darkspore-adic ?

Si Darkspore ne s’impose pas comme une révolution dans le monde du Hack’n Slash et encore moins dans celui du RPG, il n’en reste pas moins un jeu intéressant. Malgré une narration pauvre et un gameplay répétitif, il gagne en intérêt grâce à son mode multijoueur. L’aspect hack’n slash est malgré tout relativement travaillé, avec un système d’évolution basé sur les éléments génétiques à déverrouiller tout au long du jeu. On pourra cependant être frustré de ne pas pouvoir choisir les compétences à apprendre pour chacune de nos créatures, celles-ci ayant par défaut cinq compétences qui se débloquent au fur et à mesure de notre progression.

Le jeu a le mérite de nous proposer pas loin de 30 personnages jouables. L’aspect personnalisation ultra présent dans Spore a fait place ici à un éditeur plus orienté “équipement”, qui pourrait frustrer les adeptes des créatures invraisemblables de Spore. Dommage que le jeu ne propose pas une trame de scénario plus poussée et des éléments de gameplay plus originaux. Le jeu ne devrait pas vous prendre plus de 15 heures pour être bouclé, peut-être même moins si vous êtes adepte du multijoueur, à moins qu’il ne vous ait lassé avant.

Darkspore se positionne comme un Hack and Slash assez standard qui peut se démarquer par la possibilité d’incarner 3 créatures par niveau et de faire évoluer son équipe dans l’esprit “Spore”. Malheureusement, il n’aura pas l’audace de nous proposer suffisamment d’originalité pour marquer les esprits. Il s’en tire donc avec un 6/10. Sans être extraordinaire, on passe quand même de bons moments. Et pour peu que vous appréciez l’aspect “personnalisation”, vous pourrez alors trouver chaussure à votre pied !

+ Système de personnalisation des créatures
+ Le mode multi-joueur
+ Un grand nombre de personnages jouables

– L’histoire trop en retrait
– Devient vite lassant et répétitif

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