mardi, octobre 19, 2021

Note

Desolate
7

TEST : Desolate

Il n’y a pas longtemps, je cherchais à élargir mon panel de jeux offrant une expérience de survie et par pur hasard, je suis tombé sur Desolate. Et la surprise est de taille car je m’attendais à un jeu de survie et d’horreur, et j’ai découvert aussi des fonctionnalités d’infiltration et de RPG. Oui, Desolate est un jeu avec beaucoup d’éléments de jeux de rôle, bien plus que certains jeux estampillés RPG. C’est pour cette raison que je vais m’y attarder un moment pour vous expliquer de quoi cela cause.

Entrons directement dans le cœur du sujet et parlons des graphismes : L’Unreal engine, le moteur du jeu, fait bien le job et sur ma machine (I7, nvidia 1070), cela est tout à fait fluide, sans baisse de framerate en HD. Par contre graphiquement, ce n’est pas très beau dans le sens ou les objets paraissent grossier, une sensation que l’on retrouve dans les Fallout de Bethesda. Une impression de manque de finesse dans les décors, mais pas de finition.

A l’instar de 7 days to die, ce trailer cinématographique vous met bien dans l’ambiance.

Jouable à quatre, mais seul c’est bon aussi

Jouable à quatre en coopération, c’est seul que j’ai vécu cette expérience car c’est aussi possible. Envoyé comme volontaire sur l’île de Granichny, j’ai pour mission d’étudier les phénomènes paranormaux qui s’y passent, de rassembler des données et d’entreprendre des missions dangereuses dans l’espoir de réparer les expériences ratées qui sont arrivées.

Avant de commencer à jouer, vous pourrez définir votre partie – seul ou accompagné – et même la personnaliser avec moult options, ce qui vous permettra de varier la difficulté. Dans le menu, vous allez aussi choisir la coupe de cheveux, le visage, la couleur des yeux et des cheveux et l’âge de votre personnage. Le début de la partie vous propose de nombreux tutoriels pour appréhender l’environnement, ce qui vous permettra de vous familiariser avec cet univers si atypique.

C’est donc seul et sans équipement que me voici arrivé dans un monde inconnu avec comme interlocuteur, une voix balancée par talkie walkie qui va me guider dans ma mission principale et des voix-off qui vous feront faire de nombreuses autres missions. Le début de l’aventure s’annonce comme un jeu de survie dans lequel je vais devoir surveiller ma faim, mon hydratation, mon stress, ma température. Bienvenu dans un jeu d’horreur dans un univers très sombre et effrayant avec un bestiaire de fous et des créatures prêtes à vous dévorer.

En ce début de partie, il est important de comprendre que l’aventure se fait le plus souvent en mode furtif et dans une pénombre presque constante de jour comme de nuit (possible de le régler dans l’option de la partie, comme tout ce que je vais raconter d’ailleurs), le temps passant plus vite que le kilomètre que vous pourriez parcourir. Rien ne sert de foncer, votre mort serait inévitable très rapidement face à des ennemis qui gèrent aussi bien la parade que la fuite dans les combats. Le système furtif est assez simple à utiliser car, dès lors que vous êtes accroupi, vous êtes caché. Il est alors très rare de vous faire remarquer par les ennemis, même s’ils sont à moins de 5 mètres de vous.

L’objectif est donc de vivre caché, puis de vous placer derrière un ennemi pour lui asséner un coup qui ne sera pas mortel mais l’étourdira suffisamment selon son niveau pour ensuite le tuer, en espérant que votre endurance sera suffisamment importante pour ne pas vous retrouver essoufflé. Auquel cas, un recul sera nécessaire, le temps de reprendre votre souffle. En mode normal, en un contre un, rien n’est insurmontable, mais dès qu’il y aura plus d’un adversaire, l’affrontement sera plus compliqué. Les combats sont intenses, mais lourds car toujours au corps à corps, et demanderont du doigté pour bien les gérer.

Dès lors que l’on aura quelques munitions pour ses armes à feu, cela sera plus facile, mais en nombre limité, elles devront être utilisées à bon escient. Le système de combat est discutable avec son système de parade, mais on s’y habitue. On ne va pas trop s’étendre là dessus car il va encore subir des modifications dans le futur pour l’améliorer*.

Désolation, mais pas que

A chaque mort, un loot vous permettra de récupérer un peu de matière première ou des objets que vous pourrez utiliser avec le système d’artisanat. S’il est possible de fureter et donc d’éviter les combats, on peut aussi feinter les ennemis en envoyant des cailloux (à défaut de leur envoyer dans la face, car c’est possible), pour détourner leur attention. Ils se dirigent alors vers le bruit et vous laissent le champ libre. On note qu’ils peuvent faire de même et pas du tout pour vous faire partir, mais vous tuer.

L’univers ouvert ne sera pas sans vous rappeler différentes oeuvres tel que Fallout pour son environnement en ruine et ses véhicules, Bioshock pour son ambiance horrifique et tragique, ou encore Stalker avec un univers uchronique russe et ses anomalies tous les cents mètres qui vous causeront des dégâts si vous osez les approcher. On pense beaucoup à lui lorsque l’on arrive au campement et que l’on rencontre le marchand dans son blockhaus. Un clin d’œil voulu sans aucun doute !

Le monde qui nous entoure est une grande île qui vous laisse une totale liberté d’exploration, même si on vous prend par la main pour la mission principale en vous expliquant où vous devez vous rendre. Des quêtes annexes vous sont proposées, avec recherche d’objets pour faire fonctionner certains appareils. Pour le reste, vous allez fureter un peu partout pour trouver de l’équipement dans des contenants.

Le déplacement est lent et la nuit tombe vite. On pourra se plaindre des nombreux allers-retours mais cela ne dure que jusqu’à ce que vous répariez les ascenseurs pneumatiques qui vous serviront à vous téléporter en différents points de l’île, tout comme le feront certaines anomalies.

En vue à la première personne, on est tout de suite dans le bain, et même si graphiquement cela paraît un peu vieillot, le monde est original et offre quelques passages qui sauront vous mettre sous tension. En effet, la musique, les bruitages, l’ambiance stressante saura vous tenir en haleine et vous surprendre quelque fois. Ce téléphone qui sonne à votre passage, ce poids lourds qui klaxonne à votre approche…. en espérant qu’un ennemi ne soit pas alerté ! On apprécie jusqu’à un certain point. Car si les premières fois, c’est sympathique et la tension monte, mais lorsque cela se produit à chacun de vos passages, cela devient lourdingue car cela n’a plus d’intérêt si ce n’est avertir les ennemis de votre présence.

Revenons à l’aventure. Tout d’abord, vous allez vous rendre jusqu’à un campement qui va vous permettre d’établir sa base, construire ses établis pour crafter du matériel plus performant, récupérer de l’eau à la pompe qu’il faudra faire bouillir, ou encore manger dans les feux de camp. Mais pour cela, il faudra cueillir des plantes et fouiner pour trouver le matériel adéquat. Le système de craft est bien pensé avec la possibilité de fabriquer des plats élaborés si on trouve les recettes. Votre base comprend aussi une couchette qui vous permettra de passer le temps si vous ne souhaitez pas partir de nuit, ce qui est grandement agréable pour tout ceux qui veulent vivre l’aventure un peu plus de jour.

Desolate, ça rime avec RPG

On possède un équipement, mais aussi des armes de différents niveaux de rareté qui se dégradent au fur et à mesure qu’on les utilise. Il faudra alors les réparer avec des matériaux qui servent de monnaie d’échange avec les différents PNJ que l’on rencontrera. Si on peut les réparer, sachez qu’on peut les améliorer aussi comme dans Dying Light pour qu’ils infligent plus de dégâts. Il est possible de démanteler des objets de moindre importance pour vous en servir pour réparer les autres ce qui aura son importance, car votre limite de poids est vite atteinte. De plus, en analysant des morceaux de fragment (!) de vos ennemis, vous pourrez augmenter vos connaissances sur ces spécimens spécifiques et par la suite subir moins de malus lorsque vous les rencontrerez, ou encore moins de stress.

Outre l’aspect craft du jeu, votre personnage gagne de l’expérience et pourra obtenir à chaque passage de niveau, des savoir-faire, des compétences tous les 2 niveaux ou encore des connaissances tous les 4 niveaux. Vous choisirez alors parmi un panel de 3 choix lequel vous prendrez. Cela débloquera des bonus passifs comme courir plus longtemps ou être meilleur vendeur, ou de nouvelles options de jeu comme la facilité à trouver des ingrédients ou encore à pouvoir fouiller les véhicules. Autant vous dire que plus vous vous grobilisez, plus la partie s’annoncera facile. Il n’empêche que la mort est punitive. Vous perdrez votre équipement complet et vous n’aurez que 10 minutes pour remettre la main dessus tout en repartant de la base ou du respawn le plus proche. La sauvegarde manuelle sera donc votre meilleure alliée, surtout si vous jouez seul !

Dans tous les cas, ce n’est pas la peine de foncer tête baissée car les ennemis ne feront qu’une bouchée de vous. De plus, certaines missions demandent à ce que vous réfléchissiez un minimum (je repense aux antennes qui vous devez installer sans autre indication que celle-ci. Il vous faudra les placer sur le sol à des endroits que vous ne trouverez qu’en écoutant le bruit et les voyants de ces dernières que vous porterez).

Le jeu s’est montré stable et l’aventure en solo agréable. Vous pourrez apprécier la traduction des textes, très propre, et les voix off (en anglais) qui vous mettent dans l’ambiance. On ne s’ennuie pas dans cette “promenade” parce qu’elle est assez courte pour ne pas sentir le temps passé et parce que les missions sont données au fur et à mesure de votre avancée. Je ne sais absolument pas ce que cela peut donner en équipe, mais cela sera sûrement plus intéressant de partager ses émotions avec les autres, même si ce moment de solitude ludique fut plutôt positif.

Une belle surprise que ce Desolate, car nous sommes plus face à un jeu de survie infiltration, qu’un jeu d’action nerveux, et beaucoup trouveront le rythme trop lent et le jeu trop difficile. De plus, le côté RPG (mission, évolution du personnage, craft, inventaire avec poids limité, achat et vente, loot) est assez poussé pour avoir sa place parmi nous. Reste que l’atmosphère horrifique pesante ne plaira pas à tous, même si elle finit par être redondante et que l’on s’habitue. Il faut bien prendre conscience qu’avancer dans cet univers prend du temps et il faudra le parcourir de fond en comble pour réellement découvrir ce qu’il a à nous apporter. Comptez au moins 20 heures de jeu pour arriver au bout de cette expérience totalement ravagée. Dans tous les cas, il peut valoir le coup si vous êtes fan de Stalker et d’infiltration.

+ Bonne durée de vie.
+ Pas facile, surtout au début qui demande à réfléchir au lieu de foncer dans le tas.
+ Jeu de survie/infiltration mais aussi éléments de RPG.
+ Jeu solo qui peut se faire en coopératif
.

+/- Un manque d’idées nouvelles (Fallout, Stalker, Bioshock) … une expérience unique avec une atmosphère bien pesante.
+/-Bonne ambiance …. – mais des éléments stressants redondants.
+/- Une aventure qui prend son temps dans un monde ouvert.

– Graphismes propres mais plutôt grossiers.
– Pourquoi n’est-il pas considéré par ses développeurs comme un jeu avec des éléments de RPG ?


* Le jeu est sorti en janvier 2019 et pourtant, ses créateurs poursuivent son développement avec l’arrivée prochainement d’un patch qui modifiera les combats au corps à corps, et améliorera la qualité des lumières, les ombres et les reflets sur les objets. Pour un jeu de survie, cela va dans la bonne direction et cela nous permettra de nous immerger encore un peu plus dans cette atmosphère teintée d’horreur.

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Killpower
Joueur depuis très longtemps. Testeur et rédacteur depuis 1999 de RPG, même les pires. Relecteur de nombreux RPG traduits bénévolement.
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