dimanche, mai 29, 2022

Note du testeur sur 10

Disciples : Reincarnation
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TEST – Disciples : Reincarnation

Ce test a été écrit et publié à l’origine le 19 avril 2013 sur le site RPGFrance par son auteur Pouicoss. 

Disciples III est le dernier opus de la célèbre saga de stratégie-RPG. Le première version, sous-titrée Renaissance, devait apporter un nouveau souffle à la série en la faisant notamment passer dans l’ère de la 3D . Si le jeu avait de nombreux attraits, il était aussi perfectible sur certains aspects ; vous pouvez d’ailleurs retrouver notre test rédigé à l’époque. La conclusion de l’avis de Killpower était assez équivoque :  Il faudra donc attendre les extensions, si un jour elles sortent en France, pour pouvoir évaluer ce jeu à sa juste valeur. Car pour l’instant il est bien en deçà des possibilités de son aîné, qui avait connu pas moins de trois extensions. L’eau a coulé sous les ponts, et la série est passé entre les mains d’un nouveau studio créé spécialement pour sauver la série : Hex Studio. Leur projet : ressortir Disciples III tel qu’il aurait dû être. Son nom : Reincarnation.

La revanche du retour de la vengeance contre attaque

Si vous êtes intéressés par les Disciples et plus particulièrement le troisième opus, un petit point s’impose. Les sous-titres des différents épisodes et versions peuvent troubler les nouveaux venus. Renaissance, c’est le Disciple III que l’on connaît jusqu’à présent. Il proposait trois des races de la série, que sont l’Empire correspondant aux humains, les Elfes avec leurs oreilles aussi pointues que des flèches et les légions des Damnés, qui pour faire simple sont les favoris d’Andariel, ceux qui pètent le feu – au sens propre, vous voyez ?.

L’extension Resurrection ajoutait à ce joyeux trio les Morts-Vivants. A terme, une édition gold est parue en Europe et aux Etats-Unis. Ce n’est qu’un bundle qui contient les deux jeux sus-cités. En revanche, la dernière version, celle dont nous parlerons ici, est encore plus récente et se nomme Disciples – Reincarnation. Elle est appelée Disciples III : Rebirth chez nos amis Russes, du moins après traduction, sinon, ça ressemble plutôt à ПЕРЕРОЖДЕНИЕ. Si si je vous jure, c’est écrit sur ma boite.

De solides fondations

Disciples : Reincarnation se base sur ce qui a été fait précédemment avec Disciples III et son extension Resurrection. Le jeu comporte quatre campagnes bien distinctes, à raison d’une par race. Une campagne consiste à une succession de missions ou “actes”, qui se déroulent chacune sur une carte différente. Il conviendra de les parcourir pour réaliser les objectifs imposés en début de mission. Pour ce faire, le joueur dispose d’une cité de départ à partir de laquelle il peut entreprendre plusieurs actions, comme engager un héros, lui ajouter des unités, ou encore construire des bâtiments. Sur cette carte, le joueur peut déplacer son héros principal, imposé par le jeu et ses héros secondaires.

Cette exploration est un aspect essentiel des Disciples, et cet opus ne déroge pas à la règle. En faisant crapahuter ses héros du nord au sud et d’est en ouest, le joueur pourra s’en mettre plein les fouilles. L’or, la pierre et les différents manas sont des ressources primordiales qu’il conviendra d’obtenir pour construire les bâtiments essentiels à l’évolution des unités, recruter des troupes et apprendre de nouveaux sortilèges.

A l’inverse des Heroes of Might and Magic et autres King’s Bounty où le héros a avec lui de grosses armées, un leader dans un jeu Disciples n’a dans son équipe qu’une petite troupe, limité par ses points de commandement à raison d’un point par unité dans la majorité des cas. Les connaisseurs de la série ne seront pas dépaysés et cette version ne change pas tellement la donne.

On note tout de même l’apparition d’une compétence “réserve” pour le leader. Ainsi, il peut avoir avec lui des unités de réserve qui, si elles ne sont pas présentes sur le champ de bataille, peuvent toutefois accumuler de l’expérience et peuvent être interchangées avec une unité du groupe avant chaque combat. 

La grande nouveauté de Disciples III restait le passage à la 3D. Les graphismes de cette nouvelle édition ont été légèrement améliorés, en proposant de nouveaux effets pour les sortilèges ou encore des animations inédites et très réussies pour les nouvelles unités. Ce moteur qui donne vie à un univers dark fantasy si cher à la série propose un visuel très joli et riche en détails mais est surtout bien mieux optimisé que par le passé. Les temps de chargements sont plus courts, le framerate est meilleur sur une configuration identique à celle d’il y a trois ans. 

Des changements bienvenus

Avec le passage à la 3D, les créateurs du Disciples III originel avaient lorgné du côté de King’s Bounty pour les combats, abandonnant de fait le système des deux premiers opus qui donnait son originalité à la série. Le plus gros problème dans cette histoire, c’est que face à des mastodontes bien calibrés comme King’s Bounty ou les Heroes of Might and MagicDisciples III ne pouvait que souffrir de la comparaison. Avec cette nouvelle version, les développeurs ont pris en compte les critiques.

S’il n’est pas question de faire machine arrière et de retrouver l’ancien système de Disciples II, on note néanmoins plusieurs changements bienvenus. Les arènes de combats découpées en cases hexagonales sont plus petites que dans Renaissance. Cela permet d’avoir des affrontements plus statiques. On passe moins de temps à bouger ses unités sur la grille et on arrive plus vite au contact. En découlent des joutes plus ténues et rapides dans leur résolution.

Le système d’initiative change également. Les combats se déroulent en “round” dans lequel toutes les unités en présence frapperont au moins une fois. Comme par le passé, les unités avec une meilleure initiative frappent d’abord. En revanche, dès qu’une unité a frappé, l’ordinateur retranche à son total d’initiative le “coût” d’une attaque. Si le total restant est supérieur à celui d’une autre unité qui n’a pas encore joué, elle pourra frapper à nouveau.

Au début assez déstabilisant – surtout parce que l’initiative de notre leader est au départ ridiculement basse en comparaison d’autres unités – ce système est en fait bien pensé et ajoute de la tension, car des sortilèges et compétences peuvent encore altérer l’ordre de passage. Par exemple, le “cochon sauvage” voit, grâce à sa compétence “désir de vengeance”, son total d’initiative augmenter de 15% a chaque fois qu’il est attaqué. Le système de jeu s’est d’ailleurs considérablement enrichi. Les unités, et pas uniquement les héros, ont toutes des compétences de combats ou des effets permanents.

L’interface a été grandement améliorée pour que tout soit clairement expliqué. En affichant le descriptif d’une unité, une image accompagne la description du personnage, ce qui vient enrichir le bestiaire du jeu. Trois onglets permettent alors d’accéder aux compétences de combats, éventuellement aux effets temporaires s’il y en a, et aux caractéristiques et autres statistiques qui sont détaillées de manière exhaustive.

Les nouveautés sont encore très nombreuses et certaines sont impressionnantes. Les cartes qui composent les campagnes ont été totalement refaites pour laisser une meilleure liberté de mouvement. On dénombre une pléthore de nouvelles quêtes et événements scriptés qui viennent donner du piment à l’histoire principale. Ne proposant pas de choix dans leur résolution, elles n’ont pas la complexité de celles que l’on peut trouver dans un bon RPG narratif, mais offrent tout de même une bonne distraction. Les donjons à piller sont plus nombreux et certains combats sont volontairement impossibles à gérer pour une petite troupe de base.

Il faudra d’abord faire évoluer ses unités avant de pouvoir revenir à la castagne, sous peine d’une mort certaine. Les zones aquatiques absentes dans la précédente version font leur retour. Il faudra parfois utiliser le bateau pour traverser une partie de la carte. Si l’ajout ne change pas fondamentalement le gameplay, il permet de donner plus de variété aux environnements et de ressortir des vieilles monstruosités du placard, comme les kraken et autres tritons.

Le livre de sorts est lui aussi plus épais. Certains ennemis sont protégés dans une ville ou une tour à explorer. Il est alors impossible d’utiliser un sortilège directement via son grimoire, puisque ceux-ci ne s’appliquent que sur des groupes visibles sur la carte. Pour palier à ce manque, il est désormais possible de créer des runes à partir des sorts, qui sont elles utilisables directement en combat. Le tout est très simple d’utilisation, puisqu’un clic de souris suffit, à condition d’avoir les ressources adéquates.

Le scénario principal reste dans les grandes lignes le même que dans Disciples III, mais on note de nouveaux dialogues et des objectifs bonus qui viennent parfois enrichir l’histoire. La force du scénario réside dans les quatre campagnes complémentaires. Le fil conducteur est le même pour toutes et comme dans Disciples III, l’histoire commence par la chute d’une étrange étoile ayant pris l’apparence d’une femme sur le territoire impérial. Celle qui semble être un messager des dieux est mise sous la protection du seigneur Lambert, tandis que les forces de l’inquisition font tout pour la capturer. Ceux qui ne prêtent pas trop attention à l’histoire pourront passer les dialogues, qui ne sont d’ailleurs pas interactifs, pour se concentrer sur l’expérience de jeu.

Disciples ou dix slips ?

Le mieux dans cette histoire, c’est que Disciples III était somme toute un jeu sympathique. Les développeurs de Hex Studio ont gardé le meilleur de l’ancienne version, et l’ont améliorée. On retrouve ainsi le gros point fort de Renaissance : la personnalisation de son avatar bien plus poussée que chez ses concurrents. Les leaders de chaque campagne sont imposés et ont un background qui leur son propre. Pour autant, leur évolution est laissée libre au joueur, et est très importante, à commencer par le choix de la classe. Les statistiques des leaders ont une influence d’une part sur leurs capacités à combattre, mais aussi à mener des troupes.

De nombreuses possibilités s’offrent alors à vous. Vaut-il mieux créer un héros polyvalent mais sans réelle distinction, ou au contraire en faire un dieu de la guerre, très fort et résistant, mais qui perd en chance de toucher, en leadership ou en évasion : on notera au passage que l’évasion est une nouvelle caractéristique qui détermine la chance d’esquiver une attaque. Pourquoi ne pas faire un héros avec plus d’initiative qui frappera plus souvent ou plus rapidement ? On peut encore préférer faire de ce héros un personnage plus utile sur la carte, en augmentant ses points de déplacement, ou sa qualité de marchand. 

La personnalisation du héros passe aussi par son habillement. Loin de n’être que d’ordre cosmétique, les différentes pièces d’armures et autres talismans sont d’autres moyens de venir altérer les caractéristiques du héros, ou de lui donner accès à de nouvelles compétences – qui disparaîtront une fois l’objet ôté. Parfois achetables dans des boutiques, nombres de ces objets seront acquis lors de vos pérégrinations : les ennemis protègent parfois un précieux butin, surtout lorsqu’ils sont terrés dans un donjon ou une tour abandonnée.

En terme de durée de vie enfin, le jeu s’en sort avec les honneurs. En réunissant Disciples III avec son extension Resurrection, la durée de vie ne pouvait être qu’honorable. Avec les nombreuses améliorations apportées par cette nouvelle version, la durée de jeu grossit encore en proposant un ensemble plus riche. Une campagne, en explorant bien les différentes cartes, peut se terminer en une cinquantaine d’heure, et il y en a 4 ! Pourtant, vous arriverez sans doute plus rapidement à la fin du jeu car, en étant plus complet et mieux peaufiné, il en devient plus addictif.

Pour être honnête, si Disciples II restera toujours unique avec son système de combat, j’ai retrouvé avec Reincarnation ce plaisir de jeu qui était un peu perdu depuis. C’est d’autant plus dommage que, à l’heure où la série vit réellement sa renaissance, le studio à l’origine de cette nouvelle version est désormais fermé, et l’extension dédiée aux nains annulée par la même occasion.

Reste alors à savoir où se le procurer. Comme expliqué en début de test, il existe de nombreuses versions de Disciples IIIReincarnation est sorti en Russie il y a près d’un an et cette version boite qui m’a servi pour le test coûte une dizaine d’euros. La seule plateforme qui le propose en téléchargement légal est Gamersgate. Dans tous les cas, il vous faudra passer par Steam pour l’activation. Pour autant, ne cherchez pas le jeu dans le catalogue Steam, car il n’y figure pas, allez savoir pourquoi. Enfin, toutes les versions proposent le russe et l’anglais aussi bien au niveau des textes que des doublages.

Au final, Disciples : Reincarnation se place comme la version définitive de Disciples III, voire même, n’ayons pas peur des mots, Disciples III tel qu’il aurait dû être. Toujours joli à regarder, plaisant à écouter avec ses compositions inspirées, le jeu hérite des bons côtés de Renaissance, notamment la personnalisation du héros. Le reste, ce n’est que du mieux. Les combats remaniés proposent une expérience plus proche des anciens opus en termes de stratégie et de durée. Le jeu est plus dense, mieux optimisé et plus détaillé. Dans ces conditions, il est évident que c’est la version à privilégier, et qu’elle vaut le coup tant pour les nouveaux venus que pour les fans.

+ Pour faire simple : Disciples III tel qu’il aurait dû être

Note RPG 2 sur 5

– Les amoureux de l’ancien système de combat feront toujours la tête
– Les nains manquent à l’appel une fois encore
– Le didacticiel incomplet

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