mercredi, août 10, 2022

Dragon Age 2

Ce test a été écrit et publié à l’origine le 19 mars 2011 sur le site RPGFrance
par son auteur Mercks. Avec son aimable autorisation.

Le titre qui a occupé nos news chaque jour pendant de nombreux mois est enfin sorti la semaine dernière. Je veux bien entendu parler de Dragon Age II. Seulement un an après Origins, Bioware nous offre un nouveau voyage dans le royaume de Thédas. Ce voyage va hélas se dérouler à bord d’un appareil de Déception Airlines, avec son pilote automatique et ses hôtesses austères.  Prêt pour l’autopsie d’un gâchis ? Ok, c’est parti !

Vendredi  11 mars, je reçois enfin mon édition signature de Dragon Age II, ce qui annonçait une absence de vie sociale pendant quelques temps afin de le tester. Je l’installe sur mon PC avec son patch HD, enregistre le jeu et ses DLC, et enfin lance la bête. Pendant le chargement, je repense à toutes mes inquiétudes concernant le titre : un développement rapide, une communication plus portée sur les DLC à venir que sur le titre lui-même, un seul personnage principal, et le fait de n’avoir le choix qu’entre trois classes (guerrier, mage, ou voleur). Le jeu est lancé… BING !…

Il cherche a scanner des disques inexistants. Je ferme toutes les fenêtres d’erreurs et je reviens au jeu en me disant que cela commence bien. Je clique sur “nouvelle partie”. Je n’ai donc effectivement  le choix qu’entre trois classes, finis les héros de différentes origines, dommage mais ce n’est pas très grave. Le jeu commence avec un héros (ou une héroïne) du nom de Hawke. Ce dernier est über puissant et je me défais sans mal, accompagné de ma frangine Bethany, d’une tripotée d’engeances et d’un ogre. Le titre enchaîne alors sur une cinématique montrant le nain Varric interrogé par une chercheuse de  la Chantrie au sujet du Héraut de Kirkwall, en l’occurrence Hawke.

L’aventure de Hawke se déroulera donc sous forme de flashback au travers de trois chapitres. A présent, vous pouvez personnaliser votre personnage grâce à un utilitaire complet semblable à celui de Dragon Age Origins., les races en moins. Retour à la réalité, Hawke n’est plus aussi puissant, et il traîne toute sa famille derrière lui. La famille de Hawke quitte Lothering en flammes, le village détruit par les engeances au début de Dragon Age Origins. Votre aventure démarre donc à la même période que celle de la guerre du héros de Férelden contre l’Enclin et l’Archidémon.

Pendant que j’expédie les combats contre les engeances, je remarque tout de même la pauvreté des décors extérieurs qui m’entourent. C’est vide, linéaire, et pas spécialement beau, même si les textures ont gagné en finesse. Nous sommes finalement sauvés par une Flémeth, la sorcière des terres sauvages déjà croisée dans l’opus précédent mais restylée pour l’occasion. C’est l’occasion de découvrir le système de dialogues repris de Mass Effect 2. Hawke, notre héros, a une voix à présent, fini le muet expressif de DAO. La roue de dialogue permet la conciliation, le pragmatisme, ou le narcissisme ; de plus dans certains cas, vous pouvez interroger, séduire, ou utiliser un compagnon qui parlera pour vous.

Si dans l’ensemble les dialogues sont pas mal, les réponses de Hawke sont parfois à côté de ce à quoi on s’attendait, cela à cause d’une traduction parfois bancale des phrases. Dommage, mais ce n’est pas très grave. Les doublages ne sont pas aussi catastrophiques que dans Two Worlds II, mais ils sonnent bizarrement, on entend bien que c’est du dialogue lu, même si ça s’arrange en avançant dans l’aventure.  De plus, je regrette le phrasé un peu médiéval du premier opus, qui a un peu disparu ici, remplacé par un ton plus contemporain. Dommage, mais ce n’est pas très grave.

J’en reviens donc à Hawke et sa sorcière. Cette dernière permet à toute la famille de rejoindre une ville portuaire pour nous rendre à Kirkwall, une ancienne cité-prison tévintide reconvertie en mine et éloignée de Férelden et de l’enclin. Une fois sur place, au milieu d’autres réfugiés féreldiens, nous trouvons porte close et devons gagner un droit de passage pour entrer en ville. Pour cela nous devons offrir un an de notre vie à un groupe de mercenaires ou de voleurs. Pas de choix possible. On accomplit une quête pour le compte de l’un ou l’autre groupe, puis on retrouve Varric aux prises avec la Chantrie. Il raconte donc l’année écoulée à travers une cinématique au terme de laquelle je retrouve mon personnage ayant gagné en prestige et en renommée. J’aurais bien voulu la jouer, cette année, et faire progresser la réputation de Hawke. Bah non ! Dommage, mais ce n’est pas très grave.

S’ensuivront alors de nombreuses quêtes afin de mener Hawke au sommet de la gloire… Ou pas. Complots, politique, religion, de nombreux thèmes seront abordés tout au long de la quarantaine d’heures pour en voir le bout. Le scénario, même s’il aurait pu prétendre à un meilleur traitement, est sans doute le meilleur atout du titre de Bioware.

Les déplacements se font via une carte comme dans DAO. Cette carte de Kirkwall permet de passer d’un quartier à l’autre mais également d’alterner jour et nuit. Sauf dans de rares cas, les déplacements ne sont plus interrompus par des attaques aléatoires. Une carte pour les quelques lieux en dehors de la ville existe aussi. C’est mince.

Les quêtes qui composent en général tout le sel d’un RPG sont ici très nombreuses, trop peut-être. Pourquoi trop ? Parce que les trois quart d’entre elles ne sont que des quêtes “Fedex”. Vous ramassez un objet sur lequel  il y a une étiquette, et hop, une nouvelle quête s’ajoute à votre journal : rapporter ledit objet à son propriétaire. On passe son temps à faire des allers-retours dans des environnements pauvres et étriqués. Le pire de tout est que l’exploration est gâchée par une sempiternelle réutilisation des environnements. Par exemple vous visitez vingt fois la même grotte qui n’est pas censée se trouver au même endroit, seuls quelques portes ou couloirs essayent de donner le change.

Pour ceux qui se souviennent des trois quartiers de Dénérim toujours identiques dans Dragon Age Origins, c’est pareil, mais durant tout le jeu. Certes, le scénario est pas mal et la sauce prend, on veut connaître l’avenir de la famille Hawke, mais à côté de cela, on enchaîne ces quêtes, qui en plus, manquent de liant entre elles pour la plupart. Cerise sur le gâteau, certains dialogues sont bogués avec des phrases hachées ou n’ayant aucun  rapport avec le sujet ; heureusement cela reste assez rare. Ce qui me gêne le plus, c’est qu’on a finalement l’impression de n’avoir d’emprise sur rien.

On peut faire certains choix mais la finalité reste bien souvent la même. J’ai rechargé de nombreuses sauvegardes afin de tester des embranchements différents mais rien n’y fait, ce qui est prévu par le scénario arrivera. Difficile alors de réfléchir à ses réponses et à leurs conséquences puisqu’au bout du compte, le résultat est le même quoi qu’on fasse. Le seul choix possible reste finalement de ne pas accepter certaines quêtes. Je reconnais toutefois que certaines permettent des choix, et d’autres sont même très intéressantes, mais elles sont hélas trop rares.  Dommage, mais ce n’est pas très  grave.

Bien entendu, comme dans Dragon Age Origins, vous devrez composer une équipe afin de vous suivre dans les couloirs qui composent 90% du titre. Vos compagnons sont assez nombreux, et ont tous une classe et des aspirations propres. Dans l’ensemble, le background de chacun est intéressant, et j’ai pris du plaisir à converser avec chacun d’eux. Toutefois, comme dans Mass Effect 2, nous n’avons plus moyen de faire évoluer leurs armures ou vêtements, seul les armes et les bijoux magiques sont personnalisables. Je n’avais déjà pas apprécié cela dans Mass Effect 2, mais là ça passe encore plus mal, d’autant qu’on ramasse pas mal d’équipements mais tous sont réservés à Hawke.

Les équipements étant dédiés aux classes de personnage, ça fait une belle jambe à mon guerrier de trouver une magnifique robe de mage qui lui est réservée. Dommage, mais ce n’est pas très grave. Bien entendu comme pour votre personnage, vous pourrez choisir les capacités de vos compagnons. La fiche de personnage reste similaire à celle de Dragon Age Origins. A chaque niveau gagné, vous récolterez trois points à placer dans vos attributs (force, dextérité, magie, ruse, etc…), ainsi qu’un point de capacité. Les capacités semblent avoir été vues à la baisse, il y en a moins par classe et certaines ne sont que passives. Toutefois, quelques nouveautés sont apparues comme par exemple le fait de pouvoir améliorer une capacité déjà acquise, ou le fait que vos compagnons en gagneront de nouvelles en fonction de leurs sentiments vis-à-vis de Hawke.  

Par contre, d’autres capacités très intéressantes ont disparu, comme celles permettant de créer des potions ou des pièges. A présent, on commande ses potions par correspondance comme bobonne à La Redoute. Dommage, mais ce n’est pas très grave. A noter que l’interface graphique a été grandement épurée et modernisée. Pour ma part je préférais le livre de Dragon Age Origins., mais là, c’est surtout une histoire de goûts.

J’en arrive à présent au moment fatidique où je dois parler des combats. Vous remarquerez que j’ai attendu la dernière partie du test pour ça. Avant d’entamer ma diatribe je ferai juste un rappel de ce qu’était le combat dans Dragon Age Origins. Nous avions une vue stratégique permettant de dézoomer sur la zone de jeu et de voir les groupes ennemis au loin, ou au moins nous avions une capacité qui nous permettait de sentir les présences ennemies. A ce moment là, on pouvait prévoir nos attaques, poser des pièges, attirer les ennemis dans une embuscade.

Vous vous souvenez de tout ça ?  Aujourd’hui, c’est fini. La vue stratégique n’est pas assez haute et les ennemis apparaissent par vagues successives. Pour ne rien arranger, les personnages ont tendance à se figer après certaines attaques. Par exemple, j’ordonne à mon guerrier d’attaquer un ennemi, il fonce sur l’ennemi puis s’arrête. Je dois alors lui redonner l’ordre d’attaquer. Si ce défaut passe en mode “normal”, cela complique beaucoup les choses dans les modes supérieurs. De plus, le friendly fire n’est accessible qu’en mode “cauchemar”. Donc dans les modes subalternes, on arrose tout ce beau monde de sorts de zone sans prendre garde aux alliés. Super la stratégie ! 

De toute manière, les aires de jeu étant étriquées, on se retrouve toujours au corps à corps, donc quoi qu’il arrive on arrose. En bref, à cause d’une IA faiblarde et d’une simplification du gameplay, on se retrouve avec des combats brouillons, très loin des affrontements épiques et tactiques annoncés par Bioware. Dommage, mais ce n’est pas très grave. Il y a tout de même quelques améliorations, notamment au niveau des effets de sorts et des animations, qui font que les combats restent agréables à l’œil, mais il faut bien reconnaître que ça commence à faire beaucoup.

Après tout ça, vous vous dites que je n’apprécie pas Dragon Age II, et bien non. Malgré ces nombreux défauts, je prends tout de même du plaisir. J’ai plaisir à me replonger dans le monde de Thédas, à retrouver les règles de cet univers. Le combat des mages apostats contre les templiers, la Chantrie, les histoires du créateur et d’Andrasté, les nains et leurs tréfonds, en bref tout ce qui fait de la série Dragon Age ce qu’elle est. Alors oui, Dragon Age II aurait mérité un meilleur traitement que ce jeu en demi-teinte bâclé, où tout ou presque a été simplifié et tiré vers le bas. Pour ma part, le titre de Bioware est une déception, inférieur à son ainé. Finalement on garde les défauts d’Origins, mais au lieu de les gommer, Bioware en a ajouté d’autres. Les fans de Dragon Age crieront peut-être au scandale en lisant ces lignes, mais je ne leur dirai qu’une chose : Dommage, mais ce n’est pas très grave.

+ Le monde de Thédas et son univers.
+ Un scénario relativement intéressant.

– Un personnage imposé.
– Trop linéaire.
– Techniquement moyen.
– Des combats brouillons.

L’AVIS DE CAPARZO : est un bon jeu, je dirais même plus un bon jeu de rôle, mais il souffre de quelques problèmes qui ne devraient pas exister à notre époque pour un jeu de cette trempe. Des combats brouillons à cause d’une caméra qui ne s’éloigne pas assez des personnages, mais également l’impossibilité de la déplacer puisqu’elle reste fixée sur les personnages. Les donjons se répètent d’une façon incroyable, lorsqu’on est dans Kirwall, revoir un même intérieur n’est pas vraiment choquant, pourtant lorsqu’on se retrouve sur par exemple sur la Côté Escarpée on a la désagréable impression de revivre infiniment les mêmes choses. Différentes quêtes, différents lieux au niveau des noms, mais mêmes décors, quelle que soit l’époque à laquelle on se trouve.
Il y a également un problème d’optimisation dans ce Dragon Age 2. En DirectX 9, le jour tourne incroyablement bien, voir même mieux que Dragon Age Origins. Par contre en DirectX 11, il y a de gros problèmes au niveau du framerate mais également avec des bugs d’affichage, en utilisant le mode “très élevé”. Vivement un patch.
Pourtant, et pour peu que l’on s’implique dans l’histoire du personnage principal, en prenant vraiment le temps d’apprécier ce que les développeurs nous proposent, Dragon Age 2 est vraiment plaisant à jouer. Pour moi, sa force et de ne pas proposer une aventure qui s’annonce à l’avance épique et héroïque, on commence le jeu en étant n’importe qui, un gars de plus, victime de l’Enclin. Avant de finir je tiens à préciser que les compagnons sont tout aussi agréables et intéressants que dans Origins, le fait de ne pouvoir leur parler que dans des lieux sûrs (maison de Merrill, taverne de Varric, etc…) permet de mieux se poser en évitant par exemple de lancer une conversation importante entre deux attaques d’Engeances dans les Tréfonds. Je lui donne donc un 6/10, ce qui est pour moi une bonne note mais je reste réaliste sur les gros défauts du jeu.

L’AVIS DE LUGHAN : Dragon Age : Origins avait deux défauts majeurs: un design impersonnel trop fade et des combats déséquilibrés par la classe des mages. Dragon Age II corrige avec brio ces deux défauts puisqu’il nous propose désormais un design plus travaillé et personnel, ainsi qu’un système de combat dynamique et plus équilibré. Ajoutez à cela, une intrigue principale vraiment prenante, un univers toujours aussi riche et aussi intéressant, une belle musique et des personnages charismatiques et attachants. Bref, Dragon Age II semble être une belle réussite!
Seulement le jeu se veut trop accessible et a été produit bien trop rapidement. En résulte, une durée de vie trop courte, un gameplay simplifié à outrance qui perd pas mal de la composante rpg et des quêtes secondaires souvent bâclées du genre livrer un colis ou tuer quelqu’un. C’est vraiment dommage !
Concernant la version 360 sur laquelle je joue, on peut remercier Bioware pour avoir bien porté le jeu, que ce soit au niveau du gameplay (les combats sont nettement plus agréables et plus pratiques que pour le premier opus) ou au niveau graphique (qui sont plutôt jolis et fluides malgré un peu d’aliasing). Seul bémol, les textes sont minuscules sur les télés non-HD, c’est vraiment pénible à lire…
En résumé, je mettrais à Dragon Age II un 7/10 honorable. On espère que Bioware prendra plus le temps pour mieux réaliser la suite au lieu de nous pondre moult dlc.

mercks 3 |  RPG Jeuxvidéo
Mercks
Ancien rédacteur en chef de RPG France
S’abonner
Notifier de
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments

Note du testeur sur 10

Dragon Age 2
6

Tests & aperçus au hasard

Fate : The traitor soul

Cat Quest 2

Paper Sorcerer

Articles au hasard

0
Envie de laisser un commentaire ? x