Un nouveau DLC pour Dragon Age : Origins présentant le passé de Leliana… Autant jouer le jeu : le but était ici, entre autres, de voir si après avoir joué à Leliana’s Song j’aurais un éclairage différent sur le personnage de Leliana ; ensuite, si je pouvais voir dans la Leliana d’Origins un personnage avec un background plus étoffé. La réponse est simple : que nenni.

Le DLC est présenté sous forme de mémoires, ce qui n’est pas dérangeant en soi, mais aliène à la fois le codex car on finit par ne plus s’y intéresser, entre les entrées qui n’ont que peu ou pas du tout d’intérêt, et celles qui n’ont pas grand sens. Sans compter le fait que l’histoire est ici particulièrement prévisible, et que le moindre rebondissement apporté voit ses implications bien vite comprises par le joueur : bref 30 minutes avant la fin, on connaît déjà ladite fin.

De même que si on peut s’attendre à quelque chose de grandiose pour le finale… On se retrouve bien vite détrompé : tout juste est-ce digne du final d’un épisode de Plus Belle la Vie. Le suspense en moins. Qu’il s’agisse des dialogues avec la Sœur de la Chanterie, ou avec Marjolaine et son sbire lors du finale, le DLC donne une impression de mauvais fan-service ; là où l’idée de revisiter le passé des personnages d’Origins pouvait se révéler intéressante, on a juste droit à une aventure digne d’un moddeur amateur qui sort son premier mod juste pour voir les possibilités du toolset.


Ce qui m’amène à l’un des points positifs de Leliana’s Song tout de même : le langage corporel des personnages est bien meilleur qu’avant. Allez, on va dire un moddeur amateur doué. Ce qui n’enlève rien à cette constatation. Malheureusement, ce point positif est bien vite oublié, tant le gameplay est bâclé : on se retrouve ainsi à jouer les voleurs au marché de Denerim, pour finir dès la première quête agglutiné dans une série de combats sans queue ni tête avec les gardes de la ville ; et ce, même si les apparences sont avec le joueur (je pense ici à la quête impliquant une cache d’un groupe de mages qui se termine en combat ; et bien que le groupe du joueur soit l’agressé, les gardes n’en profiteront pas moins pour chercher noise à celui-ci tous les deux mètres. Littéralement tous les deux mètres).

Pour le raffinement, on repassera. De même, l’élimination de tous les gardes du marché provoque l’apparition d’un groupe de gardes d’élite doublés d’un boss pas spécialement méchant mais qui arrivent tellement à point nommé et de manière tellement prévisible qu’on ne peut que se poser des questions sur la sanité du moddeur… Oh pardon. De Bioware. Bref c’est sale, bâclé, et fort peu intéressant au final.


Rien de neuf sous le soleil au niveau des zones visitées non plus, et Bioware parvient à ajouter l’insulte à l’injure en plaquant à la va-vite bien des éléments particulièrement dispensables, tels que l’extérieur de la demeure de l’Arl, où l’on combat trois malheureux gardes pour toute action. Et tout cela ne sert l’histoire en rien. On a une ressource et on s’en sert juste pour allonger de trois minutes la durée de vie du DLC, en gros. Niveau sons, les nouvelles musiques sont en-dessous de la moyenne, ayant même réussi – fait plutôt rare – à me faire désactiver totalement la musique du jeu. Mais ceci n’est probablement qu’affaire de goûts, je ne m’attarderai donc pas sur ce point.


Là où le mod… Oh pardon, le DLC, est fortement orienté combat, l’on se retrouve bien obligé d’assigner des points au crochetage, sous peine de devoir recommencer l’aventure pour obtenir la seule chose intéressante qu’il propose : un objet pour la campagne de base… Et ça, franchement, c’est ch***. Parce que là, l’intérêt commence à frôler celui d’un remake d’épisode de Derrick tourné avec les doyens de l’humanité en allemand (évidemment) et sous-titré en croate du sud-ouest.

Les choix n’ont aucune conséquence sinon esthétique ; les ennemis sont connus, on sait comment se débarrasser des combats le plus rapidement et efficacement possible. En parlant de choix, le seul choix important de l’aventure concerne… un cadeau. La loose à l’état pur autrement dit (d’autant plus que quel que soit le choix fait, on est gagnant).

En bref, on apprend ici pourquoi Leliana a rejoint la Chanterie… Et a posteriori, on s’en cogne un peu, beaucoup… On s’en doutait déjà grâce aux dialogues d’Origins, entre autres lors de la rencontre avec elle. Le DLC est par trop éloigné de la campagne principale ; et ce n’est pas en 2h de gameplay qu’on étoffe correctement une histoire contenant déception, tragédie, trahison, rédemption et vengeance. Non Monsieur Bioware.
Pour résumer, les plus sont un objet pour Origins, voir Leliana et mourir, le langage corporel des personnages est bien, ça reste mieux que Darkspawn Chronicles, mais ça, c’est pas vraiment un exploit. Les moins sont la musique, la durée de vie, les choix, la narration certes sympa mais inintéressante au finish et trop décousue, on savait déjà tout ça, et les histoires de trahison de ce genre courent littéralement les rues ; à tel point que le tout en devient ennuyeusement prévisible.  

+ Leliana
+ Un objet pour Dragon Age Origins

Note RPG 4 sur 5
Note testeur 03 sur 10

– Du combat du combat du combat
– Des choix non fondamentaux
– DLC trop court : à peine 2h

La vision de Mercks :
Leliana est sans doute l’un de mes compagnons favoris avec Morrigan et Sten, je fus donc heureux d’apprendre le sujet du nouveau DLC de Bioware pour Dragon Age. Hélas ce nouveau contenu s’avère d’une qualité inégale. Certes plus réussi que Darkspawn chronicles, le chant de Leliana ne nous invite pas à un voyage en Orlaïs, mais uniquement dans quelques sombres ruelles de Denerim afin d’accomplir des quêtes sans saveur. On a encore droit aux même environnements, hormis lors du final qui reste décevant au demeurant. Toutefois l’histoire de Leliana reste intéressante malgré quelques incohérences avec la version contée par la belle rouquine dans l’aventure principale. De nombreuses cutscenes parsèment l’aventure, rendant l’ensemble agréable à suivre, et cela soutenu par de magnifiques musiques. Une fois de plus ce DLC n’est à réserver qu’aux afficionados de DAO ou de la jolie barde.
05/10

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