C’est une histoire de nostalgie que celle-ci. On a tous dans notre bibliothèque un bouquin qui nous remémore quelques bons souvenirs, dans notre pile de vieux CD, des pistes qui nous font arborer un sourire niais à propos de cette splendide soirée où vous avez abordé cette personne qui vous tapait dans l’œil (pas littéralement espérons-le pour vous).
Eh bien, personnellement, quand je regarde ma petite ludothèque, c’est Dungeon Siege qui me fait cet effet bourré de nostalgie, célèbre jeu réalisé par le studio Gas Powered Games dirigé par le non moins célèbre Chris Taylor. Le temps de saisir la boîte, d’installer la chose, et on est parti.

La première fois, ça fait toujours mal.

Et ma première fois avec Dungeon Siege, c’était chez une amie fan de jeux vidéos en tout genre. Elle m’avait aussi fait découvrir Sacred, auquel je joue encore aujourd’hui avec une petite larmichette de nostalgie. Je n’étais à l’époque pas familière avec les RPG, occidentaux du moins, ayant déjà touché à quelques Final Fantasy et un Breath of Fire. Elle m’avait installée devant l’écran en me sommant de me créer un nouveau personnage. Bien sûr, la personnalisation n’est que minime, mais pour l’époque cela me faisait déjà très plaisir de pouvoir choisir le physique de cette personne que j’incarnerais pendant moult heures, le temps de changer quelques détails, et me voilà partie.

Donc, on vous explique un peu les bases avant de vous jeter dans la nature, livré à vous-même : avant dans le monde vivait l’Empire des Etoiles, très évolué et brillant, ainsi que les soldats de la  dixième légion, qui avaient pour rôle de le protéger. Or, lorsque l’Empire vint à disparaître (pour cause de méchant démon, entre autres), la Légion dut trouver un endroit où se ressourcer en attendant de reprendre suffisamment de pouvoir. Pour se faire, ils choisirent le royaume d’Ehb, ayant acquis son indépendance suite au déclin de l’Empire. Etant protégé par les vestiges de fortifications construites par ladite Légion, l’Ehb échappa à moult invasions qui auraient pu causer sa perte.

Mais comme il faut bien un début à tout et qu’un jeu où la paix règne partout n’est pas super attirant, on va y remédier : imaginez que vous incarniez un paysan dans des terres reculées, et que votre famille meure sous vos yeux par la faute de Krugs, créatures humanoïdes de petite taille dont le visage vous remémore celui de Freddy Krueger. Heureusement, comme un ami à vous lui aussi mortellement blessé était un PNJ utile, avant de décéder dans d’atroces souffrances, il vous somme d’aller à Stonebridge et d’y rencontrer un certain Gyorn, afin de l’informer de l’invasion des Krugs. Vous voulez voir du pays et venger la mort de votre ami pour faire avancer le scénario ?

La réponse est : Oui.

Voilà qui est sage de votre part, tout le monde sait que lorsqu’un ami se fait assassiner sous vos yeux, il vous faut aller le venger, dussiez-vous décimer des armées de monstres, armé seulement de votre petit couteau et de votre courage.
Vous commencerez donc le jeu pas « nu » mais presque, affublé tout juste d’une petite lame, mais n’ayez crainte, vous allez très vite gagner de quoi vous battre décemment : un Arc, un sort de Magie de Guerre, et un sort de Magie Naturelle. En effet, le corps à corps, le combat à distance, les magies de Guerre et de Nature sont les quatre types de combat pour lesquels vous pourrez vous spécialiser, sachant que  vos statistiques évolueront selon les armes utilisées : Si vous vous battez au corps à corps c’est votre Force qui augmente, si vous attaquez à distance, ce sera votre dextérité et enfin avec la magie c’est votre intelligence qui s’améliorera.

Les items que vous récupérerez sur les monstres, dans des coffres, ou que sais-je encore exigeront presque toujours d’avoir tels ou tels points de statistiques dans un domaine, afin que vous puissiez les équiper. Vous l’aurez compris, vous pouvez choisir de devenir un « touche à tout » au niveau des stats, mais vous allez gentiment en baver lorsque viendra le moment de vous équiper. Et puis soyons francs, ça n’est pas très Role Play.

A propos de Role Play…

Dungeon Siege n’est pas SI « RP » que cela. On trouvera deçà delà quelques bouquins nous permettant d’en savoir un peu plus sur le monde que l’on va parcourir, ainsi que sur les personnes qui ont été importantes dans son histoire. Il y aura certes des dialogues avec les PNJ que vous croiserez lors de votre périple (dont certains que vous pourrez enrôler, histoire de constituer une solide équipe allant jusqu’à huit personnages), de quoi poser les bases du scénario et de donner un peu de vie à la chose, mais jamais vous n’aurez de choix à faire dans les dialogues qui ne détermineront aucun changement majeur dans l’évolution de l’Ehb.

Sinon, globalement, on ne personnalise pas plus que ça son personnage, je veux dire par là qu’on n’a pas de points à attribuer dans les statistiques dès le début, pas non plus de barre de raccourcis ni de compétences à apprendre. Là, vous équipez votre arme ou votre magie,  puis vous tapez, c’est aussi simple que ça. Vous pourrez enchaîner les ennemis façon hack’n slash, abusant des potions dont vous ferez une immense réserve. Ainsi, il en résulte un jeu très simple à prendre en main, très abordable même pour un joueur débutant et auquel, par conséquent, on adhère vite sans se poser de question.

Ceci est un sous-titre concernant l’interface du jeu.

Quand je dis qu’on ne se pose pas trop de questions, c’est que la quasi-totalité de ce que l’on peut faire est très intuitif : changer le comportement des membres du groupe et leur demander de « juste » se défendre plutôt que de courir n’importe où, à la poursuite d’un fuyard pour ne pas attirer le reste de la meute qui se planquait judicieusement dans les bois non loin de là par exemple. On peut aussi changer la formation du groupe, pratique lors de certains passages où vous devez emprunter des plateformes mobiles étroites, sans devoir scinder votre groupe en plusieurs voyages, ce qui peut éventuellement sauver des vies.

Les écrans de personnage sont  d’une extrême simplicité, vos statistiques sont affichées ainsi que votre équipement sur la partie gauche, et la droite vous sert d’inventaire. Vu la petitesse de celui-ci, il vous sera sûrement nécessaire lors de votre périple de vous offrir une ou deux mules, afin de transporter le trop plein de loots que vous aurez. Attention cependant, elles ont une certaine tendance à être stupides, se faire prendre en embuscade, avoir deux de tension et finalement être une source d’ennuis. La carte enfin, vous permet de voir un peu mieux où vous en êtes, et si elle ne dévoile pas le chemin où vous n’êtes pas allés, elle permet de savoir d’où vous venez, ce qui est un bon début.

Notez que vous pouvez vous déplacer directement via cette carte, en vue de dessus, les loots et ennemis étant affichés eux aussi, par conséquent vous ne raterez rien de vos combats. Pratique dans des endroits comme la Croix de Wesrin pour ceux qui, comme moi, ne supportent pas la vue des ennemis à huit pattes, même si il faut admettre qu’aujourd’hui, elles ont perdu un peu de leur charme. Enfin. Charme. Tout est relatif.

Argh mes yeux je… Ah? Ah non, ça va. Je crois.

Parce qu’au niveau du charme, ce jeu était peut-être super sexy en 2002, l’année de sa sortie, on qualifiait alors la 3D de soignée, mais aujourd’hui, c’est un tout petit peu différent. Si les décors par exemple n’ont pas trop perdu de leur beauté, il n’en va pas de même pour les personnages, qui sont devenus un peu laids avec le temps et les équipements visibles durant l’aventure. Surtout au niveau des couvre-chefs qui ressemblent tous plus ou moins à des turbans ou à de petits chapeaux festifs pointus que votre neveu de 8 ans a mis pour sa fête d’anniversaire le mois dernier.

Heureusement, on ne juge pas un chocolat à son emballage, et c’est tant mieux, puisqu’en dehors des graphismes, l’ambiance du jeu est bien travaillée, les endroits que l’on visite sont très diversifiés et l’on passera de cimes enneigées à un marais, après s’être baladés dans une grande forêt. Les maps sont très grandes et bien loin de ces ambiances « couloir » que l’on connaît parfois aujourd’hui. Par conséquent, elles regorgent de moult secrets, monstres d’élite et autres loots rares à découvrir pour les adeptes de l’exploration entre deux quêtes.

Afin de parler des musiques du jeu, je ne vais citer que le nom du compositeur, les connaisseurs sentiront des étoiles s’allumer dans leurs yeux, et les autres feront l’effort de cliquer sur cette vidéo juste dessous afin d’écouter le thème du jeu. Le compositeur donc ? Jeremy Soule, connu aussi pour son œuvre dans MorrowindOblivionSkyrim et Guild Wars entre autres.

Au niveau des oreilles, il n’y a donc officiellement rien à jeter, d’autant que les dialogues importants ont la chance d’avoir eu un doublage de qualité et en français, rien que ça. Au niveau de la durée de vie, elle est d’environ une vingtaine d’heures. Non seulement à cause d’une quête principale et de quêtes secondaires qui vous feront courir un peu partout, mais aussi grâce aux maps très ouvertes qui laissent parler l’explorateur qui se terre au fond de vous. Si même avec cela vous n’êtes pas satisfait, vous pouvez encore vous laisser tenter par une expérience en multijoueur.

Au final, Dungeon Siege est un jeu que vous pourriez faire lors de vos longues soirées d’hiver en solitaire, puisqu’il ne vous prendra pas la tête à partir du moment où vous aurez une réserve de potions suffisamment conséquente. Ceux qui s’attendent à du bon gros RPG pourraient être déçus de par l’absence de profondeur dans le scénario et par la simplicité du Gameplay. En revanche, pour les novices, c’est l’occasion idéale de s’essayer à ce genre, avant de passer éventuellement à quelque chose de plus sérieux.

+ Les maps super grandes
+ Les décors variés
+ Prise en main facile
+ Présence d’un mode Multijoueur

Note RPG 2 sur 5
Note testeur 08 sur 10

– N’a pas forcément bien vieilli graphiquement
– Peu d’éléments RPG

La vision de Killpower :
Question gameplay, soyons clair, ce n’est pas un jeu de rôle, mais un jeu d’action qui s’apparente à un Diablo en plus beau. La seule différence de gameplay en mode solo est la possibilité d’avoir jusqu’à 8 équipiers, dont une bourrique pour transporter le butin. Si le jeu ne se limite qu’en une succession de combats ininterrompus, assez répétitifs et d’exploration du monde, il offre un coté tactique un peu plus poussé que Diablo : on choisit la tactique de combat (garder ses distances, attaquer l’ennemi le plus proche, le plus fort…) pour chacun des personnages, on clique sur l’ennemi, et le jeu fait le reste.

Pendant le combat, le joueur ne gère que l’arme ou les sorts à utiliser. Les caractéristiques des personnages (force, dextérité, intelligence), et ses compétences (combat rapproché, à distance, magie de la nature et magie du combat) monteront simplement par leur utilisation ; plus on emploie une compétence, plus elle montera, ainsi que la caractéristique qui lui est liée. Une petite déception cependant concernant le mode multijoueur : Si des parties à 8 sont possibles, le jeu ne permet pas de sauvegarder le monde, mais seulement les personnages. Ce qui rends impossible de suivre le scenario multijoueur fourni avec le jeu du début à la fin, et oblige à refaire mainte fois les mêmes donjons.

Autre problème, le serveur multijoueur de Microsoft ne permet aucun critère de tri, et il est très fastidieux de retrouver une partie en cours, sans mentionner l’impossibilité de savoir quelles sont les parties libres ou celles protégées par mot de passe. 

Au final, Dungeon Siege est un jeu intéressant mais un peu bâclé pour le mode multijoueur. Reste à attendre l’éditeur de jeu qui devrait être disponible gratuitement et permettre aux passionnés de créer des modules tels que le remake d’Ultima 5 avec le moteur de jeu.
06/10

La vision de Pouicoss :
Dungeon Siege n’était pas le jeu du siècle, et plus les années passent moins le constat n’est susceptible d’en changer. Pourtant, c’est pour moi plus qu’une valeur sûre. Doté de graphismes sublimes pour l’époque associés à la toujours remarquable bande-son de Jeremy Soule, le jeu est addictif dès les premiers instants, pour peu qu’on accroche au principe même du genre, qui reste assez répétitif. Bourré de bonnes idées pas toujours bien exploitées, le jeu se veut accessible avec sa feuille de perso automatique qui fera fuir certains puristes qui s’attendaient à un RPG.

Pourtant, le feeling est bon et la ballade enchanteresse – et sans temps de chargement, une prouesse ! – vaut bien ces quelques désagréments. Mais surtout, et ce qui le différencie encore aujourd’hui de bon nombre de ses concurrents, c’est la possibilité de gérer une équipe complète, et non un seul avatar aidé parfois d’un compagnon de route. A l’époque où je rêvais de jouer une compagnie d’aventuriers en quête d’aventure et de gloire, seul Dungeon Siege m’a procuré d’aussi bonnes heures de jeux.
08/10

La vision de Dagon :
(Cet minitest a été écrit et publié sur Dagon’s Lair. Avec l’aimable autorisation de son auteur).
Présenté en 3D, vue de 3/4 haut, Dungeon Siege est un jeu médiéval fantastique d’action-RPG réalisé par Chris Taylor, le créateur de Total Annihilation. Ce qui frappe tout d’abord est la grande qualité du moteur graphique. Les effets d’ombre et de lumière, effets de sorts, etc… sont de toute beauté, que ce soit en extérieur ou dans les donjons. Le jeu est une féérie pour les yeux et les oreilles. De plus, on peut tourner autour du perso, et le monde est en un seul tenant sans chargement aucun.

Question gameplay, soyons clair, ce n’est pas un jeu de rôle, mais un jeu d’action qui s’apparente à un Diablo en plus beau. La seule différence de gameplay en mode solo est la possibilité d’avoir jusqu’à 8 équipiers, dont une bourrique pour transporter le butin. Si le jeu ne se limite qu’en une succession de combats ininterrompus, assez répétitifs et d’exploration du monde, il offre un coté tactique un peu plus poussé que Diablo : on choisit la tactique de combat (garder ses distances, attaquer l’ennemi le plus proche, le plus fort…) pour chacun des personnages, on clique sur l’ennemi, et le jeu fait le reste. Pendant le combat, me joueur ne gère que l’arme ou les sorts à utiliser. Les caractéristiques des personnages (force, dextérité, intelligence), et ses compétences (combat rapproché, à distance, magie de la nature et magie du combat) monteront simplement par leur utilisation ; plus on emploie une compétence, plus elle montera, ainsi que la caractéristique qui lui est liée.

Une petite déception cependant concernant le mode multijoueur : Si des parties à 8 sont possibles, le jeu ne permet pas de sauvegarder le monde, mais seulement les personnages. Ce qui rends impossible de suivre le scénario multijoueur fourni avec le jeu du début à la fin, et oblige à refaire mainte fois les mêmes donjons. Autre problème, le serveur multijoueur de Microsoft ne permet aucun critère de tri, et il est très fastidieux de retrouver une partie en cours, sans mentionner l’impossibilité de savoir quelles sont les parties libres ou celles protégées par mot de passe.

Au final, un jeu intéressant mais un peu bâclé pour le mode multijoueur. Reste à attendre l’éditeur de jeu qui devrait être disponible gratuitement et permettre aux passionnés de créer des modules tels que le remake d’Ultima 5 avec le moteur de jeu.

Graphismes et sons : 5/5 (superbe !!!) – Interface de Combat : 2/5 (arcade) – Scénario : 2/5 – Jouabilité (fun) : 3/5
06/10

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