Après plusieurs années à l’attendre, le suspense s’est intensifié, il y a quelque mois concernant E.Y.E, le FPS/RPG du studio indépendant français : StreumOn Studio. C’est sans crier gare que le jeu sort alors sur Steam le 29 juillet 2011 pour une vintgaine d’euros. L’heure est venue de vous présenter le test de E.Y.E Divine Cybermancy ! Le jeu vaut-il l’investissement ? Réponse maintenant.

Bienvenue en l’an 2395

E.Y.E. est donc un jeu se présentant sous la forme d’un First Person Shooter (FPS), avec un grand nombre d’éléments RPG. Vous incarnez un soldat membre d’une organisation secrète du nom de E.Y.E. Cette société au service du Secreta Secretorum vous a formé pour être un puissant soldat, maîtrisant autant les armes blanches que les armes à feu, avec une affinité pour la CyberTechnologie et les pouvoirs PSI. Le jeu débute dans une grotte où vous vous réveillez, sans comprendre comment vous vous êtes retrouvé en ce lieu. Rapidement contacté par votre chef, vous rejoignez votre QG, et c’est là que l’aventure commence !

On vous confiera alors différentes missions, au cours desquelles vous devrez affronter des bandits, des membres des forces fédérales ou encore d’étranges créatures qualifiées de MétaStreumoniques

Comme vous pouvez le constater, l’univers du jeu bénéfice d’un Background très riche. Le côté un peu barré surprendra au premier abord, mais cela lui donne un charme unique, proposant une image pour le moins troublante du futur de l’humanité. Malheureusement, il pourra vous sembler très difficile de vous immerger dans ce monde tordu durant les premières heures de jeu. Aucune introduction ne vient placer le joueur dans le contexte, on se retrouve perdu tel le personnage que l’on incarne. Est-ce un effet voulu pour renforcer l’immersion ? C’est probable, mais ce côté un et complexe de l’histoire pourrait rebuter certains joueurs.

Pourtant, après plusieurs heures de jeu et un minimum d’effort de ma part pour m’immerger dans le monde de E.Y.E. Divine Cybermancy, je suis devenu totalement accro à cet univers troublant et déjanté, à la fois sombre et amusant. Les réactions des personnages sont parfois surprenantes, les dialogues nombreux viennent régulièrement nous en apprendre un peu plus sur l’histoire et la bibliothèque du Quartier Général nous offre un historique complet de la société secrète à laquelle nous appartenons. Dommage que l’on soit parfois obligé de lire de très longs textes là où on aurait préféré une cinématique un peu plus dynamique.

Malgré tout, c’est à force de côtoyer cet univers que l’on finit par l’apprécier. Le doublage réalisé dans la langue imaginaire du jeu présent dans certains dialogues reste généralement très convainquant. Encore une chose qui vous troublera durant les premières heures de jeu mais qui finalement s’avère être un très bon élément d’immersion.

E.Y.E. of the Sniper

Finalement, le gameplay souffre des mêmes forces et faiblesses que l’histoire. S’il est difficile de comprendre toutes les subtilités en début de partie, le plaisir de jeu ira en s’améliorant au fur et à mesure que vous appréhenderez les différentes mécaniques que propose E.Y.E..

La partie FPS du soft est vraiment très réussie, les combats sont nerveux et jouissifs. Dès le début, le joueur a accès à un grand nombre d’armes à équiper, permettant de se spécialiser  vers tel ou tel style de combat. Pour ma part, j’ai gardé le pistolet de base qui me satisfait pleinement, et je me suis équipé d’un Sniper gros calibre pour aligner un maximum d’ennemis à distance. Le reste de mon espace disponible me permet d’emporter quelques chargeurs pour ne pas me retrouver à sec.

On reprochera cependant à l’IA d’être relativement frustrante lorsque les ennemis parviennent à nous tirer dessus à une distance hallucinante, parfois même avant d’être visible à l’écran ! Difficile dans cette mesure de jouer la carte de l’infiltration, à moins d’avoir déjà acheté le Cyber Contrôle d’invisibilité. Pourtant, il arrivera que certains ennemis mettent du temps à se rendre compte de votre présence. Pas facile donc de prévoir si un adversaire vous repérera à un kilomètre où s’il vous laissera l’occasion de vous glisser derrière lui pour l’achever d’une attaque furtive avec votre sabre.

En effet, en plus des armes à feu, vous avez la possibilité d’utiliser des armes blanches et des pouvoirs appelés “pouvoirs PSI”. Si j’ai choisi la voie du tireur d’élite, libre à vous de vous spécialiser au corps à corps ou en PSI, voir même de créer plusieurs personnages. Le jeu propose en effet de nombreux éléments de gameplay tout à fait géniaux, même si difficilement abordables et compréhensibles en début de partie.

Si E.Y.E offre quelque infos de tutoriel à l’écran, comme le classique “Appuyer sur espace pour sauter”, la majorité des explications sont disponibles dans un menu “Tutorial” sous forme de vidéo. Si l’idée semble bonne, les vidéos sont diablement courtes et ne se contentent que de survoler ces aspects.

Que la force soit avec vous

Parce que E.Y.E., ce n’est pas que de la baston, vous avez donc à votre disposition tout un tas d’actions possibles durant votre partie. Comme je l’ai expliqué, leur fonctionnement peut paraître obscure au départ, et il ne faut pas avoir peur de bien lire les informations contextuelles des différents menus et expérimenter un peu pour appréhender au mieux ces éléments. Au programme, un menu de recherche vous permet de financer des recherches sur tel ou tel sujet, votre investissement de départ influençant directement le temps nécessaire à l’aboutissement de la recherche. Chaque recherche complétée pourra en débloquer d’autres, améliorer certaines stats et j’en passe.

Le menu piratage vous permet d’attaquer “informatiquement” n’importe quel système ou personnage à votre portée. Cela vous permettra par exemple de désactiver des systèmes de sécurité, ouvrir des portes, contrôler des gardes ou piller des distributeurs de banques. Une fois le concept compris, le système de piratage est vraiment intéressant. On dispose de plusieurs virus qui correspondent en fait à une action sur les statistiques adverses. Le but étant de déclencher les bons virus pour attaquer l’adversaire tout en se protégeant de ses contre-attaques. A noter qu’un échec de piratage peut être mortel, toute tentative ne doit pas être prise à la légère.


Comme le veut le principe des RPG, le joueur dispose d’une jauge d’expérience, qui se remplit au fur et à mesure, principalement en abattant des ennemis. Chaque fois que la jauge est remplie, le joueur gagne un niveau et dispose de 3 points de compétences à répartir parmi ses attributs. Vos attributs les plus forts détermineront la classe de votre personnage. Libre à vous de le spécialiser donc, ou d’en faire un personnage équilibré. Le nombre de classe est au final assez important, même si cela n’aura pas d’influence directe sur le jeu.

Les pouvoirs PSI et les Cyber Contrôles ont un fonctionnement assez proche. Vous pouvez les débloquer en les achetant aux marchands dans votre QG contre quelques bourzoufs (la monnaie du jeu). Les pouvoirs PSI étant généralement offensifs et prennent effet sur vos adversaires, tandis que les Cyber Contrôles prennent effet sur votre perosnnage et lui permettent de devenir invisible ou encore d’améliorer sa résistance, sa vision, etc.

En plus de cela, vous disposez du menu CyberTech vous permettant d’améliorer vos implants cybernétiques contre une grosse somme d’argent. C’est un bon moyen d’améliorer votre résistance sur chaque partie de votre corps, ou certains de vos attributs.

A côté de cela, le jeu propose des dialogues assez sympathiques, qui selon leur issu amèneront votre interlocuteur à coopérer ou à vous attaquer. Lors de chaque mission, vous pourrez tomber sur des PNJ qui vous proposeront alors des missions annexes, l’occasion d’amasser un peu plus de bourzoufs et d’expérience. Une fois une mission terminée, vous aurez toujours la possibilité de retourner dans le niveau. On vous confiera alors plusieurs objectifs aléatoires permettant à volonté d’améliorer votre personnage et de gagner de l’argent de poche.

La source des problèmes

Techniquement et artistiquement, il y a encore une fois du très bon et du moins bon dans E.Y.E. Divine Cybermancy. Tout d’abord les musiques sont tout simplement excellentes ! Nous avions pu en avoir un aperçu il y a quelques temps, et fort est de constater qu’une fois dans le jeu, elles nous plongent tout de suite dans l’ambiance ! Les bruitages sonores sont également de très bonne qualité, que ce soit les bruits de pas, les dialogues, les coups de feu, ou le son lourd de notre personnage en armure lorsqu’il atterrit sur le sol. Il n’y a vraiment rien à reprocher de ce coté là.

Esthétiquement, E.Y.E. est une vraie bombe, et a su s’approprier un charme tout à fait original. Certes, l’utilisation du moteur Source (connu pour son utilisation sur Half Life 2 ou Portal) qui n’est plus tout jeune impose quelques limites techniques sur le plan visuel, mais de la part d’un studio indépendant, on sent une très bonne maîtrise de ce côté là. Le jeu reste bluffant de par son esthétisme et ses graphismes sont pour moi bien moins choquants que ce qu’a pu proposer Duke Nukem Forever à titre d’exemple (et pourtant ce n’est pas le même budget !).

Là où on pourra faire un reproche et pas des moindres sur le plan technique, c’est à propos des innombrables bugs présents dans le jeu lors de sa commercialisation. Le gameplay étant déjà complexe, on se surprendra à se poser la question si l’on a affaire à un bug ou à un élément de gameplay mal compris dans certaines situations. Si j’ai eu la chance de ne pas rencontrer de retour sous Windows contrairement à Megamat qui a été accablé par ce problème (à tel point que finir la première mission pour lui révélait de l’exploit), j’ai cependant eu droit à mon lot de soucis. On pourra citer le cas des objectifs qui ne se valident pas, des recherches qui ne se lancent pas ou encore le retour à un mauvais checkpoint après la mort de mon personnage. Fort heureusement, StreumOn Studio est conscient de ces problèmes et travaille à la réalisation d’un patch, qui je l’espère ne devrait plus tarder !

Parallèlement aux bugs, j’ai déjà abordé l’IA qui, sans être trop problématique, peut parfois surprendre. Encore une fois, celle-ci sera rééquilibrée à la sortie du patch.

Il est venu le temps des cathédrales

Comme je l’ai dit, l’aspect esthétique du jeu est des plus impressionnant, le level-design toujours bien pensé nous propose des décors très variés, avec toujours plusieurs chemins possibles pour atteindre ses objectifs ! C’est toujours un plaisir de revenir dans un niveau pour effectuer des missions secondaires, et se rendre compte qu’on ne connait jamais vraiment la map par cœur. Cet aspect d’immensité omniprésent allié au côté post-apocalyptique est vraiment très prenant. On ressent les différentes inspirations des développeurs, allant de Doom à Deus Ex en passant par Alien et Blade Runner tant par le bestiaire que par l’architecture.

E.Y.E. Divine Cybermancy arrive donc à convaincre le fan de RPG, tout en contentant le fan de FPS que je suis. Pour un prix dérisoire, le jeu propose vraiment une expérience unique des plus réussies. Si le côté FPS/RPG et l’aspect CyberPunk ne manqueront pas de le  comparer à la saga Deus Ex, E.Y.E. a su s’en inspirer sans plagier, en proposant un univers certes complexe, mais unique et novateur. Le jeu est vraiment difficile d’accès, mais le gameplay prend le risque de nous proposer de nombreuses originalités. Une fois le jeu pris en mains, les heures de plaisir s’enchaînent sans temps mort ! Comptez environ une dizaine d’heure pour boucler le jeu une première fois, sachant qu’il existe plusieurs fins et qu’à chaque partie terminée vous reprenez au début avec votre équipement et vos statistiques de fin de partie.

La narration et les mécaniques de jeu fonctionnent main dans la main, et je vous le dis sans détour, E.Y.E. Divine Cybermancy est pour moi déjà culte.

Il est vraiment dommage que le jeu s’encombre de ces quelques bugs et maladresses, qui viennent facilement plomber d’un point cette note. Autant vous dire qu’une fois tout cela corrigé vous pourrez facilement lui attribuer un 9/10.

+ Petit prix
+ Ambiance sonore excellente
+ Univers original
+ Gameplay hardcore

Note testeur 08 sur 10

– Compliqué à prendre en main
– Scénario difficile à suivre
– Trop de bugs (pour l’instant)

La vision de Caparzo :
[–>]..mérite réellement son achat. Mais, que se passe t-il ? Il me semble avoir déjà été dans ce lieu étrange à dominance de gris. De plus je ne sais plus ce que j’étais en train de dire. Bref, ce n’est pas grave et je vais tenter de recommencer depuis le début. Lorsque j’ai lancé pour la première fois E.Y.E : Divine Cybermancy mon sentiment était mélangé entre excitation et curiosité, autant dire que je ne voulais pas être déçu par ce jeu. Il ne m’aura finalement fallu que quelques minutes pour confirmer que j’étais devant un grand titre, que ce soit par son esthétisme recherché que dans son gameplay à l’ancienne, mais s’ancrant avec une efficacité à toute épreuve dans notre époque.

L’environnement du QG que l’on trouve au début du jeu est le meilleur exemple pour se faire une idée de ce que l’on peut trouver de mieux en ce qui concerne les choix esthétiques faits par Streum On Studio. Tout est grand et énorme. J’ai eu l’impression d’être écrasé par ces pièces aux dimensions cyclopéennes pouvant faire penser à des cathédrales. Alors oui c’est vide, il n’y a que très peu d’objets venant encombrer ces pièces, couloirs ou ces rues, mais cela souligne encore mieux les dimensions très imposantes de tous les lieux que l’on pourra visiter dans le jeu. Vous l’aurez compris, si E.Y.E mérite le détour, c’est vraiment pour ses graphismes de bons goûts.

Malheureusement, on ne pourra en dire autant en ce qui concerne le gameplay. L’interface est très oldschool, elle me fait penser à ce que l’on pouvait trouver dans les jeux d’il y a dix ans. C’est confus, ce n’est pas graphiquement époustouflant, mais elle plaira tout de même à ceux qui aiment pouvoir cliquer partout et découvrir des options auxquelles on n’avait pas fait attention au début du jeu. Saluons tout de même Streum On pour avoir intégré un menu radial pouvant s’activer à partir de n’importe quel bouton permettant d’accéder aux aptitudes favorites du joueur pour son personnage.

Vous l’aurez compris, malgré les défauts de l’interface et l’âge du moteur source ne permettant pas d’afficher une tonne de détails, E.Y.E sait tout de même charmer les joueurs ayant une certaine envie d’essayer un titre plus hardcore que grand public. Je n’ai pas parlé de l’histoire, mais cette dernière est également difficile d’accès et il faudra savoir prendre son temps pour la comprendre via les codex se trouvant dans la salle des archives. Au final je dirais tout simplement qu’E.Y.E : Divine Cybermancy mérite..e/E..[<–]*

* Quand vous aurez fini le jeu pour la première fois, vous comprendrez le 08/10.

Ancien rédacteur pour RPGFrance. Ancien responsable administratif de RPGFrance.
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