samedi, mai 8, 2021

Note

Fictorum
6

TEST – Fictorum

C’est en avril 2021 que j’ai découvert l’existence de Fictorum, un action-RPG fantasy sorti en 2017 qui permet de se la jouer magicien de haut niveau avec la possibilité de détruire toutes les structures que vous rencontrerez sur votre chemin. Cela tombe bien, le scénario est basé sur une histoire de vengeance, alors on va s’en donner à coeur joie. Trop peut-être ?

Comme on l’a indiqué dans la présentation, le jeu a connu une version 2.0 en novembre 2019 et le développeur poursuit toujours ses mises à jour. L’unreal engine est utilisé une fois de plus et les graphismes, même s’ils sont dépassés, font le boulot et les très nombreuses options graphiques permettent de faire tourner le jeu sur n’importe quelle machine, même assez ancienne. Il n’empêche que c’est anguleux, les textures pauvres et les décors pas très riches (pourtant l’intérieur des bâtiments est complet), mais on se consolera avec cette destruction des structures qui en met plein les yeux, avec au passage, quelques bugs mineurs encore présents.

Une carte et des noeuds

Le jeu est uniquement jouable en solo et propose un tutoriel pour apprendre à le prendre en main et trois modes de jeu (avec plusieurs niveaux de difficulté) qui vous permettent de l’aborder différemment : le mode classique (8 chapitres, jeu long, permadeath optionnel) prend environ 4 heures, le mode rapide (3 chapitres, permadeath, mode rogue-lite standard) prend environ 2 heures, et l’étendu (une partie rallongée de multiples chapitres avec permadeath optionnel) peut prendre de 15 minutes à plusieurs heures, selon la vitesse à laquelle vous voulez jouer.

Vous commencerez par la personnalisation visuelle de votre avatar. Non pas de classe, ni de traits de caractère, dans ce jeu, et c’est en avançant que vous débloquerez de nouveaux sorts.

La boucle de jeu est assez simple : sur une carte générale, vous êtes présenté sous forme de figurine. Autour de vous, vous avez moult lieux d’intérêts. Vous déplacez votre figurine vers l’un des noeuds accessibles, ceux à côté du lieu où vous êtes, sachant qu’en plaçant votre curseur dessus, vous avez une mini-présentation de ce qui vous attend sur place.

Il est intéressant de voir que votre journal se complète en même temps que vous vous déplacez, selon les lieux sur lesquels vous passez. Chaque nœud que vous visitez donne lieu à une situation dans laquelle vous pouvez faire des choix textuels qui souvent, se terminent par un affrontement, mais qui peuvent vous permettre de récupérer des choses. Certains nœuds proposent des mini boss, d’autres des ennemis à tuer et des structures à détruire ou encore des marchands qui vous vendront de l’équipement, des sorts ou vous soigneront contre de l’essence, la monnaie du jeu que vous gagnerez après une mission.

Si vous cliquez sur un lieu infesté d’ennemis, vous arriverez dans un niveau généré procéduralement, pioché dans différents environnements (désert, montagne enneigée, campagne verdoyante) souvent ouvert, dans lequel vous devrez tuer tout le monde pour libérer le téléporteur de retour. Vous êtes le dernier Fictorum en lutte contre l’inquisition qui a exterminé votre ordre magique. Vous allez donc user de votre habileté à la souris et de vos sorts pour vaincre les forces en présence.

En appuyant sur la touche “Alt”, vous aurez une “vue scanner” du niveau avec mise en surbrillance des ennemis présents et de leur emplacement, ainsi que des fioles et les objets que vous pourrez récupérer. Ces derniers sont placés dans les maisons et si les potions ne peuvent être ramassées, tout justes consommées, les équipements et nouveaux sorts iront dans votre inventaire. Mais ce ne sont que quelques objets que vous pourrez trouver dans chaque niveau.

Un inventaire complet digne d’un hack’n slash vous permettra des équipements de différents niveaux de raretés : heaume, tronc, bras, jambes… et même des corrompus avec de très bons bonus, mais des malus aussi. Enfin, vous pourrez vous équiper de 4 sorts et de trois runes pour chaque. C’est d’ailleurs le cœur du jeu et sa puissance.

Kameha..meha !

Chaque sort peut être complété de trois runes différentes. En jouant, vous pourrez lancer le sort contre une quantité limité de mana avec le bouton gauche de la souris en pointant vers une direction. Mais en appuyant sur le bouton droit, vous pourrez faire varier le sort en fonction des trois runes couplées, représentées sous la forme d’un triangle, sachant que plus vous augmenterez la puissance du sort, plus il vous coûtera du mana. Par exemple, en lançant le sort de feu, vous pouvez le rattacher aux runes Puissance, Multi-tir et Explosion. Ainsi il sera possible en maximisant votre sort, de lancer plusieurs boules de feu puissantes qui exploseront à l’impact sur vos ennemis.

Autant vous dire que cela donnera des effets spectaculaires, mais consommera pas mal de mana en une fois et vous devrez alors attendre, pas longtemps cependant, que ce dernier se régénère naturellement. C’est un système bien pensé qui donne des effets tout autant réussis qu’à Magicka. Seul bémol à ce système : lorsque vous localisez dans une direction assez éloignée, la caméra semble être liée au contrôle de la visée et selon ce que vous visez, vous ne verrez pas où vous tirez, le relief gênant. On pourra alors passer à la vue à la première personne, au lieu de la troisième ; Le problème est moindre, mais toujours présent. Cela oblige donc à se rapprocher de nos cibles pour ne pas être gêné par cette caméra handicapante. Un problème qui existe depuis 2019 et qui n’a pas été réglé par le développeur. Dommage !

Boucle de jeu à défaut de boucle d’oreille

A partir de là, la boucle de jeu est simple : sur la carte générale, choisir une destination, cliquer sur un niveau, buter tous les méchants, et ressortir sur la carte générale. Cela manque de dialogue et de quêtes, même si sur ce dernier point, des situations peuvent engendrer des réponses avec des conséquences différentes. En mode roguelike, la mort signifie la fin du jeu. En mode campagne, vous recommencerez le niveau.

La plupart du temps, on jouera les gros bras sorts et on se retrouvera plus dans un jeu d’action teinté d’éléments RPG (et roguelike) que l’inverse. On appréciera la difficulté qui amène un bon challenge et un bon rythme avec des adversaires qui selon leur caractéristiques, viennent au contact ou vous envoient eux aussi, leur sort. Il s’agira de courir et sauter dans tous les sens pour esquiver les attaques et se cacher pour se mettre à l’abri, le temps que votre mana se régénère. A noter que les arbres peuvent être déracinés et pourront causer des dégâts, mais le relief n’est pas affecté par vos sorts. Vous ne pourrez pas faire de trou dans le sol ou faire s’effondrer des montagnes. Dommage encore.

La musique symphonique est tout à fait envoutante et l’ambiance sympathique, mais le jeu n’est pas traduit en français. Quant aux bugs, il y en a encore quelques uns, mais rien de rédhibitoire. Un jeu qui pourra vous tenir en haleine une dizaine d’heures. Cela dépend en fait du mode choisi, mais surtout de votre envie de recommencer et d’avoir accès à tous les sorts, car on peut y passer beaucoup plus de temps.

Surfant sur un système de magie sympathique et des structures destructibles, Fictorum pourra vous plaire pendant quelques heures si vous êtes fan d’action et de sorts “Grosbill”.
Seulement voilà, le manque de variété dans le gameplay et le peu d’éléments RPG font passer ce jeu pour un jeu d’action avant tout. Un bon défouloir, mais pas forcément un bon RPG.

+ Un système de sorts qui fait sa force.
+ Un bon défouloir.
+ Destruction des structures (mais pas du relief).
+ Un jeu qui tournera sur des machines anciennes…

– … au détriment de graphismes dépassés.
– Uniquement en anglais.
– Une boucle de gameplay répétitive
.
– Une caméra parfois gênante.


Image |  RPG Jeuxvidéo
Killpower
Joueur depuis très longtemps. Testeur et rédacteur depuis 1999 de RPG, même les pires. Relecteur de nombreux RPG traduits bénévolement.
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