De la plus haute montagne de l’épine dorsale du monde à la plus profonde des crevasses de la terre, votre groupe d’aventuriers devra se frayer un chemin à travers quantité de monstres et de pièges pour finalement défaire l’armée qui menace les Dix-cités… Oui, aujourd’hui amis gobelins, on arrête la finesse, on dégaine sa hache et son bouclier car j’ai testé pour vous Icewind Dale 2. Sorti en octobre 2002, c’est le dernier jeu de feu Black Isle Studios à avoir été basé sur l’Infinity Engine, le moteur de Baldur’s Gate 2 entre autres, celui-ci étant légèrement modifié pour l’occasion. Tient-il alors la comparaison avec le fameux titre de Bioware ?

D’abord, l’interface de Icewind Dale 2, quoique légèrement différente de ce que l’on connaît de la saga Baldurienne, reste pratiquement la même. La cerise sur le gâteau est que contrairement à Baldur’s Gate 2, le jeu utilise les règles 3.0 du fameux Donjons et Dragons. L’autre particularité du titre c’est qu’avant de se lancer dans l’aventure, vous aurez à créer vous-mêmes les six membres constituant votre équipe.

Bien qu’il existe déjà des coteries toutes faites, il sera bien plus gratifiant de mener sa propre équipe tout au long de l’aventure, et les possibilités offertes sont dés lors énormes. Par exemple, les humains peuvent se décliner en Aasimar ou en Tiefflin si l’envie vous en dit. Vous pouvez aussi adjoindre à votre groupe une elfe sauvage ou un terrible elfe noir, et il est certain que vous ne passerez pas inaperçu ! Les portraits des personnages sont d’ailleurs de toute beauté et on peut dire qu’il y a eu un gros travail artistique. 

Donjons enneigés et Dragons enrhumés  

 Pour ce qui est des classes jouables, ce sont les mêmes que dans l’opus précédent à part trois ajouts : le barbare (un guerrier utilisant une rage de bataille, un peu comme Minsc de BG2), le sorcier (un mage pouvant lancer n’importe quel sort sans avoir à le mémoriser préalablement) et enfin le moine (guerrier léger et puissant doté de nombreuses capacités spécifiques). Ensuite, on reste dans du classique : le joueur pourra attribuer les points de statistiques qu’il répartira entre la force, la dextérité et ainsi de suite…

L’utilisation des règles AD&D 3.0 offre également une nouveauté par rapport à Icewind Dale premier du nom : les compétences et les dons. Les compétences regroupent l’artisanat, la diplomatie, le bluff ou encore la connaissance du monde et j’en passe. Les dons regroupent quant à eux le maniement des armes, la résistance aux sorts et autres… Vous l’aurez compris, c’est vraiment complet et on peut se faire une équipe aux petits oignons. 


Par ailleurs, Icewind Dale 2 a l’avantage de proposer un multiclassage qui soit moins strict qu’auparavant. En effet, à chaque gain de niveau, on peut choisir quelle classe faire monter. Avec un paladin de Mystra niveau 2, par exemple, on a le choix entre augmenter le niveau de la classe paladin ou bien prendre la classe de mage. En ce sens, il est tout à fait possible de vous faire un mage en armure lourde si vous développez les bons dons pour cela, mais ce sera quand même au détriment de capacités peut-être plus puissantes. On peut ainsi se laisser aller à toutes les fantaisies tellement ce système permet une grande souplesse.

Je vous recommande pourtant d’opter pour une équipe équilibrée : un clerc/druide soigneur et un guerrier pouvant encaisser les dégâts sont de rigueur. Sans cela votre aventure risque d’être malheureusement de trop courte durée. Il faut dire qu’à partir d’un certain niveau, les clercs et les druides gagnent la capacité de ramener vos aventuriers à la vie. Bien que les temples du coin offrent ce genre de services moyennant finances, la résurrection à la volée n’est vraiment pas un luxe. Surtout vers la fin du jeu où les affrontements deviennent vraiment ardus, les ennemies étant particulièrement féroces et déterminés. 

Courant d’air 2 : Atchoum ! 

 Maintenant que votre équipe est prête, il est temps de débarquer à Targos et de commencer votre aventure. Oui, parce que vous venez répondre à l’appel du seigneur de cette cité, l’une des Dix-cités situées au nord de Neverwinter, et il a une importante quête à vous confier… Vous allez rencontrer en ce début de l’aventure et tout au long de votre périple beaucoup de PNJ désireux de bavarder avec vous ou de vous donner quelques quêtes à entreprendre.

D’ailleurs, au fil de vos explorations, vous pourrez trouver des livres racontant l’histoire de l’épine dorsale du monde. Pour les amoureux de l’histoire, ceci est un vrai régal et aide à s’immerger davantage dans le jeu. Sans parler du fait que cela permet également de reprendre son souffle après un combat difficile. Si au début les quêtes semblent basiques, tellement que vous aurez l’impression d’être un larbin (il faut bien se faire un nom pour commencer, n’est-ce pas ?), celles-ci deviennent par la suite plus prenantes et ce malgré le peu de quêtes secondaires disponibles.

Par ailleurs, le gros changement par rapport au premier Icewind Dale est la prise en compte de la spécificité inhérente à la classe ou à la race. Ainsi, un paladin refusera systématiquement toute récompense, là où un elfe noir pourra traduire des langues exotiques comme le dialecte gobelin et cetera… Bien évidemment, les personnages rencontrés réagiront différemment selon votre manière de les aborder.

On pourra alors bluffer un garde pour chaparder un bouclier sur un râtelier, recourir à l’intimidation pour soutirer des informations à l’ennemi, ou alors user de diplomatie pour éviter les combats inutiles. Bien que nous sommes dans ce que l’on pourrait qualifier d’Action-RPG, ces petits ajouts sympathiques renforcent la dimension role play du jeu et permet au joueur de s’attacher à son groupe. 

Kiss Dale 2, c’est frais mais c’est pas grave 

 J’ai bien dit “action” car oui chers gobelins, ça va trancher sec ! Les combats sont nombreux et souvent difficiles : il faudra toujours bien réfléchir à ses actions car vous serez constamment en sous nombre. Ainsi, la pause active (barre d’espace) sera votre plus grand atout dans les combats. Surtout qu’en plus vous serez souvent en position désavantageuse, genre confrontés à des archers orques cachés derrière une barricade difficile à atteindre…

Certains combats m’ont d’ailleurs paru désespérés tant le nombre d’ennemis à l’écran était nombreux. Pourtant, avec une bonne gestion on arrive à s’en sortir. Pas toujours sans dommages cela dit…Quand vous aurez atteint un certain niveau avec vos personnages, il sera possible d’utiliser des tactiques avancées. Ainsi, un voleur suffisamment habile pourra attaquer dans le dos un général ennemi. Les soldats se rueront alors sur votre roublard mais c’est sans compter le magicien qui lancera une boule de feu au milieu de la foule sans blesser celui-ci. Pour ce faire, il faudrait que votre voleur soit doté de l’esquive instinctive qui lui permettra d’éviter les sorts de zone. Il existe donc plusieurs combinaisons inter-classes à expérimenter ! 


Un petit mot sur le scénario : il a le mérite de maintenir le joueur en haleine et de dévoiler progressivement les motivations des antagonistes. Un scénario pas si court et simpliste que cela au final… Ajoutez à cela quelques énigmes bienvenues qui rafraîchissent le rythme soutenu du titre. Certaines de ces énigmes étant d’ailleurs corsées, vous obtenez alors un jeu avec une durée de vie énorme.

Par contre, je vous conseille de sauvegarder souvent car les morts sont légion et les opportunités de résurrection ne sont pas toujours accessibles. Il faut dire que poursuivre le jeu avec moins d’aventuriers que prévu est un sacré bond de challenge. Techniquement parlant, Icewind Dale 2 est légèrement plus beau que Baldur’s Gate 2 et certains environnements sont quand même vraiment très réussis. Il faut ajouter aussi que le jeu tourne très bien sur les PC actuels. Même si j’ai constaté quelques ralentissements mais finalement rien de bien méchant…

Par contre, la pathfinding reste toujours aussi mal optimisé. C’est bien dommage car depuis le temps cela aurait du être amélioré… La bande son est en revanche tout simplement exceptionnelle ! Inon Zur s’est vraiment surpassé sur ce coup là : les envolées épiques accompagnant le joueur dans ses plus glorieuses passes d’armes donnent littéralement des frissons. Sans oublier que les doublages français sont de très bonne qualité. Il est d’ailleurs à noter que si vous prenez le jeu sur GOG, vous avez le bande originale du jeu en cadeau. Alors il serait fâcheux de s’en priver ! Test rédigé par un membre de la communauté RPGFrance.

Modifié, mis en page et (fortement) corrigé par Andariel

Il y a finalement tellement de choses à dire sur cet Icewind Dale 2 que je n’ai fait qu’effleurer la surface avec ce test. Je vous laisse cependant découvrir par vous-mêmes ses nombreux lieux insolites (et les vétérans du premier Icewind Dale reconnaîtront certains lieux précédemment visités) et ses personnages hauts en couleur.
Si par malchance vous avez manqué cet opus de la série, je vous le recommande chaudement. Le rythme y est soutenu, les combats riches et nombreux, et les quêtes intéressantes. Icewind Dale 2 est à n’en pas douter un des Action-RPG les plus réussis. Préparez votre thermos à café et achetez les saisons de Game of Thrones pour leurrer votre chère moitié. L’épine dorsale du monde vous tend les bras et ce serait une grave erreur de refuser.

+ Création/géstion d’équipe compléte et gratifiante
+ Combats trés recherchés
+ Bonne durée de vie
+ Bien RP pour un Action-RPG
+ Musiques de grande qualité

Note RPG 4 sur 5
Note testeur 08 sur 10

– Pathfinding mal fichu
– Quelques soucis d’optimisation

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