Six mois se sont écoulés depuis les exactions commises par Saren et le moissonneur Sovereign. L’alliance pourchasse les Geths dans toute la galaxie. Toutefois l’humanité est à nouveau en péril. Le commandant Shepard rempile avec son équipe afin de découvrir pourquoi des colonies humaines disparaissent sans laisser de trace. Il mettra tout en œuvre pour réussir cette nouvelle mission, quitte à s’allier aux pires organisations et criminels.

” Lancement d’une sonde ! “

Après plusieurs mois d’attente, le commandant Shepard fait son comeback dans Mass Effect deuxième du nom. Le premier opus ayant été un succès sur Xbox 360 puis PC, Bioware a fait de sa franchise une trilogie dont voici le deuxième épisode. Je n’aborderai pas le scénario du jeu dans la mesure où les surprises abondent dès les premières minutes de l’aventure. Sachez simplement que Shepard doit à nouveau sauver la galaxie et pour cela il devra s’allier à Cerberus, sombre organisation pro-humaine. Une fois de plus, vous serez amené à visiter plusieurs systèmes solaires afin d’enquêter sur la disparition de plusieurs colonies humaines. Sachez enfin que, comme à son habitude, Bioware nous offre un scénario, aux multiples rebondissements, bien écrit, mature, et excellemment mis en scène.


Il faut bien avouer que dès le début de l’aventure, c’est la claque ! Les rebondissements et les révélations s’enchaînent. Visuellement le jeu nous en met plein les yeux et, même si les plus blasés d’entre vous diront que c’est du déjà vu, le design général et les environnements sont de toute beauté. La visite de la station Omega et de son bar ne me contredira pas. On remarque également que les expressions faciales ont gagné en richesse et en finesse. Les ombres ont perdu cet aspect grossier propre au premier épisode. Au premier abord, tout parait mieux et plus abouti.

Vous pourrez démarrer l’aventure avec le personnage vous jouiez dans le premier Mass Effect ou un nouveau personnage. Vous choisirez alors votre classe parmi plusieurs choix. Vous serez un soldat spécialiste des armes à feux, ou encore un biotique aux multiples pouvoirs, voire un mix des deux, à vous de choisir. Chacun y trouvera son compte. On se penche alors sur le gameplay et les menus… Et là ! C’est le drame…

” Sonde déployée ! “

« Mais où est ce foutu (en fait j’ai dit autre chose) inventaire !?! » fut l’une de mes premières expressions face aux menus du jeu. En fait il n’y en a plus. Vous pensiez faire la chasse à l’équipement dernier cri afin de modifier votre équipe. Eh bien, c’est fini. Mass Effect 2 s’est énormément affranchi de son aspect RPG. Certains vont apprécier, d’autres moins ; et votre serviteur en fait partie. Pour commencer et comme je l’ai dit plus haut, l’inventaire a disparu. Dans votre vaisseau, le Normandy, un ratelier à armes est à votre disposition afin de changer entre trois / quatre modèles d’armes de tous types : fusil d’assaut, fusil de sniper, pistolet, ou encore armement lourd (type lance-flammes ou lance roquettes). Ces armes vous les découvrirez au fil de vos pérégrinations dans la galaxie.

Concernant votre armure, vous n’en aurez qu’une. Toutefois vous pourrez acheter ou trouver des pièces permettant de la personnaliser (nouveau plastron, casque, jambières, épaulières, etc.). Vous pourrez également changer les coloris et rajouter des motifs. Tout ce qui concerne votre armure et vos vêtements sont accessibles via votre armoire dans votre cabine. Quant aux co-équipiers, on ne peut que changer leur arsenal. Leur tenue vestimentaire sera la même du début à la fin. Vous aurez bien accès à un coloris alternatif mais c’est tout. Certes, c’est un peu déstabilisant au début mais finalement on finit par s’y faire.


Autre nouveauté : la recherche. Durant vos premières aventures, il arrivait que vous trouviez des minéraux précieux. Ils ne servaient qu’à gagner de l’argent, qui lui-même vous permettait de gonfler votre inventaire ; mais vu que celui-ci s’est envolé… A présent, les minéraux vous permettront de lancer des recherches dans le laboratoire du Normandy. Ces recherches vous octroieront des améliorations d’armement, d’armure, ou encore de nouvelles capacités pour votre vaisseau. Là, vous allez me demander comment récupérer ces fameux minerais. Un p’tit tour en Mako, notre véhicule du premier opus, comme au bon vieux temps ? Que nenni. A présent on scanne des planètes, et croyez moi vous allez en scanner quelques une.

A chaque fois que vous allez aborder une nouvelle planète, vous pourrez la scanner à la recherche de quatre types de minéraux. Vous baladerez donc un curseur à la surface de la dite planète, tandis que vos yeux seront rivés sur un oscilloscope. Vos enceintes crachotent et bipent ! La courbe du scanner s’élève ! La manette des joueurs Xbox 360 vibre ! Pan ! Vous balancez une sonde et récupérez le précieux minerai. Amusant… Cinq minutes… Comptez entre dix et quinze sondes par planète, avec la voix de l’intelligence artificielle du vaisseau à chaque fois, qui vous dit… Je vous laisse lire les intertitres plutôt.


Le Mako et les virées dans les montagnes, c’est donc fini également. Une fois encore, certains apprécieront, d’autres moins. Etonnant qu’il n’y ait pas de véhicule pilotable, alors que le menu vous propose de configurer les touches pour. Un futur DLC peut-être (sûrement). A noter également que les raccourcis ont eux aussi disparu, sauf pour la carte. Le journal des quêtes et le codex ne sont plus accessibles que par le menu principal, choix bizarre mais bon… En bref, quelques nouveautés de gameplay intéressantes, ou pas, mais qui en ont remplacé d’autres, la cohabitation aurait sans doute été un meilleur compromis.

” Sonde larguée ! “

Sur le fond, le jeu n’a heureusement pas changé. Il se présente toujours sous la forme d’un TPS (Third Person Shooter ou jeu de tir à la troisième personne). L’action a pris une place prépondérante, les fusillades sont plus longues et les ennemis bien plus nombreux et coriaces. Le côté tactique a été également retouché. A présent, il faudra vous mettre souvent à couvert afin de vous protéger des tirs adverses mais également pour récupérer de la vie et recharger vos boucliers. Le médigel ne sert maintenant qu’à ressusciter l’un de vos compagnon tombé au combat. L’IA de ces derniers à d’ailleurs tendance à les envoyer à l’attaque en permanence, mais heureusement la pause tactique est toujours de la partie, vous permettant de donner quelques ordres simples. Comme l’a justement dit l’un de nos forumeurs : « Mass Effect était un RPG action, Mass Effect 2 est un action RPG. »

En effet, Bioware a beaucoup misé sur une bonne dose d’action, entrecoupée par des dialogues souvent percutants et qui font mouche, et la recette marche plutôt bien. Ces derniers vous permettront, à nouveau, de préférer la voie de la conciliation ou du pragmatisme dans vos réponses. D’ailleurs certaines actions contextuelles vous donneront l’opportunité d’un petit QTE (Quick Time Event) en fonction de votre karma. Ainsi face à un traître, vous pourrez empêchez, d’un clic, l’un de vos équipiers de l’abattre, ou le laissez faire, voire le descendrez à sa place. La mise en scène des dialogues et des différentes cut-scenes est vraiment maîtrisée par Bioware, et apporte beaucoup à l’expérience Mass Effect 2. A l’image de Mass Effect, les quêtes sont intéressantes et nombreuses. Elles vous feront voyager à travers de nombreux systèmes solaires (où vous pourrez scanner plein de planètes). Ceux qui auront participé au premier opus, rencontreront de nombreuses vieilles connaissances ; cela renforce admirablement la cohérence de l’univers et le plaisir de jeu.


Techniquement, le jeu est vraiment magnifique. Chaque planète possède son environnement propre, ainsi que ses autochtones. L’ambiance visuelle est dans le ton et on en prend plein les mirettes. Qui plus est, Mass Effect 2, en plus d’être plus beau que son ainé, se paye le luxe d’être moins gourmand en ressources. Cette excellente ambiance est renforcée par une bande son en adéquation avec chaque univers et chaque action. Une fois encore, le doublage est excellent, à quelques exceptions près, et on retrouve avec plaisir les doubleurs du premier épisode.

Toutefois quelques bugs viennent entacher le tableau. En effet, il n’est hélas pas rare de voir, durant un dialogue, son interlocuteur disparaître ou clignoter ; ou encore certaines de leurs animations sauter une étape. Quelques bugs de collisions également, qui font que vous vous retrouvez coincé dans le décor (merci l’autosave). Quelques crashs et retours bureau sont également présents. Rien de très méchant, mais on espère qu’un futur patch viendra corriger tout ça.


Malgré quelques défauts et l’occultation de son côté RPG, Mass Effect 2 est un très bon jeu. Mass Effect avait introduit un nouveau héros dans notre univers vidéo ludique et un nouveau standard en terme d’aventure spatiale. Mass Effect 2 confirme cet état de fait. Suivre les aventures de Shepard et son équipe est un vrai plaisir et on lui pardonne aisément ses quelques travers.

Explorer de nouveaux mondes, en apprendre plus sur ses équipiers ou ses ennemis d’aujourd’hui et d’hier, tout concourt à nous faire vivre une aventure longue et épique. Mass Effect 2 est, sans doute, le space opéra vidéo ludique le plus abouti qu’on ait vu depuis longtemps. Vivement la suite !

+ Visuellement superbe !
+ Séquences d’action plus dynamiques que dans le 1.
+ Scénario prenant.
+ Un excellent space opera. + Durée de vie conséquente.

Note RPG 4 sur 5
Note testeur 08 sur 10

– Aspect RPG en demi-teinte.
– Plus de gestion de l’inventaire des compagnons.
– Fiche de personnage minimaliste.
– Trop dirigiste parfois.

Ancien rédacteur en chef de RPG France
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