Nombreuses sont les interviews consacrées aux développeurs, aux scénaristes et autres réalisateurs de jeux-vidéo. Nous en avons traduit beaucoup ici, mais plus rares sont les interviews s’intéressant aux acteurs de doublage, à leur expérience avec un personnage et la façon dont ils le modèlent. Avec la sortie de Baldur’s Gate III, les différents acteurs des personnages du groupe ont été très présents sur les réseaux sociaux, ce qui a pas mal participé à l’aspect culte que le groupe commence à développer.
ScreenRant a publié le 18 septembre dernier une interview avec Devora Wilde, actrice interprétant Lae’Zel dans le jeu, occasion de revenir plus en détails sur son expérience et en apprendre plus sur ce rôle assez méconnu mais pourtant si intéressant
L’interview originale est toujours disponible en suivant ce lien.
Devora Wilde souhaiterait que les joueurs « donnent une chance à Lae’Zel » dans Baldur’s Gate III
Devora Wilde parle de la compagne githyanki Lae’Zel, de la complexité de la narration de Baldur’s Gate III et du conflit culturel avec les githyanki.

Baldur’s Gate III a surpassé les attentes et est devenu l’un des plus gros titres de 2023 pour le moment. La suite tant attendue de la série de RPG Donjons et Dragons continue son aventure sur la Côte des Épées de Faerûn dans et autour de la ville éponyme. Avec des histoires interconnectées, des personnages complexes et le destin du monde en péril, il y a beaucoup de choses à faire et de quoi occuper les joueurs pendant de nombreuses heures.
Baldur’s Gate III présente une panoplie d’acteurs de doublage impressionnante comme Jason Isaac (Harry Potter), Maggie Robertson (Resident Evil Village) ou encore Devora Wilde, cette dernière doublant la fière guerrière githyanki Lae’Zel. Ce personnage dénote des autres compagnons de Baldur’s Gate III non seulement de par sa race mais également de par son approche pour résoudre les problèmes auxquels elle fait face. Cependant, sous les extérieurs bruts de Lae’Zel, il est possible de découvrir l’un des personnages les plus nuancés du jeu, ce qui peut aboutir à une romance des plus touchantes.
Screen Rant a pu discuter avec Devora Wilde à propos de la culture githyanki, de la complexité de Baldur’s Gate III et des réactions positives des fans concernant son « petit lézard vert ».
Screen Rant : Félicitations pour le succès de Baldur’s Gate 3.
Devora Wilde : Merci. Merci. C’est de la folie, particulièrement maintenant avec le lancement de la version PS5. J’ai l’impression que nous avons touché toute une nouvelle frange de joueurs. Tout un nouveau monde qui attend de pouvoir y jouer sur la PlayStation.
Aviez-vous idée que Baldur’s Gate 3 serait si massif lorsque vous avez commencé à travailler dessus ?
Devora Wilde : Oh que non. Comme je ne connaissais pas trop l’univers, je ne connaissais pas grand-chose au jeu. J’ai donc été assez submergée dans le bon sens lorsqu’il est sorti. Les réactions ont été très positives. Je ne savais définitivement pas qu’elles seraient ainsi en 2019, je ne pouvais pas l’imaginer. Même lorsqu’on m’a dit comment était le jeu, je me suis dit « cool ». Parce que je ne savais pas, je ne suis pas joueuse. Je ne savais rien des deux premiers Baldur’s Gate et honnêtement, ça a été pour le mieux. Parce que si j’avais eu vent de l’influence de la licence, de la quantité de ses fans et de leur passion pour les personnages, je pense que j’aurais été bien plus intimidée à l’idée de travailler dessus.
Ce n’est pas la première fois que vous donnez de la voix dans le jeu-vidéo : avez-vous déjà travailler sur quelque chose s’approchant de la complexité de Baldur’s Gate 3 par le passé ?
Devora Wilde : Non, je ne pense pas. Oui, j’ai déjà joué dans quelques jeux-vidéo dans mes quatre années à donner de la voix. Mais Baldur’s Gate a été la constante pendant ces années parce que c’est le tout premier projet de jeu-vidéo sur lequel j’ai été engagée. Et en termes d’options de dialogue, de fins, d’arcs traversés par les personnages, ça a certainement été le plus complexe. Je pense que la plupart des jeux dans lesquels j’ai joué, les personnages avaient une évolution assez linéaire alors pour celui-ci, évidemment, avoir la possibilité d’avoir des conclusions différentes est quelque chose de vraiment incroyable. Et c’est également très amusant à jouer en tant qu’actrice parce que vous ne pouvez pas vraiment avoir cette occasion dans un autre médium, en tout cas certainement pas dans des films ou à la TV.

Lae’Zel est très différente de vous également. Elle est littéralement une alien.
Devora Wilde : [Rires] Ah oui, vraiment ? C’est vrai, oui. [Rires]
Aviez-vous une méthode particulière pour vous remettre dans la peau du personnage pendant vos sessions d’enregistrement ? Particulièrement lorsque l’on considère que l’enregistrement a duré dans le temps.
Devora Wilde : Vous savez, je pense que c’est parce que nous avons enregistré pendant si longtemps et aussi souvent qu’il était rare qu’un mois passe sans que nous soyons dans le studio. Elle a graduellement pris possession de mon corps et de ma tête et je pouvais littéralement regarder l’écran, prendre ma pose Lae’Zel et être dans le personnage. Prendre cette voix grave [prend la voix de Lae’Zel] cette voix grave de guerrière, m’aide beaucoup et évidemment il y a aussi ses mouvements, ses postures : tout ça m’a aidée à rentrer dans le personnage. Mais je pense aussi que lorsqu’on le fait pendant si longtemps et avec une telle régularité il est assez facile de retourner dans l’ambiance. Même si elle est très différente et que ses mouvements sont à l’opposé des miens, elle est essentiellement une extension de moi-même.
Avez-vous réalisé des captures de visage ou des captures de mouvements ? Est-ce de là que vient la posture de Lae’Zel ?
Devora Wilde : Pas pour le visage : nous avons seulement réalisé des captures de mouvements. Oui, oui, c’est de là que viennent toutes les poses. Et maintenant je reçois des commentaires de gens qui me disent que « je ressemble beaucoup à Lae’Zel » je réponds « oui, j’ai tout fait à part le visage ». Mais les gens ont désormais l’impression et cette idée que son visage ressemble effectivement au mien, même si je ne pense pas que les personnages ressemblent vraiment à nos visage. Mais ce que Larian a fait pendant que nous enregistrions, que nous étions devant le prompteur, c’est nous filmer pour voir ce que nous ferions, comment nos visages bougeraient naturellement dans telle out elle situation pour qu’ils puissent animer le personnage de la même façon. Alors je suppose que ça a peut-être un lien avec cette ressemblance.

Les visages en jeu et leurs mouvements sont incroyablement détaillés.
Devora Wilde : C’est dingue, pas vrai ? C’est très réaliste. J’ai l’impression de regarder un film ou une série plutôt qu’un jeu-vidéo. C’est vraiment incroyablement immersif. Très cinématographique, c’est certain.
Techniquement, Lae’Zel est classée comme d’alignement mauvais.
Devora Wilde : Ah bon ? [Rires] Et qui dit ça ?
Elle a été incluse dans Idle Champions et a été dotée d’un alignement : elle est classée comme loyal mauvais.
Devora Wilde : Oh. [Rires] Donc vous me dites que c’est officiel, c’est ça ?

Eh bien j’allais vous demander si vous aviez jamais laissé cette étiquette influencer votre performance ? Mais apparemment ce n’est pas le cas.
Devora Wilde : Non. Vous savez, ce n’est que maintenant que nous avons commencé à parler aux gens et faire des interviews que les gens me demandent si « j’ai déjà considéré Lae’Zel comme étant mauvaise, si c’était une méchante ». Mais en fait, lorsque nous avons commencé l’enregistrement il n’a jamais été mentionné qu’elle était un personnage méchant. Et je ne la vois certainement pas comme ça. Je pense qu’elle fait certes certaines choses assez douteuses et réagit de façon tout aussi douteuses à certaines situations, mais ce n’est qu’une réaction différente à celle d’autres personnages.
Mais je ne la vois pas comme mauvaise, bien que ça soit intéressant. Je n’ai jamais imaginé la chose. Je pense que lorsque vous jouez un personnage en tant qu’actrice vous résistez à l’envie de le juger parce que si vous le faites, vous vous retrouvez coincé dans une situation qui vous imposera tout de même d’adorer jouer le personnage et le connaître dans les moindres détails, avec toutes ses nuances. Alors je n’ai jamais pensé à elle de cette façon. Je me suis dit « ok, je joue une githyanki assez corrosive et pince-sans-rire et elle est très motivée à suivre sa propre voie pour laquelle elle serait prête à tout, ce qui peut se résumer à se débarrasser de son ver et je dirais que cette motivation est assez fascinante. Je pense que d’autres seraient plus du genre « oh ouais, j’ai vraiment envie de me débarrasser de ce truc mais regardez donc ! Un truc qui brille, allons voir de quoi il en retourne », alors que Lae’Zel dirait juste « non, nous n’avons pas le temps pour ça. Il faut avancer ». [Rires] Alors non, je ne la qualifierais définitivement pas de mauvaise.
Je pense que ça a à voir avec sa culture. Elle est très différente de celle d’autres personnages, ce qui crée une dynamique intéressante.
Devora Wilde : Oui, c’est certain. Je pense que la différence de culture est effectivement très importante. Je veux dire, elle a plusieurs lignes de dialogue dans lesquelles elle fait référence et parle de la façon dont sont élevés les enfants dans la culture githyanki. Et on se dit « eh ben, c’est vraiment dérangeant ». Et ça l’est, mais c’est tout ce qu’elle a jamais connu. Et pour elle c’est totalement normal, et c’est comme ça que les choses devraient être en ce qui la concerne. Alors oui, il y a sans doute un conflit culturel.
Quelles indications avez-vous eu sur Lae’Zel, si vous en avez eu ?
Devora Wilde : Je pense que j’ai eu une référence quant à son apparence ; j’ai eu une histoire courte sur son passé, pas quelque chose de très détaillé. Je ne savais pas grand-chose des githyanki, en fait quasiment rien du tout en tant que race ou de culture, ce dont nous parlons maintenant. Je ne savais vraiment rien au début. Tout ce que j’ai su, toutes les informations qui m’ont été données sont passées directement par l’écriture du personnage. Alors une fois que j’ai lu comment elle était construite, son honnêteté, son caractère difficile dans le bon sens du terme, je me suis dit que je connaissais ce genre de personnage, que je pouvais me le figurer. Mais au départ je me suis dit que c’était quelque chose de bien à elle avant de me rendre compte que ça concerne les githyanki au sens large.
C’est amusant, en fait : vous me rappelez un commentaire que j’ai lu un jour et qui disait quelque chose du genre « si vous connaissiez les githyanki, vous sauriez que Lae’Zel fait partie des plus gentils ». Et ma réaction a été de me dire « ouah. Ok, ouais ». [Rires] Ça en dit long, n’est-ce pas ?

Combien de vous-même avez-vous mis dans son développement en tant que personnage ? Est-elle restée la même pendant tout le temps d’enregistrement ?
Devora Wilde : Elle est restée assez constante au début, je dirais. Nous avons un peu expérimenté avec la voix et les mouvements. La voix n’est pas aussi grave et aussi râpeuse qu’elle l’était au début et elle est devenue ce qu’elle est aujourd’hui de façon assez naturelle, organique. Aussi, les mouvements ont commencé en étant très brusques et très étranges jusqu’au point où je pense que lorsque j’ai commencé les sessions, je ne pouvais pas continuer à secouer la tête pendant toute la durée potentielle des enregistrements pour le personnage. Ça va me faire du mal, à la longue. Mais lorsque nous avons eu des retours de l’équipe en charge des cinématiques nous disant que ça n’allait pas vraiment, nous avons un peu revu la copie. Le début a un peu été comme un jeu dans lequel le but est de trouver la note juste, un effort de groupe pour parvenir à un résultat convaincant pour les réalisateurs et tous les partis impliqués. Il fallait trouver ce qui serait idéal pour elle. Et une fois que nous avons touché cette note, nous n’avons que très peu changé jusqu’au résultat final.
Une chose intéressante cependant et que j’ignorais totalement, et que je pense tout le monde ignorait également exceptés les développeurs, c’était la trajectoire du personnage. Alors à chaque fois que j’arrivais pour une sessions, je recevais le script bien sûr mais je ne savais pas quelles scènes nous allions faire où lesquelles avaient été ajoutées pour faire progresser le personnage, pour le faire évoluer. Alors je me disais « ah bon, Lae’Zel fait ce genre de chose ? Ok ». Et c’est très intéressant d’un point de vue d’actrice parce que ça signifiait que j’étais réellement dans l’instant, que je ne pouvais jouer que ce qui m’était donné sur le moment. Je ne savais pas où allait finir le personnage. Alors c’est vraiment excitant de ne pas avoir tout le script, en quelque sorte, parce qu’il y a parfois la tentation, lorsque vous savez quelle est la conclusion d’un développement de personnage, de commencer à le jouer d’une certaine façon pour le pousser à aller dans cette direction, ce qui retire une certaine authenticité. Alors dans ce cas je n’avais aucun moyen de le faire, ce qui rend le tout assez bien et naturel.
Avez-vous des scènes particulières de Lae’Zel que vous considérez comme vos favorites ?
Devora Wilde : Oui. Toutes les scènes dans lesquelles elle envoie des taquets à Ombrecœur ou est juste super cassante avec les autres : j’adore ça. Les commentaires secs sont vraiment… je les adore. Il y a des scènes… je n’ai pas envie de tout dévoiler, mais je vais donner quelques indices. Il y a des scènes au cirque, des moments très légers. [Rires] Il y a des scènes au cirque qui m’ont vraiment mise par terre, je mourais de rire parce que c’est vraiment drôle. C’est fait pour être léger, et Lae’Zel est juste « mais bordel, on avance ! Qu’est-ce qu’on fout ici, enfin ? Allez ! ».
Et ensuite il y a la classique scène de surprise que je ne vais pas dévoiler plus parce que certaines personnes ne l’ont pas encore vue, mais c’est l’une de mes favorites. Parce qu’elle montre un côté totalement différent de Lae’Zel, et ça a été un vrai plaisir que d’enregistrer ça.
C’est un personnage assez brusque, mais elle est presque devenue le visage de Baldur’s Gate 3. Est-ce que cela vous surprend qu’elle soit devenue un genre de mascotte ?
Devora Wilde : [Rires] La petite mascotte verte ? Je ne sais pas si je la considérerais comme le visage de Baldur’s Gate 3. J’ai le sentiment que nous sommes tous en quelque sorte impliqués sur les réseaux sociaux et je pense que c’est pour ça que vous avez peut-être plus vu Lae’Zel que d’autres personnages. [Rires] C’est ma faute, c’est juste à cause de moi.
Mais ce que j’aime beaucoup c’est que grâce aux réseaux sociaux aujourd’hui, les gens qui l’ont abandonnée au début en la considérant comme un personnage brusque et concentrée sur elle et son objectif, ce qui est un peu vrai pour être honnête, peuvent maintenant se dire « bon, j’ai vu toutes ces scènes de making of, j’ai vu ce que vous avez fait sur TikTok et tout ça, alors je pense que je peux lui donner une chance ». Et je trouve ça vraiment très cool. Je pense que la plupart des gens lui donnent sa chance et d’autres qui le font contre vents et marées, qui font contre mauvaise fortune bon cœur et se voient récompensés à la fin. Et j’aime ça. J’adore ma petite Lae’Zel verte. Je l’appelle mon petit lézard vert même si ce n’est pas un lézard.

Avez-vous été surprise par la réaction des fans envers elle ?
Devora Wilde : J’ai été surprise par la quantité de fans. Et la passion avec laquelle les gens jouent au jeu. Et à quel point ils l’ont attendu, ce qui est incroyable parce que le jeu est sorti en accès anticipé en 2020, ce qui a suscité des réactions, mais pas autant. À l’époque, je me suis dit que le jeu avait eu un succès relatif, que les gens avaient hâte d’y jouer. Mais avec la sortie définitive, les réactions ont été un raz-de-marée, ce qui est incroyable.
Alors j’ai été surprise oui, parce qu’encore une fois, je n’avais aucun contexte quant au jeu, son monde et la quantité de gens qui y jouaient et l’aimaient. Et c’est une belle surprise, et j’en parlais avec Jen English (Ombrecœur) en nous disant que c’était incroyable que parmi tous ces fans, il n’y ait eu aucun problème, rien de déplacé, que nous reçu 99% d’amour. Et c’est vraiment une chance.
Enfin, pour conclure, en ayant travaillé avec Lae’Zel pendant si longtemps elle doit avoir maintenant une place spéciale dans votre cœur. Est-ce que vous voudriez partager quelque chose à son propos ? Quelque chose que vous appréciez particulièrement et que les gens pourraient ne pas savoir ?
Devora Wilde : Écoutez, j’ai copyrighté cette petite expression depuis le début de l’une de mes interviews avec Jen en Juillet : « donnez une chance au lézard vert ». Et ça restera mon slogan pour toujours. Alors donnez une chance au lézard vert. Je pense qu’elle pourrait vous surprendre et vous fasciner. Si vous pouvez passer outre ces extérieurs un peu bruts, vous verrez qu’il y a des choses à découvrir. Elle a une évolution et un arc incroyable et de bien des façons elle est intéressante à découvrir parce que vous devez vraiment faire l’effort de persévérer pour arriver au plaisir. Alors c’est je dirais encore plus satisfaisant parce qu’il faut creuser et une fois que c’est votre amie, elle devient très loyale. Loyale pour la vie. Donnez une chance au lézard vert.
L’interview originale est disponible ici.


![Baldur's Gate affiche 23[1] Baldur's Gate affiche 23](https://www.rpgjeuxvideo.com/wp-content/uploads/2020/10/4TVPhiqAe1fv0DwFhdiFIg1-1068x601.jpeg)
Merci pour cette trad particulièrement intéressante.
Toujours un plaisir, j’ai également aussi trouvé intéressant l’angle et la personne, du coup autant en faire profiter tout le monde !
Merci ! C’était une interview très agréable à lire !
La place des comédiens de doublage n’est pas assez mise en avant habituellement, et ça fait plaisir qu’ils soient aussi mis en lumière pour leur boulot de dingue sur BG3 😉
C’est aussi la réflexion que je me suis fait. De mon côté j’ai toujours l’habitude de m’intéresser un peu aux voix et aux acteurs, mais voir tous les trucs qu’ils font sur Youtube et les réseaux sociaux m’a vraiment surpris.
Comme quoi, BG3 aura vraiment fait beaucoup pour plein de choses différentes