Connaissez-vous KnightShift ? Sorti en 2004, ce jeu très inspiré de Warcraft 3 se concentre sur la construction de bâtiments et la production d’unités. Il tente néanmoins de se démarquer en introduisant des éléments de jeu de rôle. Très peu connu, je vais vous le faire découvrir.
Un peu de contexte
Avant de parler de l’intrigue et des mécaniques du jeu, il est intéressant de revenir sur ses origines. Également connu sous le titre Once Upon a Knight dans certains pays, il est la suite de Polanie, sorti en 1996. Développé en Pologne, d’où son nom, ce dernier était un jeu de stratégie en temps réel proche de Warcraft, mais proposait déjà quelques particularités, notamment l’utilisation de sorts. Une vidéo en anglais détaille ce premier opus.
Après la sortie de KnightShift, les développeurs du studio Reality Pump ont commencé à travailler sur un nouvel épisode intitulé KnightShift 2 – Curse of Souls. Le projet a toutefois tellement évolué au cours de son développement qu’il a fini par devenir un jeu totalement différent : Two Worlds, sorti en 2007.
Mon nom est John, prince John
Se déroulant dans un univers de fantasy classique et très coloré, nous suivons le prince John au cours de trois campagnes.Dans la première, il doit reconquérir son trône, usurpé par l’horrible Ignomignus. Cette campagne sert principalement à présenter les mécaniques de base du jeu, notamment la construction et la gestion d’une base ainsi que le contrôle des différentes unités.La deuxième aventure envoie le prince au secours de sa bien-aimée, qui a été enlevée. Elle introduit des unités plus avancées et propose des batailles plus difficiles, qui mettent davantage notre sens de la stratégie et notre capacité d’adaptation à l’épreuve. La dernière est particulièrement ardue et encourage à être imaginatif.La dernière campagne, en revanche, n’apporte presque aucune nouveauté. Cette quête visant à terrasser un dragon se concentre davantage sur le contrôle d’un petit groupe de personnages, chargé de traverser plusieurs cartes. Certaines séquences prennent même la forme de parcours remplis de pièges mortels.
Avec tout cela, on pourrait penser que le scénario et le jeu se prennent au sérieux. Pourtant, ce n’est absolument pas le cas : l’écriture regorge d’humour, tout comme les doublages français, qui constituent l’un des points forts du titre ! Les comédiens offrent des voix de qualité, accompagnées d’accents et d’intonations particulièrement réussis. Elles donnent aux personnages une véritable identité !




Le lait, le nerf de la guerre
Contrairement à de nombreux jeux de stratégie, KnightShift ne propose qu’une seule ressource : le lait. Pour en produire, il faut élever des vaches, les envoyer brouter de l’herbe, puis les conduire jusqu’à une étable afin qu’elles soient traites.
Pour accélérer la production, il peut être judicieux de créer des garçons vachers. Ceux-ci ne sont pas des combattants : leur rôle consiste à accélérer les déplacements des bovins ainsi que les différentes actions liées à la production du lait.
En combattant, nos troupes gagnent de l’expérience et montent en niveau. Cela augmente leur santé, leurs dégâts et leur armure. De l’équipement peut également être trouvé un peu partout. Un personnage s’en équipera automatiquement s’il est meilleur que celui qu’il porte déjà.








Le mode « JDR »
Outre les campagnes et les classiques escarmouches, ce mode inédit propose une aventure supplémentaire répartie sur huit chapitres. Abandonnant complètement tout ce qui touche au jeu de stratégie, il lorgne du côté des hack and slash comme Diablo.
Après avoir sélectionné un archétype, nous prenons le contrôle d’un nouveau héros chargé de sauver le grand prêtre Gallus. Il sera accompagné par l’assistant de ce dernier, un démon nommé Kolbek.
Des quêtes secondaires permettent également de gagner de l’expérience et diverses récompenses. Cependant, celles-ci sont générées aléatoirement et finissent rapidement par se répéter, ce qui donne malheureusement à l’ensemble un aspect très artificiel !
Contrairement à l’aventure principale, nous disposons ici d’un inventaire ainsi que d’une feuille de personnage permettant de répartir les points d’attribut gagnés à chaque montée de niveau.
C’est un ajout bienvenu, mais hélas très limité ! Il n’y a aucune compétence à débloquer et le gameplay se résume essentiellement à frapper tout ce qui bouge grâce à l’attaque automatique. La réapparition des créatures pose également un gros problème : il n’est jamais agréable de se faire attaquer par trois monstres que l’on venait de tuer une minute plus tôt simplement parce que l’on a reculé !
Le sixième chapitre est particulièrement pénible à cause de son arène, qui ne semble pas avoir été pensée pour ce système de combat. Avec un personnage spécialisé dans les attaques à distance, les affrontements deviennent très tendus et frustrants ! Le combat final du huitième chapitre est lui aussi corsé. Heureusement, il est possible de poser des pièges afin d’infliger de lourds dégâts !








Que retenir ?
KnightShift propose de bonnes idées. Ses trois aventures principales lui assurent une durée de vie satisfaisante. Quant au mode « JDR », il se termine en une douzaine d’heures.
Le manque de possibilités se fait toutefois rapidement sentir. Comme dans de nombreux jeux de stratégie en temps réel, lorsqu’il faut établir une base, on passe généralement la première partie de la mission à se retrancher afin de développer son économie et de lever une grande armée, avant de balayer le camp adverse.
Quelques situations permettent néanmoins de ruser afin de faciliter une offensive. Il est notamment possible d’exploiter les faiblesses de l’IA en attaquant un point avec quelques unités à distance placées derrière des obstacles naturels, comme des arbres ou une colline. Elles attireront alors une grande partie des troupes ennemies, qui ne sauront plus comment réagir.
Où se le procurer ?
Disponible sur gog.com et Steam.
Attention : les versions proposées ont vu leur bande-son modifiée. Il ne s’agit donc plus des musiques originales ! Pour les retrouver, c’est très simple : rendez-vous ici. Il suffit de remplacer le fichier « Music.wd » situé dans le dossier « WDFiles » du jeu !
Captures d’écran réalisées par Moi-même.

