Présenté dans nos colonnes le 10 août dernier, Dungeons of Edera a titillé notre curiosité en regardant la vidéo et on s’est empressé de demander des clés à l’auteur pour le tester avant sa sortie le 28 août prochain. Emra vous propose donc une vidéo et moi, je vous propose un aperçu. Deux bons moyens de voir si le jeu peut vous plaire, parce que personnellement s’il m’a emballé, il comporte des caractéristiques qui peuvent être rédhibitoires pour certains. Explications.

Lorsque vous lancez le jeu, vous avez deux possibilités : soit jouer la campagne, soit partir à l’aventure dans un donjon infini. Dans ce second cas, le fonctionnement est simple : vous arrivez dans un donjon généré procéduralement que vous devez parcourir et tuer tout ce qui s’y trouve jusqu’à trouver le boss de “fin de niveau” et le terrasser pour passer dans un nouveau donjon aléatoire. Le loot est votre seul récompense, ainsi que les points d’expérience qui vous permettront au passage de niveau de débloquer un talent (tir à l’arc, magie, arme à deux mains, crochetage ….). Pour faire simple, cette aventure se joue comme un roguelike avec lors du décès de votre héros l’obligation de recommencer à zéro.

Donc, ce mode, bien qu’intéressant pour un public aimant les dungeon crawler roguelike, reste limité, avec une visite de niveaux redondants car les différentes portions les composant ne sont pas assez nombreuses. Rédhibitoire pour certains, j’ai apprécié ce mode de jeu. Mais on va surtout approfondir le mode “campagne”.

Campagne à défaut de champagne !

Dans ce mode, vous passez par un tutoriel qui va vous permettre de prendre en main le jeu. Et on s’aperçoit rapidement que Dungeon of Edera n’est pas un simple roguelike ou dungeon crawler et on sent le potentiel. Avec un système de combat parfait, j’y reviendrai un peu plus bas, avec la possibilité d’un système de dialogues plus élaboré que de simple monologue, avec un niveau ouvert et gigantesque, avec une carte jolie et détaillée, et un loot avec différents degrés de rareté, on est plus avec un action-RPG qu’un roguelike : Plus proche d’un Gothic en plus rapide, ou encore d’ un Kingdom of Amalur. Le jeu est joli, ne fait pas du tout amateur graphiquement, et surtout il y a beaucoup de détails. Les maisons sont richement décorées et même si seulement quelques tonneaux sont destructibles, on apprécie le souci du détail et on rêverait de tout casser. Dans ce tutoriel (on vous laisse voir la vidéo d’Emraziel s’y dessous pour le détail de l’histoire), on traverse de longues étendues boisées et un village, on découpe quelques têtes de vilains et on prend des nouvelles de sa famille et on finit par un affrontement contre un boss.

On se retrouve à créer son avatar en le personnalisant physiquement pour ensuite se retrouver dans un campement occupé par quelques PNJ bien dans la misère. L’un d’eux permet d’acheter et de vendre du matériel, l’autre de vous donner des missions, avec des quêtes Fedex pour vous enrichir.

A partir du moment ou vous acceptez la quête, vous êtes téléporté dans un niveau généré aléatoirement dans lequel vous devrez réussir le ou les objectifs fixés. Pour l’instant, j’ai découvert quelques environnements différents souvent très grands avec des éléments redondants. Ils manquent de variété car ils se montrent bien vides d’interaction, mais on est jamais à l’étroit. On trouve ainsi une arène boisée avec quelques habitations complètement vides si ce n’est des coffres, une grotte avec ses salves de couloirs étriqués et quelques pièges de lames tournantes que les ennemis subissent aussi, un donjon dans un château avec ses pièges de piques et des vestiges de château.

Vous effectuez donc vos quêtes en choisissant le mode de difficulté, qui se résume à du découpage en bonne et du forme. Vous pouvez dès que vous avez fini la mission (rapporter des choses, tuer X créatures spécifiques, sauver quelqu’un) vous téléporter dans votre campement dans lequel vous pourrez recevoir votre récompense et redemander une nouvelle quête après avoir vendu vos équipements inutiles.

Le loot est riche et abondant et vous avez un équipement complet possible pour votre héros : casque, tronc, jambière, 4 anneaux, amulette, gants, et bien sûr, deux packs d’armes : l’un au contact, l’autre à distance. Les équipements ont différents niveaux de rareté (normal, magique, rare, épique …) comme dans un hack’n slash. De plus, chaque objet enfilé est visible en temps réel sur votre avatar. C’est dire le goût du détail du développeur. A noter que si vous êtes trop chargé, vous ne pourrez plus bouger, il vous faudra donc faire du tri.

Le B-A-BA du combat

S’il y a bien un point qui m’a particulièrement enchanté dans le jeu, c’est son système de combat très nerveux et efficace. Tout d’abord il est possible de frapper “normalement” ou “fort” avec le bouton droit de la souris. Ensuite, avec le bouton gauche, vous pouvez vous protéger via votre bouclier (ou n’importe quelle arme, mais seul le bouclier est efficace à 100%) contre les coups des principaux ennemis. Forcément, cela ne marchera pas face à des boss qui utilisent des coups spéciaux. Il vous est possible de fixer avec la touche “Tab” une cible de manière à ce que votre personnage en vue à la troisième personne (en appuyant sur la touche B, vous aurez une vue soit avec votre personnage à gauche, soit à droite ou une vue à la première personne qui ne m’a pas convaincu). Il vous est aussi possible de faire des roulades, de sauter ou encore d’utiliser vos sorts ou coups spéciaux avec une affolante efficacité.

Dans tous les cas, les attaques et les parades vous coûtent du stamina, qui épuisé, oblige votre personnage à attendre qu’il se recharge. Il s’agira donc de veiller à ne pas l’épuiser, même si, si vous n’appuyez pas comme un épileptique, remonte rapidement. Il n’y a pas de temps mort, et c’est tellement fluide…

Le rythme des combats est donc sacrément efficace et jouissif. Pour le moment, je n’ai pas trouvé le jeu très difficile, parce qu’il n’y a pas franchement d’IA ennemie (moi vois, moi fonce), si ce n’est face au boss de niveau. Sachant que l’on peut l’éviter, si on n’a pas envie de l’affronter, car les quêtes de la campagne ne nous oblige pas forcément à le faire, le jeu est une promenade de santé pour le moment. Mais le battre, c’est gagner une orbe magique avec bonus, alors pourquoi attendre !

Vous gagnez de l’expérience, donc vous gagnez des niveaux. Vous choisirez des talents dont certains ne sont débloquables que si vous avez le bon instructeur à disposition. Il est dommage qu’il n’y ait pas possibilité d’utiliser un minimum certaines armes, comme l’arc, sans avoir un formateur, mais c’est un choix. Il y a ainsi 4 catégories de talents qui se débloqueront aussi à différents niveaux de votre personnage.

La mort vous amènera à deux possibilités : soit la résurrection avec la perte d’un certain nombre d’équipement, soit la mort et la création d’un nouveau personnage. Vous gardez tout de même l’argent récupéré et votre évolution dans le jeu…. Car sachez qu’après le campement, vous aurez accès à la ville et plus d’interactivités. Seul le premier chapitre du jeu est accessible durant cet accès anticipé, et on verra ce que nous proposeront les deux suivants avec deux nouvelles factions. Alors c’est sur que pour l’instant les missions basiques redondantes ne plairont pas à tous, mais personnellement j’aime ce style de jeu.

Quant à la musique et aux voix, c’est plutôt bien fait. On grognera sur les bugs de collision qui peuvent vous faire perdre votre personnage de vue, et donc le voir mourir, ces quelques freezes qui vous pénalise durant l’affrontement, mais on n’en dira pas plus, c’est une version anticipée.

Personnellement, j’ai été agréablement surpris par les qualités de Dungeons of Edera qui pourrait aller au delà d’un simple roguelike dungeon crawler. Avec son système de combats fluide, ses jolis graphismes, ses possibilités, on a hâte de voir dans quelle direction le développeur va aller. En tout cas, si vous ne craignez pas son fonctionnement actuel (quête, donjon, village), vous pourriez être attiré vous aussi par ce petit bijou. Maintenant reste que le hardcore, les quêtes Fedex, l’IA aux fraises, les arènes “donjon aléatoires” un peu vides pourront en faire reculer plus d’un, j’en ai bien conscience. Mais Dungeons of Edera est en accès anticipé et a du potentiel car on s’y projette facilement. Voyons voir s’il fera un critique par la suite. Soit un échec, soit une réussite !