Les Royaumes Hérétiques

Captures d'écran réalisées par Moi-même.

Avez-vous déjà entendu parler de Kult : Heretic Kingdoms et de Shadows : Awakening ? Ces deux jeux assez méconnus méritent pourtant qu’on s’y attarde. À travers cet article, je vais essayer de vous les faire découvrir, en espérant vous donner envie d’y jouer. Chacun d’eux propose une expérience différente, avec ses propres mécaniques, son ambiance et ses idées de gameplay.

Un monde où Dieu a été tué

Dans cet univers, un homme du nom d’Arkor, armé d’une arme légendaire appelée le “Déicide”, a éliminé le Dieu de la Terre. N’ayant pas survécu au combat, son épée fut entreposée dans un reliquaire, à l’abri de la convoitise, où seuls ses descendants pouvaient s’en emparer sans périr. Le temps passa, puis Taryn Arkor réussit à s’en emparer après des complots et des trahisons, instaurant une tyrannie théocratique. Pendant des siècles, il régna grâce aux pouvoirs de l’arme, mais finit par être trahi et assassiné.

KULT HERETIC KINGDOMS INQUISITION IMAGE | RPG Jeuxvidéo

Heretic Kingdoms : The Inquisition (aussi connu sous le nom de Kult)

Sorti en octobre 2004, le joueur incarne une jeune femme membre de l’Inquisition, une organisation dont le seul but est de détruire chaque mouvement religieux et chaque relique. « La religion c’est la mort » est leur crédo. Le souvenir du Théocrate est encore vif, et c’est avec cette idée en tête que la protagoniste et son mentor arrivent dans un monastère dans la région du Corwenth pour réaliser leur but ultime : détruire le “Déicide”, afin que jamais plus une théocratie ne voie le jour. La particularité de l’héroïne est d’être née avec la marque du Dieu Défunt : la « Macula », une cicatrice vers son œil, un don puissant qui ne demande qu’à s’exprimer : le pouvoir des mages.

Montrer plutôt que dire !

Il n’y a aucun doublage, à l’exception de celui du narrateur, qui commente et raconte l’histoire à travers de belles illustrations. On peut critiquer ce choix, mais il permet de renforcer la narration en lui donnant un côté “intime” et “solennel”.

Et plus si affinités…

En débutant une partie, il faut créer son personnage. Celui-ci ne possède que quatre disciplines. Les points d’avancement gagnés permettent de les améliorer, allant de la lettre F pour une discipline non développée à S lorsqu’on la maîtrise totalement.

L’originalité vient du fait que, si l’on utilise un équipement : arme, armure, anneau, etc. pendant un certain temps, on développe une affinité qui peut ensuite être équipée via un menu. Cela permet de développer son style de façon très simple, organique et cohérente.

On est faible au début, mais plus on monte de niveau, plus on devient une machine de guerre. Certains bonus débloqués sont très utiles. Par exemple, si l’on se concentre sur le combat à distance, on peut débloquer une affinité permettant d’infliger une paralysie avec les coups critiques. Combinée à une chance accrue d’en infliger, elle trivialise une bonne partie de la fin du jeu.

Les affrontements se déroulent en temps réel. On se déplace avec le bouton gauche de la souris, tandis que le bouton droit sert à attaquer.

L’autre particularité est que le monde de Kult est divisé en deux dimensions : le monde “normal » et le Royaume des Songes. C’est dans ce dernier que résident les esprits, et certains ennemis disparaissent ou apparaissent selon la sphère dans laquelle on se trouve. Cela apporte un peu de stratégie, surtout en début d’aventure, où la mort peut vite frapper, notamment quand on est sous-équipé.

Pour qui est ce jeu ?

Il s’adresse avant tout aux joueurs qui aiment le rétro. Aujourd’hui, il a vieilli. Il peut paraître archaïque et austère, mais il garde un charme certain.

Il est disponible sur Gog et Steam, et un test est disponible.

SHADOWS AWAKENING IMAGE | RPG Jeuxvidéo

Shadows Awakening

Sorti en août 2018, dans cette suite se déroulant une vingtaine d’années après The Inquisition, nous incarnons un démon invoqué, le Dévoreur. Cette créature a la capacité de s’emparer des âmes suffisamment « fortes » pour s’en servir.

Une narration plus « classique »…

Tout le monde est doublé, et il n’y a plus d’illustrations pour narrer les moments importants. C’est un choix compréhensible, mais regrettable. On revient à des dialogues plus traditionnels et bavards. Pour les “entrées” dans les nouvelles régions, c’est notre allié qui joue le rôle de narrateur.

Même si, au début, on ne peut choisir qu’un humain, le jeu offre une grande rejouabilité : chaque personnage possède une histoire unique, intégrée à la quête principale, avec ses propres dialogues et interactions.

Le Dévoreur, maître marionnettiste !

L’originalité de cet opus est que le démon que l’on incarne doit se servir d’autres personnages jouables pour combattre et interagir avec le monde matériel. Le joueur contrôle le démon ainsi qu’un héros principal, puis il peut choisir deux autres personnages à intégrer à son groupe. Dès les premières minutes, on nous demande de choisir une incarnation physique parmi trois possibilités : Kalig, le guerrier, Evia, la mage et Jasker, l’archer. Au fur et à mesure de l’aventure, d’autres marionnettes viendront s’ajouter, mais on ne pourra pas toutes les avoir.

Pendant les batailles, toute la stratégie consiste à trouver une bonne synergie entre les différents membres du groupe. Pour cela, il faut souvent passer de l’un à l’autre à la volée, ce qui se fait instantanément. C’est une méthode très intéressante, puisque les bonus se transmettent entre les personnages.

Par exemple, Evia peut invoquer un bouclier de feu. On passe ensuite à un mage capable de lancer des soins, on utilise un sort, puis on prend enfin le contrôle d’un guerrier : celui-ci se retrouve alors protégé, en plus d’être soigné. On ne peut pas s’équiper de toutes les compétences, seulement trois peuvent être utilisées. Ce qui nous donne 12 à utiliser avec les quatre personnages.

Comme dans l’épisode précédent, il y a deux mondes à parcourir. Le Royaume des Songes a été remplacé par le Monde des Ombres. Ce changement est indiqué et expliqué dans le lore.

Des puzzles et des énigmes !

Il n’y a pas seulement des monstres et des bandits qui se dresseront sur notre route : il y a aussi un bon paquet d’énigmes, de puzzles et de pièges. Rien de très difficile cependant : les solutions sont simples, quand elles ne sont pas directement sous notre nez lorsqu’on passe dans le monde obscur. Ça peut aller de simples leviers à des mécanismes plus compliqués, qui demandent parfois une bonne synchronisation.

Pour qui est ce jeu ?

Beaucoup plus moderne, il s’adresse à tous les fans de RPG et s’inspire fortement de Diablo 3. Il a cependant quelques défauts, comme des allers-retours qui peuvent lasser, et certains casse-têtes pourraient rebuter. Heureusement, une partie d’entre eux n’est pas obligatoire.

Il est disponible sur Gog et Steam et on vous propose un test.

SHADOWS HERETIC KINGDOM IMAGE | RPG Jeuxvidéo

Le cas de Shadows Heretic Kingdoms

Pourquoi ne l’ai-je pas mentionné en introduction ?
Parce que c’est un titre particulier : il s’agit en fait de la véritable suite de Heretic Kingdoms : The Inquisition. Le jeu devait initialement se dérouler en « deux livres ». Le deuxième « livre » aurait dû être Awakening, mais les développeurs ont indiqué sur leur page Steam qu’ils allaient entièrement refaire Shadows : Heretic Kingdoms et y inclure directement la suite.

Aujourd’hui, cet épisode peut donc être vu comme « inutile ». Il n’y a que très peu de raisons d’y jouer : les skins et les graphismes sont différents, mais dans l’ensemble, c’est le même scénario, sauf qu’il s’arrête en plein milieu de façon frustrante, contrairement à Shadows : Awakening, qui conclut la saga.

Il est disponible sur Gog et Steam, et là encore un test est disponible.

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L'archiviste

Merci Thunker pour cet article sur cette série qui a eu peu de visibilité. Ta série d’articles que tu as commencée est très intéressante et permet de remettre en avant des titres oubliés.

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