Lionheart – Legacy of the Crusader, un RPG rétro uchronique original inspiré de Fallout

Captures d'écran réalisées par Moi-même.

Vous connaissez sans aucun doute la licence Fallout. Avant de devenir une série de jeux en 3D à la première personne, elle se composait de RPG en vue isométrique. Son système d’attributs et de compétences a plusieurs fois été repris pour créer des titres se déroulant bien souvent dans des univers post-apocalyptiques classiques. Ce n’est cependant pas le cas de Lionheart – Legacy of the Crusader, sorti en 2003 et développé édité Black Isle Studios. Les développeurs ont tenté une approche différente, et c’est pour cette raison que je vais vous le présenter.

Un monde où la magie s’est insinuée !

Le monde dans lequel nous entrons a connu les mêmes événements que le nôtre jusqu’à un point de basculement survenu en 1192, pendant la troisième croisade. Après la prise de la ville de Saint-Jean-d’Acre, Saladin ne put payer le tribut exigé par les croisés. Suivant les recommandations de l’un de ses plus proches conseillers, le roi Richard Cœur de Lion fit exécuter trois mille prisonniers.

Cet acte mûrement réfléchi, encouragé par celui qui fut plus tard surnommé « le Traître », constituait en réalité un ancien rituel nommé « la Déchirure ». Il permit aux démons et à toutes sortes de créatures de pénétrer dans notre plan de réalité.

Face à cette menace existentielle, les croisés et les armées du sultan Saladin unirent leurs forces pour les repousser. Ce fut une victoire en demi-teinte : le monde fut sauvé, mais irrémédiablement transformé.

L’aventure se déroule en 1588, en Espagne, sur fond de guerre entre ce pays et l’Angleterre. Le joueur incarne un descendant direct de Cœur de Lion. Son destin le mènera loin, car, comme le dit le narrateur dans l’introduction, il est la « pièce qui tourne »…

Le S.P.E.C.I.A.L. au XVIᵉ siècle !

Comme dans la célèbre série post-apocalyptique, il faut, lors de la création du personnage, répartir des points entre différents attributs : la force, la perception, l’endurance, le charisme, l’intelligence, l’agilité et la chance.

La principale différence vient de la possibilité de choisir parmi quatre races, chacune possédant ses propres forces et faiblesses : les Démons, dont certains peuvent se faire discrets et passer pour des « Puroms » ; les Bestioms, particulièrement adaptés aux guerriers ; les Humains, aussi appelés « Puroms », qui ne disposent d’aucune caractéristique raciale particulière ; et les Élémons, spécialisés dans l’utilisation des sorts.

Dans cet univers, les personnes touchées par la Déchirure sont mal considérées. Il en résulte des interactions souvent teintées de haine, de méfiance et de peur.

Il faut également choisir un esprit qui nous accompagnera tout au long de notre voyage. Chacun d’eux octroie un bonus dans un domaine de magie particulier. Ce bonus n’est toutefois pas très significatif, mais chaque esprit possède une personnalité unique.

Se spécialiser, la clé de la réussite !

Pour survivre aux nombreux adversaires que vous ne manquerez pas de rencontrer, il est important de choisir une orientation le plus tôt possible. Faut-il se concentrer sur les sorts, le combat au corps à corps ou les attaques à distance ?

Il existe trois types de magie : la magie divine, principalement axée sur la protection et les bonus ; la magie spirituelle, qui permet notamment de lancer des boules de feu, des éclairs ou des projectiles de glace ; et enfin la magie tribale. Cette dernière est probablement la plus intéressante, puisqu’elle se concentre sur le contrôle des foules, l’invocation d’alliés et le renforcement du héros.

Barcelone, un début prometteur qui ne dure pas…

Après s’être évadé des cellules des esclavagistes, le protagoniste doit, sur les conseils de Léonard de Vinci, s’allier à l’une des trois factions majeures : les Templiers, l’Inquisition ou les Détenteurs.

Les dix premières heures de jeu sont principalement consacrées à l’exploration et à la résolution de quêtes. Cette première partie offre tout ce que l’on attend d’un RPG ; des dialogues, quelques choix, qui n’ont malheureusement aucune incidence, et la possibilité de résoudre certains conflits grâce à la persuasion.

Hélas ! Lorsque l’on quitte la ville et ses environs, le jeu passe davantage en mode « extermination » : on commence alors à enchaîner plusieurs donjons sans grande subtilité. Quelques passages sauvent encore le titre, notamment lorsqu’il permet d’éviter certains combats par le dialogue, mais on reste bien loin de la liberté offerte au début de l’aventure !

Contrairement aux premiers Fallout, les combats se déroulent en temps réel : il n’y a pas de système au tour par tour. Il est regrettable que les personnages spécialisés dans le corps à corps ne disposent pas de mouvements ou de capacités spécifiques. On se contente simplement de frapper, avec parfois la possibilité de mettre l’ennemi à terre ou de l’étourdir. Il est également dommage que l’on ne puisse pas combattre avec deux armes à la fois et que l’équipement se limite aux épées, aux masses, aux marteaux de guerre, aux arcs et aux arbalètes. Où sont les armes à poudre, ou simplement quelque chose de plus imaginatif ?

Il est également possible de « viser » une partie précise du corps de nos adversaires grâce à un petit menu, et même de régler la précision de nos attaques. Ce système aurait toutefois mérité d’être davantage approfondi, en permettant, par exemple, de désarmer les ennemis ou de les handicaper.

Que retenir ?

Les premières heures de Lionheart: Legacy of the Crusader offrent une expérience convaincante, avec tout ce qui fait le sel d’un bon RPG : des rencontres, des solutions alternatives et la construction progressive d’un univers intéressant. L’ensemble bénéficie également d’une durée de vie honnête, d’environ vingt heures.

Ce tableau idyllique commence toutefois à se fissurer lorsque l’intrigue nous entraîne vers de nouvelles régions. Une fois le deuxième village dépassé, le titre sombre dans une surenchère d’affrontements et de lieux cloisonnés. Les dernières heures peuvent même devenir pénibles ! Il faut également signaler quelques problèmes de pathfinding, ainsi que des textes parfois coupés dans les descriptions.

Où se le procurer ?

Il est disponible sur gog.com et Steam.

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L'archiviste

Purée cela ne me rajeunit pas là ! Merci Thunker, pour ce clin d’oeil nostalgique. Faut vraiment que je trouve du temps pour jouer. Ce jeu était super à l’époque mais tellement déséquilibré et buggué a son lancement.

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