Avez-vous déjà entendu parler de cette licence ? Développé par deux personnes avec leur studio Analgesic Productions, le premier épisode est sorti en mars 2013. Je n’y ai pas joué pour une raison toute simple : il n’y avait pas de traduction française. Ce qui n’est pas le cas de cette suite autofinancée. Anodyne 2 – Return to Dust est arrivé sur le marché en août 2019. Dans ce test, nous allons voir ce qu’il vaut réellement.
Une direction artistique rétro, épurée et surréaliste
Dès les premières secondes, le ton est donné : ses graphismes en low poly évoquent immédiatement les jeux de la fin des années 1990. Au lieu de se contenter de copier ce style, les développeurs ont réussi à se l’approprier pour concevoir des environnements agréables à l’œil, qui évoquent parfois de véritables tableaux surréalistes.




Que serait un univers sans ses personnages ? C’est précisément sur ce point que l’apparence des PNJ permet à cet opus de se démarquer. On pourrait s’attendre à des figures relativement banales, mais c’est tout le contraire. Anodyne 2 déjoue ces attentes en présentant des êtres grotesques. Ceux-ci ne provoquent pas un malaise immédiat, comme pourrait le faire une œuvre horrifique ; ils renforcent plutôt la dimension onirique de l’aventure.



Une histoire philosophique
L’écriture constitue, à mes yeux, la plus grande force de cet épisode. Nous incarnons Nova, une Nanonettoyeuse capable de se réduire à l’échelle microscopique, voire nanoscopique. Sous l’autorité du Centre, qui se présente comme bienveillant, elle est chargée de débarrasser l’île de la Nouvelle Latterre de la Nanopoussière, une substance qui corrompt le monde. Pour accomplir cette mission, elle doit purifier les personnages contaminés en pénétrant dans une représentation de leur psyché.
Au premier abord, l’intrigue peut sembler simple, voire enfantine. Pourtant, derrière cet univers teinté d’absurde, elle révèle rapidement une dimension plus profonde et mélancolique. Au fil de l’aventure, le propos gagne en subtilité. Derrière son apparente douceur, le jeu soulève de nombreuses questions et invite à réfléchir à des thèmes tels que l’identité, le libre arbitre, le sens de la vie, la mort ou encore le rapport à la souffrance. Le résultat est étonnamment riche, au point d’offrir à la narration plusieurs niveaux de lecture.









Des approches de gameplay variées
L’une des forces de ce jeu réside dans sa capacité à surprendre et à se renouveler. La jouabilité peut être divisée en deux grandes parties.
La première se déroule en 3D, à la troisième personne. Il n’y a ni danger ni combat : cette phase sert principalement à explorer le monde, à découvrir ses secrets et à discuter avec les PNJ.




La seconde phase intervient lorsque Nova doit purifier un personnage : le jeu change complètement de registre et bascule vers une vue en 2D à l’esthétique rétro, le tout accompagné d’une bande-son assortie. La caméra et les transitions entre les différentes zones évoquent The Legend of Zelda. Nova dispose alors d’une capacité lui permettant d’aspirer des objets et des ennemis avant de les projeter. Cette mécanique rappelle clairement Kirby.
Dans ces mondes, le joueur progresse au sein d’une sorte de donjon. Il doit résoudre des énigmes, qui varient d’un niveau à l’autre. Elles gagnent progressivement en complexité, tout en restant abordables et correctement dosées.




Développé de façon indépendante, Anodyne 2 – Return to Dust se révèle être une expérience particulièrement plaisante. Parfois classé parmi les RPG, il n’en reprend pourtant que très peu de codes. Il s’inscrit davantage dans le registre du jeu d’aventure, voire du dungeon crawler si l’on souhaite absolument le rattacher à un genre.
J’ai terminé l’aventure en moins de 9 heures, tout en accomplissant la quasi-totalité du contenu.
Malgré sa courte durée, ce titre propose une expérience très intéressante et étonnamment riche, qui mérite que l’on s’y attarde !
- Un visuel à la fois rétro et absurde
- Une atmosphère à la fois amusante et contemplative
- Une écriture remarquable qui pousse à la réflexion
- Une bande son réussie
- Une jouabilité qui se renouvelle grâce à l’alternance entre les phases en 3D et les donjons en 2D


- Des bugs en tout genre : problèmes de collision et éléments de décor flottants
- Des objectifs qui manquent de variété : la progression repose principalement sur la collecte de Poussière et de cartes
- Quelques passages ou puzzles qui cassent le rythme comme la lutte ou les pierres à lire dans un certain ordre dans un très grand niveau
- Une dimension RPG très limitée

