En toute franchise, notre territoire ne compte pas une immense communauté de passionnés de NASCAR ; pourtant, ces épreuves exercent un attrait véritablement hypnotique. À la différence de la Formule 1 et d’autres disciplines, les affrontements se déroulent ici presque exclusivement sur des tracés ovales, garantissant une vitesse de pointe constante où la stratégie adoptée lors des arrêts aux stands peut faire basculer le dénouement jusqu’au tout dernier tour de piste.
Aujourd’hui, avec NASCAR 26, le studio iRacing parvient à retranscrire toute la quintessence de cet univers, signant une production qui saisit parfaitement les spécificités de la compétition. Grâce à un pilotage réaliste et profond, une gestion d’écurie exhaustive et une profusion de modes capables de vous captiver pendant des centaines d’heures, l’expérience n’est certes pas parfaite, mais s’en approche de très près.

Du garage à la gloire
Le mode Carrière constitue le véritable cœur du jeu. Vous commencez tout en bas de l’échelle, au sein de l’ARCA Menards Series, avec l’ambition d’escalader les échelons à travers la Craftsman Truck Series, la Xfinity Series, pour finalement décrocher votre place en NASCAR Cup Series. Cependant, l’expérience ne se résume pas à tenir le volant : vous devrez également administrer l’ensemble de votre structure sportive.
Il vous sera possible d’installer de nouveaux composants pour optimiser le comportement de votre monture, des carrosseries aux châssis en passant par les blocs moteurs et les suspensions. Plus le niveau d’une pièce est élevé, plus le gain de performance sera sensible, mais son coût augmentera en conséquence. Vous devrez donc engranger de l’argent lors des courses, idéalement en franchissant la ligne d’arrivée en tête, afin d’améliorer votre bolide et maintenir votre progression.

Les réparations s’avèrent incessantes, tant les contacts portière contre portière et les accrochages rythment le quotidien au cœur du peloton. Si vos finances le permettent, vous pourrez acquérir des pièces neuves. Dans le cas contraire, votre atelier de mécaniciens se chargera de réparer les dégâts en s’appuyant sur les points de travail (WP) générés par vos salariés, des ressources qui croissent à mesure que vous étoffez votre organigramme.

Tout comme dans NASCAR 25, il vous faudra embaucher des mécaniciens, des gestionnaires de réseaux sociaux et des spécialistes des relations publiques pour soigner vos relations avec les supporters et les sponsors. La grande nouveauté réside dans le fait que les postes vacants ne dépendent plus uniquement de votre réputation : vous pouvez désormais agrandir vos infrastructures pour héberger davantage d’employés et débloquer des pièces plus pointues. Au total, 16 améliorations d’ateliers sont proposées, débloquées par groupes de quatre à chaque palier de catégorie franchi.

Modes de jeu dans NASCAR 26
Pour accompagner les nouveaux venus, les développeurs ont intégré le mode Peak Performance. Cette section vous guidera pour savoir précisément quand écraser les freins, quand relancer l’accélération, quelle trajectoire épouser et comment exploiter l’aspiration aérodynamique (drafting) sur la trentaine de pistes au programme. Il s’agit d’un didacticiel déguisé, mais si bien articulé qu’il s’intègre comme une étape totalement naturelle de l’aventure.

Le mode The Chase représente l’ajout le plus récent et sans doute le plus palpitant. Vous y disputez les dix ultimes épreuves des trois divisions reines, sans avoir à vous soucier des bilans comptables ni des effectifs. Ici, vous plongez immédiatement dans la lutte pour la pole position avec l’impératif de récolter suffisamment d’unités pour triompher lors des playoffs. Pour corser le défi, vous pouvez vous élancer depuis la seizième place du tableau et tenter une remontée spectaculaire jusqu’au titre suprême.

Si vous préférez disputer une saison intégrale sans vous encombrer des aspects logistiques du mode Carrière, la formule Championship s’impose d’elle-même. À la différence de The Chase, vous y courez selon l’intégralité du calendrier officiel. L’ensemble de ces modes vous autorise à célébrer vos victoires par des figures et des séances de gommes brûlées (donuts), bien qu’il soit plus sage de réserver ces festivités à The Chase et Championship : dans le mode Carrière, l’usure mécanique et les dommages subis lors de ces cabrioles sont directement déduits de votre budget de maintenance.

NASCAR 26 intègre également un volet multijoueur en ligne doté de salons rapides hiérarchisés selon votre volume de victoires. L’intérêt majeur repose sur les épreuves officielles communautaires, où vous vous mesurez aux autres pilotes sur des circuits sélectionnés par l’équipe de développement, le prochain devant se dérouler sur le mythique Bristol Motor Speedway. De surcroît, les livrées des bolides et la combinaison ignifugée de votre pilote sont entièrement configurables par le biais d’un éditeur de motifs et de peintures.
Sensations de conduite et rigueur de simulation
Comme on pouvait s’y attendre de la part d’iRacing, le comportement routier privilégie une simulation intégrale. Oubliez toute réaction fantaisiste ou physique purement arcade. Toutefois, grâce à une vaste palette de réglages d’accessibilité, les néophytes comme les habitués du volant y trouveront leur compte. Le module de dégâts reste calqué sur celui de NASCAR 25 : la carrosserie plie sous les chocs, mais le jeu ne propose ni arrachement d’éléments de carrosserie ni défaillances mécaniques critiques.
Lors des épreuves au long cours, vous devrez surveiller de près votre niveau de carburant ainsi que l’usure des gommes, rendant les ravitaillements aux stands stratégiques. C’est ici que se distingue le tout nouveau système dynamique de gommage de la piste : plus les bolides enchaînent les passages, plus le niveau d’adhérence s’accroît grâce aux résidus de caoutchouc qui tapissent la trajectoire optimale.
En revanche, on regrettera l’absence persistante de météo dynamique au cours des épreuves, le titre se contentant d’un cycle horaire. C’est dommageable, car composer avec l’averse sur un anneau de vitesse aurait représenté un défi de pilotage saisissant. Il faudra sans doute patienter jusqu’à la prochaine mouture pour en bénéficier.



Bilan technique sur PC et compatibilité avec les volants
D’un point de vue visuel et technique, le jeu fait un sans-faute. Le travail sur l’éclairage, la fidélité des modélisations et la ferveur des tribunes bénéficient d’un soin maniaque. Sur PC, nous avons fait tourner le titre en définition 1440p (2K) avec tous les réglages poussés au maximum, maintenant plus de 150 images par seconde stables, aussi bien en tête de peloton sans obstacle qu’au beau milieu d’une meute de concurrents compacte. L’optimisation globale se révèle exemplaire en toutes circonstances.
L’environnement sonore franchit un cap appréciable. Le morceau culte Sweet Home Alabama vous accueille dès les premiers instants, avant de laisser place à une sélection rythmée par Alien Ant Farm, Papa Roach ou encore Tim Dugger. Cette bande-son colle idéalement à l’atmosphère brute des courses américaines et soutient l’adrénaline.
La proposition propose une prise en charge native pour la très large majorité des volants disponibles sur le marché. En employant un tel périphérique, le degré d’immersion se décuple. Nous avons effectué nos sessions de jeu à l’aide d’un Logitech G29, et les retours de force retranscrivent à merveille les pertes de motricité comme les mouvements de caisse. C’est une expérience de conduite grisante qu’aucun adepte de simulation automobile ne devrait ignorer.

Boucler un exercice annuel en configuration courte vous demandera environ cinq heures. Cependant, si vous optez pour un réalisme intransigeant avec des distances calquées à 100 % sur le réel et leurs découpages réglementaires, l’aventure franchit allègrement la barre des 100 heures de jeu. C’est le genre de production capable de vous accaparer au point de vous faire perdre toute notion du temps.
En définitive, NASCAR 26 constitue une superbe porte d’entrée pour les amateurs de course automobile à la recherche de tracés moins tortueux que les circuits traditionnels, puisque 90 % des étapes se déroulent sur des anneaux où l’objectif consiste à garder le pied au plancher tout en esquivant le trafic. Néanmoins, ce sont les inconditionnels de la discipline qui en retireront la plus vive satisfaction, ayant l’opportunité de glisser dans la peau de leur pilote favori pour l’amener sur la plus haute marche du podium.
Cette déclinaison brille par la finesse de son pilotage, la générosité de ses modes et sa tenue technique, en dépit d’une météo absente et d’une gestion des crashs qui mériterait davantage de panache visuel. Il n’en demeure pas moins le meilleur jeu NASCAR conçu depuis des années et un investissement incontournable pour les adeptes de sports mécaniques.

Pour mémoire, NASCAR 26 est disponible sur PlayStation 5, Xbox Series X|S et PC via Steam. Le jeu propose par ailleurs un passe de saison regroupant plus de 200 décorations d’écurie, des ensembles de tenues pour pilote, du personnel technique exclusif pour le mode Carrière, ainsi qu’une enveloppe de départ de 10 000 dollars et 1 000 points d’influence.

