Blades of Fire

Note de l'auteur
09/10
Note RPG
05.5/10

Il existe des décisions au sein de l’industrie que l’on observe de l’extérieur sans parvenir à les comprendre pleinement. Le choix de MercurySteam de lancer Blades of Fire en exclusivité PC sur l’Epic Games Store en faisait indéniablement partie. Une décision courageuse, peut-être, mais le studio a commis une lourde erreur d’appréciation quant aux habitudes des joueurs PC : si un titre est absent de Steam, il est pour ainsi dire invisible.

C’est précisément la raison pour laquelle le déploiement de la version 2.0 de Blades of Fire s’est avéré indispensable pour toucher un nouveau public, ce qui en dit long sur le dénouement de ce pari initial. La note positive reste qu’un plus grand nombre de joueurs aura enfin accès à l’une des surprises les plus éclatantes offertes par le jeu d’action ces dernières années.

Test Blades of Fire 21 | RPG Jeuxvidéo

Un dessein clair, sans fioritures narratives

La trame de Blades of Fire prend place dans un monde où le métal a mystérieusement muté en pierre. Seuls les gardiens de la reine Nerea détiennent le pouvoir de le forger et de le manier, leur conférant une emprise absolue sur l’ordre militaire et politique de l’empire.

Vous prenez ici le contrôle d’Aran de Lira, un forgeron qui se lance dans une vendetta pour abattre la souveraine après l’assassinat de son ami, l’Abbé Dorin. Aran ne cheminera pas seul : il est épaulé par Adso de Zelk, disciple de Dorin, un jeune copiste chargé de consigner chaque étape de l’expédition.

Test Blades of Fire 3 | RPG Jeuxvidéo

Bien que la complicité unissant ce duo compte parmi les atouts les plus savoureux du récit, la plus grande réussite d’écriture réside dans le fait que l’intrigue n’abandonne jamais le prisme d’Aran. Aucune cinématique extérieure ne vient dévoiler les desseins secrets de la reine ou de ses séides : tout s’assimile organiquement au fil de vos pas, avec les mêmes zones d’ombre que celles du héros.

Si l’intrigue captive, le cœur battant de l’expérience demeure incontestablement le système de combat. Vous disposez d’un arsenal particulièrement varié au sein duquel alterner d’arme à la volée est primordial pour progresser. En verrouillant un belligérant, un système de contours colorés vous signale instantanément si votre équipement actuel est adapté à la confrontation.

Test Blades of Fire 94 | RPG Jeuxvidéo

Un contour vert vous assure d’infliger les dégâts optimaux. Un halo orange signale une réduction de vos dommages, tandis qu’une teinte rouge signifie que vos coups ne lui feront aucun mal. Parfois, la tête s’illuminera en rouge, le torse en orange et les membres en vert : il vous faudra alors frapper la zone vulnérable appropriée pour triompher, interdisant tout attachement exclusif à une arme ou une posture donnée pour vous contraindre à varier continuellement vos approches.

Hélas, ces joutes accusent une faiblesse qui devient patente avec les heures : le panel de mouvements des ennemis manque de variété, et une fois leurs routines assimilées, la tension retombe sensiblement.

Les pièces d’équipement souffrent également de l’usure et s’ébrèchent au fil des passes d’armes. Vous pouvez certes les aiguiser en plein affrontement pour retrouver un semblant d’efficacité, mais cette manœuvre fragilise progressivement l’alliage, le seul moyen de leur rendre leur éclat originel consistant à rallier la Forge des Dieux.

Test Blades of Fire 90 | RPG Jeuxvidéo

C’est en ces lieux que se déploie l’un des mécanismes les plus originaux du titre : le façonnage complet de vos propres armes. Vous devrez sélectionner les matières premières, définir le gabarit de la lame, puis marteler le métal sur l’enclume au rythme adéquat, selon la méthode traditionnelle du forgeage par percussion.

La noblesse du résultat découle directement de votre précision au marteau, pouvant s’échelonner de une à cinq étoiles de qualité. Chaque étoile acquise octroie un cycle de réparation supplémentaire avant que l’arme ne finisse brisée et inutilisable.

L’obtention de nouveaux schémas réclame de ferrailler sans relâche : plus vous terrasserez d’adversaires d’un type précis, plus vous appréhenderez le maniement de leur équipement jusqu’à déverrouiller leur plan de fabrication. L’aventure regroupe au total sept catégories d’armes, parmi lesquelles des dagues, des haches jumelles, des lances, des épées et des marteaux d’hast, chaque famille proposant cinq déclinaisons uniques.

Test Blades of Fire 48 | RPG Jeuxvidéo

Vous pourrez conserver jusqu’à quatre armes équipées simultanément, tout en gardant l’opportunité de recycler les pièces superflues pour récupérer des matériaux bruts. Il est vivement conseillé de maintenir votre matériel au niveau d’entretien maximal, car les enclumes permettant de gagner la Forge des Dieux sont parfois très éloignées, vous exposant au risque d’affronter un boss avec un équipement lourdement endommagé.

Mise à jour 2.0 : Une copie bonifiée en tout point

Ce déploiement majeur introduit le système de transmutation, permettant de convertir un lot de matières premières de base en un composant de facture supérieure. Ces alliages de choix conféreront à vos armes des dégâts décuplés, un coût d’entretien réduit ou une robustesse accrue selon la recette retenue.

La mise à jour intègre également les Défis de l’Enclume, vous offrant la possibilité de vous mesurer de nouveau aux boss dans des épreuves chronométrées. En venant à bout de ces duels dans le temps imparti, vous glanerez des arcanes rares offrant des atouts passifs comme le recouvrement de vitalité après chaque élimination ou l’esquive sans coût d’endurance.

Test Blades of Fire 85 | RPG Jeuxvidéo

Une fois la quête principale achevée, le mode Nouvelle Partie Plus s’adresse à ceux désireux de remettre leur couronne en jeu, conservant l’ensemble de vos armes, de vos stocks et de vos arcanes pour une seconde traversée. Et pour les puristes en quête d’intransigeance, la difficulté Titanesque viendra éprouver votre maîtrise absolue, transformant le moindre sbire de base en un véritable boss de couloir.

Sur le versant visuel, le jeu s’avère somptueux. Testé sur PC, l’ensemble étale des décors fourmillant de détails, qu’il s’agisse de la citadelle royale ou d’une anfractuosité souterraine dérobée, sans jamais donner l’impression de pièces vides. La modélisation des sentinelles bénéficie d’une précision remarquable et les boss imposent une aura magistrale, vous donnant la sensation d’être en position de faiblesse dès les premières secondes de l’affrontement.

Et pour ce qui est de l’expérience globale, boucler l’épopée d’Aran et d’Adso vous demandera plus de 30 heures, tandis que les complétistes désireux de débloquer chaque pièce d’armement, chaque arcane et l’intégralité des défis devront se préparer à franchir allègrement le cap des 60 heures de jeu. Proposé au tarif de 40 euros, le titre constitue un investissement particulièrement raisonnable au regard de sa générosité et du soin apporté à sa réalisation.

L’optimisation technique constitue une autre réussite indéniable. Nos sessions ont affiché un solide 120 images par seconde en définition 1440p, ne fléchissant qu’à 100 images par seconde lors des cohues les plus denses. La présence d’un mode photo bien pensé incite d’ailleurs constamment à immortaliser les panoramas et les affrontements.

Test Blades of Fire 75 | RPG Jeuxvidéo

En définitive, face à une œuvre d’une telle envergure, il reste particulièrement amer de constater que MercurySteam a dû se séparer d’une partie de ses effectifs peu après le lancement d’origine. Même s’il est stérile de réécrire l’histoire, le calcul de l’exclusivité s’est avéré cruellement défavorable, laissant songeur quant à la trajectoire qu’aurait pu connaître le titre s’il s’était présenté d’emblée sur Steam avec l’exposition qu’il méritait.

Reste à espérer que cette version 2.0 permettra à Blades of Fire de trouver le vaste public auquel il pouvait légitimement prétendre, tant l’aventure séduit de bout en bout. Il faudra simplement faire preuve de détermination face à son exigence corsée, mais le voyage récompense l’effort par une trame originale et maîtrisée, une patte graphique saisissante et des mécaniques martiales rafraîchissantes prouvant le savoir-faire indéniable de MercurySteam.

Note RPG 3 sur 5
Note testeur 09 sur 10

Pour conclure, je vous rappelle que le titre et sa version 2.0 sont d’ores et déjà disponibles sur PlayStation 5, Xbox Series X|S ainsi que sur PC via l’Epic Games Store et Steam, et qu’une version de démonstration gratuite est proposée pour toutes ces plateformes.

Relict King
Relict King
Rédacteur colombien passionné de RPG. Atteint d’Alzheimer précoce, chaque partie est une première fois. J’analyse mondes, mécaniques et émotions… même si j’oublie parfois l’inventaire.

1 COMMENTAIRE

S’abonner
Notifier de
guest
1 Commentaire
le plus ancien
le plus récent le plus populaire
L'archiviste

Je m’étais interrogé sur sa raison d’être sur le site car on ne savait pas trop à l’époque si c’était un RPG. Avec une note de 5,5/10 en RPG, il est dans la catégories des action-RPG. Peut-être me laisserais je tenter lorsqu’il sera en solde. Merci pour le test Relict King.

Articles récents

TESTS ALEATOIRES

Atom RPG

De nombreux développeurs de jeux du monde entier sont fascinés par le cadre post-apocalyptique. Mais les bâtiments délabrés, les carcasses de voitures rouillées et...

Ultima III : Exodus

Apple II Le premier opus de la saga avait, on s’en souvient, révolutionné le monde du jeu de rôle et assis la réputation de son créateur Richard...

Swords and Sorcery – Underworld Gold

Aaah les années 80... Les Rita Mitsouko, les clubs Dorothée, les Casimir, l'ami Ricoré et autre Soupe au Choux... Oui bon, on s'en fiche un peu...
Il existe des décisions au sein de l'industrie que l'on observe de l'extérieur sans parvenir à les comprendre pleinement. Le choix de MercurySteam de lancer Blades of Fire en exclusivité PC sur l'Epic Games Store en faisait indéniablement partie. Une décision courageuse, peut-être, mais...Blades of Fire