Drakensang : The River of Time – Vue subjective

Article écrit par Caparzo sur le site disparu RPG France.

Vue Subjective, une chronique jetant un coup d’œil sur les titres passés. Bien que ce ne soit pas le titre le plus vieux que nous pouvons traiter dans cette chronique, Drakensang : The River of Time est un jeu que de nombreux joueurs ont déjà oublié malgré eux. Aujourd’hui, attardons-nous sur ce que nous proposait réellement ce titre développé par Radon Labs.

L’Œil Noir ou bien Das Schwarze Auge dans la langue de Goethe, est un jeu de rôle papier allemand inventé en 1984 par Ulrich Kiesow. Je ne m’étendrai pas énormément dessus puisque ce n’est pas vraiment le sujet, mais l’univers de L’Œil Noir semble avoir à notre époque de plus en plus la cote dans le jeu vidéo contrairement à Donjons et Dragons. Nous avons pu dernièrement découvrir des titres comme Blackguards 1 & 2 développés par les Allemands de chez Daedalic Entertainment, qui sont des RPG au tour par tour mettant avant tout en avant les combats, mais nous avons également pu découvrir des Point’n’Click tels que Memoria ou bien encore Les Chaînes de Satinav, eux aussi développés par Daedalic. Revenant de très loin, Noumena Studios nous avait proposé en 2013 le très sympathique Demonicon qui avait su exploiter de la meilleure des façons l’univers de L‘Œil Noir. Le gameplay était quant à lui bien trop basique pour s’adapter comme il se doit à cet univers, mais Demonicon avait tout de même eu le courage de s’approprier quelques-unes des mécaniques complexes de ce jeu de rôle allemand.

L’une des particularités de L’Œil Noir est en effet de proposer des règles très poussées pouvant faire peur aux joueurs hermétiques aux statistiques et aux différentes compétences pouvant interagir entres-elles. Drakensang : L’Œil Noir, sorti en 2008 en Allemagne et en 2009 en France, avait tout pour faire fuir ces derniers, mais aussi tout pour faire succomber d’envie tous les autres joueurs. Malheureusement pour ce premier Drakensang, celui-ci est sorti la même année que le très bon Dragon Age : Origins qui a vampirisé tout le marché pour ne laisser que quelques miettes à ses concurrents

Drakensang : L’Œil Noir est donc passé quasiment inaperçu, mais cela n’a pas empêché les développeurs de chez Radon Labs de nous concocter un second opus après que le premier a tout de même bien marché en Allemagne.

Un bateau pour une aventure complète

C’est en 2010 que nous avons pu accueillir sur nos PC dans la joie et la bonne humeur Drakensang : The River of Time. Pour être honnête, cet accueil chaleureux a été de très courte durée puisque le distributeur français Micro Application, qui s’était chargé à l’époque de la traduction française, avait complètement raté celle-ci. Il y avait de très nombreuses fautes et la traduction comportait de nombreux non-sens ne permettant pas aux joueurs d’avancer comme il se doit dans le jeu. Pire encore, certains dialogues étaient buggés. Quelques semaines plus tard et après deux patchs salvateurs, The River of Time était enfin jouable correctement pour nous autres Français.
 



Contrairement à Drakensang : L’Œil Noir ne nous permettant pas de vagabonder où bon nous semble, The River of Time avait cette particularité de nous proposer un bateau pour voguer à tout moment parmi les différentes zones disponibles. La zone principale prenait ici la forme d’une ville portant le nom de Nadoret. Nadoret est selon moi l’une des villes les plus réalistes qui existent dans les jeux vidéo, et plus particulièrement dans les RPG d’Heroic Fantasy. Pour citer d’autres exemples, je peux également parler de Ferdok dans Drakensang : L’Œil Noir ou bien encore de Novigrad dans The Witcher 3 : Wild Hunt. Pour revenir à Nadoret, celle-ci propose une architecture médiévale de type européen d’un réalisme saisissant. Tout y est crédible et toutes les maisons semblent s’être construites petit à petit tout en prenant compte du terrain plus ou moins escarpé. C’est un vrai délice de vagabonder dans ce bourg et il est je pense difficile de ne pas succomber aux charmes de ses escaliers étroits se faufilant entre ces quelques maisons biscornues par le temps. Nadoret n’était cependant pas seule et elle était entourée d’une belle forêt plus ou moins dangereuse ainsi que d’un cimetière et une rivière. Il en va de même pour toutes les autres maps du jeu qui proposaient une grande variété d’environnements et qui nous donnaient toujours un sentiment d’exploration très appréciable.

Pour finir sur l’exploration et les environnements, je vais vous parler de l’aspect graphique. Contrairement aux très nombreuses autres productions de l’époque, Drakensang : L’Œil Noir ainsi que The River of Time nous avaient proposé des graphismes très colorés. L’univers de ces deux jeux pouvait sembler à première vue enfantin, mais il n’en était rien. Le soleil brillait dans le ciel éclairant les champs de mille feux, les personnages étaient hauts en couleur et les forêts mystérieuses. Ce rendu très féerique était appuyé par un moteur graphique qui faisait remarquablement bien son boulot. Je vous invite à jeter un œil sur les différentes images de cette page pour vous en convaincre.
 

Des héros, des quêtes et des nombres
 

Une des autres grosses nouveautés de The River of Time par rapport à L‘Œil Noir, c’était son nombre limité de compagnons. Il faut bien avouer que cette idée me faisait tiquer à l’époque et me fait toujours tiquer aujourd’hui. Ce second opus nous propose en effet que cinq compagnons : Ardo un noble guerrier humain, Forgrimm un nain armé de sa hache, Cano un voleur faisant des merveilles au fleuret ainsi que Fayris une demie-elfe ranger et Jaakon un magicien gris. Ce nombre limité de compagnons a permis aux développeurs de chez Radon Labs de leur donner une plus grosse personnalité ainsi que de nombreux dialogues, et cela quelque soit la situation. Malheureusement et si vous êtes comme moi à aimer recruter beaucoup de compagnons tout au long du jeu, les cinq de The River of Time nous suivaient quasiment du début du jeu jusqu’à sa fin. Ça reste toujours pour moi son plus gros point négatif et malgré les quelques années qui nous séparent de la sortie du, je lui en veux toujours à ce niveau là.
 



Toutefois, The River of Time tire toujours son épingle du jeu parmi les gros RPG de ces dernières années grâce à ses nombreuses quêtes secondaires aussi diverses que variées. Celui-ci faisait en effet l’effort de nous éloigner de la quête principale via de très nombreuses quêtes secondaires plus ou moins importantes, pour mieux nous faire revenir sur l’intrigue du jeu et nous faire avancer dans cette quête principale de manière fluide et naturelle. Le fait de pouvoir naviguer à tout moment entre les différents lieux du jeu nous permettait également de diversifier à tout moment ces quêtes, voire même à en mettre de côté lorsque ces dernières pouvaient se montrer bien plus ardues que prévu. The River of Time aimait en effet les énigmes ainsi que les casse-têtes. Toutefois, je dois bien vous avouer que je n’avais pas été conquis par l’histoire de la quête principale et pour l’avoir refait récemment, mon avis n’a pas vraiment changé. Je trouve son prédécesseur bien meilleur à ce niveau-là, bien que plus linéaire, mais au moins le joueur était réellement impliqué dans cette histoire. The River of Time nous faisait seulement vivre l’aventure de nos compagnons enquêtant sur les pirates et le joueur était réduit au rôle de suiveur, même si nous pouvions tout de même effectuer des choix.

Comme nous l’avons vu plus haut, l’un des gros points forts du jeu de rôle L’Œil Noir est ses règles bien touffues. Drakensang : L’Œil Noir ainsi que The River of Time n’avaient pas fait l’impasse sur ces règles et on y jouait d’ailleurs pour celles-ci. Encore aujourd’hui, pouvoir créer un personnage ayant de très nombreuses statistiques est quelque chose de très appréciable, surtout lorsque ces statistiques ne se concentrent pas nécessairement sur les combats. Vous pouviez en effet augmenter la séduction pour tenter de plaire aux différents personnages que vous alliez croiser sur votre chemin, mais aussi l’étiquette pour vous fondre plus facilement parmi le haut du panier de la société. Vous pouviez également ajouter des points dans baratineur, nature humaine ou bien encore dans survie ainsi que dans botanique. Tous ces éléments s’ajoutaient bien évidemment aux statistiques de base telles que l’intelligence, le charisme ou bien encore la constitution. Comme tout bon RPG qui se respecte, vous pouviez également choisir la classe de votre personnage en choisissant d’abord sa race puis une classe spécifique, comme le charlatan pour les Humains, le lutteur pour les Elfes, le guerrier tribal pour les Thorwaliens ou bien encore le métamage pour les Thulamides. Ce second opus nous permettait enfin de découvrir une nouvelle classe naine : le géode, un mage pouvant interagir avec les éléments de la terre.
 



Grâce à toutes ces statistiques, ces compétences et ces différentes classes, nous étions parés pour combattre de très nombreux ennemis. Même si j’ai une certaine affection pour le système de combat de ce second opus, je dois bien avouer qu’il était particulièrement lent et il fallait s’armer de courage et de patience pour venir à bout des premiers affrontements. Ce sentiment est aujourd’hui encore plus exacerbé au vu des différentes productions, même si les jeux oldschool ont de nouveau la cote. Les combats nous proposaient également une pause tactique et nous donnaient la possibilité de jouer au tour par tour.
 

Une fin malheureuse
 

Vous l’aurez compris, encore aujourd’hui Drakensang : The River of Time reste une belle référence pour tous les amateurs de RPG à l’ancienne aimant les règles touffues, les environnements idylliques ainsi que les quêtes bien écrites. Malgré toutes ces qualités, The River of Time n’a pas aussi bien marché que ce qu’aurait pu l’espérer Radon Labs. Après avoir sorti en 2011 un add-on portant le nom de Phileasson’s Secret, add-on n’ayant jamais vu le jour en France, Radon Labs fut dissous en 2010 et racheté par Bigpoint, un éditeur spécialisé dans les jeux multijoueurs utilisant les navigateurs internet. Bien que toujours vivante, la licence Drakensang est aujourd’hui devenue un Hack’n’Slash se jouant sur internet et n’utilisant plus du tout les règles de L’Œil Noir. Portant le nom de Drakensang Online, il utilise toujours le moteur graphique des deux précédents titres, mais celui-ci a bien évidemment été amélioré. Voici donc la fin d’une belle histoire, mais comme nous avons pu le voir au début de l’article, la licence L’Œil Noir est plus que jamais présente dans le monde du jeu vidéo, et c’est tant mieux.

Pour terminer cette chronique comme il se doit, n’hésitez pas à jeter un oeil à nos différents tests que nous avons pu effectuer pour les jeux utilisant la licence de l’Oeil Noir. Au programme, vous pourrez apprécier les tests de Drakensang : LOeil Noir, de Drakensang : The River of Time, mais aussi du plus récent Demonicon qui s’en tire tout de même avec les honneurs malgré une genèse très compliquée. Si c’est le online qui vous intéresse, alors vous pouvez également vous jeter sur notre compte rendu datant de 2011 de Drakensang : Online. Bien évidemment, le jeu a évolué depuis cette époque.

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