Malevolence c’est quoi ? Un jeu dungeon-crawler case par case en vue première personne, mais avec un côté RPG old-school. Dit comme ça, c’est bateau. Mais Malevolence n’est vraiment pas banal.
D’abord le côté graphique, car c’est la première impression du jeu : c’est… old-school. Des graphismes d’il y a 20 ans, sinon plus. Le jeu étant présenté comme old-school, ce n’est pas gênant.
Le jeu vous lâche dans un monde totalement ouvert (ce n’est définitivement pas Outward et son monde pseudo-ouvert). Vous choisissez initialement entre une direction guidée, pour faire vos premiers niveaux tranquillement dans le premier et immense donjon (Shoba Nhor) ou être lâché dans le monde pour faire votre propre route vous-même.
Ne cherchez pas à ce qu’on vous prenne la main, à part la direction du premier village le jeu ne vous indique rien. Ce qui n’est pas dérangeant car, à l’heure actuelle, le jeu n’a pas de développement d’histoire ni de scénario. C’est vous qui voyagez, explorez, découvrez, descendez dans des donjons, lootez. Vous décidez de la direction à prendre et vous tentez votre chance.
Le jeu propose un mode permadeath et c’est ce mode qui justifie le jeu en lui-même. Oui c’est rageant de mourir et de perdre plusieurs heures d’un run, mais à vous d’aller ailleurs, dans une autre direction, trouver d’autres villes, d’autres donjons, tenter un début moins facile et voir jusqu’où vous pourrez aller. Et à la fin, voir quel score vous faites. Car il n’y a pas d’autre finalité que le score et les succès steam.
Et ce jeu véhicule les mêmes émotions, les mêmes ressentis qu’un jeu sorti des années 80. C’est simple, les mécanismes sont basiques, mais suffisamment riches pour qu’au bout de 15h de jeu vous n’ayez pas tout découvert et que vous ne vous lassiez pas du soft. Parce que la lassitude est le pire ennemi sur ce jeu : seulement 7 types d’ennemis dans un monde qui se déclare infini, avec une infinité de donjons, chaque donjon prenant des heures, forcément c’est du vu et revu.
Pourtant ce jeu sait être prenant et addictif, justement parce que chaque pas peut être le dernier. Alors vous faites attention. Vous fouillez, vous scrutez, vous jaugez le danger et le risque. Vous avez peur pour votre héros. Et c’est un puissant moteur de plaisir.
Par contre, même en permadeath, sauvegardez souvent ! Le jeu n’est pas stable, j’ai sensiblement un CTD toutes les 45 minutes, et quand il se ferme (ou quand vous quittez la partie) le jeu n’enregistre pas et vous devrez reprendre au dernier endroit où vous avez fait une sauvegarde. Ca fait bizarre la première fois que vous jouez, vous pensez que c’est ironman, vous quittez le jeu, et quand vous relancez il n’y a plus rien. parce que vous n’avez pas fait manuellement une sauvegarde avant de quitter.
Pour le reste, rien à redire. vrai sentiment de jeu old-school, bien réalisé et addictif, il y a des options de qualité de vie (téléporteurs, cristaux de recall, ankhs de rez etc.) mais pas trop, ce qui rend le jeu sévère mais juste.

