Masquerada – Songs and Shadows, un jeu narratif et tactique à découvrir

Captures d'écran réalisées par Moi-même.

Il y a des RPG qui sortent et passent inaperçus, noyés dans le flot des nouveautés, ou qui n’ont tout simplement pas su trouver leur public. C’est le cas de Masquerada – Songs and Shadows, un jeu indépendant sorti en 2016 et développé par Witching Hour Studios. L’ayant terminé et apprécié, je vais tâcher de vous le présenter dans cet article.

La Città, un univers inspiré de l’Italie de la Renaissance.

Tout rappelle cette période. Avec son architecture, ses décors et ses couleurs, la cité possède une identité visuelle immédiatement reconnaissable. Il en va de même pour le design des personnages : les échanges sont illustrés par des portraits animés dont les mouvements reproduisent ceux des intervenants. C’est une excellente idée, qui permet de profiter pleinement d’une direction artistique proche de l’animation.

Dans ce monde, la magie existe. Elle prend principalement la forme de mystérieux masques appelés « Maschere ». Ces artefacts permettent à leur porteur de manipuler l’un des quatre éléments ; le feu, la terre, l’eau ou l’air et ont ainsi favorisé l’apparition de castes élitistes.

Le prologue, jouable séparément, nous place dans la peau de Cyrus Gavar, chef d’un groupe hétéroclite rassemblant plusieurs factions de « Chasseurs de masques ». Refusant ce système qu’ils jugent injuste, ceux-ci souhaitent se battre au nom de la justice et de la liberté. Leur révolte marque le début de la « guerre des masques ». Malheureusement, l’affrontement tourne mal pour Cyrus, qui meurt en défendant sa cause.

Cinq ans plus tard, son frère, Cicero Gavar, revient d’exil après avoir reçu une convocation. Hanté par son passé et rongé par les remords, il doit enquêter sur la disparition d’un ami en reprenant son ancienne fonction d’Ispettore, un agent du gouvernement. Son enquête le conduira dans les recoins les plus sombres de la cité, où il découvrira des vérités susceptibles de faire trembler les fondements mêmes de la société…

Une narration sublimée par de beaux visuels

La qualité d’écriture de cette histoire est remarquable. Chaque compagnon possède son propre petit arc narratif, ce qui permet d’apprendre progressivement à les connaître. Tous paraissent profondément humains, avec leurs qualités, leurs défauts et leurs contradictions.

Il en va de même pour les personnes que l’on rencontre au cours de l’aventure : personne n’est présenté comme foncièrement mauvais. Même les antagonistes bénéficient d’une véritable profondeur, ce qui renforce la dimension tragique du récit, c’est un monde gris.

Cicero, quant à lui, est un protagoniste particulièrement attachant. Loin d’être un héros tout-puissant, il reste vulnérable, marqué par son passé et par ses erreurs, ce qui le rend d’autant plus crédible.

Les moments importants du scénario sont soulignés par de magnifiques illustrations, qui adoptent parfois une mise en scène proche de la bande dessinée. Celles-ci sont d’excellente qualité et offrent plusieurs images particulièrement réussies.

Les environnements ne sont pas en reste : les lieux visités, visuellement très soignés, constituent un véritable plaisir pour les yeux.

Les quatre éléments au cœur des combats

Au cours de cette enquête, l’Ispettore et ses alliés devront livrer plus d’une bataille. C’est à ce moment-là que les masques entrent en jeu : chaque membre de l’équipe possède une affinité avec un élément particulier. Toute la particularité du système de combat repose sur l’utilisation de combinaisons permettant d’infliger différents états aux ennemis grâce à des « tags élémentaires ».

Que retenir de ce titre ?

Masquerada – Songs and Shadows est ce que l’on pourrait appeler un « RPG léger ». Il ne propose aucune quête secondaire et l’exploration y est très limitée : on se contente généralement de suivre un marqueur affiché à l’écran, qui jure vraiment avec le reste. Il n’est d’ailleurs pas possible de le désactiver ! Il n’y a aucun inventaire ou marchand.

Les nouveaux masques que l’on débloque ne sont pas visibles lorsqu’ils sont équipés. On notera également quelques petites erreurs de traduction, ainsi que des personnages qui peuvent rester bloqués dans certaines parties du décor. Rien de bien grave, puisqu’il est possible de les diriger.

En revanche, l’intrigue et l’univers narratif sont très intéressants. La fin ne conclut pas tout : de nombreuses questions restent sans réponse et plusieurs événements semblent encore à venir.

Malheureusement, l’espoir de voir un jour une suite paraît bien mince. Le jeu étant de niche, ses ventes n’ont sans doute pas été à la hauteur des attentes et il semble être tombé dans l’oubli. C’est bien dommage, car je vous le recommande chaudement : sa musique est excellente !

Où se le procurer ?

Disponible sur gog.com et Steam.

1 COMMENTAIRE

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1 Commentaire
L'archiviste

Un jeu que je ne connaissais pas et dont je n’avais jamais entendu parler. merci Thunker pour la découverte.

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