Vue subjective – Dragon Age : Evolution de la trilogie

Cet article a été écrit par par Caparzo le 09 mars 2016 sur le site RPGFrance, dans la catégorie Vue subjective.

Dragon Age est une des licences phares de Bioware. Elle a su attirer de très nombreux joueurs, mais à la différence des autres grandes licences que nous connaissons, Dragon Age est également l’un des jeux qui a le plus évolué en très peu de temps. Nous allons aujourd’hui observer plus en détail cette évolution.

Contrairement à ce que vous pouvez peut-être penser, je ne vais pas vous parler ici en détail de Bioware et d’Electronic Arts, de ce qu’a pu causer ce dernier sur le développement des second et troisième opus, ou même encore des restrictions budgétaires. Non, je vais être ici beaucoup plus subjectif et parler avec le cœur. Nous allons découvrir ensemble pourquoi je trouve cette licence vraiment réussie, mais je vais aussi vous faire suivre la déchéance que j’ai pu éprouver à son sujet au fil des trois épisodes. Tout d’abord, qu’est-ce que Dragon Age ? Premier élément d’une trilogie, Dragon Age : Origins est sorti en novembre 2009 et avait la lourde tâche de devenir le successeur spirituel du très grand Baldur’s Gate déjà développé par Bioware. Pour tenter de faire parler de son jeu, le développeur canadien avait usé de stratagèmes qui pouvaient sembler complètement en décalage avec l’univers du jeu. Il y a bien évidemment eu un très beau trailer cinématique mettant en avant quelques-uns des personnages recrutables comme Sten, Morrigan ou Léliana, mais les autres trailers utilisaient de la musique metal qui n’était pas du plus bel effet.

Pour aller encore plus loin, Bioware avait également organisé un concours peu avant la sortie du jeu. Plusieurs joueurs devaient essayer de battre le premier gros boss du jeu le plus rapidement possible, ainsi que réaliser des défis sur la version console de ce premier opus. Ce n’était pas déplaisant à regarder, et il me semble que c’était l’une des premières fois que l’on pouvait admirer des images de l’interface PC. Voilà pour ce qui est de l’ambiance de l’époque. Voyons maintenant comment Dragon Age a su évoluer à travers le temps.

Dragon Age : Origins

C’est donc en 2009 que nous avons pu découvrir pour la toute première fois Dragon Age : Origins. Celui-ci ne brillait pas vraiment par son originalité en nous proposant une histoire plus que terre à terre à base de méchants et de gentils, mais avait su tout de même créer des nuances de gris à l’aide de quelques personnages. Non, ce qui avait su attirer notre attention et rendre ce premier épisode plus qu’intéressant, c’était les origines.

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Souvenez-vous, nous pouvions en effet aborder le début de l’aventure de différentes manières, que ce soit avec un humain, un elfe ou bien encore un nain. Notre point de vue sur la quête principale pouvait prendre un angle tout à fait unique si on commençait le jeu en étant un elfe réprimé de la cité de Dénérim, ou bien en étant un fils de noble humain dans notre belle propriété des Cousland. Bien évidemment, ce système avait ses propres limites et il ne fallait pas réellement compter sur lui pour espérer voir une interaction poussée sur le reste de l’aventure. Mais le système des origines nous a tout de même permis de découvrir des personnages sous un nouveau jour, et même d’avoir de nouvelles ambitions personnelles qu’un autre héros n’aurait jamais pu avoir, en commençant par exemple comme nain dans la cité d’Orzammar. Toutefois, il ne s’agit pas ici de la seule chose mémorable du jeu, voilà pourquoi je vais maintenant m’arrêter sur les personnages ainsi que sur nos compagnons.

Encore une fois, il n’aura pas fallu attendre bien longtemps avant de pouvoir découvrir nos premiers personnages mémorables, comme le fut ce cher Duncan. Auprès de lui, tout semblait prendre une tournure épique, héroïque et facile en même temps. L’héroïsme autour de ce personnage était particulièrement fort, et malgré une mort survenant très rapidement dans le jeu, il est resté pour moi l’un des personnages les plus marquants dans l’univers de Dragon Age. De l’autre côté du miroir se trouvait ce cher Loghain, personnage antipathique à la personnalité affirmée. Il était facile pour le joueur de le haïr, et il faut bien avouer qu’il en avait toutes les raisons, mais son écriture tout en nuances de gris lui donnait parfois raison malgré la cruauté de ses actes. Que dire de nos compagnons ? Dragon Age : Origins avait su trouver le bon équilibre entre des compagnons à la personnalité affirmée sans pour autant les rendre ridicules et artificiels. Que ce soit Morrigan, Alistair, Wynne ou bien évidemment Léliana, ces différents personnages dévoilaient leur réelle personnalité petit à petit, tout au long du jeu, sans que ce soit fait de manière grossière. Une réelle amitié pouvait même se créer entre le joueur et ces personnages, quand bien même leurs quêtes personnelles étaient souvent bâclées. Seule la quête de cette chère Léliana avait réussi à tirer son épingle du jeu.

Dragon Age : Origins c’était également un thème musical principal fort, une direction artistique assez pauvre, une variété d’environnements honnêtes, mais pas plus que ça, et surtout un système de combat très efficace. Il ne s’agissait bien évidemment pas du système de combat le plus complexe existant, mais celui-ci avait su trouver un bon rythme nous permettant de créer des tactiques élaborées, de profiter de combos destructeurs, tout en évitant de tomber dans des lenteurs insoupçonnables, comme avait si bien su nous le proposer Drakensang. La vue isométrique permettait également d’avoir une très bonne lisibilité sur les affrontements, et la possibilité de passer à la troisième personne lors de l’exploration nous donnait l’occasion d’admirer les décors sous un autre angle.

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La personnalisation de nos personnages n’était pas non plus en reste, tout aussi bien physiquement qu’au niveau des compétences. Pouvoir jouer un guerrier armé d’un arc ou bien un voleur armé de deux épées longues était quelque chose d’exaltant. Bon d’accord, ce n’était pas non plus une première, mais au vu de sa suite, il s’agissait d’éléments bienvenus. Ce premier opus était donc une réussite sur de nombreux points, mais il pêchait cependant sur l’écriture de sa quête principale et sur ses quêtes secondaires ridicules. Heureusement pour lui, l’introduction des Gardes des Ombres donnait un intérêt plus que certain au joueur de s’intéresser à l’univers de Dragon Age, qui n’en était alors qu’à ses balbutiements. Ce premier épisode était donc plus que prometteur et laissait présager un second opus d’un même niveau, si ce n’est mieux. Malheureusement, Bioware semble avoir complètement raté l’occasion de transformer l’essai.

Dragon Age 2

Si je devais parler objectivement de Dragon Age 2, je dois bien avouer que je n’en ferais pas que des éloges. Bioware a effectivement bien cherché à se faire taper sur les doigts avec ce second opus, mais d’un point de vue plus subjectif, je ne l’ai jamais trouvé très déplaisant à jouer. Contrairement à Dragon Age : OriginsDragon Age 2 avait su corriger l’un des plus gros défauts du premier opus : son histoire. Enfin, nous avions ici une histoire globale à la hauteur de nos espérances, sachant mêler la politique, la religion, le destin d’une ville ainsi que le devenir de gens ayant beaucoup moins d’importance. L’univers du jeu avait gagné en profondeur, en maturité et il n’était enfin plus question de sauver le monde d’un simple dragon. Oui je sais, il s’agit d’un Archidémon, mais au final c’est du pareil au même.

L’histoire de Dragon Age 2 mettait cette fois-ci en scène Hawke, un humain, que les développeurs nous avaient malheureusement imposé. Exit donc le choix des races, mais heureusement que le choix des classes était encore présent. Hawke était donc le héros ordinaire par qui tout allait se jouer. Un héros qui ferait face aux Qunari, un héros qui combattrait les mages et les Templiers, mais un héros qui n’en était pas vraiment un et qui ne ferait que subir la grande histoire. En effet, l’histoire de Hawke a la particularité de nous compter les tribulations d’un réfugié ayant fui l’Enclin avec sa famille et dont le seul but était de survivre grâce à des jobs minables. Malgré un postulat de base très réussi et une histoire principale qui valait réellement le coup d’œil, l’ensemble perdait trop souvent énormément de valeur à cause d’une réalisation globale plus que ratée.

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Ce second opus était en effet bien plus court que le premier, ne lui permettant pas de réellement étoffer son sujet, et zappait des moment très importants dans la vie de Hawke. Quelle idée de tirer un trait sur la première année de Hawke dans la cité de Kirkwall ! Ne pas le voir s’intégrer et reprendre le court de son histoire au moment où sa vie allait enfin évoluer était selon moi une bien belle erreur pour la narration, mais la production est certainement passée par là. La production limitée est également passée sur la réalisation honteuse des environnements. Non pas qu’ils étaient déplaisants à regarder, tout le contraire en réalité, mais ces derniers étaient d’une répétitivité sans nom. Je me rappelle encore de cette mine ridicule simulant une bonne dizaine d’environnements différents, avec comme subterfuge pour ne pas s’en rendre compte des points d’entrée différents et des passages bloqués.

Contrairement à Dragon Age : Origins, qui avait su nous proposer des combats très bons, fluides et lisibles, Dragon Age 2 avait pris le pari de nous amener vers autre chose. Bien que le gameplay fût relativement similaire au premier épisode, la caméra tactique de ce dernier avait cette fois-ci laissé place à une caméra flottante dans le second opus. Il n’était plus question d’admirer le champ de bataille dans sa globalité et l’action était devenue la principale source d’intérêt. Pour tout vous avouer, je n’ai pas détesté les combats de Dragon Age 2. Le dynamisme des impacts et les déplacements rapides des personnages avaient su donner des affrontements très dynamiques donnant un style unique au jeu. Il ne s’agissait pas en effet d’un Hack’n’Slash, mais bel et bien d’un RPG proposant toujours des combats à l’ancienne, mais modernisés.

Il y aurait encore à dire énormément de choses sur Dragon Age 2, comme la musique toujours aussi sympathique, bien que moins marquante qu’auparavant, ou bien le fait que ce second opus ait pris le parti de ne faire se dérouler l’action que dans la cité de Kirkwall, ou presque, mais au final je ne retiendrai qu’un sentiment de frustration que je peux éprouver depuis que j’y ai joué. C’est la première et la dernière fois que j’ai en effet trouvé la quête principale d’un Dragon Age intéressante à jouer, et les quêtes secondaires étaient également d’un niveau satisfaisant, contrairement à celles des deux autres jeux de la série.

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Pour finir, vous aurez remarqué que je ne vous ai pas parlé des compagnons que nous pouvons recruter dans cette aventure. Mais pourquoi cela ? Eh bien parce que je les trouve tout simplement inintéressants et antipathiques au possible. Malgré tout, un effort certain a été fait sur l’écriture de leurs quêtes personnelles, prouvant une fois de plus que l’écriture était sûrement le gros point fort de Dragon Age 2. Bref, le constat était bien amer, mais nous avions tout de même eu à ce moment-là l’espoir de découvrir un troisième opus qui relèverait le niveau et gommerait pour toujours ce second épisode, malgré ses points positifs.

Dragon Age : Inquisition

Open World. Voici les mots que nous avons à la bouche depuis maintenant quelques années. Comment peut-on imaginer un jeu, et qui plus est un RPG, sans un monde ouvert. Un monde dans lequel les joueurs sont invités à vagabonder à leur guise dans des zones jouables immenses, et dans lesquelles nous pouvons accepter ou non des quêtes secondaires nous en apprenant généralement plus sur les habitants de ces différentes zones. Très tôt dans le développement de Dragon Age : InquisitionBioware nous avait fait savoir qu’il voulait prendre l’exemple sur The Elder Scrolls V : Skyrim et son monde ouvert, et heureusement, je crois que nous avons échappé au pire en voyant que le monde de ce troisième opus n’était finalement que semi-ouvert.

Je vais peut-être paraître un peu dur avec Inquisition, mais ce troisième opus s’est littéralement sabordé en voulant nous proposer des zones jouables bien ouvertes dans lesquelles nous pourrions effectuer de nombreuses choses, mais cela n’a jamais été le point fort des jeux appartenant à cette licence. Là où dans le premier opus nous avions des zones assez petites, mais intéressantes comme Orzammar, Ostagar ou bien encore la Forêt de Bréciliane, là où dans Dragon Age 2 la cité de Kirkwall savait raconter sa propre histoire, les différentes zones ouvertes de Dragon Age : Inquisition sont remplies par un vide particulièrement pesant.

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Malgré un effort esthétique apportant un plus indéniable sur quelques-unes des maps, et malgré un nouveau moteur graphique faisant du bien à la rétine, je me suis rarement autant ennuyé en explorant des environnements pourtant riches en détails. Dragon Age : Inquisition est l’exemple même de ce qu’il ne faut pas faire dans un jeu d’exploration. Il n’y a ici aucune récompense à retirer des ruines perdues sur la carte, et la population semble avoir complètement abandonné ces territoires où seuls des ennemis se demandent encore ce qu’ils peuvent bien y faire. Si on ajoute à cela une quête principale plutôt ennuyeuse et des quêtes Fedex ridicules, l’ennui semble réellement être le maître mot de cet épisode.

Est-ce que je dois continuer mon inventaire à la Prévert et vous dire que les combats de Dragon Age : Inquisition, bien que plus tactiques que dans le second épisode, sont erratiques au possible avec un gameplay et une caméra imbuvables ? Vous dire que la musique semble être aux abonnés absents, alors que sa qualité est tout de même au rendez-vous ? Vous parler des compagnons bien plus attrayants que ceux de Dragon Age 2, mais tellement plus artificiels que dans Dragon Age : Origins ? Ou bien encore vous dire que l’interface est une ineptie sans nom, rendant par exemple l’artisanat bien trop fastidieux ? Je pourrais oui, mais je vais m’arrêter là.

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Dragon Age : Inquisition aurait pu être une belle synthèse des deux précédents épisodes, mais il n’est arrivé encore une fois qu’à casser les codes imposés par Dragon Age : Origins et les rendre encore plus lourds que par le passé. Heureusement, sa mise en scène est tout de même bien trouvée et l’histoire du monde s’étoffe toujours plus pour notre plus grand plaisir. La table de commandement est également une belle trouvaille nous permettant d’aborder le monde d’une tout autre façon, mais là encore les quêtes injouables se trouvant sur cette table semblent mieux écrites que toutes les quêtes jouables que l’on peut trouver dans ce troisième opus. Le vase a donc cette fois-ci débordé pour de bon, et malgré un certain engouement que j’avais pu éprouver pendant les 20 premières heures de jeu, Dragon Age : Inquisition n’a fait pour moi que creuser sa tombe toujours un peu plus profondément.

Le mot de la fin

Dragon Age est donc une trilogie unique ayant su pour le meilleur et pour le pire se renouveler de façons étranges et inattendues. Malgré quelques sursauts, comme une amélioration plus que certaine des quêtes dans Dragon Age 2 ou bien un artisanat et une table de commandement dans Dragon Age : Inquisition, aucune des deux suites n’est arrivée selon moi à la cheville de Dragon Age : Origins malgré ses propres défauts. Qui n’a jamais pleuré en effet devant ces quêtes Fedex indignes d’un tel jeu ? Malgré tout, l’intention de Bioware avec ce troisième opus était tout a fait honorable, et cela me rend bien plus triste qu’énervé en voyant le résultat final. Comment peut-on passer aussi loin du but recherché, alors que tous les éléments de base sont bel et bien présents dans le jeu ? Il y aurait peut-être cette explication voulant qu’Inquisition ait d’abord été développé en tant que MMORPG avant de devenir un RPG solo, mais cela n’explique pas non plus tout.

Il ne reste plus qu’à espérer un sursaut d’orgueil de la part de Bioware, et peut-être imaginer un quatrième épisode se rapprochant dans sa construction de Dragon Age : Origins. Le DLC Intrus pour Inquisition allait dans ce sens, alors pourquoi pas. Pour finir et avant de me faire tirer dessus, je sais très bien que je n’ai pas abordé tous les points positifs et négatifs de ces trois jeux, mais il s’agit ici avant tout d’un ressenti général étayé par quelques exemples bien définis.

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