Of Blades & Tails

Note de l'auteur
07/10
Note RPG
04.5/10

Of Blades & Tails est un RPG en pixel art au tour par tour créé par un développeur solo grâce au moteur Godot qui est sorti en novembre 2023. D’après son auteur, le titre s’inspire du jeu d’aventure Inherit the Earth de 1994 et son gameplay des classiques du genre hack’n slash comme Diablo et des RPG au tour par tour tels que Tales of Maj’Eyal ou Stoneshard.  Il a eu peu de visibilité et c’est pourtant dommage, car la communauté semble plutôt l’apprécier. Alors, il est temps de partir à l’aventure dans cet univers fantastique en monde ouvert.

Bande-annonce de lancement

Ha, on me dit dans l’oreillette que l’on incarne, non pas un être humain, mais un renard anthropomorphe que l’on ne personnalisera pas en ce début d’aventure, même si on pourra se spécialiser par la suite… Nommé Reik, une série d’événements malheureux vous entraînera dans une quête cruciale pour toutes les créatures pacifiques du royaume. Ainsi, vous quittez votre village et explorer le monde pour devenir de plus en plus fort pour affronter le mal qui essaie d’envahir votre bien-aimée contrée. Un pitch, pas des plus originaux, mais qui va vous emmener dans différents biomes spécifiques avec sa propre faune et vous fera voyager une quarantaine d’heures en fouinant tel un furet… euh non, tel un renard !

Autant vous dire qu’il n’est pas difficile à maitriser, avec un système au tour par tour presque en temps réel lorsque vous ne rencontrez pas d’ennemi. C’est très plaisant. Je ne le vois pas comme un Diablo-like, sachant que le nombre d’ennemis face à vous sera toujours limité à une demi-douzaine maximum et comme cela se joue au tour par tour, vous avez le temps de réfléchir à votre tactique  et les différents projectiles à éviter. Sa direction artistique et le dandinement de votre renard vous feront penser à 9th Dawn Remake.

Un monde en kit

Mais avant de parler combat expliquons tout simplement comment s’imbrique tout ce monde. Ce royaume ouvert se présente comme un Baldur’s Gate : Une carte générale décomposée en différentes régions, dans lesquelles vous allez pouvoir voyager en y accédant par les côtés. Sachant qu’on a le brouillard de guerre, une nouvelle région, même déjà visitée, restera dans le noir absolu et la vision de votre personnage est gênée par les obstacles, voire les hautes herbes. Sur l’écran de jeu, on est très limité par le champ de vision et par sa distance de vue, et on est heureux de voir des icônes de danger apparaître dans les bords de l’écran, signal qu’un ennemi vous a repéré.

Astuce : Profitez pour une fois des bonnes astuces de L’Archiviste pour manier la bête : sachez qu’en appuyant sur le bouton droite de la souris, on peut décentrer la vue par rapport à son personnage pour visiter la carte, sans voir les ennemis non détectés. Mais, il est plus simple d’appuyer sur la touche « Verr. Maj. » et vous avez un dézoom de 3 fois votre champ de vision qui vous permet d’en voir suffisamment et même de vous déplacer directement, en cliquant sur cette carte le plus loin possible pour vous voir gambader rapidement, si aucun belligérant ne se signale.

Quant à la carte générale, il est possible de cliquer sur un lieu visité et contre un peu de consommables, vous pourrez vous y rendre instantanément. Il existe aussi d’autres consommables qui vous permettront de vous téléporter au dernier feu de camp. Mais je reviendrai sur ce point un peu plus tard. On a donc une gestion plutôt réussie des déplacements et des voyages dans ce monde.

De plus, on note que la carte générale découpée en régions vous donne le détail de chacune d’elle : points d’intérêt et niveau de difficulté. Cela permet de savoir où se rendre sans passer de vie à trépas en trois coups de croc.

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La région en vision normale
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Caractéristiques, inventaire & équipements

Un gameplay tranquille

Vous déplacez donc votre personnage assez facilement et le rythme est bon. Lorsque vous rencontrez un ennemi, vous apprenez à le vaincre selon ses techniques de combats/patterns en rouge à certaines occasions, lorsqu’il affecte une zone. Cela peut être un insecte qui vous fonce ou crache dessus, ou des créatures fixes qui vous attirent vers elles avec leur langue. De plus, pour compléter le musée des horreurs, certaines créatures qui meurent rejettent du poison qui peut vous affecter pendant quelques tours. On regrette tout de même dans les combats que les créatures puissent passer par les limites des régions sur les bords, alors que si vous le faites, votre héros quitte la région pour passer à la suivante. Et si vous y revenez au tour suivant, l’ennemi est de nouveau flambant neuf.

Pour combattre les créatures, vous allez vous spécialiser avec votre équipement de prédilection (épée, arc, lance, main nue, magie) et acquérir des compétences spécifiques que vous pourrez utiliser en consommant du mana ou de l’endurance. Autant vous dire que ce début de partie se résume à manger des consommables d’endurance, de vie ou de mana qui durent un nombre de tours importants et à affronter les créatures. Si vous ne le faites pas, vous risquez de mourir rapidement car vous ne pourrez pas activer des compétences qui ont aussi un temps d’attente avant réutilisation (le cooldown, comme on dit en anglais). Mais, en restant plutôt prudent, on avance tranquillement… ou pas. Mais j’y reviendrai un peu plus tard.

En tout cas, c’est simple à jouer avec maximum 5 compétences à gérer, plus votre attaque de base. Et si les créatures sont balaises par moments avec des boss, ou si vous n’avez pas le niveau, il faudra faire demi-tour ou mourir tout simplement. Car cela a beau être un monde ouvert, vous n’irez pas dans les régions les plus avancées, car soit elles seront inaccessibles, soit les créatures présentes vont vous calmer illico. Un grind est donc nécessaire dans tous les cas.

Du matos à foison

Un renard anthropomorphe, ça s’équipe comme un humain. Il a donc un inventaire illimité, mais aussi des équipements comme on pourrait en trouver dans un action-RPG. Deux ensembles d’armes, à changer en un tour de jeu, casque, torse, deux anneaux, bottes pour ne pas se salir les pattes, pantalon, et deux talismans. Rajoutez à cela des raretés pour chaque équipement et certains qu’on ne trouve que sur les boss ou dans des trésors dont on combine les cartes pour les déterrer et vous aurez une idée de la richesse de l’équipement.

On a aussi des consommables de tout genre avec une bonne panoplie d’effets possibles. D’ailleurs, la chasse au trésor est un jeu dans le jeu, assez cool à suivre si vous avez une pelle et la carte qui va bien. L’équipement ne se casse pas, les munitions sont inexistantes, donc illimitées. On pourra aussi aller voir le forgeron pour changer une capacité qui ne nous plaît pas à condition bien sûr d’avoir de l’argent et d’avoir fait démonter auparavant une arme afin de récupérer la capacité qui nous plaît. Il s’agira donc de maximiser son équipement tout autant qu’on construira son personnage. À cela, on rajoute des équipements permettant de fabriquer des tonneaux explosifs ou des mannequins qui pourront servir contre les ennemis, si vous êtes du genre ingénieur.

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D’un côté, on peut upgrader nos équipements avec le niveau et le matériel nécessaire
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De l’autres, on peut modifier les bonus de nos équipements en les récupérant sur d’autres.

Un monde simple et efficace

Et au niveau social, cela donne quoi ? Vous avez des villages dans lesquels vous allez croiser des donneurs de quêtes, des commerçants, parfois les deux, parfois spécialisés dans un rôle. Ce ne sont pas des dialogues avec moult possibilités de réponses, et vous ne les résoudrez qu’en partant à l’aventure. Autant vous dire que c’est de la quête FedEx, tout comme la quête principale. « Allez mon petit renardeau, descend au sud rencontrer le chef du village, qui t’enverra à l’ouest voir le prochain lieu à découvrir…. » Quant aux personnages non joueurs, ils sont immobiles et inactifs au cas où un ennemi passerait par là. Ils vous attendent à l’extérieur, les intérieurs vous sont interdits sauf si ce sont les mines, cavernes et donjons.

Tout cela reste basique et cela me fait penser que ce jeu est avant tout un action-RPG au tour par tour avec beaucoup de combats, entre chaque village, et des créatures qui réapparaissent lorsque vous quittez la région le jour suivant. On se familiarise donc et ensuite on grinde en espérant le loot légendaire.

Et si on parlait du système d’évolution ? À chaque passage de niveau, vous gagnez un point à placer dans vos caractéristiques, au choix, quand vous le voulez et un point dans vos compétences que vous ne pourrez ajouter qu’au feu de camp. Vous pouvez donc débloquer des compétences spécifiques (selon vos armes de prédilection) ou d’autres qu’il faudra débloquer par des livres disséminés dans le monde ou vendus par les marchands, qu’il faudra aussi débloquer avec des points au feu de camp. À noter que le français est de qualité, même si parfois cela manque de clarté et on aurait aimé davantage d’éclaircissements.

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Des livres qui débloquent des compétences spéciales
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Compétences à débloquer selon vos choix d’équipements.

Un monde qui va mal

Voilà, en arrivant jusque là, vous vous dites que c’est cool et qu’on peut l’acheter les yeux fermés. Mais que nenni, il y a un point ESSENTIEL qui va changer votre vision du jeu : le système de sauvegardes. En effet, il est pourri. Il n’y a rien d’autre à en dire et c’est très triste, car il plombe le titre. En effet, on ne peut sauvegarder uniquement en trouvant des feux de camp. Autrement dit, vous devez être très prudent en ce début de partie, car la mort vous fait tout perdre et vous renvoie au dernier feu de camp visité. On se croirait dans un Dark Souls et cela peut énerver : vous vous baladez dans une région et un script vous indique que vous vous retrouvez entouré par des brigands qui vous tuent sans sommation et vous vous retrouverez au dernier feu de camp…

Alors oui, on peut se téléporter n’importe où sur la carte si on a un consommable spécifique, ou vous téléportez au dernier feu de camp avec un autre, mais avec les ennemis, on n’y pense pas tout le temps et la mort vous oblige à recommencer encore et encore certains passages difficiles. Et si vous avez trouvé une arme légendaire et que vous mourrez sans sauvegarde, elle sera perdue.

Par la suite, lorsque vous aurez monté de niveau, cela ira mieux. Les feux de camps sont nombreux, mais il vous faudra en trouver certains entre les villages, sinon les aller-retours risquent d’être longuets. Et là aussi, cela peut poser problème. Car il m’est arrivé de me retrouver dans un feu de camp hors village occupé par des ennemis, alors que je l’avais « nettoyé ». Et en cas de mort, vous vous retrouvez dans ce même feu de camp avec ces mêmes ennemis.

On note aussi que si vous pourrez placer vos compétences dans des slots rapides, cela ne se fera qu’au prochain passage de niveau au feu de camp. Ou alors, je n’ai pas trouvé l’option. Du coup, avec deux ensembles d’armes possibles et 5 compétences chacune, il y a de quoi faire, mais au bout de 20 heures, la stratégie finit par être toujours identique, même si les ennemis peuvent varier et même si vous avez des lieux qui vous permettront de réattribuer vos points.

Et pour finir sur ce sujet, le jeu n’offre qu’un slot de sauvegarde automatique pour une même partie. Mais que s’est-il passé dans la tête du créateur ? Ajoutez à cela une bande-son qui n’est pas forcément mémorable, car trop répétitive et vous aurez fait le tour des choses qui fâchent.

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A définir
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A définir

Si cela passe, ça va aller

On appréciera bien plus loin dans le jeu,  un lieu qui vous permettra de vous comparer aux joueurs du monde entier, grâce à votre score de réussite et qui est en plus un passage obligé  dans le scénario. Je n’en dis pas plus, pour ne pas vous spoiler la suite, mais si on peut être attiré par cette fonctionnalité pour se mesurer aux autres, au niveau du pitch principal, cela oblige une montée en puissance de son personnage qui n’est pas des plus original.

Alors si ces défauts ne vous gênent pas, vous allez apprécier ce titre simple et propre tout autant au niveau de sa stabilité et de son absence de bugs. En tout cas, je n’en ai vu qu’un seul et je n’ai eu qu’à relancer la partie pour le résoudre. La maniabilité à la souris est très efficace, n’ayant pas essayé à la manette, même si Of Blades & Tails au tour par tour doit se gérer parfaitement vu le peu de touches à utiliser. De plus, si vous vous spécialisez dans une technique particulière, il y aura moyen d’avoir de la rejouabilité avec un autre style de gameplay complètement différent, même si vous avez deux sets d’armes et assez de points de compétences pour compléter deux branches en fin de partie.

Of Blades & Tails est avant tout un action-RPG en pixel art, au tour par tour rafraîchissant. C’est stable, mignon, énergique et permet de se détendre une bonne quarantaine d’heures, même si le grind est obligatoire et le système de sauvegarde est à jeter car vous n’en avez pas un contrôle complet. Alors un monde ouvert, qui vous propose une sauvegarde automatique à des points précis de la carte, cela ne pousse pas à l’exploration sauvage, car la punition est sans appel : mort, on recommencera au dernier feu de camp débloqué. Mais si vous acceptez le challenge, alors ce sera du tout cuit, tant que vous ne vous montrez pas trop exigeant niveau « éléments de RPG » et scénario.

Univers en monde ouvert sympathique
– Simple, efficace, plaisant
– Stable
– VF propre

– Action-RPG au tour par tour (on aura tout vu !) et pas RPG

Note testeur 07 sur 10
Note RPG 3 sur 5

Système de sauvegarde crispant
– Un slot de sauvegarde automatique
– Un scénario principal qui manque d’envergure
– Un grind obligatoire

L'archiviste
L'archiviste
Administrateur de RPG jeux vidéo. Très vieux Joueur du siècle dernier. Testeur et rédacteur amateur depuis 1999 de RPG, même les pires. Relecteur bénévole de traductions de nombreux jeux vidéos RPG. Ancien membre de RPGFrance et de Dagon's Lair.
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