lundi, avril 12, 2021

L’histoire des JDR sur ordinateur #2 – Partie 14 : L’âge d’or (1985-1993)

Relire la partie 13

Might and Magic : A Brave New World

Bien qu’il y ait eu des dizaines et des dizaines de séries de CRPG à succès au cours des décennies, les plus durables sont Ultima, Wizardry et Might and Magic de New World Computing. En effet, chacune de ces séries a eu de nouveaux opus dans les années 2000. Cependant, les trois opus de Might and Magic semble parfois trop rester dans l’ombre de ses frères aînés. Néanmoins, c’est une série intéressante qui a apporté plusieurs évolutions clés au genre.

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Might and Magic (DOS). Je veux ce casque, et je le veux maintenant.

Might and Magic: The Secret of the Inner Sanctum  a été clairement un travail d’amour par le développeur Jon Van Caneghem et sa femme Michaela. Caneghem a fait la majeure partie du codage et de la conception lui-même, puis a cofondé New World Computing avec Michaela et Mark Caldwell. Le jeu a fait ses débuts sur Apple II en 1986, puis a été porté sur les plateformes C-64, MS-DOS et Mac un an plus tard.

Les critiques de l’époque lui ont fait des éloges, le comparant très favorablement à la concurrence (c’était à l’époque où The Bard’s Tale séduisait un large public pour le genre). Le plus grand attrait semblait être l’immensité du monde du jeu, Varn ; il y avait plus de 4 000 lieux et 55 zones à explorer ! De plus, le jeu était beaucoup plus libre que la plupart des autres en permettant aux joueurs d’explorer la carte comme ils le voulaient, plutôt que les séquences fixes de nombreux jeux de l’époque. Il offrait une perspective à la première personne et de très beaux graphismes (mais pas d’animation).

Might and Magic : Book One – Secret of the Inner Sanctum sur Apple II (1986)

Might and Magic a été le pionnier de plusieurs éléments de gameplay qui allaient apparaître dans des jeux ultérieurs comme Wizardry VI: Bane of the Cosmic Forge, comme le fait de faire jouer un rôle important dans le gameplay à la race et au sexe des personnages. Par exemple, l’un des royaumes de Might and Magic est strictement opposé aux hommes, et un groupe exclusivement masculin ne sera pas le bienvenu. De même, l’alignement des personnages (c’est-à-dire le bien, le neutre ou le mal) joue un rôle dans les endroits que le groupe peut visiter.

Enfin, la difficulté du jeu est considérablement inférieure à celle de la plupart des autres jeux du marché, et il est donc très populaire auprès des joueurs qui ne sont pas encore prêts à s’attaquer à Wizard’s Crown ou encore à  The Bard’s Tale. (Il faut noter que les premières versions du jeu commençaient avec des personnages sans argent et sans armes mais avec des massues ; de nouvelles versions ont rapidement été publiées qui proposaient un groupe de départ beaucoup mieux préparé).

Le combat est une simple affaire de texte, les forces des monstres étant équilibrées afin de ne pas submerger l’équipe du joueur. Même si le groupe est mort, les joueurs peuvent facilement restaurer le jeu à l’auberge la plus récemment visitée.

“CEPENDANT, UNE GRANDE PARTIE DU PLAISIR DE TOUT JEU DE FANTAISIE RÉSIDE DANS LA CRÉATION DES PERSONNAGES AVEC LESQUELS VOUS PARTEZ À L’AVENTURE.” –FROM THE MIGHT AND MAGIC INSTRUCTION MANUAL.

L’intrigue se concentre sur six aventuriers dans une quête pour découvrir le Secret of the Inner Sanctum, bien que peu d’informations soient fournies au départ sur cette quête ou son but. En effet, la quête ultime est volontairement vague et laissée aux joueurs pour qu’ils la reconstituent au fur et à mesure de leur exploration de Varn. Comme les premiers jeux d’Ultima, Might and Magic contient un mélange d’éléments de fantaisie et de science-fiction. Il contient également l’un des meilleurs manuels de tous les premiers CRPG, une reliure spirale avec une carte de Varn dépliante. En bref, le premier jeu Might and Magic a fait une grande impression sur les critiques et les joueurs.

NOTE de RPG Jeux Video : Plus d’informations sur Might and Magic: The Secret of the Inner Sanctum, dans ce gros dossier.

Might and Magic II: Gates to Another World … sur Sega Genesis

New World Computing a publié la première suite, Might and Magic II: Gates to Another World, en 1988. Bien que le moteur soit resté pratiquement le même, les graphismes ont reçu un coup de pouce avec l’EGA et le monde déjà vaste a été élargi. Les plus grands changements sont l’auto-map, les nouvelles classes de personnages, plus de sorts et la possibilité d’autoriser deux personnages non joueurs appelés “hirelings” (mercenaire) à entrer dans la groupe.

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Might and Magic 2 (C-64). Parce que lancer les dés, c’est ça D&D !

Il est intéressant de noter que l’outil d’auto-cartographie est une compétence (Cartographie) qui doit être apprise par un personnage ; elle n’est pas active par défaut. Comme son prédécesseur, Might and Magic II: Gates to Another World est un jeu peu structuré qui offre aux joueurs une grande liberté de mouvement dans le monde du jeu (cette fois, “Cron”). Cependant, les joueurs finissent par apprendre que Sheltem, le méchant du premier jeu, est sur le point de détruire Cron en le forçant à s’approcher du soleil. Pour gagner, il faut non seulement traverser Cron en profondeur, mais aussi voyager à travers quatre plans élémentaires et même dans le temps.

De nombreuses surprises attendent le joueur, notamment des dispositifs qui changent le sexe des personnages ! Comme dans les précédents jeux Phantasie de SSI, les personnages vieillissent et meurent peu après avoir atteint 75 ans.

NOTE de RPG Jeux Video : Plus d’informations sur Might and Magic II: Gates to Another World, dans ce gros dossier.

Might & Magic 3: Isles of Terra sur Mac (1991)

Might and Magic III: Isles of Terra est sorti en 1991, et a été le premier jeu de la série à utiliser les nouvelles cartes graphiques VGA du PC, ainsi que la carte son pour les effets et la voix numérisée. C’est également le premier Might and Magic à offrir un support pour la souris. Plusieurs caractéristiques intéressantes méritent d’être mentionnées, comme les portraits de personnages à l’écran qui changent pour refléter le statut et l’humeur de chaque personnage (c’est-à-dire content, endormi, transformé en pierre…), les cinématiques d’ouverture de l’histoire et les “pierres de vie”.

Ces “pierres de vie” ont simplifié le système traditionnel de points de vie avec un système de code couleur – vert pour les bons, jaune pour les moins bons et rouge pour les presque morts (et même code pour les monstres). Parmi les autres améliorations, citons le combat à distance, un système de sauvegarde plus libre et une gestion des quêtes incomplètes. Un dernier clin d’œil pour les novices est un bouton qui, lorsqu’on appuie dessus, ramène instantanément le groupe dans une auberge. Cependant, ce bouton de sauvetage a un coût : chaque personnage perd un niveau d’expérience.

NOTE de RPG Jeux Video : Plus d’informations sur Might and Magic III: Isles of Terra, dans ce gros dossier.

Might and Magic 4-5 par Valandryl

Avec le quatrième jeu, Might and Magic IV: Clouds of Xeen de 1992, New World Computing a discrètement abandonné le support des autres plateformes pour se concentrer sur MS-DOS (bien qu’un combo spécial de 1994 appelé World of Xeen ait été porté sur Macintosh). Might and Magic IV: Clouds of Xeen et Might and Magic V: Darkside of Xeen de 1993 sont en fait une grande quête divisée en deux parties : le but ultime est la destruction de Sheltem.

En effet, les deux jeux peuvent être combinés en un seul jeu appelé World of Xeen, qui donne accès à des zones non disponibles dans l’un ou l’autre des jeux autonomes (ce qui représente environ un quart de la taille du jeu). Les deux jeux n’offrent que de légères améliorations au moteur de base utilisé dans les Isles of Terra, mais New World Computing a fait bon usage du nouveau support de stockage sur CD-ROM en y ajoutant des bandes sonores de qualité.

En 1996, New World Computing a été racheté par 3D0, et a continué à publier de nouveaux CRPG Might and Magic de qualité variable jusqu’en 2002. Cependant, en 2003, les droits sont passés à Ubisoft. Le dernier jeu Might and Magic, Dark Messiah (2006), est un jeu de tir à la première personne développé par la société française Arkane Studios, et semble avoir peu de choses en commun avec ses célèbres prédécesseurs.

Lire la partie 15

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Killpower
Joueur depuis très longtemps. Testeur et rédacteur depuis 1999 de RPG, même les pires. Relecteur de nombreux RPG traduits bénévolement.

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Slow__Hand

Aaah Might and Magic … <3
Merci pour l’article (comme pour les autres d’ailleurs), toujours intéressants !
Juste petit détail pour pinailler, le dernier jeu estampillé Might and Magic c’est le X : Legacy, en 2014, développé par Limbic Entertainment (mais vraiment parce que je suis chiant et que je l’ai bien aimé aussi, même s’il a “moins d’âme” que les autres).

Slow__Hand

Aaaah cool ! J’ai hâte !

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