Avez-vous déjà entendu parler de Age of Decadence ? Sorti en octobre 2015 et développé par Iron Tower Studio, ce RPG très complet nous transporte dans un monde où l’Empire romain règne d’une main de fer. Son scénario particulièrement prenant réserve également des révélations inattendues. À la suite du succès rencontré par le jeu, les développeurs ont travaillé sur un spin-off intitulé Dungeon Rats, sorti en novembre 2016. Voyons ce que réserve cet opus…
Une histoire en retrait
Nous incarnons un condamné envoyé dans une sorte de mine faisant également office de prison. Un dénommé Barca nous confiera quelques missions. La première donnera d’ailleurs le ton de toutes les autres : il n’y aura que des affrontements ! Ne vous attendez pas à pouvoir résoudre les situations autrement. Tout se réglera dans le sang. D’accord, nous sommes entourés de prisonniers peu recommandables, mais quand même ! Quelques très rares options de dialogue seront proposées, mais elles permettront seulement de recruter un personnage qui trahira les siens. Il faudra malgré tout se coltiner tous les autres ! C’est dommage, car le contexte est intéressant, mais il n’est développé qu’à travers quelques répliques de nos compagnons.




Le protagoniste et son groupe auront pour objectif de fuir cet enfer souterrain. Pour retrouver la lumière du jour, ils devront parcourir plusieurs étages.




Vivre par l’épée (entre autres)
Après avoir créé son avatar, il faudra rapidement s’orienter vers une catégorie d’armes précise et s’y consacrer. S’éparpiller ne fera que vous mettre des bâtons dans les roues. La variété de l’équipement est appréciable : lances, divers projectiles, etc. Si un allié ne possède pas de bouclier, il faudra impérativement investir dans l’esquive.
Des objets spéciaux permettront également d’infliger des altérations d’état à vos adversaires à l’aide de poison, de filets, etc. Les combattants pourront aussi compter sur leurs compétences liées aux armes pour tenter de renverser ou de désarmer leurs ennemis.








Aide-toi, le ciel t’aidera (peut-être)
Pour espérer s’en sortir, il faudra s’intéresser à l’artisanat. Le système est plutôt riche et permet de fabriquer son propre équipement. Pour cela, il faudra collecter les ressources disséminées un peu partout et surtout copier le plan de l’objet que l’on souhaite fabriquer afin d’en apprendre la recette et d’en créer une version plus performante.
Il faudra donc spécialiser au moins deux équipiers : l’un dans l’alchimie et l’autre dans la forge. Les laisser sur la touche ne sera toutefois pas une solution, car seuls les personnages participant aux combats gagneront de l’expérience. Pour obtenir les matériaux nécessaires à la fabrication d’armes et d’armures, deux possibilités s’offrent à vous : les trouver au cours de l’exploration ou démonter les équipements que vous ne souhaitez pas conserver.




Dungeon Rats, ton univers (trop ?) impitoyable !
Ce RPG au tour par tour présente plusieurs particularités, mais deux points majeurs rendent l’expérience frustrante et particulièrement punitive.
Premier point : aucune sauvegarde n’est possible pendant les combats. C’est une manière pour les développeurs d’empêcher les joueurs d’abuser du « save scumming ». Sauf que l’idée ne fonctionne pas vraiment : si l’on se fait toucher ou que l’on rate une attaque dès le premier tour, on recharge tout simplement la partie. Les ennemis peuvent faire très mal : perdre 20 points de vie en un seul coup, c’est énorme ! La barre de vie d’un personnage tournant en moyenne autour de 50 points, vous comprendrez que deux gros coups peuvent suffire à l’achever. De plus, la mort est définitive. C’est également un véritable calvaire lorsque, vers la fin d’un affrontement, la RNG décide de vous troller : vous ratez toutes vos attaques, tandis qu’une crapule, le sourire aux lèvres, vous inflige un empoisonnement ou un saignement qui finit par vous tuer. Ce n’est pas amusant ! Si l’on pouvait sauvegarder pendant les combats, je n’aurais rien eu à redire !
Deuxième point : le système de soins pose un problème que je rencontre ici pour la première fois : il peut vous bloquer complètement et ruiner votre partie ! Je m’explique : il est impossible de se soigner pendant une bataille. Bon, d’accord. Pour récupérer des points de vie, il faudra consommer des baumes et des provisions. C’est précisément là qu’un piège silencieux et terriblement vicieux peut se refermer sur vous : ces deux ressources sont rares ! Si, comme d’habitude, vous soignez votre groupe afin d’aborder vos prochains adversaires en pleine forme, vous finirez par vous rendre compte qu’il ne vous reste plus rien ! Vous voilà alors avec un groupe mal en point et aucun moyen de le soigner : ni repos gratuit ni marchand auprès duquel vous ravitailler. Votre partie devient tout simplement impossible à terminer ! Bien joué, vous n’avez plus qu’à tout recommencer depuis le début : vous êtes piégé ! Franchement… c’est LE problème qui peut vous faire quitter le jeu et ne jamais y revenir. Ce n’est pas amusant : on est simplement puni. Est-ce que cela donne envie de recommencer ? Je ne pense pas.


Même au niveau de difficulté le plus bas, l’aventure reste difficile. En mode « Bon Gars », l’expérience est presque plaisante, mais lorsque la chance se ligue contre nous ou que le jeu nous envoie des créatures dotées d’une esquive élevée, on retombe en plein masochisme.

La barre de vie n’augmentera pas au fil des niveaux et vous ne gagnerez aucun point d’attribut ni aucun bonus. Si vous avez mal réparti vos points lors de la création de votre personnage ou mal choisi vos compétences, eh bien… vous vous retrouverez comme un idiot avec un avatar qui ne sert à rien, si ce n’est à vous conduire jusqu’à l’écran de « Game Over ». D’ailleurs, votre avatar n’a même pas besoin de mourir : l’un de vos compagnons se fait tuer à la toute fin d’un combat ? Inutile de continuer : on recharge !
Que dire de Dungeon Rats ? C’est un titre où la moindre erreur est synonyme de mort. C’est également l’un des rares jeux que je n’ai pas terminés. Je suis pourtant allé loin dans l’aventure, mais la lassitude s’installe rapidement… Puis vient l’exaspération, tandis que la patience s’amenuise, jusqu’à ce que survienne enfin le déclic : vais-je réellement continuer à m’infliger ça ? Recharger encore et encore ? M’énerver parce qu’il n’existe aucun moyen de limiter les dégâts ? Ou constater avec effroi que je n’ai plus assez de ressources de soin pour poursuivre l’aventure ? La réponse est évidente : non, merci. The Age of Decadence est un RPG bien plus travaillé et il possède maintenant une version française, que demander de plus ?
- L’univers est intéressant
- Combat avec de la stratégie
- Système d’artisanat complet
- Du tour par tour classique mais toujours aussi efficace
- Difficulté qui peut devenir absurde
- Un système de soins qui, s’il est mal géré, peut piéger le joueur et bloquer irrémédiablement sa partie !
- Que du combat, ne cherche pas à se renouveler
- Une bonne écriture mais hélas, trop en retrait



