Fire Field – Aperçu de l’accès anticipé

Un article 100% humain, pour un jeu développé en grande partie via l'IA.

Extrait du journal de bord de l’Archiviste au sujet de Fire Field durant la période du 13 au 17 mai 2026.

Jour 0 : Mercredi 13 mai 2026

C’est dans le courrier de la boîte mail de RPGjeuxvidéo que j’ai eu un premier contact avec Naoki Fujinaga, un Japonais de 45 ans qui m’a indiqué avoir créé un hack’n’slash old-school s’inspirant de Diablo II et d’Ultima Online : Fire Field. Il m’annonçait qu’il n’avait aucune connaissance en programmation au départ, et qu’il avait créé ce jeu en 90 jours avec l’aide de l’IA :

Extrait d’une discussion avec l’auteur Naoki : Fire Field est sorti sur Steam le 8 mai : action-RPG isométrique pur jus des années 1990, hommage assumé à Diablo II. Hack & slash, donjons générés aléatoirement, plus de 100 000 combinaisons d’affixes, combat en temps réel, système de résurrection en fantôme. Construit en 90 jours avec Claude Code par Anthropic : 120 000 lignes de code générées par IA, 100 succès Steam, sous-titres en 95 langues, et 70 doublages complets. Le titre et les mécaniques fondamentales rendent hommage à l’« épisode Rainz » survenu dans Ultima Online en 1997 : un joueur du nom de « Rainz » a tué Lord British, alors réputé invincible, avec le sort « Fire Field » — un moment à jamais gravé dans les annales des jeux en ligne.

J’ai alors pensé que l’auteur – je ne vais pas l’appeler développeur, car il ne l’est pas pour moi – était soit audacieux, soit fou, car la période actuelle est peu propice à accueillir des jeux créés à partir d’IA. Bon nombre de développeurs, de journalistes, d’employés de tous métiers sont partis en croisade contre ces IA, qu’ils jugent néfastes à l’humanité. Autant dire qu’il se lançait dans une expérience risquée. Vous rendez-vous compte : aucune connaissance en informatique et pourtant il avait créé un jeu en trois mois. Trois mois ! Un trimestre ! 90 jours ! Et traduit en 95 langues !

Et comme je m’estime « ouvert d’esprit », je me devais d’aller plus loin pour savoir si c’était une plaisanterie ou un véritable projet qui avait des chances de donner quelque chose de viable. Ce qui voudrait dire que le destin des jeux vidéo pourrait passer par ces nouveaux troublions, manipulateurs de l’IA. Une vision d’avenir, en quelque sorte…

Je lui ai donc demandé une clé pour me lancer dans l’aventure.

Fire Field 001
Le menu… y a pas un truc qui cloche ? La reconfiguration des déplacements ? Que nenni.
Fire Field 002
Le jeu au 14 mai.

Jour 1 : Jeudi 14 mai 2026

C’est donc le lendemain que je reçois cette clé qui me permet d’installer cet objet de curiosité, pour vous livrer mon aperçu. Je ne m’attendais pas à grand-chose, car, parmi tous les essais de jeux vidéo que j’avais vus sur Internet, les jeux créés par IA étaient plutôt de pâles copies ridicules de jeux de vrais développeurs, que de véritables titres avec leur propre identité. C’était donc l’occasion de conforter mon avis négatif  sur l’IA générative.

Et d’entrée de jeu, Fire Field n’échappe pas à la règle. Dès la première note de musique et les premières images, on est face à une copie de Diablo. On est donc en terrain connu, enfin pour ceux qui connaissent l’original de 1997. En effet, on retrouve dans la présentation du titre, la police si familière à la licence Diablo.

L’introduction dictée par une voix féminine en français est un peu nasillarde et pas très naturelle, et ne correspond pas tout à fait au texte affiché. On aura ce même problème avec toutes les voix en français des PNJ du jeu. S’il est entièrement doublé, les mots anglais sont énoncés avec cet accent français ridicule. Mais en fin de compte, on retrouve parfois ce défaut sur des jeux indépendants, donc pas de quoi fouetter un chat.

Le pitch est étrange : il donne la date de 1997 comme point de départ, alors que Fire Field est un dark fantasy. Je ne comprends pas tout. L’ambiance musicale est pesante avec des instruments souvent en solo : un piano, une guitare sèche, un saxo. Cela se veut austère, angoissant, triste. C’est plutôt bien fait et si je ne savais pas qu’une grande partie est de l’IA, je ne l’aurais pas cru.

Durant cet accès anticipé, vous n’aurez accès qu’à une seule classe sur les trois possibles. Le ranger et le sorcier arriveront prochainement. Les quatre caractéristiques qui composent votre personnage sont identiques à celles de Diablo, même si ce ne sont pas les mêmes termes. Tout transpire Diablo, on pourrait presque se demander si ce n’est pas du plagiat d’un jeu qui date de 1997… Tiens, c’est marrant, la date du pitch.

Je lance donc la partie : Et paf ! Premier problème majeur : les déplacements sont en WASD et sur nos claviers européens en QZSD, impossible de jouer correctement. Et bien sûr, les touches de directions ne sont pas reconfigurables ! En plus, on ne peut pas cliquer pour se déplacer avec la souris. Je vous l’ai dis, c’est du jeu à l’ancienne.

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C’est moche et c’est lent.
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C’est flou et c’est mal animé

Et à cela, s’ajoute un second effet (… Kiss Cool) : un effet de scintillement et de flou sur l’écran pas agréable à l’œil. Je ne comprends pas pourquoi l’auteur a pu adhérer à cette qualité de rendu. De plus, il faut pousser la luminosité à 100% pour voir quelque chose, dans cette pénombre omniprésente. Je me déplace donc tant bien que mal pour visiter ce village. L’échelle n’est pas respectée : des personnages trop grands pour des décors bien trop petits.

Et paf ! Voici le troisième effet Kiss Cool : C’est lent. Mais c’est lent ! Avec un champ de vision autour de mon personnage qui est ridicule. De plus, les déplacements de ce dernier, avec des animations pas folichonnes, ne sont pas synchronisés avec le bruitage des pas.

Oui, ce début de partie me conforte dans ma vision de l’IA, bonne à copier, tel un apprenti débutant dans le métier. Cela me donne envie de tout désinstaller. C’est à ce moment-là que j’ai fait un commentaire sur la news de présentation du titre sur le site, en vous indiquant de ne surtout pas l’acheter. Il avait beau avoir des avis positifs sur sa page Steam, il était évident que ces derniers étaient des faux ou tout simplement venant d’amis n’ayant jamais testé un action-RPG et encore moins un Diablo !

L’interface est identique à celle de son aïeul avec sa boule rouge de vie à gauche et sa boule bleue de mana à droite. L’interface avec “inventory”, “quest”, “status” est en anglais comme vous pourrez le constater. Il y a donc encore des problèmes de traduction, avec aussi des textes en japonais. On a aussi dans l’inventaire, des noms d’objets en anglais, alors que la description est en français. Et dans les problèmes qui apparaissent encore, on retrouve des textes en français du menu qui dépassent des cadres. On note toutefois, qu’en haut de l’écran, une interface présente la liste des options, mais on peut la cacher. Bonne idée pour ne pas oublier les touches.

En ce début d’aventure, vous voici dans un village et vous allez parler à l’Ancien. Ce dernier vous envoie chercher le forgeron parti récupérer un trésor au second sous-sol du cimetière (?). Si vous le sauvez, ce village saura vous apprécier. Mais il y a un problème de cohérence : alors que personne ne veut aller à sa recherche, comment les PNJ savent où est le forgeron ? Et en fait de cimetière, c’est dans l’église qu’il faudra se rendre pour retrouver le forgeron.

Fire Field 002
Oui, il y a un filtre pour vous tuer les yeux.
Fire Field 005
Plein de loot. Mais vous avez des jumelles, car, moi, je n’y vois rien.

Second point qui me fait tiquer : tout le monde m’appelle « citoyen de Rainz » alors qu’ils ne me connaissent pas et que selon l’Ancien, ils ne devraient même pas me prêter attention. En me baladant dans ce patelin, je croise un garde attaqué par trois squelettes. Je clique sur les ennemis pour prêter assistance à ce premier, ils meurent. L’homme me conduit un peu plus bas dans le village, lieu extérieur qu’il dit être son domicile, et me propose de prendre son coffre pour mon utilisation personnelle. Sauf que le coffre près de moi est inaccessible. Bug ? Au bout de quelques instants, en me plaçant différemment, j’arrive à l’ouvrir. C’est pas gagné cette histoire !

Bon, je m’aventure quelques secondes dans le donjon, mais avec ses fichues touches, je ne peux pas jouer. Et même si je peux changer la disposition de mes touches grâce à Windows, le changement des touches ne fonctionne pas dans le titre. Les animations sont poussives et j’ai l’impression d’être revenu dans les années 90. Mon personnage avance au ralenti dans le donjon qui ne me laisse pas une grande distance de visibilité. Je vois mes points de vie diminuer, mais je ne vois personne, ce qui est un peu dérangeant. En me déplaçant difficilement – je rappelle que je n’ai pas pu reconfigurer les touches – j’arrive vers un squelette archer qui finit par me tuer, même si j’occis deux rats au passage. Les potions que j’avais en ceinture, ne permettent pas de remonter les points de vie que d’un tiers, et j’ai tout consommé. Mais je suis mort quand même. On m’annonce que je peux être ressuscité par la soigneuse ou l’arbre magique de l’étage. Je retourne voir la soigneuse qui se situe près de l’entrée de l’église. Tout simplement pour arrêter de jouer.

À cet instant, je commence à écrire un aperçu en pourrissant l’auteur de cette grosse plaisanterie. Vraiment, 13 euros pour ça ! Une hérésie ! Du vol ! Une arnaque ! Sauf que je me ravise et au lieu de finaliser mon aperçu pour vous, lecteurs, je fais un copier-coller de tout ce qui est écrit au-dessus et je l’envoie à l’auteur. J’ai dans l’idée de mettre l’auteur devant ses erreurs de conception et quelque part de le défier en me demandant ce qu’il va pouvoir faire pour redresser la barre, s’il n’est pas développeur.

Jour 2 : Vendredi 15 mai 2026

Dès le lendemain, Naoki, toujours aussi respectueux, est heureux que je lui aie fait remonter les problèmes. Et en plus, figurez-vous, qu’il a tout réglé en 12 heures !

Extrait d’une discussion avec l’auteur Naoki : Comme vous le dites, en tant que jeu, il y a encore beaucoup à apprendre, et j’en suis bien conscient. Même si j’utilise l’IA, l’envie de créer un véritable jeu… a été bien réelle et la sincérité avec laquelle je m’y suis consacré ces trois derniers mois ont été bien réelles. C’est précisément parce que je m’y suis investi sérieusement que je veux accueillir des retours comme le vôtre, pleinement.

Je relance le jeu, qui fait une courte mise à jour, et je reconnais que tous les problèmes rencontrés ont disparu. Out les scintillements dans le village, même s’ils sont encore dans le donjon. Out la configuration des touches qui est maintenant opérationnelle pour les claviers AZERTY. Out la lenteur du jeu et le champ de vision étriqué. La luminosité est augmentée. Je peux enfin commencer à jouer sérieusement !

Il est donc temps d’aller visiter ce donjon. Le clic gauche permet de frapper une fois, donc il ne sert à rien de tenir le bouton appuyé. Le clic droit permet de lancer un unique sort choisi dans votre livre de sorts, qui coûte du mana et impose un temps de recharge. Ce sera le sort de soin pour le guerrier.

Fire Field 101
Le village a maintenant de la gueule avec un champ de vision plus important.
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Et les donjons aussi ! État du jeu au 17 mai.

Et on trouve de l’originalité dans ce titre : L’arme tenue en main a une compétence spécifique qui fonctionne avec un temps de recharge. Votre personnage est habillé visuellement en temps réel des affaires dont vous l’équipez, même s’ils ne sont pas identifiés. Des évènements interviennent au fil de votre exploration : outre les flaques d’acide un peu partout, des pieux surgissant des plaques qui vous font perdre de la vie, dans certaines salles, vous pouvez vous retrouver enfermé avec l’obligation d’occire une horde d’ennemis qui apparaissent pendant un temps limité.

Alors oui, l’échelle dans les donjons n’est pas plus respectée, ce qui n’est pas dérangeant, mais tout cela est perfectible. Dans tous les cas, on trouve beaucoup de tonneaux et de caisses qui contiennent pas mal de loot. C’est plaisant.

À chaque passage de niveau, votre personnage a 5 points à répartir entre ses 4 caractéristiques. Mais il n’y a pas de pop-up qui vous explique à quoi elles correspondent. À force de me battre, je manque de potions de soins, alors je remonte à la surface en laissant beaucoup d’objets au sol, n’ayant pas un espace d’inventaire très grand. Vous savez : Diablo quoi !

Après avoir fait le plein chez la soigneuse, je retourne dans les souterrains pour poursuivre l’aventure. Mais si le niveau n’a pas changé, les loots précédents ont disparu et des ennemis tout neufs m’attendent. Je n’avance guère, et je vous rappelle que je dois descendre au second niveau pour trouver le forgeron.

Les combats sont assez « lourds » sachant qu’il faut cliquer sur l’ennemi pour lui donner un coup, et cela reste approximatif, surtout avec un espèce de flou ambiant. De plus, pour le loot au sol, que ça soit de l’équipement ou des pièces, il faut cliquer dessus pour les ramasser.

Il y a un gros boss par niveau et ce qui devait arriver arriva : il faut savoir qu’en mourant, vous laissez votre équipement sur place, et sous forme de fantôme, vous devez retourner trouver l’arbre de vie du niveau pour qu’il vous ressuscite. Mais c’est à poil que vous vous retrouvez avec uniquement une dague de base. Cul nu, je retourne donc chercher mon équipement, et forcément les ennemis attendent là où je suis mort. Et … je meurs à nouveau. D’ailleurs, j’avais beau ramasser l’un de mes équipements au sol, mon personnage ne l’a pas enfilé automatiquement et je me dois d’aller dans l’inventaire pour le mettre. Sauf que vous imaginez bien qu’en plein combat, c’est la mort assurée. Me revoici donc fantôme, et impossible de réussir. Je vais voir l’arbre de vie, mais en me soignant, j’ai mon couteau et ma **** et je dois retourner chercher mon équipement. Et… je meurs. De nouveau. Vous voyez le problème ?

La boucle de gameplay va donc se résumer à cela. Mais j’ai une idée. En fantôme, je décide de partir explorer le souterrain car les ennemis me négligent sous cette forme. Je descends au second niveau et je n’ai plus qu’à poursuivre mon aventure. A l’entrée du niveau 2, il y a l’arbre de vie. A poil, mais vivant.

Il aurait été plus logique lors de ma mort, de me ressusciter hors du donjon, vers la soigneuse ou un téléporteur de manière à ne pas casser la boucle de gameplay, même si cette liberté permet de jouer différemment. En fait, il suffit de mourir, de visiter le niveau sous forme de fantôme et de trouver l’escalier pour descendre au niveau suivant, puis de revenir vous ressusciter pour foncer vers votre objectif.

Donc j’écris à l’auteur pour lui indiquer la difficulté du titre et une boucle de jeu très pénible avec tous les problèmes dont je vous ai fait part ci-dessus. Et vous savez quoi ?

Fire Field 103
L’or se ramasse automatiquement maintenant. Toute ressemblance avec un jeu de 1997 n’est pas fortuite. 😉
Fire Field 104
Les caractéristiques et l’inventaire.

Jour 3 : Samedi 16 mai 2026

Le lendemain, surprise ! L’auteur me contacte pour me dire qu’il a réglé tous les problèmes que je lui ai signalés et que je vais pouvoir continuer à jouer ! Il est donc capable, à partir de son code et de l’IA de rectifier son titre avec une telle rapidité que je suis bien épaté. Il gère parfaitement l’IA qu’il utilise.

Je peux donc redescendre dans le donjon, dont il a viré tous les filtres et qui est donc bien plus agréable à l’œil. Sans fioriture, je découvre un graphisme qui me fait penser à Exiled Kingdoms. D’ailleurs, après questionnement, l’auteur m’indique qu’il a utilisé les mêmes assets (FLARE), ce qui explique la ressemblance.

Je poursuis donc mon aventure et je rencontre encore des difficultés, des bugs, mais rien d’insurmontable et surtout des problèmes que l’on pourrait trouver dans n’importe quel jeu en accès anticipé. Chaque niveau descendu me fait rencontrer de nouveaux boss qui, à mon goût, manquent de charisme, et paraissent flous, mais me proposent à leur mort, une arme unique avec sa compétence particulière.

La boucle de jeu devient agréable avec tous ces changements et surtout je commence à prendre du plaisir, tout simplement parce que l’addiction est là : Je veux aller plus loin. Bien sûr, ce n’est pas parfait, mais Fire Field remplit son rôle de hack’n’slash old school. Bien entendu, si vous n’avez pas de bagage nostalgique, le titre va vous sembler bien terne, vieillot, et has-been.

Extrait d’une discussion avec l’auteur Naoki : Sur ce point aussi, je suis d’accord avec vous : je ne me considère pas moi-même comme un développeur. Si je peux faire un jeu aujourd’hui, c’est uniquement parce que des créateurs avant moi ont fait des jeux qui nous ont émerveillés, et qui m’ont donné l’envie d’en faire un à mon tour. Le respect que je dois à ces personnes — c’est quelque chose que je ne perds jamais de vue…

J’arrive au niveau 4 et je fais une chose non prévue par le jeu : Au lieu de lire le livre qui permet d’accéder au cinquième et dernier niveau, je remonte à la surface pour le vendre et réparer mon équipement, car ce dernier s’use. Et forcément, en me téléportant au niveau 4, il m’est impossible d’accéder au niveau 5. Pas de souci, je remonte à la surface pour racheter le livre au forgeron sauf qu’il n’apparaît plus sur son étal. Un joli bug qui m’empêche de finir cet accès anticipé. Tout comme le problème de réapprovisionnement des potions de soin chez la soigneuse, qui fait que vous devez relancer le jeu pour qu’elle en ait de nouveau en stock.

Et je fais de nouveau remonter le problème à l’auteur. Cette fois-ci, me voici devant un vrai bug et je me demande s’il va réussir à régler mon souci de livre et de réapprovisionnement. Et vous savez quoi ?

Fire Field 105
Le premier objet unique que vous remporterez sur le premier boss.
Fire Field 106
La tombe maudite vous fait vivre un évènement si vous la déclenchez. A moins que vous préfériez descendre au niveau inférieur. Les deux sont possibles…

Jour 4 : Dimanche 17 mai 2026

Oui ! Vous connaissez la suite. Naoki me contacte et m’indique comment résoudre mon problème en tapant des lignes de code dans la console du titre. C’est à partir de ce moment-là que je ne le considère plus comme un auteur, mais comme un vrai développeur, car il travaille sur le code. Il a résolu tous les bugs et les problèmes que j’ai pu rencontrer, qui rendaient son jeu bien trop bancal. Le titre semble gagner en modernité et devenir bien plus intéressant et ce, en 4 jours !

Alors, ce n’est pas parfait et il reste un titre oldschool que les plus jeunes vont détester, car beaucoup ne supportent pas la frustration. Mais quand vous connaissez le jeu d’origine, les 6 heures qu’offre cet accès anticipé se montrent bien plus agréables à l’heure où je vous parle. Oui je suis arrivé au bout de cette expérience et ce n’est pas parce que cette production est estampillée IA, qu’elle est plus mauvaise qu’un jeu développé par des humains ou qu’elle présente plus de bugs. L’auteur avait juste besoin d’être aidé au début de cet accès anticipé, un petit coup de pouce pour y voir plus clair et avoir des retours d’expérience. Il a ainsi pu orienter son développement avec plus de facilité.

Cela m’a pris 6 heures pour faire le tour de cet accès anticipé qui ne propose qu’une classe. Avec l’IA, je pensais être face à un clone de mauvaise facture et en fin de compte, je me suis fourvoyé. Heureux d’avoir gardé l’esprit ouvert et d’avoir eu cette expérience. Naoki a une grande maîtrise de cette IA, comme un architecte, et je suis agréablement surpris (et en même temps inquiet pour les développeurs humains pour l’avenir), car il a réussi à créer son propre jeu inspiré de Diablo, alors que sans elle, son projet n’aurait jamais vu le jour. Est-ce un mal ? Je ne pense pas.

Extrait d’une discussion avec l’auteur Naoki : … Honnêtement, votre premier retour n’a pas été facile à lire sur le moment. J’avais consacré trois mois entiers à ce jeu, et il m’a fallu un peu de temps pour bien recevoir vos remarques. Mais avec un peu de recul, je comprends que c’était précisément le retour dont j’avais besoin. Ce jeu n’en est encore qu’au tout début de son Early Access, il reste énormément à faire, mais c’est grâce à votre franchise initiale que ce premier pas a pu être posé.

Ce que je voulais créer au départ, c’était un jeu très simple, à la Diablo I. Pas une production moderne sophistiquée — juste quelque chose qui rappellerait, ne serait-ce qu’un peu, le choc et l’excitation que j’ai ressentis adolescent en découvrant Diablo et Ultima Online pour la première fois. Je sais que cette sensation-là ne peut plus être recréée à l’identique, mais je voulais essayer d’en transmettre une trace, pour ceux de ma génération.

Cependant, en écoutant les retours des joueurs ces dernières semaines — y compris les vôtres —, j’ai compris quelque chose d’important : aujourd’hui, même un jeu rétro nostalgique doit intégrer des éléments modernes pour être bien accueilli. Les joueurs d’aujourd’hui sont habitués au confort moderne, et le rétro pur ne suffit plus. C’est une vraie leçon, et je vous en suis reconnaissant.

J’ai aussi remarqué autre chose à travers tout ce processus : au Japon, l’IA dans la création artistique ou ludique ne semble pas susciter de réticence particulière. Quasiment personne autour de moi ne pose la question « parce que c’est de l’IA ». En Occident, en revanche, le sujet semble bien plus sensible et profondément enraciné que je ne l’imaginais. C’est une réalité culturelle que je découvre seulement maintenant, et qui éclaire pour moi la difficulté de votre position initiale — une critique ouverte à l’IA, qui devait quand même affronter l’opinion générale…

En conclusion, l’IA peut être géniale pour la création de jeu vidéo, si elle est utilisée par des développeurs ayant les compétences pour la suppléer, après la création de la base. Et il semble que cela soit le cas pour ce créateur, qui, sans elle, n’aurait jamais pu réaliser ce projet.

En 4 jours, son jeu a gagné en maturité, et même s’il n’est pas franchement original, évolue plutôt positivement. Dans tous les cas, je peux vous dire qu’il a gagné mon respect. Fire Field n’a peut-être pas l’étoffe d’un grand jeu -ce n’est pas son ambition- et ne mérite pas de coûter plus de 10€, mais pour le moment, il a ce petit quelque chose qui peut vous séduire, surtout si vous êtes un joueur nostalgique de Diablo, un titre d’il y a presque 30 ans !

L'archiviste
L'archiviste
Administrateur de RPG jeux vidéo. Très vieux Joueur du siècle dernier. Testeur et rédacteur amateur depuis 1999 de RPG, même les pires. Relecteur bénévole de traductions de nombreux jeux vidéos RPG. Ancien membre de RPGFrance et de Dagon's Lair.

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All_zebest

Ton article construit comme un journal avec quelques surprises m’a donné envie d’essayer ce jeu dont le développeur suscite le respect par son attitude humble et son dévouement au projet.

Dafalgan

Et vous savez quoi ? J’ai tellement aimé cet article que comme All_zebest , ca me donne envie de l’essayer de Fire-field. Même si sur le papier je prefere nourir un monsieur tout seul qui est vraiment tout seul qu’un monsieur tout seul qui se revendique tout seul et au final n’est pas tout seul. Oui l’iA dans ce cas la est a mes yeux plus qu’un outil mais bien un dévellopeur a part entiere. Mais la on est dans de la métaphysique et dans un probléme proche de Touring 🙂

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