À la fin de l’année dernière, Pluralys, le premier jeu du studio indépendant québécois Ivalys Studios, est arrivé en accès anticipé sur Steam. Rédigé à l’origine en français, il a attiré dès sa sortie l’attention en tant que cozy game pas comme les autres : ici, aucun combat, mais une proposition narrative mêlant extraterrestres, organisations secrètes et dispositifs capables de modifier l’espace-temps.
Sans la présence du combat, l’expérience repose avant tout sur l’exploration, la résolution d’énigmes et votre capacité à vous souvenir de détails essentiels. Sans plus attendre, commençons donc cette critique de Pluralys.

Dans Pluralys, vous incarnez Élie, une jeune fille de seize ans qui mène une vie en apparence ordinaire. Elle aime taquiner sa petite sœur, passer ses après-midis à jouer aux jeux de rôle avec ses amis Gab et Medie, et se promener dans le Secteur G, le quartier où elle vit avec sa mère et sa sœur. Tout semble banal, mais l’on découvre rapidement que son monde cache des secrets bien plus grands qu’elle ne l’imagine.
Même si le quotidien d’Élie paraît normal, la planète vit déjà en cohabitation avec les Zètres, une race extraterrestre arrivée depuis plusieurs années et désormais installée dans ce monde. Un peu à la manière de District 13, mais ici, les Zètres ont réussi à s’adapter et à coexister avec les humains, au point de devenir une composante naturelle de la vie de tous les jours.

Cette tranquillité est brusquement bouleversée lorsqu’un contact mystérieux fait son apparition sur Messenger Plus! et change radicalement la vie d’Élie. Cet inconnu lui révèle qu’elle est la seule capable d’influencer le cours des événements et lui confie un étrange dispositif appelé la pagette.
Cet outil permet à Élie de figer le temps, puis d’analyser des personnes, de déplacer des objets trop lourds, de pirater des systèmes de sécurité et d’accéder à des informations qu’aucun autre ne peut percevoir.

Comme je vous l’ai mentionné plus tôt, dans Pluralys, le combat n’existe pas, ce qui déplace le cœur du gameplay vers l’histoire et l’exploration. Chaque mission vous confie un objectif qui, parfois, peut sembler un peu flou, vous obligeant à parcourir les environnements à la recherche d’une personne, d’une maison ou d’une boutique afin d’accomplir votre tâche. Cette dynamique fait de l’observation et de l’attention portée aux détails des éléments essentiels à la progression.
Au début, cette approche se révèle originale et plaisante, mais après quelques heures, une carence importante se fait sentir : il n’existe aucune carte pour vous repérer. Je ne parle pas ici de marqueurs indiquant précisément où aller, mais au moins d’un repère spatial pour mieux orienter vos déplacements.
Cette absence devient encore plus perceptible dans certaines missions qui exigent d’aller d’un point à un autre pour des objectifs purement accessoires. Par exemple, à un moment donné, je devais prendre un train et me trouvais déjà à la gare, mais avant cela, il me fallait demander la permission à ma mère. Le jeu m’a alors contraint à traverser toute la ville jusqu’au quartier résidentiel, entrer dans la maison, lui parler, puis revenir à la gare. Ce genre de tâche ne fait qu’alourdir inutilement le rythme du gameplay.
Cela dit, certaines missions principales et secondaires parviennent réellement à captiver. C’est le cas lorsqu’elles prennent la forme d’un puzzle d’observation, où vous devez analyser l’environnement et utiliser la pagette pour résoudre la mission. Un bon exemple est celui où il faut se faufiler discrètement et échanger un tableau contre une version moins chère. Vous devez d’abord identifier la maison concernée, puis, grâce à la pagette, déplacer les meubles pour bloquer la vue du propriétaire et procéder à l’échange. Ce type d’énigme apporte une réelle variété et confère à Pagette une dimension presque détectivesque.

Au cours de l’aventure, vous rencontrerez également des mini-jeux qui mettent à l’épreuve votre précision et votre sens de l’observation. Parmi eux, ajuster les aiguilles d’une horloge, attirer un chat vers vous, ou encore jouer à Rom Cola, un curieux clone de Dr. Mario. Ces mini-jeux offrent une agréable diversité et permettent de rompre la monotonie des missions plus linéaires, apportant des moments plus légers à l’expérience globale.
Sur le plan technique, Pluralys combine un pixel art détaillé avec des illustrations de style anime pour les dialogues. Le résultat est un jeu agréable à regarder, dont les environnements sont construits avec soin : déserts, villes, intérieurs de maisons ou laboratoires futuristes. Le design des personnages, qu’ils soient humains ou extraterrestres, bénéficie de la même attention portée aux détails, rendant l’exploration visuellement captivante.



La bande sonore est également d’un excellent niveau et comprend des morceaux qui pourraient aisément passer pour des compositions orchestrales, donnant une dimension particulière à l’aventure. Il n’est d’ailleurs pas surprenant que les développeurs aient choisi de la proposer séparément, tant son écoute en dehors du jeu peut se révéler inspirante.
Bien qu’il s’agisse d’un accès anticipé, le jeu se montre remarquablement stable, sans bug graphique apparent. Il convient toutefois de préciser qu’il manque encore le chapitre final qui vient conclure l’histoire. Mais même dans son état actuel, Pluralys offre près de vingt heures de contenu, selon votre sens de l’orientation et la facilité avec laquelle vous trouverez votre chemin dans les différents environnements.
Pour conclure, n’oubliez pas que Pluralys est d’ores et déjà disponible sur PC via Steam à un prix réduit de seulement douze euros. Sa version définitive devrait voir le jour d’ici trois à quatre mois, le temps que les développeurs intègrent les retours de cette phase d’accès anticipé. De plus, une démo est également disponible afin que vous puissiez découvrir le jeu et plonger dans cette histoire aussi singulière qu’originale. Pour ma part, si je devais mettre une note, ce serait un 7/10. Par contre niveau RPG, via notre barême maison, ce sera un 1/10.


Trop cool! J’ai hâte a la sortie.