Développé par le studio indépendant français niçois Slormite Studios, et édité par Abiding Bridge, situé à Roubaix, The Slormancer est lancé en accès anticipé le 6 avril 2021. Il faudra attendre le 13 mai 2025 pour qu’il sorte officiellement en version 1.0. Véritable succès de niche, voyons plus en détail ce que ce titre a à nous proposer dans ce test…
Du pixel art coloré et une écriture saugrenue !
Les graphismes évoquent immédiatement l’esthétique rétro de l’ère 16 bits, tout en bénéficiant de quelques améliorations plus modernes. Lors des dialogues, le portrait du personnage qui prend la parole s’affiche à l’écran. Mais c’est surtout l’écriture volontairement absurde qui donne le ton et vient rapidement balayer l’aspect dark fantasy de l’univers. Le champion du monde, Bryan McRipped, meurt ainsi accidentellement après avoir ingéré de la mort-aux-rats versée dans sa boisson protéinée par le joueur. Il nous accompagnera ensuite sous la forme d’un fantôme. Quant à l’antagoniste, il se nomme Ohm Agad, le Slormancien : un joli jeu de mots !

J’ai particulièrement apprécié la présentation des personnages jouables. La petite mise en scène qui accompagne leur introduction est une excellente idée et leur donne un peu de personnalité. Hélas, ils ne prononceront que quelques répliques à cette occasion, avant de rester muets pour le reste de la partie. C’est bien dommage !



Tout au long de l’aventure, le jeu conserve cet humour décalé, multipliant les situations loufoques, des dialogues improbables ainsi que beaucoup de références et même des bris du quatrième mur !






Au fil de l’aventure, on sauvera régulièrement des villageois qui viendront s’installer dans la bourgade. Certains d’entre eux proposeront alors différents services, comme une boutique.
Un hack and slash dynamique !
Comme évoqué plus haut, le jeu nous permet d’incarner trois personnages aux styles bien distincts, chacun disposant de ses propres animations : le Mage Malicieux, un lanceur de sorts qui se promène les mains dans les poches ; la Chasseresse Féroce, une archère aux déplacements exagérément joyeux ; et le Puissant Chevalier, véritable cliché sur pattes du héros générique ! Le choix n’est toutefois pas définitif : on peut passer librement d’un archétype à l’autre pour varier les styles de jeu au fil de l’aventure.
Chaque membre du trio dispose de compétences qui lui sont propres. Au niveau 10, il faut choisir une spécialisation parmi trois possibilités pour chaque personnage. Ces choix permettent de modifier quelque peu le gameplay : la Chasseresse, par exemple, peut débloquer une aptitude lui permettant de devenir invisible et de poser un piège, tandis qu’une autre spécialisation lui offre un saut pour esquiver les attaques. Au total, neuf builds différents sont ainsi accessibles, de quoi varier les approches !
Ce n’est pas tout ! Le système de jeu se révèle étonnamment plus travaillé qu’il n’y paraît. Chaque classe dispose d’une ressource qui lui est propre, affichée en bas de l’écran et permettant d’obtenir divers bonus. De plus, les améliorations de compétences, que l’on peut acheter avec le Slorm récupéré sur les ennemis vaincus, peuvent se révéler complémentaires et ajouter de nouveaux effets à notre aptitude de soutien. De quoi enrichir encore davantage les possibilités offertes !
Laissez-moi vous présenter ces différentes mécaniques :
Le Mage Malicieux possède une roue composée de trois joyaux. À chaque sort lancé, l’un des joyaux change de couleur en fonction de la catégorie du sort utilisé. Prenons un exemple : si les trois joyaux sont de couleur arcanique, le joueur bénéficie d’une augmentation de 5 % de sa vitesse d’attaque.
La Chasseresse Féroce repose sur un système de deux états liés à sa Sérénité, une jauge qui augmente lorsque l’on utilise plusieurs fois la même compétence. Tant que celle-ci est positive, elle bénéficie d’une légère augmentation de sa vitesse. Lorsqu’elle atteint son maximum, la Chasseresse entre dans l’état « Ravie », un changement qui se reflète également dans son apparence, puisqu’elle arbore alors un sourire. À l’inverse, l’état « Tourmentée » correspond à son attitude par défaut. Certaines améliorations permettent également de tirer parti de ces différentes humeurs en accordant des effets supplémentaires, ce qui ajoute une dimension stratégique à son gameplay.
Le Puissant Chevalier est un combattant novice dont la principale force réside dans une Chance invraisemblable ! Au fil des combats, sa jauge augmente naturellement jusqu’à atteindre quatre paliers : 25, 50, 75 et 100. Chaque palier franchi lui octroie un bonus de 1 % de dégâts bruts, pour un total de 4 % lorsque la jauge est pleine. Mais ce n’est pas tout ! Une fois la Chance portée à 100, la prochaine compétence utilisée sera automatiquement Parfaite, déclenchant ainsi tous les effets associés aux améliorations débloquées. La Chance retombe alors à zéro, et le cycle recommence.
Ci-dessous, les builds que j’ai utilisés :




Le développement de nos personnages ne s’arrête pas là ! En plus des points d’attributs, un autre écran donne accès à un immense arbre de compétences appelé « Héritage Ancestral ». Les points étant limités, il faudra faire des choix judicieux parmi les nombreuses possibilités offertes. On peut ainsi débloquer des bonus passifs, comme une augmentation de nos points de vie, mais aussi accéder à de nouvelles compétences actives ! Cet ajout est une excellente idée, car il enrichit encore davantage les possibilités de personnalisation et permet d’approfondir la construction de nos builds. Pour vous donner une idée, voyez-le comme le système de Dévotions de Grim Dawn !

J’aimerais m’attarder sur une autre particularité du jeu : l’absence de potions de vie et de mana. Quelques objets permettent certes de lancer des sorts de soin, mais ils restent anecdotiques. Pour survivre et rester efficace au combat, il est donc essentiel de bien choisir son équipement. Vous aurez beau infliger de lourds dégâts et disposer d’une défense élevée, sans une bonne régénération de vie et de mana, vous ne tiendrez pas longtemps ! La régénération devient ainsi un critère déterminant dans le choix de votre équipement. Plutôt que de privilégier uniquement les dégâts ou la résistance, vous devrez trouver le bon équilibre pour pouvoir récupérer vos ressources suffisamment rapidement et tenir face aux ennemis !

La jouabilité se veut simple et efficace : les déplacements s’effectuent au clavier, tandis que les attaques se déclenchent à la souris. Le positionnement joue un rôle essentiel et la meilleure stratégie consiste à rester constamment en mouvement afin d’esquiver les coups et les projectiles ennemis.


Pour combattre, il nous faut une arme, ou plutôt un « Slorm Reaper » ! Ces armes uniques se récupèrent notamment en refermant des Brèches et se déclinent en épées, arcs ou bâtons selon le personnage incarné. Mais leur intérêt ne s’arrête pas à leurs dégâts : chacune possède un effet particulier susceptible de transformer notre façon de jouer et d’orienter la construction de notre build.
À force d’être utilisé, un Reaper accumule de l’expérience et gagne des niveaux, renforçant progressivement ses effets. Certaines armes peuvent également évoluer vers des formes supérieures lorsqu’elles atteignent des paliers précis, avec des bonus supplémentaires à la clé. D’autres ne disposent pas de cette évolution classique. Il faudra donc expérimenter et trouver celles qui s’accordent le mieux à notre style de jeu. Un système de progression particulièrement intéressant, qui donne envie de collectionner ces armes et de les faire évoluer au fil des combats !





Il existe plus d’une centaine de Slorm Reapers à découvrir pour chaque classe !
Regardons maintenant la personnalisation de l’équipement. Là encore, les mécaniques sont bien travaillées et offrent une belle variété de possibilités. On peut notamment reforger une pièce d’armure ou un accessoire dont les caractéristiques ne nous conviennent pas.

Le jeu propose également un système d’enchantement avec une petite subtilité : pour augmenter nos chances d’obtenir des bonus intéressants, il est préférable de conserver un objet équipé suffisamment longtemps afin de remplir sa barre de Potentiel. Il faudra donc faire preuve d’un peu de patience avant d’en tirer le meilleur parti !

Et tu farmes, farmes, farmes, c’est ta façon de jouer !
C’est le véritable cœur de The Slormancer : LE FARMING ! Pour ceux qui ne connaissent pas ce terme, il désigne le fait de répéter des actions ou de parcourir à nouveau certains niveaux afin d’accumuler des ressources, de l’équipement et de l’expérience pour renforcer son personnage. Dans les action-RPG, cette pratique permet de gagner progressivement en puissance, de surmonter plus facilement les combats difficiles et, à terme, de rouler sur ses adversaires !
Ce système ne me dérange pas lorsqu’il est laissé à la discrétion du joueur. La montée en puissance est bien réelle, et il est particulièrement satisfaisant de voir son personnage devenir de plus en plus redoutable au fil des combats.
Le problème, ce n’est pas le farming en lui-même, mais le moment où le jeu nous l’impose et nous OBLIGE à en voir le bout ! C’est, à mes yeux, un défaut majeur. Après avoir libéré la Princesse, on apprend que pour affronter le boss final, il faudra terminer des « Épreuves » et des « Défis ». Pourquoi pas, sauf que les développeurs nous obligent à tous les accomplir. À partir de là, le scénario disparaît presque totalement au profit des Expéditions, où il faut enchaîner les combats et farmer pendant des heures. La progression devient une corvée, et le plaisir de gagner en puissance laisse place à une répétition qui n’en finit plus. Ce qui était une liberté devient une obligation, et c’est précisément là que j’ai décroché de The Slormancer !
Honnêtement, j’aurais bien mieux accepté cette obligation de farmer si les développeurs avaient prolongé l’intrigue avec de nouveaux dialogues et des mises en scène, plutôt que de sacrifier presque entièrement le scénario au profit d’une succession d’Expéditions. Cette rupture brutale donne l’impression que l’histoire est abandonnée en cours de route. À défaut, une Nouvelle Partie+ aurait été une meilleure solution, en permettant de conclure l’aventure principale aux alentours du niveau 50, puis de laisser les plus acharnés poursuivre leur progression. Le farming aurait ainsi été un choix, et non un passage obligé pour voir la fin du jeu !

Les Expéditions constituent le mode dans lequel on passera le plus de temps, puisqu’elles représentent le principal terrain de farming. Avant de se lancer, on peut configurer son expédition et choisir sa difficulté grâce aux « Niveaux de Colère » : plus on augmente ce paramètre, plus les combats deviennent ardus, mais meilleures sont les récompenses. Chaque sous-mode propose également ses propres objectifs.
Le Champ de Bataille, par exemple, nous fait revisiter les environnements de la « Campagne » avec pour mission de fermer un maximum de Brèches. Le tout est organisé en étages infinis, permettant de repousser toujours plus loin ses limites… et de farmer encore davantage !


Pour suivre notre progression, notamment les nombreux hauts faits à accomplir pour débloquer l’accès au combat final, il suffit de consulter la catégorie « Profil », qui regroupe toutes ces informations.

Remarquez que j’ai pris soin d’alterner entre les trois personnages afin de maintenir un niveau de progression relativement équilibré entre eux !

Ce mélange de hack and slash et de dungeon crawler m’a laissé un sentiment mitigé. J’ai d’abord été séduit par la richesse des possibilités, la variété des compétences et une jouabilité efficace qui rendent les combats plaisants. Malheureusement, cet enthousiasme s’est progressivement émoussé face à l’ampleur du farming nécessaire pour poursuivre l’aventure et accéder au combat final. Si cette progression au long cours plaira sans doute aux amateurs de farming intensif, elle a fini par me lasser.
J’ai conscience que The Slormancer ne correspond peut-être tout simplement pas à mes attentes et que je ne suis pas nécessairement son public cible. Je comprends parfaitement que d’autres joueurs puissent apprécier cette quête permanente d’optimisation et de puissance. Pour ma part, j’ai arrêté après environ 17 heures de jeu, avec le sentiment d’avoir découvert des mécaniques intéressantes sans avoir eu la motivation ou la patience de les exploiter jusqu’au bout. Quant à ceux qui souhaitent débloquer tous les succès, ils devront s’armer de patience et y consacrer beaucoup plus de temps. Une chose est sûre : The Slormancer est particulièrement chronophage !
Au moment où je rédige ce test, les développeurs ont déjà évoqué de futurs ajouts, dont un DLC qui introduira un nouveau personnage jouable. De quoi enrichir encore les possibilités offertes par leur œuvre ! Affaire à suivre !
- Une personnalisation de classe très poussée avec beaucoup de possibilités
- Chaque personnage est différent et unique
- Le système des Slorm Reapers avec leur évolution est une bonne idée
- Une jouabilité très dynamique et accessible
- Une gestion de l’équipement très intéressante, qui responsabilise le joueur
- Une ambiance réussie et une direction artistique soignée
- Une écriture teintée d’humour
- Un véritable sentiment de progression tout au long de l’aventure
- Une bande originale de qualité
- Un farming excessif et obligatoire pour débloquer l’accès au boss final et terminer l’histoire !
- Une répétitivité qui s’installe au fil des heures, faute d’une variété suffisante !
- Des bugs d’animation chez les PNJ, qui ont tendance à tourner sur eux-mêmes
- À l’exception des armes, les pièces d’équipement ne modifient pas l’apparence des personnages
- Un scénario qui passe totalement au second plan et s’efface quasiment dès que les « Épreuves » deviennent obligatoires
- Des personnages jouables qui manquent de dialogues et de développement
- Des combats parfois illisibles tant les effets et les ennemis envahissent l’écran
- Impossible de sauvegarder manuellement en mission ou en expédition




Un titre que je n’ai pas encore testé mais j’ai hâte. Mais pas assez de temps… trop de jeux. Merci pour ce test Thunker.