Après une première extension réussie bien qu’un peu courte, CD Projekt nous avait promis une ultime extension pour The Witcher 3 avec cette fois-ci encore plus de contenu. Disponible sur PC, PS4 et XBox One pour la modique somme de 19.99€, The Witcher 3 : Wild Hunt – Blood and Wine nous emmène dans les luxuriantes contrées de Toussaint. C’est parti pour un voyage dans le pays des cigales et du raisin !

Tout commence par un contrat

Une fois n’est pas coutume, c’est grâce aux panneaux d’affichage présents dans différentes bourgades, ce célèbre équivalent médiéval du “bon coin”, que notre sorceleur préféré se voit contacté par la duchesse de Toussaint en personne. Elle a même pris soin d’envoyer deux de ses preux chevaliers aux titres ronflants : Palmerin de Launfal et Milton de Peyrac-Peyran pour escorter le sorceleur jusqu’aux portes de son duché situé bien au sud de Novigrad et des royaumes du nord. Sa mission : traquer une bête tueuse en série qui semble s’attaquer aux nobles chevaliers de la région.


Bien entendu, libre à vous, joueur, de partir bille en tête pourchasser la bête ou de préférer flâner un peu sur ces nouvelles terres baignées de soleil à la recherche de contrats et autres quêtes annexes. La quête principale s’articule vraiment comme un thriller, Geralt devra exploiter ses talents de détective et de négociateur pour découvrir ce qui se cache derrière une affaire qui n’est déjà pas simple d’apparence. Vous découvrirez que les complots, les manipulations et les rebondissements seront nombreux avant de pouvoir découvrir le fin mot de cette histoire. Encore une fois, je préfère ne pas trop vous raconter de quoi il en retourne, mais sachez simplement que vous croiserez sur votre route des personnages issus du roman qui n’avaient pas encore eu l’honneur d’apparaître dans le jeu, à commencer bien sûr par la Duchesse Anna Henrietta.

Toussaint vous révélera son lot de surprises, vous y rencontrerez de nouveaux personnages hauts en couleur, comme le comte Beledal, inventeur d’un appareil photo d’origine magique, ou encore le chevalier Guillaume de Launfal, prêt à tout pour conquérir le cœur de sa bien-aimée Vivienne. Bien entendu, cette nouvelle zone de jeu s’accompagne également de nouveaux ennemis. Nous retrouverons certaines créatures déjà croisées dans les précédents jeux, comme les Kikimorrhes ou les Échinopyres, mais vous aurez également l’occasion d’en découvrir de nouvelles comme le Shaelmar, une monstrueuse créature venue de Nilfgaard. De nouvelles bêtes sauvages feront également leur apparition, avec des panthères ou encore des sangliers.

Armures, lames et mutations

À ce nouveau contenu viennent également se greffer de nouvelles mécaniques de jeu. La bonne nouvelle, c’est que vous n’aurez pas besoin d’acquérir cette extension pour d’ores et déjà profiter des améliorations apportées par le patch 1.20 (qui a rapidement été suivi d’un patch 1.21, puis 1.22). Parmi ces nouveautés, on pourra citer l’inventaire qui a été en grande partie revu, avec un système de catégories mieux fichu, ou encore l’interface de quêtes cette fois-ci clairement organisé par sections, avec une icône pour connaître rapidement la région de la quête. Puisque l’on parle des régions du jeu, la carte a également été améliorée avec un système de filtres, la possibilité de placer des marqueurs personnalisés ou encore de naviguer rapidement parmi tous les lieux d’un même type, idéal pour retrouver le forgeron ou l’herboriste le plus proche de votre localisation. Dernière amélioration notable que nous pouvons citer : la possibilité d’acheter directement les éléments manquants à un forgeron lorsque vous êtes dans l’interface de crafting. La liste exhaustive est assez longue, et vous pouvez la consulter (en anglais) sur le site officiel si le cœur vous en dit.


Du côté des nouveautés propres à l’extension, l’une des plus intéressantes est la possibilité d’exploiter des mutagènes pour débloquer des améliorations uniques pour Geralt, ainsi que de nouveaux emplacements de compétences. Pour ce faire, il vous faudra compléter une quête bien spécifique, mais comme les développeurs sont des chics types, cette quête se débloque assez tôt dans l’extension et un message vous préviendra que cette quête en particulier vous permet d’accéder à ce nouveau système de mutations. Une fois cette quête terminée, vous avez donc accès à un nouveau menu depuis l’interface “Personnage” qui vous permet de distribuer vos points de compétences. Le principe est simple : il s’agit d’un arbre spécifique qui débloque des compétences uniques au prix de points de compétences et de mutagènes. Loin d’être gadget, ces nouvelles compétences vous permettront de spécialiser votre build de manière très pointue afin d’être encore plus efficace en combat.

Pour vous citer quelques exemples : au prix de deux points de compétences et de deux mutagènes bleus supérieurs, vous pourrez débloquer la possibilité de faire des coups critiques avec vos signes de sorceleur. Les premières mutations n’agissent que sur les signes, les attaques ou l’alchimie. Les suivantes, plus chères et accessibles uniquement après avoir débloqué les premières, peuvent concerner deux catégories, comme par exemple la possibilité de booster vos signes en fonction de l’épée que vous dégainez, afin de tirer profit à la fois de vos talents de magicien et de bretteur. Notez que ces mutations doivent ensuite être activées, et leur nombre est limité. Ainsi, si leurs effets sont très pratiques, vous ne pourrez pas tout de suite les activer toutes en même temps. Sachez par ailleurs que lorsque vous aurez débloqué un certain nombre de mutations, vous débloquerez de nouveaux emplacements de compétences, mais le mutagène que vous pourrez y associer sera dépendant de vos mutations. Choisissez donc correctement la manière dont vous ferez muter Geralt afin de pouvoir également tirer profit des compétences classiques déjà débloquées. On touche ici à des mécaniques de jeu un peu complexes, mais qui devraient ravir les fans d’action-RPG à la recherche du “build” parfait. J’ai ainsi pu prendre un véritable plaisir à spécialiser Geralt dans les signes, lui permettant d’infliger des dégâts dévastateurs en combat grâce à quelques sorts bien placés.


Une autre grande nouveauté est la possibilité d’accéder à de nouvelles pièces d’équipement de sorceleur de niveau “Grand Maître”, le niveau ultime, mais pour le coup les éléments nécessaires à la confection de ces pièces ne seront pas des plus faciles à obtenir. De nouveaux minerais font leur apparition, comme par exemple le dimeritium enrichi, qui vous permettra de faire des plaques de dimeritium enrichi, un élément souvent nécessaire aux pièces d’armures de grand maître, quelle que soit l’école de sorceleur à laquelle elles appartiennent. En plus de statistiques intéressantes, ce nouvel équipement vous octroie des bonus en fonction de l’école de l’armure et du nombre de pièces équipées. Dans le cas de l’école du Griffon, qui me sied particulièrement pour ses bonus sur les signes, le fait de posséder quatre pièces du set vous permet de lancer un second signe simple après en avoir lancé un premier, sans consommer d’endurance. Plutôt pratique pour enchaîner les signes sur vos adversaires sans vous épuiser. Le fait d’en posséder six, soit le set complet, vous permettra de lancer un signe d’Yrden amélioré qui boostera vos capacités tout en profitant d’une zone d’effet 10% plus grande qu’à l’accoutumée.

Les équipements de sorceleur ne sont pas les seuls à profiter de ce type de bonus, vous pourrez trouver des armures uniques qui proposent des effets spécifiques sur le même principe. Autre nouveauté concernant les armures de sorceleur, vous pouvez désormais changer leur couleur avec de la teinture que vous pourrez trouver, acheter ou même créer via l’alchimie, pour un look un peu plus personnalisé.

Vous aurez également l’occasion de récupérer de nouvelles armes tout au long de votre aventure, parfois avec des effets uniques intéressants. Une quête vous permettra même de récupérer une épée d’argent qui a le pouvoir d’améliorer de manière permanente les dégâts infligés selon certains critères, un équipement de choix pour un sorceleur aguerri. Bref, tout un tas de nouveautés vraiment plaisantes si vous êtes comme moi à la recherche de l’équipement ultime pour la chasse aux monstres !


Toussaint étant la terre de la chevalerie, vous y croiserez de nombreux chevaliers en armure de plate. Par le fait même, vous aurez l’occasion d’en récupérer pour vous en équiper. Si le jeu de base était finalement assez pauvre en armures lourdes, vous avez ici tout ce qu’il vous faut pour équiper Geralt d’une armure digne de ce nom, au prix d’une consommation d’endurance accrue, cela va sans dire. L’une des quêtes du jeu vous fera même participer à un tournoi de chevaliers, l’occasion d’obtenir une selle, un bouclier (de décoration seulement) et un set d’armure lourde aux couleurs de la Rivie, en l’honneur du patronyme de Geralt, dit “Geralt de Riv”.

“Meurs, fils de gourgandine !”

La dernière nouveauté dont je souhaitais vous parler est la possibilité de gérer sa propre habitation. Assez tôt dans le jeu, afin de vous remercier pour vos services, la duchesse vous offrira un domaine, carrément ! Il s’agit de Corvo Bianco, un domaine viticole comme il y en a beaucoup à Toussaint. Vous ferez alors la connaissance de votre majordome Bernardo Barnabas-Basile qui vous assistera dans la rénovation du domaine.

J’ai malheureusement trouvé cette fonctionnalité assez limitée. Loin d’un mini-jeu de gestion auquel on pourrait s’attendre, il ne s’agit ici que de payer pour débloquer quelques éléments dans le domaine, comme par exemple une meule ou un laboratoire d’alchimie. Vous aurez également la possibilité de décorer votre habitation avec des armes, des armures, des trophées ou autres tableaux. Sympathique sur le papier, mais relativement dispensable dans la mesure où vous ne profiterez jamais vraiment de votre déco, sauf si vous envisagez de passer vos journées enfermé dans votre habitation. Il est cependant intéressant de noter que plusieurs quêtes vous permettront d’acquérir de nouvelles décorations de manière plus ou moins directe, faisant de votre demeure le reflet de vos choix et de votre parcours de sorceleur.


On pouvait reprocher à Hearts of Stone, la précédente extension du jeu, de ne pas vraiment nous surprendre sur les quelques nouveaux environnements qu’elle proposait. Avec Blood and Wine, vous découvrirez une flore totalement différente. Tout y est plus lumineux, plus chaleureux, mais pas moins dangereux que les lieux que vous auriez pu visiter lors de vos précédentes aventures, loin de là ! Mais par son esthétique et son ambiance, Blood and Wine respire le soleil et les vacances, un choix plutôt adapté alors que l’été est arrivé peu de temps après la sortie de cette extension.

Cette nouvelle zone de jeu profite d’un level design soigné, les points d’intérêt sont souvent liés à des quêtes annexes, les lieux sont plus vivants, et libérer une zone d’un camp de bandits ou de monstres sera ici mis en scène d’une façon un peu plus réaliste et cohérente que part le passé. Visuellement, Toussaint rappellera énormément le sud de la France et l’Italie, avec beaucoup de plaines verdoyantes et de nombreuses collines couvertes de vignes et de végétation luxuriante. Bien sûr, cette nouvelle zone propose son lot de grottes, de sombres forêts et autres ruines inquiétantes. Citons par exemple le cimetière de la Mère Lachaise (vous avez chopé la référence ?), un endroit fort peu accueillant pour peu que vous vous y rendiez la nuit.

D’ailleurs, ce n’est pas le seul clin d’œil qu’on fait les développeurs à la France et à la culture française. Le jeu en regorge toujours autant envers la culture populaire de manière générale, j’ai par exemple retrouvé le corps d’un certain Calvin, qui aurait été dévoré par sa panthère prénommé Hobbes, ou encore trouvé une lettre de Robin, adressée à Bruce, parlant du butin de Selina, la reine des voleuses (celle-là, je pense qu’elle m’était directement destinée). Mais la palme d’or des clins d’œil revient à la quête qui vous fera aller à la banque Cianefanelli afin de récupérer une récompense, mais une fois sur place, horreur, on vous demandera d’obtenir le permis A38 !


Globalement, le ton de cette extension est plus léger, et se prend moins au sérieux que la trame principale, et se permet donc beaucoup plus de choses. Toujours pour rester dans les références rigolotes, vous aurez l’occasion de vous rendre dans un monde appelé la “Fablosphère” où vous croiserez quelques personnages de contes de fées, mais j’en ai déjà trop dit sur le sujet…

Une aventure s’achève

Alors voilà, Blood and Wine, c’est tout ça ! Bien sûr, je ne me suis pas attardé sur tous les éléments déjà présents dans le jeu de base et ses nombreuses qualités que nous retrouvons avec grand plaisir dans cette extension. De nombreuses quêtes profitent du système de choix-conséquences qui a déjà fait la renommée du jeu, mais on regrettera malgré tout que certains dialogues n’aient pas tenu compte de notre progression dans la quête principale (alors que c’est le cas de certains), en faisant parfois référence à la fin du jeu même si vous ne l’auriez pas encore complété. Autant vous dire qu’il est donc préférable d’avoir complété l’aventure principale avant de vous attaquer à l’extension, d’autant plus qu’un niveau 37 est préconisé, et finir l’aventure du jeu principal reste le meilleur moyen de se rapprocher d’un tel niveau.

Blood and Wine devrait vous occuper entre 30 et 40 heures de jeu en fonction de votre persévérance à chasser les monstres et les quêtes secondaires (pour ma part, je l’ai bouclé en 36 heures, avec une grande majorité de quêtes annexes). L’extension vous proposera plusieurs fins en fonction de vos choix, des fins dont les différences sont très significatives puisqu’elle décidera de la vie ou de la mort de personnages importants, mais je ne vous en dis pas plus… Cette aventure se présente-t-elle comme l’ultime quête de Geralt ? Peut-on réellement imaginer le célèbre sorceleur rejoignant sa paisible demeure à Corvo Bianco, dans le but d’y prendre enfin une retraite bien méritée… Ou pas ? À vous de le découvrir !

The Witcher 3 : Wild Hunt – Blood and Wine est une aventure nettement plus riche en contenu et nouveautés qu’avait pu l’être Hearts of Stone. La zone de Toussaint regorge de surprises, de quêtes et d’aventures. Les nouvelles mécaniques de jeu viennent redonner de l’intérêt à faire évoluer votre sorceleur et à lui trouver de nouvelles pièces d’équipement. La durée de vie de cette extension est très honnête, presque l’équivalent de ce que pouvait proposer The Witcher 2. Pourtant, si le côté thriller de l’intrigue m’a plu, l’histoire de la trame principale m’a moins accroché que celle de l’extension Hearts of Stone qui était bien plus proche d’un conte des frères Grimm et tout à fait en phase avec l’univers du Sorceleur.  Néanmoins, si l’on me posait la question “quelle est la meilleure extension de The Witcher 3 ?”, ma réponse serait invariablement : les deux !

+ Une nouvelle zone de jeu, de nouveaux ennemis, de nouvelles armures, de nouvelles armes
+ De nombreuses références à la culture populaire bien dissimulées
+ Un scénario thriller/fantastique sympathique
+ Trois fins possibles
+ Les nouveautés du patch 1.2

Note RPG 4 sur 5
Note testeur 08 sur 10

– Toujours quelques petits bugs
– Mais du coup… C’est vraiment fini The Witcher 3 ? 🙁
– On aurait aimé croiser un PNJ Caparzo

La vision de Ninheve :
Blood and Wine est l’achèvement d’une saga que certains d’entre nous suivent à présent depuis plus de 9 ans. Le ton est donné avec une histoire qui nous fera explorer une nouvelle carte avec une ambiance beaucoup moins crépusculaire que les précédents opus. Visuellement, les couleurs claquent, la campagne est colorée et remplie de scénettes uniques rendant ce monde des plus vivants. J’ai été heureusement surprise par la taille et le contenu de cette extension. La carte est grande et très bien remplie. Nous aurons foultitudes de quêtes secondaires avec des trames relativement développées, et surtout quelques belles surprises s’adressant directement aux fans comme celle du fantôme équestre.

Sous ces apparences de pays de conte de fée se cache bien une histoire sinistre et sombre, telle que les jeux précédents nous y avaient habitués. Geralt va être confronté à un univers d’amour courtois et de chansons de geste, mais où les contes de fées tournent au cauchemar sous amphétamines. Les chevaliers combattent des moulins pour les beaux yeux de leur Dulcinée et couchent avec la sorcière locale pendant que leur promise les attend patiemment au foyer. Sous des aspects visuels très colorés dignes des riches heures du Duc de Berry se cachent toujours la même humanité avec ses heures de gloire et ses turpitudes, mais une humanité capable d’altruisme et de bonté. La trame principale nous permettra de rencontrer des personnages secondaires toujours aussi bien écrits. Nous aurons droit au cours de cette quête à quelques scènes d’anthologie, dont une rencontre sous tension entre Geralt et l’assassin.

Blood and Wine, c’est surtout une belle histoire d’amitié entre Geralt et un vieux compagnon de route qu’il retrouvera. L’écriture de leur relation est excellente, on sent une complicité entre les deux personnages, mais aussi le conflit intérieur déchirant le vieil ami de Geralt lorsqu’il lui faudra choisir entre deux maux. À présent que j‘ai fini cette saga, je vois avec Blood and Wine une belle conclusion aux 9 années qui se sont écoulées en compagnie du sorceleur. Après le générique de fin, Geralt récoltera finalement les fruits des choix qu’il fit dans ‘la traque sauvage’. Il brisera alors le 4ème mur pour nous faire comprendre d’un simple regard qu’il a trouvé sa voie. Sur cette terre de soleil, loin des guerres du nord, il est fin prêt à prendre sa retraite. Ce message final est celui des développeurs à leurs fidèles joueurs, il est temps pour eux de tourner la page.
09/10

Ancien rédacteur pour RPGFrance. Ancien responsable administratif de RPGFrance.
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