Kingdom Come : Deliverance II

Note de l'auteur
09/10
Note RPG
09/10

En guise de préambule, il me semble important de noter les « conditions » dans lesquelles je rédige mon avis : la clé du jeu m’a été offerte par l’éditeur le jour de la sortie, et il me fallait rendre quelque chose dans le mois suivant la sortie. Aussi, je me dois ici d’être honnête : je n’ai pas fini le jeu lorsque j’écris ces lignes. Les statistiques internes du jeu m’indiquent environ 40 heures, et je pense être à environ 45/50 pour cent du jeu. Néanmoins, cela me paraît déjà suffisant pour avoir un avis construit, à défaut d’être totalement global, et je reviendrai certainement ajouter un petit édit en fin de page lorsque j’aurai terminé le jeu pour ajouter mes dernières pensées. Ceci étant dit, je peux commencer.

Comme je l’ai dit dans mon dernier test sur le premier opus, ce Kingdom Come : Deliverance II sort après une attente de près de 7 ans jour pour jour (13 février 2018 et 4 février 2025, presque je vous dis !). Pendant cette période, le premier opus a eu le temps de devenir culte et s’il était resté relativement de niche jusqu’ici, la faute à un parti-pris radical, des bugs rendant parfois l’expérience désagréable ou pouvant rebuter et l’absence d’un gros nom derrière le jeu, l’annonce de ce deuxième épisode a enfin fait rentrer la licence dans la cour des grands.

Moins d’un an après son annonce, un léger report (prévisible) et finalement une avance d’une semaine (improbable, j’avais pas vu ça depuis Xenoblade 3), le jeu est sorti sur tous les supports après une campagne marketing assez maîtrisée je dois le dire, mais qui avait peut-être tendance à en dire un peu trop.

Kingdom Come : Deliverance II prend donc la suite du premier jeu, et par là j’entends qu’il prend sa suite directe, à quelques jours, voire quelques heures de la fin du premier. Le jeu ne s’embête pas vraiment à résumer l’histoire dans les premières minutes mais surtout à poser le contexte : Henry escorte son seigneur et (demi) ami, (l’insupportable) seigneur Hans Capon afin de livrer une lettre à un seigneur local pour essayer de le faire changer de camp dans la guerre fratricide de Sigismond et Venceslas de Luxembourg pour le trône de la Bohême. Nous sommes toujours en 1503, et l’intrigue et l’univers du jeu se basent sur notre histoire et notre géographie réelles.

Commençons par ce qui me semble évident : Kingdom Come : Deliverance II est un jeu absolument magnifique. Sans être à la pointe avec tout ce qui est ray-tracing ou autres balivernes (il n’y a pas de ray-tracing du tout, d’ailleurs), le jeu parvient, grâce à sa direction artistique et son CryEngine modifié, à nous immerger tout de suite dans son ambiance. Les couleurs sont chatoyantes, les paysages sont à tomber par terre et même les personnages semblent vivants avec leurs petites animations et routines.
La campagne et les forêts sont très bien retranscrites et donnent bougrement envie de se lever et d’aller se faire une balade dans les bois les plus proches, tandis que les villages, qu’ils soient de taille modeste ou plus grands, sont tous très intéressants en ce qu’aucun ne se ressemble : ils semblent parfaitement organiques et ont tous un petit quelque chose qui permet de s’en rappeler, du moins autrement que par leur nom parfois imprononçable.

kingdom come II 005

Néanmoins, je ne peux m’empêcher de remarquer un léger changement dans la direction artistique de ce deuxième épisode : je ne saurais pas vraiment expliquer comment ni pourquoi, mais certaines choses sont imperceptiblement altérées : les personnages semblent plus « ronds », les proportions légèrement différentes, et certains objets ont un aspect plus « jouet », moins « réel ».
Comme je l’ai dit, c’est quasiment imperceptible et ceux n’ayant pas joué au premier opus ne le remarqueront peut-être pas mais j’ai trouvé que le tout donnait une ambiance peut-être un peu plus « cartoon «  à l’ensemble. Attention, je répète que c’est de l’ordre du détail et que ce n’est de toute façon absolument pas un problème, mais c’est tout de même une petite réflexion que je me suis faite en jouant pendant les premières heures.

Tant que nous sommes sur la technique, j’ajoute également que Warhorse a ici réalisé de la magie noire : le jeu tourne littéralement mieux sur PC (le mien en tout cas) que le premier épisode. Le DLSS aide sans doute beaucoup, mais c’est tout de même un exploit qu’il me semblait important de préciser. Le jeu tourne vraiment très bien, et ce même avec quelques paramètres poussés à leur maximum pour ma part.

Concernant toute la partie audio du jeu, on est sur la même ligne que le premier opus : des musiques toujours aussi bonnes, avec plus d’instruments, beaucoup de thèmes marqués et même quelques-uns désormais attribués à des personnages ou des lieux. Quelques morceaux sont empruntés au premier opus, mais la majorité sont nouveaux et se paient même le luxe de nous faire quelques « feintes » : on s’attend à pouvoir siffloter la suite d’une musique, mais on se rend vite compte qu’elle part dans une direction différente et nous offre un air nouveau et tout aussi agréable.

Sur le sound design également, on est sur du très, très haut niveau. Cela ne m’arrive pas souvent, mais je conseille très clairement l’utilisation d’un casque lorsque vous jouez, parce que c’est là que l’immersion se montre sous son meilleur jour : au-delà des graphismes et des musiques, ce sont bien les sons du jeu qui participent le plus, à mon sens, à cette expérience et ce sentiment d’immersion. Le vent dans les herbes, le chant des grillons la nuit, tout est calibré pour offrir une crédibilité maximum et je dois dire que tout s’emboîte de façon exemplaire.

De plus, si le premier épisode se passait vers la fin du printemps, celui-ci se passe en plein été, avec son lot de sonorités bien uniques : les grillons, comme je le disais plus tôt, mais également les oiseaux, les orages, etc. Vraiment, en ce qui concerne tout l’aspect graphique et sonore, Kingdom Come : Deliverance II est franchement pas loin du sans-faute.

kingdom come II 006

Concernant les bugs, gros morceaux inévitable du premier jeu, je dois dire que personnellement, je n’en ai pas beaucoup rencontré. Quelques soucis avec des escaliers, parfois des réactions de personnages étranges à cause des zones privées ou limitées, mais rien de grave ayant fait planter mon jeu ou obligé à relancer une sauvegarde. Sur ce point également, donc, Warhorse a abattu pas mal de travail quand on voit l’état dans lequel se trouve toujours leur premier jeu.

Bien, je pense avoir fait le tour de la partie technique, il est maintenant temps de passer à quelque chose de plus concret, bien que j’avoue ne pas vraiment savoir par quel bout commencer…

Globalement, Kingdom Come : Deliverance II dispose du même squelette que le premier opus. En vérité, je dirais qu’on est vraiment, vraiment proches en termes de gameplay, on n’est pas dans la transition The Witcher / The Witcher 2 pour avoir une idée, mais plus un peu comme Dragon’s dogma et sa suite, je dirais : on prend les mêmes, on agrandit et on affine. Le résultat est quelque chose de très similaire manette en main, mais dont on sent quand même les quelques touches de modernité.

Nous sommes donc dans un RPG en monde ouvert à la première personne, et, encore une fois, le mot d’ordre est ici « réalisme » (qui n’a pas toujours de vrai sens, moins que « crédible » ou « vraisemblable ») : aucune trace de magie, notre Henry n’est pas un surhomme et on ne se trimballe pas des armes plus grosses que soi. Tout doit être crédible donc, des épées, aux architectures des bâtiments en passant par les tenues et autres armures.

Néanmoins, et bien nécessairement, il faut bien trouver une justification pour « recommencer depuis le début » dans ce Kingdom Come : Deliverance II : eh oui, si le jeu ne propose aucune importation de sauvegarde, il offre son propre canon à l’histoire et Henry a bien vécu les événements du premier jeu. Il a appris a lire, à monter à cheval et à se battre entre autres choses. Alors il a bien fallu justifier le fait que l’on commence ce jeu avec toutes nos compétences à leur niveau minimal. La bonne nouvelle, c’est que l’équipe de développement a bel et bien pris la peine de le faire dans la diégèse du jeu. La mauvaise, c’est que la raison est un peu absurde, mais franchement, on s’en fout non ?

kingdom come II 004

Après une introduction de quelques heures très narrative, servant à présenter l’univers, les enjeux, le gros du gameplay, à nous faire un résumé un peu confus du premier épisode et donc nous faire perdre nos niveaux de compétence (pour commencer à 5 minimum sur les stats, avec quelques bonus de départ selon nos choix, j’avoue que je ne comprends absolument pas la raison ?), Kingdom Come : Deliverance II nous lâche dans son monde ouvert. Et le moins que je puisse dire, c’est que l’expérience est pas mal rude : sans le sou, sans point de chute, sans équipement ou presque, on est pas mal perdu une fois cette introduction terminée. Mais je dois le dire : quel plaisir ! Devoir lutter pour trouver la moindre pièce, avoir des vêtements crasseux et se traîner à pied sur les chemins de la Bohême, quel plaisir !

Malheureusement, je vais toucher tout de suite à l’un des points qui m’attriste le plus dans ce Kingdom Come : Deliverance II, et j’ai totalement conscience que mon expérience et mon amour indéfectible pour le premier opus doivent énormément jouer dans la balance : j’ai la très nette impression que le jeu est trop facile, en ce que les mécaniques de survie peuvent être très rapidement ignorées par des systèmes directement intégrés au jeu, que le gain de richesse se fait de façon exponentielle et beaucoup plus facilement que dans le premier jeu, et surtout que l’expérience dans les différentes stats et compétences se gagne beaucoup trop rapidement.
Par exemple, j’ai comme je l’ai dit, environ une quarantaine d’heures dans le jeu et mon niveau de maître-chien est à son maximal depuis carrément une dizaine d’heures, sans pourtant forcer quoi que ce soit avec lui. Les compétences plus « naturelles », comme l’éloquence, la vitalité ou l’agilité, qui ne peuvent pas vraiment être « farmées » et suivent une courbe assez régulière avec la progression du jeu, sont à leurs deux tiers alors que, je le répète, je ne suis pas encore à la moitié du jeu.

Je dois avouer que je suis un peu déçu sur ce point, car même si je n’irais pas jusqu’à dire que je « roule sur le jeu » (loin de là, et ce genre de considérations ne s’appliquent pas vraiment à ce titre de toute façon), j’avoue un peu craindre d’atteindre les plafonds alors qu’il me reste encore une bonne trentaine ou quarantaine d’heures devant moi… L’idée pour corriger cela, serait au choix de réduire les gains d’expérience ou d’augmenter les plafonds (passés à 30 depuis 20 pour ce second épisode), mais cette dernière idée impliquerait de rajouter beaucoup plus d’atouts à chaque compétence, donc beaucoup trop de travail.
Donc réduire les gains d’expérience me semblerait l’idéal, et j’ai confiance que si une mise à jour ne viendra pas corriger cela, le mode Hardcore saura le faire. Aussi, je le rajoute, commencer le jeu au niveau 5 dans chaque compétence + quelques bonus selon les choix initiaux est vraiment incompréhensible. En pratique, les plafonds sont à 25, en fait.

kingdom come II 009
La tête de ma progression à moins de la moitié du jeu…

Puisqu’on parle des compétences, je vais me permettre de continuer sur ce point, qui offre lui aussi beaucoup de positif, mais également un peu de négatif.

Tout d’abord, le système de gain d’expérience ne change pas. Et quand on y pense, pourquoi le devrait-il ? Gagner en expérience dans une compétence en réalisant des actions qui y sont associées (courir pour la vitalité, monter à cheval pour l’équitation, crocheter des serrures pour les compétences de filoutage, etc.) est, à mon humble avis, le meilleur qui puisse exister pour ce genre de jeu. Naturel, organique, crédible, je ne vois vraiment pas comment il pourrait être mieux.

Enfin bref.

Ensuite, il est à noter que pour ce second épisode, certaines catégories de compétences ont été fusionnées entre elles, certainement pour des raisons pratiques. Ainsi, de 11 compétences dans le premier opus, on se retrouve avec 9 ici : l’herboristerie et la chasse sont regroupées sous « survie » (sans doute parce que monter l’herboristerie était super chiant et interminable dans le premier jeu) et vol à la tire et crochetage sont recoupés sous « vol » (sans doute pour les même raisons en ce qui concerne le vol à la tire, mais je pense qu’il s’agit plus d’une question de cohérence et de redondance).
Tous les X niveaux dans chaque compétence, vous gagnerez un point d’atout que vous pourrez dépenser dans la catégorie pour gagner un nouvel effet passif se déclenchant sous certaines conditions ou vous donnant des bonus statistiques. Si le système a fait ses preuves dans le premier opus et marche toujours très bien ici, j’aurais néanmoins deux petites doléances.

Les deux premières sont mineures mais me semblent néanmoins importantes pour les nouveaux joueurs : il n’est jamais vraiment clair quand on gagne un point d’atout. Il me semble que c’est tous les deux niveaux pour chaque compétence, mais je n’en suis pas certain et ensuite, certains atouts sont mutuellement exclusifs. Le premier Kingdom Come : Deliverance offrait déjà ce système, mais il avait le mérite de le faire de façon bien plus claire : ici, ce n’est indiqué qu’en petit en bas de la page de description de l’atout, et j’ai bien dû dépenser au moins deux points avant de remarquer que je m’étais coupé d’autres bonus qui auraient peut-être pu plus me plaire.
Faites donc attention à cela et lisez-bien tout ce qu’il y a dans chaque encadre, surtout quand c’est écrit en tout petit en pied de page…
J’en profite aussi pour pousser un petit coup de gueule envers un atout en particulier, à savoir « explorateur » de l’arbre d’Érudition.

kingdom come II 003

J’ai tout simplement l’impression que Warhorse se tire une balle dans le pied avec cet atout particulier, et ce pour plusieurs raisons : disponible au niveau 18, il permet de découvrir l’intégralité de la carte, avec les terrains de chasse, les grottes, les villages, les « sites intéressants » et les points de voyage rapide. Si j’ai conscience qu’il plaira à beaucoup de monde, les deux derniers bonus me semblent très contre-productifs : à quoi bon faire un monde vivant et rempli de détails donnant envie de l’explorer s’il est possible de tout annuler et de tout ouvrir au voyage rapide avec un simple atout ?
Pareil pour les sites intéressants : pourquoi parler aux villageois et aux taverniers pour qu’ils nous racontent les rumeurs du coin et nous parlent des choses étranges ou intéressantes qui se passent aux alentours s’il nous est possible de simplement prendre l’atour et ignorer toutes les interactions ?

Oui, l’atout était déjà présent dans le premier jeu, mais il n’était accessible qu’après de nombreuses heures : il nous fallait d’abord apprendre à lire, ce qui peut arriver assez tardivement dans notre aventure et rassembler les fonds pour acheter des livres et monter la compétence. Ici, Henry sait déjà lire (logique), notre Érudition commence à 5 minimum (sur 18 pour débloquer l’atout) et il est beaucoup plus facile de monter de niveau, surtout que l’Érudition en question se gagne de tout un tas de façons et plus seulement via la lecture. Il est donc beaucoup plus facile d’accéder à cet avantage que je considère comme assez anti-jeu, surtout quand tout est fait pour immerger le joueur de façon la plus organique possible.
De mon point de vue, équilibrer cet atout serait de seulement ajouter les terrains de chasse, les grottes et les villages (comme dans le premier) mais de totalement supprimer l’ajout des lieux intéressants. Quant aux points de voyage rapide, pourquoi ne pas les ajouter en « grisé », ce qui les afficherait sur la carte mais demanderait au joueur de d’abord visiter le lieu ?
C’est du pinaillage, oui, mais dites-vous que si j’en suis à m’attarder sur de tels détails, c’est bien que tout le reste est beaucoup trop bien, non ?

kingdom come II 007

Après les compétences, viennent donc naturellement les armes et le système de combat. Je crois comprendre qu’il cristallise beaucoup des griefs que les gens peuvent avoir contre le jeu, et je dois dire que je ne suis pas d’accord, à part sur un point précis.

Petite présentation : comme dans le premier opus, le système de combat de Kingdom Come II met l’emphase sur les duels. Quand un combat se lance, une étoile apparaît sur l’ennemi, symbolisant les parties de son corps. Si dans le premier, l’étoile avait cinq branches plus le coup d’estoc, on se retrouve ici avec une étoile variable, mais ayant au maximum quatre branches : trois plus le coup d’estoc en bas. Si je dis qu’elle est variable, c’est que cette fois, les options offertes par cette étoile dépensent de l’arme choisie.
Si une épée aura toutes les options ouvertes, une hache ou une masse n’auront pas de coup d’estoc et une lance n’aura pas de coup vertical. Je trouve ça intéressant car cela donne une vraie identité à chaque arme au-delà de ses combos et de ses stats. Cela change carrément la façon de jouer et, si ce n’est pas carrément à un autre jeu qu’on joue quand on change d’arme, c’est tout de même un détail à saluer.

Le système de combos fait son retour de façon plus digeste, je dois le dire, mais il faut également saluer les efforts de Warhorse pour ce qui est des tutoriels et des explications de ce système de combat. Il est toujours d’une profondeur assez incroyable et un duel contre un ennemi un peu compétent est vraiment un plaisir de tous les instants : parades, contre-attaques, combos, esquives… Tout est très bien fichu et les animations ne sont pas en reste.

Mention spéciale au coup de maître de l’épée dont j’aimerais parler pour deux points précis : le premier, c’est qu’il existait déjà dans le premier jeu. Je l’ai vérifié moi-même. Le truc, c’est que je ne crois pas que cela soit expliqué où que ce soit dans ledit jeu, et laissez-moi vous dire que lors de ma prochaine partie, je vais sacrément en abuser. Dans mon test du premier jeu, j’avais noté que les ennemis avaient tendance à « toujours contrer avant qu’on réussisse à finir notre combo » : il s’avère en fait qu’ils contraient en effectuant des coups de maître, et ma réaction a été un peu comme le même « mind blown » quand je m’en suis rendu compte, vraiment.
Le deuxième point concernant le coup de maître est que j’ai l’impression qu’il met l’épée sur un piédestal et en fait, par défaut vu qu’elle est la seule à pouvoir effectuer ce coup, est la meilleure arme du jeu et de très loin. Je m’attendais à avoir un genre d’alternative ou d’équivalence pour les autres armes proposées, mais je n’ai malheureusement pas l’impression que cela soit le cas… Un peu dommage.

J’ai mentionné les griefs : en pratique, ce système de combat peut sembler aux premiers abords un peu complexe. Il y a beaucoup de choses à prendre en compte, les réflexes sont pas mal importants et il faut retenir les combos en plus d’avoir la patience de pouvoir les placer contre un ennemi qui esquive ou qui contre. Je comprends que certains s’énervent, mais il faut savoir persévérer : dans l’idée de progression, les combats deviennent plus facile à mesure que Henry progresse en maîtrise, et il est normal que chaque ennemi présente un minimum de défi : on n’est pas dans Diablo, ici.
En revanche, il est tout à fait vrai de dire que dès que les combats font entrer un troisième adversaire (deux, ça peut aller), le tout devient très bordélique et dangereux. Mais encore une fois, n’est-ce pas naturel de ne pas pouvoir 1v3 des chevaliers en armure quand on est un pécore en armure de cuir avec un gourdin ?

Bon par contre, les batailles, c’est vraiment raté parce que le système de combat n’est clairement pas pensé pour. C’était déjà le cas dans le premier opus, il n’y a pas eu d’amélioration de ce côté-là, dommage encore une fois mais je ne vois honnêtement pas vraiment comment il aurait pu en être autrement sans complètement repenser le système de combat tout entier.

kingdom come II 010

Qu’en est-il du reste ? Eh bien on est plus ou moins sur du pareil, mais en sensiblement mieux. Les cartes sont plus grandes, les personnages sont plus vivants et ont plus de lignes de dialogues (ils se battent parfois même entre eux et je dois dire que c’est vraiment marrant) et comme je l’ai dit, il y a beaucoup plus d’animations qu’auparavant : lorsqu’on se lave dans un baquet, lorsqu’on mange dans un chaudron, on peut caresser son cheval… Warhorse a mis les petits plats dans les grands pour pousser toujours plus loin et encore plus renforcer l’immersion permise par leur jeu, qui était déjà le point le plus réussi du premier opus.

Je l’ai déjà dit plus haut mais je le répète : l’exploration est ici toujours aussi agréable, à tel point qu’il n’a pas été rare pour moi de descendre de cheval pour prendre ce petit sentier menant à une clairière, me mettre à marcher dans la forêt pour profiter de l’ambiance et voir le vent agiter les arbres… C’est un sentiment assez difficile à écrire mais quand on joue à Kingdom Come : Deliverance II, on se sent bien. On a envie de se balader, de prendre le temps de savourer les choses, d’observer, de se laisser aller. Les panoramas sont magnifiques, les musiques sont apaisantes et l’ambiance sonore vient nous envelopper. On se sent vraiment bien, et c’est encore une fois un exploit de la part de Warhorse que de parvenir à créer ce genre d’expérience.

Mais on ne peut pas juste se contenter d’errer sans but et béatement, aussi je m’en vais parler de l’écriture et des quêtes avant de conclure. Comme je l’ai dit, la trame de Kingdom Come : Deliverance II prend la suite vraiment directe du premier et ne s’embarrasse pas tout de suite à expliquer les enjeux (il ne le fait jamais vraiment en fait, le « résumé » auquel nous avons droit concerne surtout l’histoire personnelle de Henry plus que la « grande histoire »). Aussi les nouveaux joueurs auront un peu de mal à comprendre pourquoi on est là, mais l’objectif reste clair.
Cette quête principale, dont je rappelle n’avoir vu qu’une partie jusqu’à maintenant, est tout de même très intéressante, et pas seulement parce qu’elle fait intervenir des personnages historiques mais aussi parce qu’elle montre plusieurs points de vue d’une même situation. Et si vous voulez des rebondissements, vous allez être sérieusement servis, à tel point qu’il va vraiment falloir s’accrocher pour tout comprendre, parfois.

Côté quêtes secondaires, on est une fois de plus servis : Warhorse continue dans sa lignée Witcher 3 en proposant des quêtes toujours scénarisées, longues, intéressantes et parfois très riches. Aucune « quête FedEx », tout ici a un sens et si dans le premier épisode, les « tâches » servaient à offrir des quêtes permettant du gain d’expérience facile sans trop de narration, elles sont ici un peu plus étoffées, à tel point que je me demande parfois quel est l’intérêt d’avoir fait cette différence entre quêtes secondaires et tâches. Warhorse tape encore une fois dans le haut du panier avec son écriture et sa narration, qui reste toujours intéressante et se permet même d’être souvent drôle, Henry n’étant pas vraiment connu pour manquer d’humour.

kingdom come II 008

J’aimerais aussi toucher un petit mot sur tout ce qui est interfaces et menus. J’en ai parlé dans mon avis du premier jeu, Warhorse cherche à coller à ses aspirations historiques jusque dans ses menus et ses interfaces. Ici, il y a eu de l’évolution : graphique d’une part, mais aussi dans le fonctionnement de certains menus.

Pour l’aspect graphique, on suit un peu la même ligne que les graphismes du jeu en général : plus rond, moins d’aspérités, peut-être pour attirer un public plus large avec des menus qui font plus « modernes ». J’ai personnellement tendance à trouver que ces nouvelles interfaces donnent une ambiance plus « Renaissance », mais elles sont quand même belles et ne dénaturent pas le moins du monde l’expérience globale.

Quand aux menus à proprement parler, on reste quasiment pareil que pour le premier jeu, simplement avec plus d’onglets : pour les armes par exemple, elles sont désormais divisées en catégories, tout comme les armures qui se divisent en parties du corps. C’est légèrement plus lisible, mais néanmoins toujours perfectible. Par exemple, pour les armures, pourquoi ne pas être allé jusqu’au bout en proposant des sous-catégories ? Prenons les jambes : pourquoi, dans cette grande catégorie de « jambes », ne pas proposer des sous-catégories pour chaque emplacement équipable ? Pantalon, armure, chaussures, éperons. Je ne pense pas que cela aurait été si difficile à implémenter et il n’y aurait littéralement plus rien eu à améliorer après ça.

Dernier demi-grief et après je conclus : le système de sauvegarde que je décriais tant dans le premier épisode et que nombre de joueurs n’aiment pas beaucoup fait ici également son retour. Pas de save-scumming via des sauvegardes gratuites, il faudra soit dormir, soit attendre une sauvegarde automatique (pas mal fréquentes), soit dormir dans un lit qui vous appartient, soit boire un Schnaps du Sauveur. Et là encore, il y a de l’amélioration et Warhorse a su trouver un équilibre penchant peut-être même un peu trop en faveur du joueur : déjà, on trouve des Schnaps un peu partout dans le monde et ensuite, les préparer est vraiment très simple et pour peu que vous suiviez la recette, vous pouvez les préparer cinq par cinq. Donc, une nouvelle réussite de la part de Warhorse qui parvient à garder sa ligne tout en trouvant un genre de compromis avec les joueurs.

Quand à l’autre petit souci du premier Kingdom Come : Deliverance pouvant nécessiter un mod, à savoir la visée à l’arc, ne vous inquiétez pas : là encore le tir a été corrigé et vous n’aurez besoin de rien. Il y a beaucoup de choses dont je n’ai pas parlé dans cet avis : le contenu très secondaire comme les mini-jeux de forge et de dés, tout ce qui est réputation et crimes, le codex… Mais je ne peux pas tout dire, et il faut bien garder quelques surprises, non ?

kingdom come II 002
L’écran d’équipement a du mieux, mais il est encore un peu perfectible.

Alors est venu le temps de conclure, une fois encore. Et comme pour mon test du premier épisode, je tiens à rappeler que je ne prétends à aucune objectivité ici. Kingdom Come : Deliverance est un de mes jeux préférés, et sa suite est basiquement la même chose, en mieux. Une ambiance folle et unique, des systèmes tous plus profonds et intéressants les uns que les autres (notamment le combat, mon dieu que c’est bon), une beauté à nulle autre pareille et un jeu fait avec amour, passion et sérieux. On a même droit à une des meilleures versions PC pour des jeux double et triple A de ces dernières années, alors que demander de plus ?

Kingdom Come : Deliverance II est une indéniable réussite sur quasiment tous les points. Il fait pareil ou mieux que son prédécesseur, et voir que Warhorse a pu en vendre des millions ne peut que me réjouir. Je pense franchement qu’il me suivra des années, comme son grand frère, et que nous tenons là un concurrent sérieux au titre de jeu de l’année. En tout cas, c’est certainement le mien, et je vais retourner y jouer.

N’hésitez pas une seule seconde et embarquez pour le voyage en Bohême de toute une vie.

+ Magnifique, évidemment.
+ La version PC exemplaire.
+ Toujours aussi radical, toujours aussi unique, toujours aussi immersif.
+ Une suite faisant mieux sur tous les points.
+ La richesse des systèmes de jeu.
+ Un peu tout le reste, en fait
.

– Quelques bugs, mais beaucoup moins que dans le premier opus.
– Quelques petits parti-pris douteux rendant parfois l’expérience trop facile
.


Note : La note RPG est calculée selon la nouvelle grille 2025. Pour plus d’informations, cliquez sur le macaron de la note RPG.


Vincent - Goat Buster
Vincent - Goat Busterhttp://goatbuster-translations.com/
Rédacteur erratique mais toujours passionné, fan absolu de RPG depuis toujours. Je défendrai le premier Witcher jusqu'à ma mort. Également traducteur professionnel toujours à l'écoute, n'hésitez pas à me contacter au besoin ! Mon site personnel : http://goatbuster-translations.com/

7 Commentaires

S’abonner
Notifier de
guest
7 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments
L'archiviste

Merci Vincent, pour ce test. Personnellement, je place la licence Kingdom Come Deliverance dans une nouvelle catégorie de RPG : les RPG simulationnistes, contrairement aux autres qui seront plutôt « arcades ».

Je pense même que le studio a créé cette catégorie, parce que je ne me souviens pas de RPG aussi poussé dans la simulation de vie. Je me l’achèterai prochainement, parce que pour l’instant je l’offre aux proches. 🤣

Une valeur sûre et surement le jeu de l’année. 😉

Pierre

En tant qu’amoureux de cette licence comme toi dès le premier épisode, je ne peut qu’appuyer tes propos sur ce nouvel opus. C’est un jeu exigeant et assez réaliste. Ça ne conviendra pas à tout le monde mais cependant pour peu que l’on arrive à surmonter les premières heures qui sont, à mon sens, les plus difficiles.
Mais il y a ce sentiment lorsque l’on joue que je ne retrouve que sur KCD1 ou 2.
C’est une expérience unique et l’une des plus merveilleuse que j’ai vécu dans le monde vidéoludique

Dafalgan

Wow 🙂 Un super test extremement bien écrit et particulièrement vendeur. Venant d’un gars qui défend witcher 1 je ne peut que me mettre à genoux avec un respect indéniable . Ceci étant je n’ai pas du tout aimé KCD 1 , il m’est tombé du clavier au bout de 35 heures , la faute à une lourdeur de l’ensemble qui m’a rebuté … Merci Vincent !

Elric

Un grand merci à toi pour cet excellent test. Le 1 en mieux, miam, je sens que je vais encore passer des nuits blanches.

Articles récents

TESTS ALEATOIRES

Rogue’s Tale

Lorsque Skoeldpadda me propose de nouveaux roguelikes, tel le gobelin qui frétille devant le moindre bout de viande fraîche, plus communément appelé geek par chez vous...

Xenoblade Chronicles Definitive Edition – Switch – test 2

Il y a des sagas que l’on évite, non pas parce qu’elles ne nous intéressent pas, mais parce qu’il y a un manque de...

Stolen Realm

Dans l’océan des RPG tactiques, Stolen Realm se distingue comme une pépite indé qui mise sur la coopération, la personnalisation et des combats tour par...
En guise de préambule, il me semble important de noter les « conditions » dans lesquelles je rédige mon avis : la clé du jeu m’a été offerte par l’éditeur le jour de la sortie, et il me fallait rendre quelque chose dans le mois suivant la...Kingdom Come : Deliverance II
7
0
Envie de laisser un commentaire ? x