| Fiche technique utilisé pour le test de cette démo : Studio : Ice Code Games Genre : Stratégie tactique, roguelite : rogue Waters like Langues disponibles : Anglais uniquement Plateforme : PC (Steam) Démo : Disponible prochainement sur Steam |


INTRODUCTION : LE CAUCHEMAR AMERICAIN
J’ai presque tenté le jeu de mot « Smoke on the Waters », tant ce nouveau jeu n’est ni plus ni moins que la réplique exacte de Rogue Waters, du même studio, mais transposé dans les ruelles glauques et enfumées d’une Amérique… ténébreuse.
Imaginez un monde dans lequel Lovecraft aurait coécrit le rêve américain. Une sorte d’Amérique parallèle, figée dans un début de XXᵉ siècle aussi mythifié que pourrissant, où les quartiers jadis pleins de promesses ne résonnent plus que des échos d’un espoir éventé. Les rues sont mortes, ou pire, animées par des entités surnaturelles qu’on appelle les Dreadweavers -des cauchemars incarnés-, vomis par l’inconscient collectif d’un peuple à l’agonie.
Exit les pirates maudits, et si je n’étais à l’antipode d’un certain président américain, j’oserais le slogan « Make America Great Again », tant le but du jeu, c’est ça : redorer le blason d’un pays, ville après ville, quartier après quartier.
Dans Nightmare Frontier, vous n’êtes pas un héros. Vous êtes un chef de bande. Un survivant, à l’instar d’un Clint Eastwood, le regard sec, le flingue chargé, l’espoir en option. Avec votre escouade de déglingués — chacun trimballant ses névroses, comme dans Rogue Waters — vous allez grignoter la ville morceau par morceau, comme on refait sa vie après un trauma : lentement, violemment, sans garantie de victoire.


LA PARTIE MISSION
Le cœur du jeu repose sur des affrontements tactiques au tour par tour. Les combats mêlent habilement attaques à distance et corps-à-corps, avec la possibilité de pousser les ennemis, d’utiliser l’environnement à votre avantage et de créer des combos dévastateurs.
Cette mécanique rappelle le système de « Bravado » de Hard West 2, offrant une vraie profondeur stratégique. Et c’est là la seule — mais réelle — nouveauté de gameplay par rapport à Rogue Waters : tuer un monstre vous permet immédiatement de rejouer. Et ça, c’est franchement grisant.
Nightmare Frontier est nerveux et sans concession. Vous devrez gérer vos lignes de tir, vos déplacements limités, et surtout votre capacité à enchaîner les actions. Ce qui frappe, c’est l’élégance visuelle et sonore, qui fait encore une fois mouche.
Ici, on se bat avec des pétoires rouillées, dans des ruelles suintantes, contre des entités qui ne respectent ni la logique ni la gravité. C’est visuellement superbe, l’ambiance sonore est excellente et bon sang, que tout ça est sacrément bien ficelé ! Les environnements sont dévastés, les créatures cauchemardesques, et la bande-son angoissante vous plonge dans une immersion totale.
Ce n’est pas juste beau, c’est habité. Et c’est largement mieux ainsi. On avait déjà ça dans le jeu précédent, avec un mélange de vaudou et de malédictions. Mais le studio pousse le curseur encore plus loin, en rajoutant une dimension psychotique et cauchemardesque.
Nos héros seront d’ailleurs soumis (fonctionnalité non encore implémentée) à un système de stress à la Darkest Dungeon, que leur infligeront les monstres. Hâte de voir le résultat.


LA PARTIE GESTION DE L’EQUIPE ET DES RESSOURCES
Chaque membre de votre équipe possède ses propres compétences et faiblesses, influencées par ses traumatismes personnels. Il est crucial de bien alterner les membres actifs et de gérer efficacement les ressources collectées lors des expéditions.
Le jeu introduit une mécanique d’extraction qui apporte un vrai vent de fraîcheur. Dans Rogue Waters, on terminait un run ou on perdait tout, retour au hub. Ici, il suffit d’atteindre une case « extraction » pour souffler un peu, tout en conservant le matériel et l’expérience obtenus jusque-là.
Cela permet de décider à chaque instant si l’on poursuit l’exploration, au risque de tout perdre, ou si l’on se retire prudemment. Cette tension constante entre risque et récompense ajoute une dimension roguelite bien sentie.


CONCLUSION
“Le bonheur et le malheur se trouvent dans l’âme.”
Démocrite
On pourrait croire que Nightmare Frontier est un jeu qui ne prend aucun risque. Et il faut reconnaître que c’est un peu vrai. J’ai joué deux heures à la démo, et j’étais exactement dans le même fauteuil que pour Rogue Waters. C’est quasiment le même jeu, transposé dans un autre décor.
Peu de nouveautés pour le moment, si ce n’est ce fameux système d’enchaînement de morts, qui fonctionne à merveille.
Mais soyons clairs : je ne jouerai pas la carte de l’objectivité. J’ai aimé Rogue Waters d’un amour fou, et évidemment, pour moi, c’est de l’or en barre. Maintenant, c’est vrai : le studio ne se foule pas trop.
Cela dit, le jeu n’est même pas encore en accès anticipé, et les bases sont solides. Très solides. Je suis déjà heureux d’avoir pu mettre la main dessus si tôt.
“La patience est l’art d’espérer.”
De Vauvenargues


Je n’espère qu’une chose : ne tardez pas trop à sortir votre jeu, les gars ! En l’état : un grand OUI !
+ Système de combat tactique profond et efficace.
+ Ambiance immersive et direction artistique habitée.
+ Mécanique d’extraction apportant tension et choix.
+ Personnalisation et gestion de l’équipe.
+ Le système de « bravade » qui relance l’action.
– Contenu encore limité à ce stade.
– Trop peu de différences avec Rogue Waters.
– En anglais uniquement.


Toujours aussi efficace Dafalgan. Merci pour ce retour.