| Fiche technique utilisé pour ce test Studio : Emotion Spark Studio Genre : Rimworld, FTL, Oxygen Not Inclued Langues disponibles : Français Plateforme : PC (Steam, GOG) – Jeu SOLO uniquement Démo : Non |
« Space Haven, ce n’est pas « incarne un héros ».
C’est « essaie de ne pas tuer quatre quidams par asphyxie pendant que des pirates défoncent ta porte ».
Dafalgan
Dixit Steam : « Embarquez pour l’espace avec un équipage de colons en quête d’un nouveau foyer. Créez vos vaisseaux tuile par tuile… » Et pour une fois, Steam ne ment pas. C’est exactement ça… et c’est même bien plus profond…
L’Humanité a globalement disparu (décidément…) et il vous reste une poignée de survivants coincés sur un astéroïde, et un objectif : construire un vaisseau, survivre, et traverser la galaxie pour trouver une nouvelle maison. Pas de chevalier, pas d’épée légendaire, pas d’élu. Juste vous, quatre bonshommes, et le vide qui guette la moindre erreur. Enfin ça c’est VOTRE scénario. Car Space Haven est surtout un immense et très (trop ?) complexe Simulation de colonie spatiale / Space building…
POINT SCENARIO
Vous l’avez compris, le scénario est… un prétexte, et c’est très bien comme ça. Apocalypse, survivants, fuite vers les étoiles. Le vrai récit, c’est celui que VOUS écrirez : le jour où X a pété un câble par excès de stress et est sorti se promener dans l’espace sans scaphandre (RIP X), le jour où des pirates vous ont abordés, le jour où vous avez découvert une épave bourrée d’aliens qui guettent votre équipage planqués contre les murs comme dans un certain film de Ridley Scott.
Un vrai jeu dont vous êtes le héros en somme… Et ça c’est très très bien fait et fun.


JEU ET… GESTION
Par contre, à mes yeux tout du moins, ce qui est moins fun c’est la partie…
…ou on construit son vaisseau case par case. Coque, murs, portes, machines : tout se pose à la main. Et derrière la jolie façade pixel art, c’est une usine à gaz (au sens propre) : il faut gérer l’oxygène, évacuer le CO₂, régler manuellement la température, câbler le réseau électrique, produire bouffe et eau (en recyclant les eaux usées, bon appétit), et surveiller l’humeur de chaque membre d’équipage. Il faut littéralement tout gérer, de l’heure d’ouverture de portes et des sas, de la fréquence d’approvisionnement de X ou Y à la cantine…
Car les persos ne sont pas des robots. Ils ont un passé, des compétences (médecin, ingénieur, cultivateur…), des traits positifs et négatifs, des relations entre eux, et un niveau de stress qui, s’il explose, déclenche des crises de nerfs. Comme dans un Morrowind, les compétences montent à l’usage : à force de miner, on mine mieux ; à force de soigner, on soigne mieux. Sauf qu’ici, ce n’est pas un build de héros, c’est de la simulation pure.
Côté nervosité, vous avez des sorties d’exploration sur les épaves, des escouades d’abordage, des combats contre des pirates et des factions, des spores infectieuses qui contaminent le bord…


« Tu cherches l’élu avec son arbre de talents ?
L’élu, ici, c’est le gars que t’as collé aux toilettes…
Et qui le vit très mal. »
Dafalgan
MAIS CE N’EST PAS UN RPG
Mettons les choses au clair, parce que je vois venir la confusion. Space Haven, ce n’est PAS un RPG. Pas « un peu », pas « light », pas « hybride ». Pas. Du. Tout.
Un RPG, tu incarnes UN personnage. Tu lui colles une classe, tu montes des niveaux, tu choisis un build, tu prends des décisions narratives qui définissent SON histoire à lui. Tu ES le héros.
Dans Space Haven, tu n’incarnes personne. Tu es une espèce de divinité-DRH omnisciente qui regarde quatre humains essayer de ne pas mourir asphyxiés. Pas d’élu, pas de niveau de personnage global, pas de quête perso, pas de dialogue à choix qui te définit. Les compétences qui montent ? De la simulation émergente, pas une feuille de perso. Le seul « personnage » que tu fais réellement progresser, c’est ton VAISSEAU et ton SYSTÈME. Tu ne joues pas un rôle : tu administres un écosystème fragile. Un peu comme dans un jeu fourmi ou ruche mais dans l’espace.
Du coup, on est vraiment en présence d’un space building, pur jus. Et c’est justement parce qu’il assume à 100 % ce qu’il est, qu’il est si bon. Par contre je nuance mon enthousiasme car je n’ai pas joué des centaines d’heures. Ce n’est pas ma came, mais je suis quand même sacrément respectueux devant la somme astronomique de travail fourni. Pour faire une comparaison assez pertinente, j’ai connu en temps réel la sortie des jeux l’Oeil Noir, notamment Star trail de la trilogie l’Oeil Noir. Un jeu tellement touffu, dense et compliqué dans ses mécanismes que parfois (souvent…), il u en devenait imbouffable.
Space Haven c’est un peu ça.
Fun, complet, profond. Trois mots, et ils tiennent. Le jeu démarre tranquille dans des systèmes amicaux, puis t’enfonce dans une galaxie de plus en plus hostile, secteur après secteur, avec ce sentiment rare de progresser physiquement dans l’espace en trimballant l’histoire de chaque tronche de ton équipage. La re jouabilité est énorme. Le revers, c’est cette microgestion qui peut donner le tournis au début avec une interface qui n’est pas la plus sexy de la galaxie, et un parfum de répétition qui peut vite pointer son nez.
Bref : ce jeu est un excellent space building. Mais si vous attendez un RPG… Il va falloir chercher far far away…


Merci pour ce retour Dafalgan. Bon, déçu qu’il n’y ait pas de RPG dans ce titre. Au moins, tu me fais économiser mon temps avec ce test. Allez Next !