Toutes les choses ont une fin, bonne ou mauvaise, et c’est cette fois-ci au tour de notre inquisiteur de tirer sa révérence dans le dernier DLC de Dragon Age : Inquisition – Intrus. Arrivera-t-il à quitter la cour des grands avec les honneurs ?

Dragon Age : Inquisition n’aura finalement pas connu énormément de DLC si on le compare à Dragon Age : Origins, mais il en a connu un de plus par rapport à Dragon Age 2. Là où ce dernier avait tenté de faire de la qualité pour compenser les erreurs du jeu de base, les DLC de Dragon Age : Inquisition sont quant à eux beaucoup plus bancals. Bien qu’étant sympathique à jouer, les Crocs d’Hakkon ne faisait finalement qu’ajouter une map de plus à ce troisième opus avec toutes les mécaniques bien connues qui en résultent. Le très récent La Descente était quant à lui une quasi insulte aux joueurs, même si l’intention de base était honorable. Aujourd’hui, Bioware nous revient avec Intrus, le troisième et dernier DLC pour Dragon Age : Inquisition. La fin de ce dernier était particulièrement abrupte et Intrus doit supporter à lui tout seul la lourde tâche de conclure honorablement l’histoire de ce troisième épisode qui nous aura fait fermer un nombre incalculable de failles.

Des retrouvailles

Comme à notre habitude, Intrus débute à Fort Céleste en apparaissant comme une simple mission sur la carte. Toutefois et contrairement aux deux autres DLC, vous devrez cette fois-ci avoir terminé Dragon Age : Inquisition pour voir apparaître cette ultime mission. Qui dit ultime mission, dit dernière fois que vous pourrez contrôler votre inquisiteur. Une fois que vous aurez sélectionné cette mission vous ne pourrez plus faire marche arrière, et si vous vouliez par exemple éradiquer quelques dragons de plus de haut niveau, eh bien vous ne pourrez plus le faire. Je vous conseille donc de garder une sauvegarde datant d’avant le début de ce DLC.
 


Intrus débute deux ans après la fin de l’Inquisition victorieuse face à Corypheus. Malgré tout et comme vous pouvez vous en douter si vous connaissez l’univers de Dragon Age, Ferelden ainsi qu’Orlaïs ne sont pas tout à fait d’accord sur le rôle que doit à présent jouer l’Inquisition. Il faut bien avouer qu’avoir à côté de son territoire une armée puissante et autonome n’est pas quelque chose de très réjouissant. C’est donc au Palais d’Hiver, que nous avons déjà pu visiter pendant le bal de la quête principale de ce troisième opus, que nous sommes convoqués par ces deux pays pour débattre de l’avenir de l’Inquisition.

Après une arrivée en grande pompe et avant de commencer les négociations, vous serez libre de vos mouvements dans l’immense cour du Palais d’Hiver. C’est l’occasion pour nous de récupérer des objets plus ou moins cachés, d’augmenter nos statistiques ainsi que d’user d’une forge complète pour réaliser de nouvelles armes et armures. Il en va de même pour l’alchimie ainsi que pour les marchands vendant les matériaux requis à toutes ces manipulations. Ce sera également l’occasion de lire de nombreux livres et documents, mais surtout de partir à la rencontre de nos anciens compagnons.

Ces derniers proposeront plus ou moins de dialogues selon le type de relation que vous avez eu avec eux à Fort Céleste, mais dans tous les cas c’est souvent l’occasion pour nous d’assister à des scènes plus ou moins comiques mettant mal à l’aise notre cher inquisiteur. Comme vous pouvez vous en douter et même si au final il n’y a pas une quantité incalculable de dialogues, ces retrouvailles font réellement chaud au cœur et rien que pour ça, Intrus vaut le coup d’œil.


Après avoir apprécié les charmes singuliers de l’extérieur du Palais d’Hiver, vous serez vite confronté à vos deux détracteurs, Férelden et Orlaïs, mais vous ferez aussi face à la Divine, pouvant prendre plusieurs formes selon les choix effectués à la fin de Dragon Age : Inquisition. Malgré toute la sympathie que j’ai pour ce DLC, je crois bien qu’il s’agit ici du point que j’aurais aimé voir plus approfondi. Avoir de longs débats sur le futur et le devenir de l’Inquisition est quelque chose qui me passionne et malheureusement, le sujet est ici très vite évincé pour rentrer directement dans le cœur de l’histoire de ce DLC. Vous devrez en effet très rapidement enquêter sur un Qunari retrouvé mort dans le Palais.

Miroir, miroir, où allons-nous aujourd’hui ?

Bien évidemment et puisqu’il s’agit du cœur de l’histoire d’Intrus, je ne vais pas vous révéler les enjeux de ce DLC, mais vous devrez enquêter sur une menace extérieure bien mystérieuse pouvant mettre une fois de plus en jeu la vie de plusieurs centaines de personnes. Pour ce faire, vous traverserez de très nombreux éluvians nous faisant tout aussi bien voyager dans l’Immatériel que dans des zones peu accessibles en temps normal. Ces différents environnements ont une direction artistique très réussie surpassant en de nombreuses occasions les lieux que nous pouvons visiter dans le jeu de base. Le level design de ces environnements est également beaucoup plus réussi que celui de Dragon Age : Inquisition, mais j’y reviendrai dans le dernier paragraphe de ce test. En explorant ces environnements vous trouverez de nombreux livres et documents à lire vous en apprenant plus sur de nombreux points de l’univers du jeu. Vous tomberez également sur quelques énigmes pas bien difficiles, mais c’est déjà pas si mal si on le compare à La Descente, qui n’avait aucune énigme à nous proposer alors que les environnements s’y prêtaient très bien.

Pour ajouter de l’interactivité à ces décors, et comme nous avions pu déjà le voir dans l’add-on Awakening du premier opus, en de nombreux points vous pourrez activer des dialogues spécifiques avec l’un des membres de votre équipe. Il vous suffira en effet de cliquer sur une icône se trouvant dans une pièce avec au dessus le nom du personnage pour découvrir son ressentiment sur telle ou telle chose. Cela peut sembler bien artificiel comparé à un dialogue s’activant automatiquement, mais finalement ça marche plutôt bien. Malgré cette interactivité beaucoup plus poussée que celle du jeu de base, Intrus est un Dragon Age comme les autres et nous propose également des combats. Comme nous l’avons vu plus haut avec notre Qunari mort dans le Palais d’Hiver, vous affronterez ici de nombreux Qunaris pouvant prendre des formes aussi diverses que variées, telles que de simples lanciers ou bien encore des Saarebas, de puissants mages que nous avions déjà pu rencontrer dans Dragon Age 2. Contrairement au DLC La Descente qui nous propose des combats à la chaîne, et se montre à la longue très fatiguant, ceux d’Intrus sont beaucoup mieux fichus et sont surtout à l’image de ce DLC, c’est-à-dire très bien rythmés.


Pour ajouter de la nouveauté dans les affrontements, le pouvoir de l’Ancre est quant à lui améliorable, même si ces améliorations se feront finalement automatiquement au fur et à mesure que vous progresserez dans l’histoire. Vous pourrez par exemple l’utiliser dans un premier temps pour rendre votre équipe momentanément invincible et dans un second temps pour effectuer des dégâts sur l’ennemi. Le pouvoir de l’Ancre vient remplacer l’icône du cheval qui n’a ici plus aucune utilité. Vos autres pouvoirs de base liés à l’Ancre se rechargeront tout seuls. Parmi les autres nouveautés de ce DLC, vous pourrez également récupérer des sceaux permettant d’améliorer les nouvelles armures du jeu. Contrairement aux runes, ces sceaux comporteront de très bons bonus, mais aussi des malus parce que la vie n’est pas toujours très bien faite.

Pour en finir avec ce paragraphe et avant de se diriger vers la conclusion, sachez qu’entre chacun des passages dans les éluvians se regroupant dans la Croisée des Chemins se trouvant dans l’Immatériel, vous retournez au Palais d’Hiver. Celui-ci fait office de hub et vous pourrez améliorer et construire de nouveaux objets à chacun de vos passages. Grâce au dernier patch du jeu, vous pourrez également utiliser le Cochard Doré pour exporter et importer vos différents schémas et matériaux dans vos différentes parties. Sachez également que la musique de ce DLC est réellement excellente et vient appuyer d’une façon très appréciable les phases d’exploration ainsi que les phases de combat. Je me demande encore une fois comment Bioware a pu tant se rater dans l’incorporation des musiques dans le jeu de base.
 

Il était une fin 

L’histoire de Dragon Age : Inquisition vient donc de prendre fin avec le DLC l’Intrus, et ce dernier vient très bizarrement donner une leçon au jeu de base. Tout est ici très bien mis en scène, et on prend un réel plaisir à suivre cette enquête nous faisant découvrir ou redécouvrir le peuple Qunari jusqu’à la conclusion finale, qui vient enterrer celle de Dragon Age : Inquisition qui était presque sans intérêt. Intrus donne également une leçon de level design à ce troisième opus. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi l’un des gros points noirs de ce troisième épisode a été l’une de ses plus grosses nouveautés : les environnements ouverts. Contrairement à Dragon Age : Origins ou bien encore à Dragon Age 2, les environnements ouverts de Dragon Age : Inquisition ne sont pas parvenu à appuyer ni l’exploration ni la narration du jeu. Les seules choses à faire étaient de planter des drapeaux, de récolter des ressources et de tuer des ennemis sans trop se poser de questions. On avançait sans grande conviction dans des environnements plutôt jolis visuellement, mais malheureusement dénués d’intérêt malgré leurs dimensions impressionnantes. Ce n’est pas le cas dans Intrus qui propose des niveaux travaillés, et bien qu’ils soient fermés et beaucoup plus petits que ceux de Dragon Age : Inquisition, le sentiment d’exploration et de découverte est beaucoup plus maîtrisé que dans ce dernier.

Bien évidemment, je n’ai pas la science infuse et chacun voit midi à sa porte, mais je pense que la recette de Dragon Age : OriginsDragon Age 2 ainsi que celle d’Intrus est la meilleure recette qui soit pour un jeu Dragon Age. Des environnements réduits pour un gameplay ainsi qu’une narration maîtrisés.

Comme je le dis au début de ce test, toutes les choses ont une fin qu’elle soit bonne ou mauvaise, et je dois bien avouer que Intrus est une très bonne chose et termine comme il se doit l’histoire de Dragon Age : Inquisition. Les musiques sont belles, les personnages sont encore plus attachants qu’auparavant, la quête est passionnante et les dix heures de jeu passent à une vitesse folle. La toute fin du DLC vous donnera encore plus l’envie de retourner dans Thédas pour vivre, dans peu de temps je l’espère, de nouvelles aventures. Il ne reste maintenant plus qu’à croiser les doigts pour que Bioware, sur le prochain épisode, corrige les erreurs de ce troisième opus et se base avant tout sur la réalisation du DLC Intrus.

+ Une histoire prenante
+ Retrouver sa bonne vieille équipe
+ Une excellente musique
+ Un level design et une direction artistique réussis
+ Près de 10 heures de jeu

Note RPG 4 sur 5
Note testeur 09 sur 10

– Quelques combats brouillons en intérieur (caméra)
– Manque d’interaction avec le conseil

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