Pour faire un bon RPG, certains imaginent qu’il est plutôt facile d’utiliser un auteur à succès comme scénariste. C’est souvent une erreur, car un écrivain ne sait pas forcément (rarement, en fait) assez découper ses textes afin de caser trois heures de lecture en 25 heures de jeu. C’est pour cela qu’il vaut mieux s’en tenir au lore d’un auteur, qui sera décliné par des professionnels qui savent ce qu’ils font. C’est exactement ce qu’il s’est passé avec Raymond E. Feist, qui œuvrait dans le domaine du médiéval-fantastique avec sa saga de livres dans l’univers de Riftwar. Et avec ce lore, des gars pas bêtes du tout ont pondu Betrayal at Krondor.
Et grand bien leur en pris, puisque ce RPG est devenu un classique… même s’il est assez daté visuellement à cause de ses – très – nombreuses scènes live photographiées et insérées telles quelles et ses passages rotoscopés (merci Prince of Persia). Malgré ces graphismes plutôt kitsch, il faut bien avouer que le scénario fonctionne très bien, et que l’avancée sous forme de neuf chapitres contés par un narrateur se passe sans anicroches.
Côté gameplay, le jeu est en 3D d’époque (moche, avec de la 2D insérée) et les combats sont lents et franchement peu dynamiques. La stratégie sera par contre indispensable, puisqu’il s’agit de tour par tour à base de cases carrées et de sorts de zone. Il est à noter que l’évolution des unités est particulièrement finaude et mérite à elle seule le déplacement.
Fait amusant : Feist utilisa le scénario de Betrayal at Krondor pour écrire le livre « Krondor : the Betrayal ». Il y a donc à partir de ce moment-là un mélange transmédia des plus intéressants à observer, historiquement parlant.
Betrayal at Krondor a carrément mal vieilli, mais il fut un vrai choc en son temps. Best-seller, il a été décliné plusieurs fois dans diverses rééditions, afin que tout le monde ou presque puisse se le procurer… sans jamais avoir été traduit en français, malheureusement.
PS : Avis partagé avec l’aimable autorisation de Gérald Khayrhalt Mercey, rédacteur en chef de RPG Magazine.


