Vous aimez Ziggurat ? Je demande parce que c’était un de mes premiers jeux achetés en dématérialisé sur ma Xbox One, vrai moment d’émotion, un mélange entre un DOOM-like et un Rogue-like, le genre de truc qui était encore un peu frais à l’époque… Depuis, c’est le déluge. Et parmi les gouttes de pluie dilluvienne ayant percuté le sol de ce plan terrestre, une a fait un “splash” plus remarquable que les autres, c’est Gunfire Reborn, qui a bien attiré l’attention en son temps, pour des raisons que je vais peut-être expliciter par la suite… oui, peut-être, parce qu’il est possible que ce succès reste un mystère à mes yeux d’humanoïdes il est vrai un peu étanche à l’anthropomorphisme et autre délire de dégénéré immature aux tendances sexuelles douteuses. Maintenant que je me suis mis à dos l’essentiel des niches obscures de l’internet, on peut commencer à parler d’un jeu dont le sujet est avant tout un gros paquet de flingues et une ribanbelle de streums à buter.
Lorsque j’ai écris la critique de Diablo IV, vous fûtes nombreux (au moins deux, si si, c’est un nombre ! Enfin c’est un chiffre, mais ça fait nombreux !) à me faire la remarque de sa longueur : non, mais les enfants, deux mille huit-cents mots c’est de l’échauffement, une bagatelle, une moyenne basse, très basse. A la grande époque du Marcheur conquérant, sans ses cheveux blancs et avec la fougue et l’énergie auto-destructrice de la jeunesse, un écrit impressionnant c’était six mille mots, voire huit mille, et mon orthographe était aléatoire, ma grammaire n’en parlons pas, et la synthaxe ? Inexistante. Non, c’était une autre époque, une époque de profusion, de quantité et non de qualité.
Aujourd’hui ? Vous avez le plus pur nectar Marcheurien, une sève virile pas piqué des hannetons qui vous octroie un mélange explosif survitaminé et protéiné. Nulles traces de lipides ou de glucides là dedans, sec, optimal, tout ce qu’il faut pour un bon développement musculaire.
Il vous en faudra d’ailleurs pour presser ce bouton qui vous permet de tirer dans Gunfire Reborn : la touche RT va chauffer, car il vous faudra cracher le plomb pour vous frayer un chemin dans les niveaux générés procéduralement, et ce, de nombreuses heures durant pour accomplir au moins une partie sans crever, et de ce fait débloquer les nombreuses subtilités de gameplay du titre.
C’est bien simple : si vous avez envie que votre vie de joueur ressemble à traverser des niveaux faussement différents, à buter du streum que vous avez quand même l’impression d’avoir déjà vu quelque part mais pas trop, avec entre les pognes, des armes nombreuses mais dont le comportement vous évoquent Destiny, Borderlands, Redfall, Ziggurat et tant d’autres loot-shooters / rogue like-FPS auxquels vous avez déjà joué. Alors Gunfire Reborn est probablement le jeu qui vous offrira le plus de “trucs” de ces jeux là.
Vous savez, il me fait penser à une version (avec animaux anthropomorphiques, on s’entend) du menu best of d’un menu best of. Vous savez ? Mais si ! Comme cette nouvelle compilation des cent meilleurs morceaux de Gainsbourg qu’on vous propose cette année encore. En quoi change t-elle ? Eh bien on a modifié la track-list, enlevé vingt sons, et remplacé par autant pour vous la revendre parce qu’en réalité, Gainsbourg est toujours mort, le créateur est mort et désormais, on ne peut que capitaliser et réarranger ses oeuvres pour vous les faire consommer à nouveau.
Alors quoi, les développeurs derrière Gunfire Reborn sont-ils condamnés à créer des créatures de Frankenstein en croisant les doigts pour que le public qu’ils atteignent ne soit pas aussi érudit qu’un connard réactionnaire comme moi, ou en espérant que -cette fois encore- vous ayez envie de jouer au même jeu auquel vous avez joué dans les années 2000 en un peu différent ? Peut-être. Je ne sais pas, je n’en sais rien, je suis pas dans votre tête, et je suis déjà bien assez dans ma tête pour savoir que manger de l’itération jusqu’à finir obèse morbide ne me branche plus trop depuis l’an de grâce 2018 où je me suis rendu compte que tout cela commençait à ressembler à la fraude créative qu’à imposer Disney sur Hollywood.
Comprenez que je m’emmerde.
Comprenez bien que c’est difficile de rendre des copies où l’on fait l’éloge d’une formule à nouveau éprouvée alors qu’on en a fait l’éloge dix à vingt fois auparavant au cours de sa – pas si longue d’ailleurs – vie de joueur et de critiques. Peut-être devrais-je penser à prendre ma retraite, à partir sur une île avec une poignée de jeux qui encapsulent ce qui m’a fasciné avec le média, peut-être ai-je fait mon temps dans le milieu et qu’à part vous sortir des couplets réactionnaires formidablement bien écrits à défaut d’être argumentés qui ne répandent dans ce monde plus que de l’amertume de vieux con et non la joie de continuer de m’accrocher à un médium sensé m’apporter du plaisir…
… oui, peut-être est-il temps de raccrocher…
…
… Non.
En fait non.
Putain que les contrôles de ce jeu sont désagréables ! Les flingues ont pas de patate, on dirait le premier Borderlands qui compensait son ressenti de tir mou par pléthore de conneries et de flingues. Bordel que je trouve la DA aussi inspirée qu’un jeu généré par une IA. Que je trouve l’idée derrière ce projet semblable à un prompt à base de : des lapins avec des flingues parcourent des niveaux à thèmes pour flinguer des monstres d’influences de culture diverses. Putain de nom de dieu de bordel de merde comment est-il possible qu’une carotte pareille puisse m’être ainsi enfoncée dans le boule sans que je ne perde patience au bout de deux minutes de gameplay ? Pourquoi me suis-je donc à nouveau laissez embarquer quelques heures dans pareille galère !?
Mais parce que la dopamine les enfants ! Connaissez vous Kaaris ? L’intro d’Or Noir, le morceau Bizon :
2-7, 2-7, 93 j’ai la recette !
Les mecs ont le putain de livre des recettes de cuisine de la boucle de récompense parfaite ! Ils savent quel son offre un feedback optimal quand on loot, quelles couleurs nous stimulent quand on regarde quelque chose ! Ce jeu n’est pas une oeuvre, c’est un brain hack qui tire les leçons de quarante ans d’expertise de putain de génies qui ont passé leur temps à révolutionner le médium !
Nintendo ! Blizzard ! Bungie ! Rare ! Team Ninja ! From Software ! Kojima !
Je pourrais vous assommer de références des grands du milieu qui ont fait le monde dans lequel on surnage ! Le poids de leur héritage transpire dans tous les pores de l’essentiel de la production récente, prenez les idées originales de leurs jeux et mélangez les, vous obtiendrez les trucs auxquels je joue désormais !
Et moi, comme Néo dans la Matrice, je vois toutes les putains de lignes de codes ! J’ai les données ! J’ai les datas ! Je vois tout et je deviens fou !
Comment me libérer ? COMMENT !? Je ne peux pas, moi-même écrasé par le poids de cet héritage que j’ai digéré, me voilà rendu à ne plus m’émerveiller de ses itérations qui me paraissent fades et digérées vingt fois, victime que je suis de mon expertise, j’en suis rendu à ne plus aimer grand chose mais à m’exposer à une masse considérable de jeux pour arriver à être surpris !
Mais je sais comment me libérer au moins de cette critique, après ce laïus anarchique qui ne vous aura rien appris mais que vous n’aurez pas lu parce que ce qui vous intéresse c’est :
Intro.
Conclusion.
La note.
Alors je vais vous l’offrir la conclusion et la note ! Sur un plateau ! En toute cordialité ! Et si vous avez tout lu, alors je vous plains, parce que j’ai conscience qu’il vous faudra au moins quatorze xanax pour vous en tirer sans en chialer toute la nuit ! Et quatorze hein ! Pas treize ! Sinon, vous allez imbiber vos draps de vos répugnants fluides bucaux et nasaux ! Et je m’y connais en nasaux ! Foutu cheval qui m’a traumatisé en bouffant du bois devant moi quand j’avais treize ans ! GIBIER DE FINDUS JE TE HAIS !
Envoyez la conclusion bordel !
Gunfire Reborn est un titre très solide. Offrant une grande variété d’armes, d’environnements, d’équipements, de personnages ainsi que d’ennemis. C’est un petit jeu qui voit grand et saura vous tenir occupé durant de nombreuses heures de plaisir. On pourrait lui reprocher, avec un esprit chagrin, certes, un certain classicisme et un manque d’audace, mais il est peu fréquent d’incarner des animaux anthropomorphiques dans ce genre d’oeuvre, notamment des jeux de tir, ce qui rend le jeu tout de même cocace et unique.
Je recommande donc ce titre à tout amateur de looter-shooter et ceux qui aiment le rogue-like dans toutes ses formes.
… C’est bon maintenant ? Bon, la prochaine fois je fais générer une critique par ChatGPT, puis je signerai en écrivant quelques conneries de mon cru, histoire que ça fasse crédible.
J’suis sûr que ça passera, pépouze tranquille, le grand maître Marcheur a fait ses preuves : il peut écrire un truc très construit et professionnel, mais l’IA le fait mieux que lui, donc autant se toucher la nouille et éviter les débordements émotionnels comme je viens d’en faire la démonstration…
… ou plutôt non en fait.
Donnez moi plus de jeux à pourrir, croyez moi bien : je vais les défoncer ! Un par un ! Toutes les copies de copies de copies, je vais la gérer solo moi, ton attaque de clone ! La Fédération du commerce à pas su faire face à l’armée de Palpatine ? Je vais lui refaire le fion moi, et plutôt deux fois qu’une ! Marcheur est l’éviscérateur officiel des jeux qui n’ont rien à dire, je vais professionnellement les détester, par pur esprit de justice. On craint un futur où les IA font notre taff ? Mais je saurais même plus faire la différence déjà aujourd’hui, alors dans dix ans, les IA géreront encore mieux la génération des divers éléments d’un jeu vidéo, peut-être que l’IA arrivera à m’avoir, peut-être que mon avenir de joueur c’est des productions machinales produites par des machines…
… en attendant, vivement Starfield.





Merci pour ce retour Marcheur. Un jeu à la DA réussie (comme le sera Mythforce j’imagine), et qui manque d’innovations. Mais un jeu auquel je me suis attaché comme bien d’autres.