Développé par le petit studio indépendant So Romantic, Jack Move est sorti en septembre 2022. Il s’agit d’une aventure cyberpunk d’inspiration jRPG. Derrière cette apparente simplicité se cache une œuvre plus travaillée qu’il n’y paraît. Suite à cette présentation, voyons donc de plus près ce qu’il propose.
Une direction générale tournée vers le pixel-art et le rétro
Résolument old school, les graphismes font directement penser aux anciens jeux 16 bits, mais avec une touche moderne. Ce n’est pas une bouillie de pixels comme on pourrait s’y attendre : c’est plutôt travaillé, les décors sont variés et retranscrivent à merveille l’univers cyberpunk. Les musiques sont dans le même ton, avec des sons entre le synthétique et l’électronique, pour une bande-son parfaitement adéquate.




Une intrigue et une écriture solides
Nous suivons Noa Solares, une jeune hackeuse qui fait équipe avec son ami Ryder dans une ville au XXIIe siècle. Ils devront, avec d’autres alliés, déjouer les plans de la méga-corporation « Monomind ». Contrairement à beaucoup de récits se déroulant dans ce genre d’univers, l’écriture n’est pas « hostile » et ne dépeint pas un monde déprimant. Au contraire, les dialogues ne manquent pas d’humour et les PNJ importants possèdent des portraits avec différentes expressions pour leur donner davantage de personnalité. Le contexte est développé à travers des documents à lire et les discussions avec les différents personnages. Ceux-ci ont d’ailleurs de nouvelles répliques à chaque avancée du scénario, encourageant ainsi le joueur à leur parler plus souvent. Il y a tout un tas de mini-histoires comme ça.
Nous avons aussi droit à quelques quêtes secondaires. Malheureusement, elles ne sont pas très inspirées et se résument souvent à de simples « Va me chercher ça ». Elles ont toutefois une petite particularité : elles sont toutes reliées entre elles. La récompense de l’une servira ainsi d’objet pour une autre. On se retrouve finalement avec une grande chaîne d’échanges qui permet d’obtenir, au bout du compte, un objet puissant.




Le système de RPG
Empruntant aux JRPG, le studio nous propose des combats au tour par tour. Il ne faut cependant pas s’attendre à gérer une équipe : seule Noa est jouable. Il n’y aura personne d’autre. L’équipement, comme les armes et les armures, ne sera pas non plus de la partie.
Il n’y a pas de compétences classiques. À la place, plusieurs écrans permettent de gérer les logiciels dont Noa s’équipe pour combattre. À l’inverse de beaucoup d’autres opus, les possibilités sont nombreuses, mais seule une poignée pourra être utilisée. Les slots sont limités, soit par la place disponible, soit par le nombre de points de RAM.



Il ne suffit pas de taper sur les opposants en choisissant au hasard. Ici, chaque ennemi possède une faiblesse à un software particulier. Prenons par exemple le cas du logiciel Fork : c’est un software de haut niveau qui inflige des dommages de type « Électroware ». Il est très efficace contre l’aspect « Wetware ». Ce n’est qu’une parmi de nombreuses particularités, et cela vaut le coup de s’intéresser à cette mécanique. J’émets cependant une petite critique : certaines descriptions manquent de clarté. Arrivé à la fin de l’aventure, je ne savais toujours pas exactement à quoi servaient certains logiciels. C’est dommage, car cela peut inciter à laisser de côté certaines capacités simplement parce que leur fonctionnement n’est pas suffisamment expliqué.




Jack Move n’est pas que le nom de ce jeu, c’est aussi la capacité la plus puissante et utile. A chaque coups pris ou donné, une jauge augmente. Quand elle est pleine, l’activation d’un « Jack Move » parmi une liste devient possible. On peut voir ça comme les limits breaks de Final Fantasy. Le joueur doit alors réaliser un QTE très simple pour obtenir un score parfait afin de maximiser l’efficacité, chacune de ces capacités a des animations uniques.



Le jeu nous propose aussi de paramétrer les rencontres, celles-ci se déclenchent quand la barre d’alerte est pleine. On peut les désactiver pour être tranquille, mais c’est se piéger à court et à long terme. Les combats obligatoires seront contre les boss et, si vous n’avez pas un niveau et un équipement suffisamment élevés, vous vous retrouverez bloqué à enchaîner les Game Over. Mon conseil est donc de les laisser activés. De toute manière, il faudra farmer à un moment ou à un autre pour l’argent et l’expérience. C’est typiquement le genre de RPG où avoir une avance confortable dans la progression de votre personnage vous facilitera grandement la vie. L’image du boss que je vous ai montrée est un exemple parfait : je l’ai atomisé dès le troisième tour alors qu’il aurait dû avoir plusieurs phases ! Je trouve ça très satisfaisant !

Pas très long, je l’ai terminé en environ six heures, et encore, j’ai farmé un peu. Jack Move est un petit jRPG très réussi. L’histoire aborde des thèmes intéressants, et j’ai beaucoup aimé les musiques ainsi que le ton général. Il n’est pas très difficile tant qu’on n’évite pas toutes les confrontations. Ce fut une belle surprise et je vous encourage à y jeter un œil !
- Ambiance cyberpunk réussie
- Ton à la fois sérieux et décalé
- Une excellente bande son, très rythmée
- Système de combat avec les faiblesses qui amène un minimum de stratégie
- Quelques descriptions pas très claires sur le fonctionnement de softwares
- Souris non utilisable
- Des mots ne sont pas traduits
- Pas de cinématiques animées comme dans le trailer pour mettre en valeur les moments importants : petite déception !



