« Dormir est si accablant et rêver si horrible… »
Howard Phillips Lovecraft
J’ai toujours été fasciné par Lovecraft, par son imaginaire, sans pour autant être happé par son monde. Je lui préfère – et de loin – Edgar Allan Poe, mais je dois reconnaître que Lovecraft est un personnage hors du commun. Si sa littérature ne m’attire pas plus que ça, le personnage, lui, est un mythe à lui tout seul. Il a non seulement incarné un registre littéraire quasi en tant que fondateur, mais il a aussi entraîné dans son sillage nombre d’autres écrivains, esthètes et fans absolus. Sans compter un flot de mystères et d’énigmes que personne, probablement, ne résoudra jamais.
Et en parlant de mystères : nombre de ses œuvres prônent le GRAND MYSTÈRE, celui où se chevauchent dieux anciens, créatures d’autres mondes et nos propres recherches, existentielles ou superficielles.
Les deux allant parfois de pair.
Et c’est précisément le point de départ de cette excellente démo qu’est Stygian : Outer Gods, qui – pour les joueurs ayant joué à Stygian: Reign of the Old Ones – se déroule dans le même univers que le Stygian d’origine.


« Jack, c’est ici qu’on s’est rencontrés »
Film Titanic
On incarne Jack, et alors qu’il émerge d’un « rêve » où se croisent monolithes verdâtres et murs tachés de sang, Jack va très rapidement être sommé par une énigmatique jeune fille, Victoria, de se rendre à Kingsport : une colonie perdue dans les brumes où l’attend le sombre secret de sa famille – y compris le mystère entourant la disparition de son propre père. Après un naufrage, c’est là que débute la démo, dans les sombres ruelles de Kingsport, cette colonie oubliée qui puise dans l’imaginaire de H.P. Lovecraft.
La démo dure environ une grosse heure et est en anglais uniquement. Et elle est terriblement bien faite : elle donne sacrément envie de découvrir le jeu complet. Folie aidant.
Nous sommes dans un FPS avec un volet survie prononcé, qui se justifie cent fois. Visuellement, c’est juste superbe. L’ambiance de fin des temps est très bien rendue, la ville à l’abandon, glacée, est terrifiante. L’intrigue de cette démo nous amène à devoir fouiller une première partie de cette cité pour trouver trois tablettes, nécessaires pour accéder au manoir de la famille de Victoria. Celle-ci, adepte d’occultisme et mystérieuse à souhait, ne nous aidera absolument pas.
Pour trouver ces tablettes, il va falloir explorer les recoins les plus cachés, débloquer l’accès à de nouvelles zones en perçant des secrets. À noter que quelques énigmes – surtout environnementales – sont bienvenues et plutôt corsées. Le but sera d’ouvrir de nouvelles routes, pour en premier lieu déverrouiller les portes closes. En second lieu… il va falloir survivre. Et bon sang, même en mode normal, cette démo est assez difficile.


La faute à un armement plus que sommaire et à des créatures – des espèces de liches et des chiens/loups morts-vivants – particulièrement redoutables. C’est simple : je ne suis pas du tout client des Resident Evil-like, et cette démo m’a constamment harcelé, me rappelant pourquoi je n’aime pas les Resident Evil-like.
On est rarement à l’abri des monstrueux ennemis et autres pièges perfides qui jalonnent la route. On se blesse sans cesse, on devient littéralement fou au point de provoquer des troubles mentaux qui se ressentent en jeu. On n’a pas beaucoup de vie, et les ennemis, souvent, nous tuent en deux coups. Côté arsenal, dans cette démo, c’est armes blanches uniquement : faux et haches. Ces dernières participent aussi aux énigmes environnementales.
Les combats sont tout simplement à éviter. Pour cela, il y a une jauge de visibilité incarnée par un œil qui devient d’abord blanc, puis rouge si l’on est repéré. Et là : FUYEZ, PAUVRES FOUS !!!
Pour nous aider, on aura accès à des établis pour confectionner crochets, bandages ou attelles.
À la fin de la démo, on pourra débloquer, en fonction de certains choix de dialogues, un vendeur qui nous fournira matériaux et recettes pour fabriquer les outils, médicaments et remèdes utiles à notre survie dans l’horreur.


« Je vois des gens morts. »
Film Sixième Sens
À noter aussi une chouette dimension RPG. En effet, il faudra un peu choisir son style de jeu en débloquant de nouvelles capacités sous forme de cartes de Tarot. Par exemple, on pourra parler avec les morts, être plus résistant, ou encore pratiquer l’occulte nous aussi. D’ailleurs, on pourra trouver des reliques occultes et tester différentes interactions avec l’environnement.
Je parlais de choix et de plusieurs embranchements pour faire avancer l’histoire : pour l’instant c’est léger, mais on sent que la portée pourra être intéressante.
Un petit point sur l’ambiance sonore : encore un sans-faute. Les cris en arrière-plan sont glaçants. Chez moi, ça a fait son petit effet.
La démo tourne impeccablement, aucun souci.
Steam annonce :
«La mort pourrait être omniprésente et vos choix influent sur le déroulement des événements et leur issue. Le moindre mot ou acte irréfléchi peut avoir des conséquences irréversibles. Le monde réagit à la façon dont vous développez votre personnage ; les êtres et les obstacles peuvent interagir différemment avec vous selon votre état mental et votre style de jeu.»


Personnellement, j’ai hâte. Je me suis régalé, et même si d’habitude les FPS horrifiques – ou les jeux d’horreur tout court – ne sont pas dans mon registre d’affection, là, je me suis éclaté.


Merci Dafalgan pour ce retour qui m’interpelle fortement. Ce jeu devrait bien me plaire.
Lovecraft, c’est l’essence même du concept de fascination (l’exploration de ce que nos peurs sont vastes)-répulsion (les peurs, tout court). C’est l’araignée de la littérature. :p Et ce jeu semble être comme lui : il n’a peut-être pas vraiment envie d’être aimé mais il se laisse un peu apprivoiser.