J’ai énormément eu de mal à écrire ce test. J’étais obsédé par l’idée de tenter d’expliquer le fossé que je percevais entre mon amour pour ce jeu et la réalité de ce qu’il est. A la base, je lui ai mis la note de 9/10 alors qu’à la lecture de mon premier jet, je le massacrais. Puis un ami m’a simplement mis sur la piste en me disant que je n’avais qu’à juste expliquer le jeu tel qu’il est. Un RPG dans sa plus simple expression qui s’adresse aux amoureux du genre qui ne veulent pas se perdre dans des tables de statistiques et des règles sans fin compilées sur un Wiki.
Alors j’ai sorti mes mains de mon paquet de Lays saveur paprika et j’ai tout repris en espérant simplement que ce test vous donnera envie d’y jouer à ce Quest Hunter.
« Quest Hunter est pour moi un des meilleurs RPG coopératifs apéritifs… » L’Archiviste
Quel joueur de jeux vidéo, idéalement sur PC, n’a jamais joué des heures sur un jeu qui pourtant, que ce soit visuel, scénaristiquement ou en termes de durée de vie, ne le méritait que peu, du moins pas aux yeux de l’immense majorité des joueurs qui se targuent d’être des « VRAI » joueurs ?
Je suis fier moi d’en faire partie de cette catégorie qui joue à des jeux que les soi-disant « gamers » méprisent, la catégorie de ceux qui jouent pour s’amuser. C’est pourquoi je le revendique, Quest Hunter est un immense jeu vidéo, à mes yeux peut-être, certes. Car Quest Hunter m’a pris dans ses filets pendant une grosse vingtaine d’heures, sur un week-end de trois jours, sans me lâcher jusqu’aux crédits de fin.
Par contre, si je sais revendiquer le droit à un jeu vidéo de m’avoir amusé, je sais aussi reconnaître, parfois, tel ou tel titre m’a plu tout en étant vraiment parsemé de défauts ou de peu d’éclairs de génie.
Et si Quest Hunter m’a siphonné mon essence, je me dois d’être totalement honnête, il a quand même de sacré tares pour être un titre à posséder obligatoirement dans toute bonne ludothèque.


« Quand le soleil disparaît, il charge la lune de nous refléter sa lumière » Taha-Hassine Ferhat.
Notez que l’on peut jouer une partie entière en mode coopération, et ce titre pousse vraiment en ce sens. Malheureusement, la seule personne qui aurait pu m’accompagner dans l’aventure préfère la Nintendo Switch. J’ai donc joué uniquement en solo, et je ne vais pas émettre d’avis sur le mode coopératif. Cette remarque faîte, passons dans le vif du sujet.
Tout commence par un superbe vol en dirigeable, où tout en sifflant un air entraînant, notre protagoniste rêvasse, en profitant du soleil. Et comme toute bonne chose à une fin, l’étoile va subitement disparaître dans un brouillard opaque et notre héros et son dirigeable vont finir par s’écraser dans une forêt. Quelques temps plus tard, nous voici réveillé, armé d’une pelle qui nous parle ! Je plussoie d’ailleurs un clin d’œil à PIP, l’épée parlante de la série « Quêtes du graal » des livres dont Vous êtes le Héros. A noter que la pelle nous parle en français car le jeu est intégralement en français… Et cela fait du bien.
On commencera par casser quelques caisses, on ramassera deux ou trois pommes et un lingot de fer avant de croiser la route d’un mage pas très content, car des débris du ballon dirigeable ont détruit sa maison. C’est le début de la première série de quêtes qui nous attend. Et des missions il va y en avoir …. Car pour donner le nom de Quest Hunter au jeu, il va bien falloir nous donner des quêtes à accomplir.
Nous allons d’abord devoir aider ce drôle de mage à reconstruire sa maison, puis nous devrons lever le voile sur la raison de la disparition du soleil. Ensuite, nous devrons sauver une princesse, tuer – ou pas, on en parlera plus tard – des chefs de bandits et occire tout un tas de monstres, de loups et bien sûr, de squelettes.


“L’aventure, c’est le trésor que l’on découvre à chaque matin” Jacques Brel.
L’une des raisons qui m’a happé en un clin d’œil est le côté Gauntlet dans l’âme. Mais si, rappelez-vous : ce vieux jeu qui a donné ces lettres de noblesse au fameux « porte, monstres, trésor». En cinq minutes à peine, on va devoir creuser, couper des arbres, miner du caillou, fouiller des mines, résoudre des énigmes à base de leviers, de pierres à bouger à tel ou tel endroit… Et bien sûr, ramasser des lingots de fer, de cuivre et, plus tard, d’or. Quand je dis « cinq minutes à peine », c’est vraiment cela. Et c’est aussi cela qui m’a fait bondir de joie. Tout est propice à dénicher des trésors cachés, à résoudre des casse-têtes jamais très compliqués pour atteindre quelques nouvelles zones et donc nouveaux trésors etc… etc…


“Tout avantage à ses inconvénients et réciproquement” Jacques Rouxel.
L’introduction nous présente une courte cinématique assez jolie, courte mais efficace. Le souci est que cette introduction ne va rien nous expliquer, ni ce que l’on fait là, ni qui l’on est, ni où on va, etc. On s’écrase, on survit. Est-ce que le reste du jeu nous l’expliquera ? Pas sûr.
En termes d’écriture, le jeu souffle le chaud comme le froid. Dans l’ensemble, les textes sont bourrés d’humour, parfois qui fait mouche, souvent pas du tout. Quest Hunter malheureusement, nous offre aussi beaucoup d’incohérences dans l’écriture des quêtes, mention spéciale à celle de la délivrance de la princesse qui est d’un illogisme à la fois en termes d’écriture mais aussi en termes de mise en scène.
Un rapide mot sur la fin : abrupte. Comprenne qui peut. Alors quid de l’explication de l’introduction durant la partie ? Je vous laisse le découvrir par vous-même.
Niveau visuel, c’est un sans faute à mes yeux. Le jeu est très joli, voir mignon sans que cela ne soit péjoratif. On est presque dans un style un peu dessin animé, très coloré. Le jeu n’est absolument pas violent de tel sorte que l’on peut jouer avec des enfants en coopération sans heurter la sensibilité des plus jeunes. Les décors sont variés allant des grottes aux marais putrides, des fermes aux forêts verdâtres à souhait… Les personnages, bien que peu nombreux et peu différents, sont de bonne facture, le bestiaire bien que classique dans de l’héroïque fantasy est bien représenté. C’est vraiment un bon point pour le jeu.
Au niveau sonore, il n’y a aucun doublage, aucune parole. Les musiques sont sympathiques par moment, un peu pesante à la longue hélas. Les différents bruitages sont à l’image du visuel, corrects, efficaces et qui collent à l’action.
Il n’y a pas de création de personnages, juste une très légère personnalisation de notre avatar, avec forme du visage, choix de la tenue de départ, et c’est tout. Il n’y a pas de classe de départ, au fil du jeu, on pourra tout faire, il suffira de choisir quels sorts ou compétences à placer, dans les trois emplacements de sorts ou compétences disponibles et les quatre emplacements d’objets. Les sorts ou compétences sont peu variés. On a le fameux « tourbilol », cher aux classes de corps à corps type barbare dans les Diablo par exemple. On aura un sort de poison qui arrive bien trop tard dans le jeu, un sort de bouclier qui ne sert pas à grand-chose tant les gifles que l’on va prendre sont disproportionnées. Bref, pour conclure, les sorts ou compétences sont là … pour être là. Il n’y a aucun prérequis, aucune statistique dans le jeu, juste des niveaux de sort qui dépendent du niveau de notre personnage.
Pour ce qui est des objets récupérables pendant notre aventure, nous aurons de la nourriture qui n’aura qu’un intérêt : redonner des points de vie, comme les potions de soin. Nous aurons également des bombes à lancer un peu comme dans le jeu Bomberman.


J’ai joué avec le duo clavier/souris, mais on peut jouer à la manette aussi facilement. j’ai juste dû passer mon clavier en anglais, car la reconfiguration des touches est une horreur. Le jeu se joue en zones, fermées et jamais grandes. Certaines zones sont des donjons, avec de beaux moments de design comme des labyrinthes bien chiadés, il faut le dire. A noter que pour passer d’une zone à une autre, on a une carte générale avec les différents lieux accessibles sur lesquels on cliquera pour s’y déplacer, comme dans Baldur’s Gate. L’occasion d’indiquer que ce système permet des rencontres aléatoires, et de soulever que les déplacements sur la carte sont non seulement LONGS à mourir mais d’un illogismes aberrants qui ne sera jamais expliqué. On dirait l’IA de la plupart des Assassin’s Creed. Par contre, lors des combats, l’IA est beaucoup plus énervée. Comme quoi, quand on veut, on peut !
Notre personnage passera des niveaux. Ainsi, j’ai terminé ma partie niveau 17. Tous les trois niveaux, on devra attribuer trois points dans la vie ou la défense par exemple. Notez que le jeu est vraiment difficile par moment, même au niveau normal. A tel point que dans le dernier tiers du jeu, même si j’ai mis à chaque fois deux points sur trois dans la vie, un tréant me tuait en quatre coup. Il y a donc un mauvais équilibrage et les points que l’on distribue ne sont pas assez nombreux, ni pertinents, pour être efficaces.
Le jeu ne nous propose aucune autre façon de monter ses niveaux ou ses statistiques. Il n’y a pas d’enseignant de classe, pas de formateur PNJ pour apprendre des techniques. Ces derniers par contre, auront un rôle d’artisan. On pourra ainsi fabriquer des armes plus puissantes ou de l’équipement. Sur ce dernier point, l’équipement est vraiment limité. Juste histoire de dire que le développeur a intégré un équipement, un minimum syndical en somme : un casque, une arme principale et un bouclier qui ne protège pas beaucoup.
Le score de défense ne sert quasiment à rien tant les coups que l’on prend sont encore une fois beaucoup trop forts. Il n’y a pas dans ce jeu de résilience ou alors je n’ai pas du tout compris comment elle fonctionne.


Pour résumer, j’ai fini avec 117 points de vie, niveau 17, une épée niveau maximum, ainsi que pour mon bouclier et mon casque. Deux de mes sorts d’attaques étaient eux aussi au maximum. Lorsque je devais affronter une armure vivante, c’est simple, en cinq coup j’étais mort, alors que je devais la frapper une vingtaine de fois pour en voir le bout. Heureusement que les potions de vie sont ultra efficaces ! Même trop, puisque qu’elles remontaient la vie de mon personnage au maximum. Autant dire que vous allez en user et en abuser, ce qui casse complétement l’intérêt de la difficulté. Ceci dit, n’est-ce pas hélas les poncifs actuels en termes de RPG ? Encore une piste de réflexion…
Autre point qui casse le jeu : la mort. Aucune pénalité, ni aucune usure d’équipement dans ce jeu si on meurt. On appuie sur le bouton « Réessayer » et on réapparait quelques mètres avant l’action en fonction de notre torche sauvegarde. Un peu comme les feux de joie des jeux de FromSoftware, sans le reset des monstres. Donc on peut mourir en boucle devant une difficulté, cela n’a aucun impact sur la partie. En fait, juste un peu d’énervement.
Dernier point à soulever : le jeu est truffé de pièges et d’énigmes. Si c’est un excellent point, la façon de résoudre ces nombreuses énigmes est toujours la même, à base de cubes de pierres à bouger, un peu comme dans le vieux jeu Sokoban, ou d’orbes à trouver et à ramener sur des socles. Déjà, c’est pauvre en termes de mécanismes, mais quand le personnage porte son orbe ou pousse ses caisses, il est d’une lenteur… et comme dans La loi de Murphy, la caisse ou l’orbe est à l’opposé des réceptacles. Alors, forcément, à la longue, c’est très pénible…


“La vie a beaucoup plus d’imagination que nous” François Truffaut.
Je disais qu’il m’a fallu quasi 20 heures pour le terminer. Et je n’ai pas tout fait car le jeu propose parfois plusieurs manières de résoudre les quêtes. On sera par exemple amené à devoir infiltrer un syndicat du crime et on pourra soit les cambrioler, soit tuer leur chef, soit les rejoindre. Ces parties du jeu sont bien amenées et sur ce point, Quest Hunter est surprenant. D’ailleurs, Quest Hunter, sans le voir venir, avec tous ses défauts, est tout simplement surprenant dans son intégralité.
Et c’est là que je veux en venir et que j’ai tant eu de mal à expliquer.
En guise d’introduction, je disais que Quest Hunter est un RPG dans sa plus simple expression qui s’adresse aux amoureux des RPG, un JDR version ultra light. Et quand on comprend cela, c’est une révolution. Il n’y a pas besoin de se casser la tête à optimiser son équipement, à
savoir si je mets du critique au lieu du toucher, à se demander si j’obtiens l’armure de la faune écarlate avec du score de parade c’est mieux que le sceau sacré du tombeau de la fleur avec son aura de poison… Il n’y a pas besoin de cueillir 645 fleurs différentes et 6543 dents de sabre australien pour fabriquer une potion…
Donnez-moi quelques armes basiques, épées, haches avec un petit score d’équipement, histoire que j’y crois un peu. Donner moi quelques monstres, quelques coffres par ci par là. Donnez-moi PLEIN de pièces d’or, et pas de cuivre ni d’argent, juste de l’or qui brille et brille encore. Vous vous souvenez du « porte, monstres, trésor » ? Voilà notre Quest Hunter !
Alors oui, il ne plaira pas à tout le monde. Oui, il est parfois pénible et oui, il n’est pas long et profond comme un Rogue Trader par exemple. Sauf que ce dernier, passé l’acte deux, est vraiment poussif et beaucoup moins fun qu’à son début. Quest Hunter est identique tout au long de sa durée. Tel qu’on le prend en main, tel on le finit.
Je me souviens d’un de mes films fétiches que je revois de temps en temps : Le Projet Blair Witch. Un des premiers films avec une caméra embarquée. Ce film a divisé le public. Certains ont parlé de coup de maître, d’autres ont crié au scandale. Je fais partie des premiers comme vous pouvez le déduire, car le film se paye le luxe de faire vraiment peur, alors qu’IL NE SE PASSE RIEN DU TOUT. Et en plus, il n’y a AUCUNE fin. Je ne parle pas de l’intérêt du film qui est le propre de tout un chacun, mais je remarque juste qu’un film dans lequel il ne se passe rien d’effrayant, et qui arrive à faire flipper la moitié des spectateurs, c’est quand même une prouesse.
Quest Hunter, c’est pareil. Si l’on prend ce jeu comme un immense jeu vidéo rafraichissant, assez dur au final, avec toutes les composantes RPG lights « juste ce qu’il faut », alors c’est un superbe coup de cœur qui excuse la tonne de défauts. Maintenant, si votre passion ce sont les tables de score, les % de X ou Y stats et des heures passées à créer un personnage, alors oui ce n’est pas pour vous.
De vous à moi, si je vous dis porte fermée, sans voleur dans le groupe, sans mage pour casser le verrou, si je rajoute que c’est sûr que derrière il y aura une gorgone, une liche, ou encore un assassin… Qu’importe à ce moment-là que vous aillez une armure + 54, une épée avec enchantement de feu … la seule chose que vous avez VRAIMENT besoin, c’est de savoir comment arriver jusqu’à ce maudit trésor !
Je vous laisse méditer.
+ Le système de combat qui au final fonctionne bien.
+ Le visuel cartoon mais très mignon.
+ L’humour quand il fait mouche.
+ Difficulté bien dosée … sauf sur la fin.
+ En français !
+ L’addiction !!!!!
+ Une grosse bouffée d’oxygène dans ce monde vidéoludique parfois… lourdingue.
– Un scénario … très moyen.
– La difficulté rendue inintéressante par des mécanismes ridicules.
– Même si le concept du jeu le veut, ce jeu manque de mécanismes quand même.
– Aucune fin digne de ce nom.
– Beaucoup d’illogismes, dans les quêtes, dans certaines mécaniques.
– Beaucoup trop d’énigmes environnementales pénibles.
La vision de L’Archiviste :
Quest Hunter, c’est mon RPG apéritif coup de cœur. Alors, c’est sûr qu’il ne casse pas trois pattes à un canard, mais il a de bonnes idées de conception et si ce n’est pas le RPG de l’année, c’est un jeu qui se traverse d’une plombe par pur plaisir. Et en coopératif sur le même écran, c’est une vraie pépite pour des joueurs qui veulent passer un bon moment sans se prendre la tête. Et il est vrai qu’à deux, eh bien, il est plus facile. Et pourquoi ne pas y jouer avec vos enfants, ou avec des joueurs néophytes qui pourront découvrir tout simplement le monde du RPG ?
07/10
Note : La note RPG est calculée selon la nouvelle grille 2025. Pour plus d’informations, cliquez sur le macaron de la note RPG.




c’est vrai qu’il y a une sorte de magie rare dans le jeu vidéo… Certains titres nous captent grâce à leurs défauts. C’est incompréhensible mais c’est factuel. Et finalement, quand c’est comme ça, faut jouer pour s’amuser. Spoiler : ça marche ! On voit aussi que le fameux dicton de Colin Chapman peut bien s’adapter au jeu video : « Light is right ». C’est à méditer, en effet.