Twilight Monk

Note de l'auteur
07/10
Note RPG
04.75/10

Définition : Metroidvania par Wikipédia
« Le Metroidvania est un sous-genre du jeu vidéo qui comporte des cartes avec des mondes connectés entre eux que le joueur peut explorer, mais certaines parties ne sont pas accessibles, fermées par des portes ou des portails. Le joueur peut y accéder seulement s’il gagne des armes ou des capacités particulières. Les améliorations que le joueur peut obtenir l’aident également dans sa quête à affronter des ennemis plus difficiles et repérer des raccourcis ou des zones secrètes, ce qui l’oblige souvent à revenir sur ses pas. »

Ma définition de Twilight Monk
« Un Metroidvania qui aurait pu toucher le nirvana, entre kung-fu, exploration et mysticisme. »

Twilight Monk est donc un « action-RPG » type Metroidvania développé par Aquatic Moon, qui s’inspire directement du manga/comics de Trent Kaniuga, Twilight Monk : Le Roi des Ombres. Il raconte l’histoire d’un jeune moine maudit par d’anciennes magies des ombres et contraint d’entreprendre un voyage fantastique à travers des contrées étranges et incroyables pour se guérir de son affliction. Vaste programme.

Le jeu propose une aventure où l’on incarne ce moine maudit, dans un univers sublime mêlant arts martiaux, exploration et éléments de RPG, je vous rassure : très, très légers.

TWILIGHTMONK 001 | RPG Jeuxvidéo
TWILIGHTMONK 000 | RPG Jeuxvidéo

« La mystique, et non la logique, mène le monde. »
Édouard Herriot

Dixit Steam : « L’histoire se déroule à Speria, une terre plongée dans l’obscurité et ravagée par des monstres. Les survivants se réfugient au monastère de Crescent Isle, espérant trouver de l’aide auprès des Moines Moonken. Le joueur incarne Raziel Tenza, dernier descendant des Moines du Crépuscule, chargé de récupérer les Trois Anneaux du Triskelion pour rétablir la paix et affronter le traître Nox, tout en gérant les tensions internes menaçant l’unité des moines. »

En pratique, le jeu se déroule sur un petit monde, sorte d’archipel où s’entrecroisent quelques biomes, chacun avec son type de monstres, son donjon principal, sa ville et ses quelques quêtes. Il y a une carte générale vue de dessus, pour se déplacer comme dans les vieux RPG, ou récemment dans Secret of Mana par exemple. Ensuite, le jeu passe à une vue de côté comme dans Dead Cells. A noter aussi un système de voyage rapide par le biais de « puits ». Pratique et efficace.

La quête principale va nous amener d’abord à chercher ces fameux trois anneaux, pour ensuite nous envoyer chercher… des bouts d’un quatrième anneau. Oui, c’est du scénario à tiroirs, qui plus est d’un humour enfantin. Ce jeu, en effet, s’adresse vraiment à un public jeune, ou à un public amoureux d’une fantasy type « romantasy ».

L’humour est assumé, parfois un peu niais, avec des personnages stéréotypés (mention spéciale à la pirate ténébreuse qui tombe sous notre charme après un combat… pour nous aider ensuite, contre son ex). C’est cliché, mais le tout est tellement bien emballé qu’on se laisse porter.

TWILIGHTMONK 003 | RPG Jeuxvidéo
TWILIGHTMONK 005 | RPG Jeuxvidéo

“Plus on apprend, plus on voit que l’on ignore beaucoup de choses.”
Confucius

Twilight Monk offre une expérience de jeu classique au style Metroidvania, combinant exploration de donjons, combats dynamiques et progression du personnage. L’idée est simple : on parcourt le monde et ses donjons, et certains passages, à un moment donné, nous serons bloqués. Par exemple, un gouffre qui semble sans fond est en réalité pourvu de crochets auxquels il nous faudra un upgrade futur de notre équipement avec la dotation d’un grappin. Du coup, il faudra revenir pour explorer ce pan du donjon inaccessible jusque-là. Et ainsi de suite.

Je n’avais jamais trop joué à des Metroidvanias, pour la même raison que je ne suis pas fan des jeux type roguelite et compagnie. Moi, ce qui me fait vibrer, c’est une belle histoire, une difficulté corsée, et un avatar qui vient me chercher. Si je dois jouer avec le principe du « refais en boucle », autant que ce soit dans un MMO, et idéalement un MMO-RPG — le dernier en date étant New World pour moi.

L’idée donc de devoir ratisser une carte pour y revenir, puis pour y revenir encore… ce n’était pas pour moi. Or ici, dans Twilight Monk, tout passe bien. Vraiment bien. D’une part parce que l’histoire, aussi enfantine soit-elle, pousse à aller de l’avant. D’autre part, parce que tout dans ce jeu est fait pour des courtes sessions de jeu.

Les cartes sont petites, les donjons sont très courts à faire — y compris les raccourcis ouverts et toutes les zones accessibles. Du coup, en presque 30 heures de jeu, j’ai quasi tout exploré et tout découvert. Et je n’ai que rarement senti de la lassitude. C’est, pour moi, un sérieux gage de qualité.

« Une ambiance soignée, entre son et dessin »
Moi

À noter que l’ambiance sonore est juste exceptionnelle : les musiques sont de qualité, et le son apporte un réel plus dans les combats, avec des impacts bien agressifs. Très gros travail du studio. Vraiment, bravo !

Visuellement, le jeu est d’une beauté surprenante, et se distingue par son style artistique dessiné à la main, offrant une atmosphère unique et immersive. C’est superbe, ni plus ni moins.
Et comme dit précédemment, les décors sont variés d’un « monde » à l’autre. On passe du désert oriental au marécage, du bastion des pirates au souterrain rempli de pièges…

Pour conclure sur ce volet, entre le son et le visuel : c’est un plaisir absolu.
Respect !

TWILIGHTMONK 007 | RPG Jeuxvidéo
TWILIGHTMONK 0011 | RPG Jeuxvidéo

« Ne pas dormir. Se battre. Ne pas mourir. »
Film Awake

Notre arme mystique, le « Pilier Fantôme », sert à la fois d’outil de combat et de moyen pour résoudre des énigmes et accéder à de nouvelles zones. Je parlais du grappin plus haut : c’est l’exemple parfait.

À côté de notre arme principale, nous aurons tout un tas d’armes secondaires au choix : des dagues de lancer, des shurikens, ou encore un marteau type marteau de Thor. On pourra aussi avoir un talisman qui prendra la forme d’un esprit gardien qui aidera … un peu ! On aura également la possibilité d’acheter quelques bonus d’équipement ou encore une fiole qui permettra de resusciter une fois avec un peu de vie en cas de mort. Très utile sur les boss, je peux vous le garantir.

Au niveau du bestiaire, c’est varié, tout en étant extrêmement classique aussi — peut-être un peu trop. Dans le désert, nous aurons des scorpions et autres djinns, dans les marécages, du slime baveux… Comme pour le scénario : si tout est beau, tout est aussi caricatural. Il faut en être conscient.

Une idée intéressante à noter : pour les anciens de World of Warcraft avec son PNJ donneur de quêtes de chasse, j’ai nommé Hemet Nesingwary, un PNJ nous invitera à tuer en boucle la plupart des monstres.

Le but sera de valider des objectifs comme « tuer 45 araignées des grottes », par exemple. Et au bout d’un certain nombre d’objectifs atteints, on aura des récompenses comme un upgrade de cœur de vie ou d’autres avantages. J’ai trouvé ce concept au final assez fun, et je me suis pris au jeu — moi qui déteste le grind au plus haut point.

Un point intéressant pour les amateurs de « collectionnite » : le jeu est assez riche et regorge de secrets à dénicher et autres consommables à chercher. Par exemple, il y a des Fragments d’Esprit, des Pierres de Braise… qui augmentent la vie ou l’énergie.

Les Arts Mystiques sont des attaques spéciales qui coûtent de l’énergie de braise donc passer du temps à fouiller les zones pour améliorer sa jauge d’énergie est capital.

Je parlais plus haut des boss, ils sont loin d’être punitifs comme dans les jeux From Software et honnêtement, ils sont plutôt simples à appréhender. J’ai trouvé le concept pour ma part au top mais pour les joueurs qui aiment saigner des deux mains sur leur manettes, ils vont être déçus. Léger point négatif : à chaque boss, il y a une mini scène avec un assez long baratin qui ne peut pas être annulé. Donc, à chaque mort, c’est la scène avec les dialogues à se retaper… pénible et inutile… Avis !

Le jeu propose également des villes interactives avec des mini-jeux, des boutiques, et des PNJ offrant des quêtes secondaires. Un autre point sympathique est la possibilité de rénover des bâtiments comme une salle d’arcade par exemple.

TWILIGHTMONK 0012 | RPG Jeuxvidéo
TWILIGHTMONK 0014 | RPG Jeuxvidéo

« Supprimer le négatif ; accentuer le positif ! »
Donna Karan

Je disais en intro : « Un Metroidvania qui aurait pu toucher le nirvana, entre kung-fu, exploration et mysticisme. » Qui aurait pu, car à mon sens, le jeu souffre de 3 points vraiment négatifs qui l’empêchent d’être un des meilleurs sinon le meilleur jeu dans cette catégorie.

D’abord le système de sauvegarde ou point de sauvegarde. On peut sauvegarder sa progression et en même temps faire un reset du monde ou du coup, tous les monstres vont réapparaitre sur certains points. Dans le monde, c’est sur des sortes d’autels. Dans les donjons, c’est dans des pièces faites exprès. Si dans le monde, c’est assez simple de sauvegarder, dans les donjons, ils sont clairement trop peu et surtout vraiment très éloignés. Comme la difficulté au départ est assez corsé, il n’est pas rare de mourir souvent. Or quand on meurt, on revient ni plus ni moins à la sauvegarde d’avant, en l’état. Tout ce qui est fait avant est perdu : C’est vraiment frustrant et pénible.

Ensuite, pour récupérer de la vie, c’est soit par la sauvegarde, soit par le biais de fruits dropés par les monstres (il existera un autre moyen plus tard, mais je ne le dévoilerai pas ici). Or comment dire : Ne comptez pas sur la chance et le taux de loot… Vraiment.

Enfin, le dernier point négatif concerne la maniabilité qui dans un jeu Metroidvania doit être parfaite. Or ce n’est pas le cas. J’ai joué pour ma part sur PC avec une manette PS5 parfaitement supportée et j’ai failli la casser plus de soixante fois tant j’ai hurlé de frustration sur certains passages. Encore une fois, si j’ai utilisé l’exemple du grappin dans ce test, ce n’est hélas pas pour rien.

C’est dommage, mais le jeu manque de précision, ce qui gâche parfois le plaisir, alors qu’au-delà de ça, le jeu est rapide. Le dash par exemple est superbe visuellement et au niveau du jeu, mais à côté parfois.

TWILIGHTMONK 0014 | RPG Jeuxvidéo
TWILIGHTMONK 0019 | RPG Jeuxvidéo

« Louie, je pense que c’est le début d’une belle amitié. »
Film Casablanca

Je suis d’accord, je suis devenu assez fan du coup des jeux type Metroidvania et s’il y a bien une chose qui me reste à la sortie du test de ce Twilight Monk c’est que je vais rapidement jouer à d’autres jeux de ce genre.

Conclusion : un jeu pour qui ?
Twilight Monk s’adresse clairement :
– Aux amateurs de fantasy romantique et mystique, sans prise de tête ;
– À ceux qui veulent découvrir le Metroidvania sans se frotter à des monstres de difficulté ;
– À un public jeune ou nostalgique des jeux d’action/aventure avec une âme de manga.

Les fans de challenge hardcore à la Hollow Knight ou Dead Cells, passez votre chemin. Ici, le plaisir vient de l’ambiance, pas de la sueur.

Twilight Monk ne révolutionne rien. Mais il m’a accroché. Il m’a même donné envie de découvrir d’autres jeux du genre. Et ça, c’est déjà énorme. Un jeu imparfait, parfois maladroit, mais sincère, beau, et plaisant à parcourir. Et rien que pour son enrobage artistique et sonore, il vaut le détour.

+ Direction artistique sublime : graphismes dessinés à la main.
+ Ambiance sonore immersive : musiques + bruitages très soignés.
+ Gameplay fluide (combat rapide, dash, enchaînements).
+ Systèmes d’évolution simples mais efficaces (armes, talismans, upgrades).
+ En français !

+ Exploration bien dosée pour des sessions courtes et gratifiantes.
+ Rejouabilité modérée, surtout pour les complétistes.
+Un humour léger, accessible, sans prise de tête
.

Note RPG 3 sur 5
Note testeur 07 sur 10

– Scénario enfantin avec dialogues parfois clichés.
– Bestiaire peu original, assez caricatural.
– Système de soins mal équilibré et trop rare.
– Grappin et maniabilité : imprécisions fréquentes
.
– Points de sauvegarde trop espacés dans les donjons.
– Courbe de difficulté mal calibrée en deuxième moitié.
Boss pas assez marquants (et pas vraiment d’ennemis « légendaires »)
.

Dafalgan
Dafalgan
Un seul mot d'ordre : se faire plaisir, même si cela fait en réalité 5 mots. Qu'importe, entre deux bières et un jet de dé foireux, je me console en castant tout un tas de sorts pourris sur fond de Naheulband en attendant de me plonger dans un bon Gemmel :)

3 Commentaires

S’abonner
Notifier de
guest
3 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments
L'archiviste

Merci Dafalgan pour ce test. Les Metroidvania ce n’est plus de mon âge (sauf les coops que je fais parfois avec mes enfants).

Keewy

On peut le dire : un jeu qui n’est donc pas parfait mais qui a une âme. Rien que pour ça, il vaut probablement le coup.

Articles récents

TESTS ALEATOIRES

Kingdom Come : Deliverance II – Dernières pensées et avis sur les DLC

Bien, alors je ne vais pas y aller par quatre chemins et je vais essayer de faire bref : il n’est pas ici question de...

Deus Ex HR : Le Chaînon Manquant

Un peu moins de deux mois après la sortie de Deus Ex Human Revolution, Eidos Montreal nous propose un premier DLC intitulé "Le Chaînon...

One More Gate

Ah ! Quel plaisir de revenir sur le site pour écrire au sujet d'un univers qui me fascine et me happe depuis déjà deux...
Définition : Metroidvania par Wikipédia « Le Metroidvania est un sous-genre du jeu vidéo qui comporte des cartes avec des mondes connectés entre eux que le joueur peut explorer, mais certaines parties ne sont pas accessibles, fermées par des portes ou des portails. Le...Twilight Monk
3
0
Envie de laisser un commentaire ? x