Le temps est venu de clôturer notre découverte de la trilogie originelle d’Etrian Odyssey. Je cumule désormais un bon paquet d’heures de jeu sur les trois volets de la série. Des heures de plaisir douces-amères nées de l’abnégation à vouloir aimer des titres qui poussent sans cesse le joueur dans ses retranchements. Jeune vieux briscard de ses mondes labyrinthiques, la saga m’aura offert de belles surprises épisode après épisode. Cela grâce au travail d’un studio qui ose se renouveler et réécrire sa partition sans créer de dissonance. Plongez avec moi dans les profondeurs de cet épisode pas tout à fait comme les autres…
Ah les troisièmes opus ! Ils sont toujours teintés d’un charme tout particulier à mes yeux. Autant les deuxièmes volets me semblent portés sur l’amélioration et la continuité de ce qui avait été mis en place par l’œuvre fondatrice, autant je ressens bien souvent un virage, un vent de liberté et parfois d’audace créative dans les ultimes instants d’un triptyque. Comme on s’épanche dans une lettre d’amour, les studios en charge de ces projets semblent offrir leurs plus belles et leurs plus audacieuses idées de réalisation en guise de conclusion. Une bien jolie façon de se dire au revoir, que ce soit pour un temps ou bien pour la vie. Etrian Odyssey III (EO III) confirme-t-il cette règle ?

Comme à la maison.
Si vous vous plaisez à parcourir avec moi les différents opus de la saga, vous conviendrez qu’il commence à flotter comme un doux parfum de déjà-vu à chaque préambule. Un nouvel univers se pose délicatement, les menus sont toujours identiques et le principe du jeu ne change jamais vraiment. C’est toujours autrement, et pourtant tout est à sa place. Comme si vous reveniez à la maison, mais qu’elle ne se trouvait pas au même endroit qu’hier. Tout vous semble identique. Vous reprenez vos aises, naviguez dans cet environnement familier et vous vous sentez apaisés… Mais, tiens ! La vaisselle a changé, et les livres de la bibliothèque ne sont plus les mêmes !
» Les arcanes secrètes d’Atlus sont à l’œuvre et font des merveilles.
La révélation des nouveautés est presque un jeu dans le jeu. Un rituel qui tient du plaisir coupable à chaque lancement d’un titre : lire avec avidité les noms des nouvelles classes, appréhender leurs mécaniques, imaginer leurs synergies. Trouver les nerfs et les améliorations dans l’équilibrage pour en tirer parti. Refonder une guilde et retourner à l’assaut d’un labyrinthe que l’on se jure de cartographier dans les moindres détails. L’histoire se répète sans jamais blaser. Les arcanes secrètes d’Atlus sont à l’œuvre et font des merveilles.
Ce que je découvre m’émerveille et me donne rageusement envie de me lancer dans cette aventure comme si c’était la toute première. Toutes les classes ont été retravaillées et viennent combler des manques ou corriger des redondances de gameplay. Quelques mises en bouches pour vous faire saliver. Le soigneur gagne un intérêt au combat en devenant un moine guerrier castagneur à mains nues. L’alchimiste devient un zodiaque combinant une classe élémentaire et un pouvoir de buff/debuff. Le sauvageon est un invocateur capable de faire appel à des bêtes spécialisées dans un type de dégât particulier. Toute la méta est réécrite et c’est un vrai bonheur !
Il préfère la mort en mer !
A bien y regarder, la maison n’est finalement plus tout à fait la même. Vous ne l’aviez pas remarquée de prime abord, mais une nouvelle porte est apparue sur le mur du salon. Une porte qui vous intrigue tout autant qu’elle vous terrifie. Car vous savez dans votre âme de joueur que le pouvoir qui se cache là derrière est immense. Il pourrait tout autant s’agir d’un « game changer » que d’un « game breaker ». Vous hésitez longuement, effleurez sa poignée sans oser entrer. Bientôt, armés de tout votre courage, vous décidez de l’entrebâiller, juste un tout petit peu. Elle ne se refermera jamais.
Et pour cause, le « Port d’Inver » est la meilleure idée de conception de cet opus, et sans aucun doute de la trilogie toute entière. J’ai découvert cette mécanique après avoir arpenté toute la première strate du donjon principal, et je n’ai pas remis les pieds dans ses salles sous-marines pendant bien des heures. Le principe est simple, mais m’a complètement happé : à bord d’un navire voguant sur les flots, vous devez établir une carte marine des environs de l’île où prend place l’intrigue d’EO III. Le but est d’en révéler tous les mystères, exactement comme lors d’une exploration classique.
Évidemment, rien n’est fait pour vous rendre la vie simple, vous commencez à vous en douter. Tout d’abord, parce que le nombre de pas est compté. Un compteur s’affiche en haut à gauche de l’écran et chaque mouvement du bateau le décrémente d’un pas. Pour ne rien arranger, la route est jonchée d’obstacles marins – algues, rochers, rapides et eaux profondes – et de pirates redoutables qu’il vous est quasiment impossible d’affronter. Se frayer un chemin au travers de tous ces dangers relève parfois de l’exploit et vous demandera sans l’ombre d’un doute de nombreuses et fantastiques heures de jeu.


Le mal de terre.
Il y a, à n’en pas douter, un côté génialement addictif à toutes ces sorties en mer. Les découvertes s’enchaînent à force d’exploration et de tentatives infructueuses, et les trésors s’amassent. Vos trajets se simplifient à mesure que de nouvelles rations – offrant un nombre de pas différent – remplissent vos cales et que votre rafiot se perfectionne. Vous pourriez, comme ce fut mon cas, être rapidement tentés de ne jamais remettre les pieds dans le labyrinthe. Après tout, l’aventure serait tout aussi belle, et les exploits n’en seraient pas moins importants. Pourquoi alors ne pas simplement naviguer nez au vent ?
Heureux les cœurs purs, car ils verront rapidement le fond de leur bourse approcher ! Atlus a décidément pensé à tout, et vous serez bien avisés de voir cette formidable mécanique de jeu comme un bonbon que l’on savoure à petites bouchées. Venir à bout de vos traversées maritimes vous demandera de l’argent. Beaucoup d’argent. Affréter un navire demande de l’or, et votre meilleure façon d’en obtenir est assurément de vous confronter aux dangers du dédale. Je sens que l’argument pécuniaire a fait son petit effet sur vous. Si toutefois ce n’était pas le cas, la suite achèvera de vous convaincre.
Je vous l’ai dit, votre expédition en haute mer n’a rien d’une croisière tout frais payés à siroter un cocktail sur le pont. Des quêtes marines vous attendent, et je vous assure qu’elles n’ont rien d’une sinécure. J’oserais même penser qu’il est parfois plus difficile de venir à bout d’un monstre marin que d’un monstre terrestre. Vos péripéties au cœur du lacis sous-marin serviront en grande partie à fourbir vos armes pour surmonter les écueils maritimes. C’est là toute la richesse, et tout le sel d’Etrian Odyssey III.
Il est rare qu’une trilogie se conclue sur une réussite aussi éclatante. Grâce à de belles idées très joliment réalisées, Etrian Odyssey III s’autorise encore à étonner un public déjà conquis par sa régularité. L’aventure maritime est une bouffée d’air frais et une invitation à l’exploration. La maîtrise de ses limites permet d’en faire une récompense qui ne déséquilibre en rien la trame principale du titre.
+ Durée de vie colossale entre 80 et 100 heures de jeu. + Interface familière.
+ Jeu très agréable sur Steam Deck.
+ Toutes les forces des premiers opus.
+ Un renouveau pour toutes les classes du jeu. + Un bouleversement dans la méta du jeu. + L’aventure maritime est la meilleure idée de la trilogie. + De nouvelles façons de pexer son équipe.

– Toujours pas de tutoriel pour les outils avancés de la cartographie.


Merci pour ce troisième test Furvent qui conclut la trilogie. Tu m’as décidé à lui laisser sa chance lorsque j’aurai 5 minutes (enfin plutôt une centaine d’heures).🤣
Ah bah voilà ! Mission accomplie !! Franchement, ça en vaut vraiment la peine, très bonne trilogie !
Merci pour la série de test qui m’a fait découvrir cette licence. Il ne me reste plus qu’à trouver assez de temps…
Super ! Très heureux de ton retour, ça me fait vraiment plaisir 😉 Bon jeu à l’occasion alors !
Actuellement récupérable avec le bundle de Humble choice
Merci pour l’info. 👍